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17 juin 2015

Loin de la foule déchainée

Un seul film me faisait envie ces temps-ci : Loin de la foule déchainée, adapté du roman éponyme de Thomas Hardy. Le réalisateur danois nous embarque dans l'Angleterre Victorienne à la rencontre d'une jeune femme spirituelle, indépendante et volontaire, Bathsheba Everdene.  J'étais intriguée par le choix du réalisateur de Festen ou de La chasse d'adapter cette histoire romantique du 19ème Siècle. J'avais, entre temps, vu quelques images de la bande-annonce et lu quelques critiques, pas toujours très enthousiastes. 

Aussi m'asseyais-je dans cette salle avec une certaine appréhension, mais très vite le paysage magnifique de la campagne anglaise, de ces matins brumeux ont fait fuir mes derniers doutes. Bathsheba (Carey Mulligan) orpheline, vient vivre auprès de sa tante - jeune femme impétueuse, insouciante et indépendante, elle fait tourner la tête à son voisin, Gabriel Oak (Matthias Schoenaerts)- jeune berger, fier de son troupeau de 200 bêtes. L'attirance est immédiate entre les jeunes gens, mais Bathsheba refuse le mariage et tout ce qu'il implique à l'époque - l'obéissance et une vie dévouée à des enfants. Alors le jour où Gabriel lui déclare sa flamme, la jeune femme prend peur et refuse. 

Le destin vient tout basculer le jour où Bathsheba hérite de la ferme d'un oncle et voit soudainement sa condition de jeune femme désargentée transformée. Mais la même nuit Gabriel perd toutes ses bêtes et doit partir à la recherche d'un travail. Les deux jeunes gens se quittent. 
Le destin se charge de les réunir lorsque Gabriel découvre que son nouvel employeur n'est autre que Miss Everdene. Leurs deux conditions les séparent à présent, mais Gabriel veille à ce que Bathsheba prenne son nouveau rôle de maîtresse à coeur. 

Rapidement, la jeune femme fait tourner la tête à William Boldwood (Michael Sheen), son voisin, riche propriétaire terrien et célibataire notoire. Mais c'est dans les bras d'un jeune soldat esseulé, le sergent Francis Troy (Tom Sturridge) que Basthsheba perd la raison. 

Je m'arrêterais là, sinon je risque d'en dire trop. Que dire ? Sinon que j'ai adoré me retrouver à nouveau dans l'Angleterre Victorienne, j'ai quitté Jane Austen, Lizzie Bennettt et je découvre la jeune et jolie Bathsheba dans le Sud-Ouest de l'Angleterre. Honnêtement à ceux qui s'étonnent de voir le réalisateur danois derrière la caméra, j'y trouve au contraire mille raisons. Impossible de résister à cette histoire et surtout à cette époque et à raconter la vie de ces gens simples (les bals, les mariages, les récoltes) et puis filmer la campagne anglaise, époustouflante de beauté - bref que du bonheur !



J'ai pris le film comme il l'est, une histoire romantique mais sauvée d'un excès de guimauve par cette rigueur scandinave - et le talent de Thomas Hardy. Je suis toujours étonnée par ces écrivains qui mettaient en avant des héroïnes clamant haut et fort leur droit à l'indépendance mais piégées par une société patriarcale et conservatrice. Quelle liberté de pouvoir monter à cheval ainsi ! De pouvoir être libre de vivre seule ! Thomas Hardy a écrit Tess d'Uberville et Jude et semble cette fois-ci disposé à réserver un avenir plus gai à ces personnages (mais pas à tous...) et aime tant décrire la campagne anglaise, loin de la capitale industrielle, grouillante et puante. 

Et puis l'amour .. Ici, on n'est pas loin du vaudeville ... 3 amants.. la jeune Bathsheba ne peut que perdre la tête. Thomas Vinterberg a l'oeil vif et la patience pour raconter cette histoire dont la tension monte a crescendo jusqu'à l'explosion. On craint un instant qu'il est décidé de remanier la fin à sa sauce, mais non !

Un mot sur les acteurs tous formidables qui ont, il est clair, pris énormément de plaisir à vivre à la campagne au grand air. Carey Mulligan est toujours naturelle et talentueuse- la petite soeur de Lizzie Bennett a bien grandi ! Bon, je me dois quand même d'apporter un bémol (mais qui au fil du film a fini par presque disparaitre) lorsqu'on lui présente Boldwood comme le célibataire le plus convoité du village... et comme un très bel homme.. J'avoue que Michael Sheen, version actuelle ou version victorienne (barbu et chapeauté) ne provoque en moi aucune espèce d'attirance .. le nez rouge, le pauvre homme (affreusement romantique) aura eu chez moi beaucoup de mal à s'imposer. Mais était-ce le genre d'homme qui plaisait à l'époque ? Certes il est fortuné mais semble dénué de tout charme. Fort heureusement l'acteur réussit à nous faire oublier ce désagrément.



Que dire de Sturridge ? J'étais presque soulagée en le voyant - enfin un visage sans barbe, une fine moustache rousse, sa peau pâle, ses tâches de rousseur, ses yeux bleus et cette chevelure noire, bref mettez-lui cet uniforme rouge de militaire et hop on comprend la faiblesse de Bathsheba ! Je connais mal l'acteur mais il joue bigrement bien. Ses yeux se remplissent d'amour et de larmes comme j'ai rarement vu. L'homme aime, éperdument et on le croit presque lorsqu'il dit "à la mort" mais il reste un homme......

Enfin, Matthias Schoenaerts (écrire son nom correctement est un challenge en soi) - a priori, il ne me faisait aucun effet. Je n'ai pas vu ses autres films (la faute à Marion...) et son physique, un peu trop fort, bourru, ne me faisait aucun effet mais voilà il a hérité du plus beau rôle, du magnifique Gabriel Oak - l'homme amoureux qui est près à tout, comme écouter l'amour de sa vie lui confier ses émois. Et la magie opère, la caméra et le photographe sont là, et peu à peu, on tombe sous le charme du beau berger. 

Bref, un film frais et joyeux qui m'a fait un bien fou. Il me procure le même plaisir que ses cousins germains, signés Jane Austen.  



Sachez quand même, que je ne connaissais pas l'histoire, n'ayant jamais lu le roman. D'ailleurs, j'avais hésité à me le procurer puis au début du film, je me suis dit que si j'aimais la fin, j'irais l'acheter et bien, ça sera chose faite ! En anglais de surcroit (je l'ai vu en vo). 

Et que j'ai deviné la fin ! Oui, je l'ai su au moment où son ombre est apparue .. j'y ai pensé ! Hop d'une pierre deux coups me suis-je dit, en riant presque car je n'aurais jamais cru que Thomas Hardy l'ait fait, mais si ! J'étais vraiment sur le c...  Mais finalement, ça convient bien au reste de l'histoire (allez voir le film!)

Et pour ceux qui pensent encore à guimauve, sachez que Vinterberg aurait pu envoyer le chien après son maître à la toute fin (ceux qui le verront comprendront) et là oui, j'aurais tiqué, mais non !

Bon, une belle histoire d'amour dans la campagne anglaise. Rien de plus, rien de moins. Mais quel plaisir ! Comme les glaces à l'eau que j'adore manger après une jolie balade au soleil. 

Mon avis : 

08 juin 2015

Hop un tag !



Me revoilà avec un questionnaire à vous faire partager ! La jolie demoiselle du Quai des Proses m'a en effet taguée. Me voici donc prête à partager avec vous certains de mes coups de cœur, en espérant éviter de trop me répéter. 

07 juillet 2014

The two faces of January

J'avoue que c'est la présence de l'acteur américano-danois, Viggo Mortensen qui m'a donné l'envie de pousser les portes du cinéma samedi dernier. Dans ce film, réalisé par Hossein Amini, adapté du roman éponyme de la géniale Patricia Highsmith, Mortensen endosse le rôle du charismatique Chester McFarland. Ce thriller dont l'action se déroule entre la Grève et la Turquie en 1962 ne vous surprendra pas par l'intrigue (pas de mystère sur l'identité de l'assassin) mais par la double identité de chaque personnage.

Le titre lui-même résume si bien ce film : les deux visages de Janus. Le dieu romain représente à la fois le père (un thème fort dans l'histoire) et le dieu de la fin et du commencement. Il ouvre et ferme les portes du Paradis ou de l'Enfer. 

On découvre le couple McFarland en vacances en Grèce, le très classe (panama et costume de lin) Chester McFarland (Mortensen) accompagné de sa jeune épouse, Colette (Kirsten Dunst), copie conforme de Grace Kelly. Les deux américains croisent la route d'un jeune américano-grec (Oscar Isaac) qui devient leur guide et qui s'éprend rapidement de la jeune femme. Mais très vite, les vacances tournent au cauchemar. Chester tue accidentellement un détective privé lancé à ses trousses et demande de l'aide au jeune guide. Leurs véritables visages se dévoilent. Et si le spectateur voit très rapidement en McFarland un sinistre escroc, il sera surpris par la tournure des évènements. Le jeune guide est loin d'être innocent, et les deux hommes sont bientôt liés par des secrets au goût amer. 




J'ai vraiment retrouvé l'atmosphère de Patricia Highsmith, souvenez-vous Place au Soleil avec le bel Alain Delon dans le rôle de Ripley, c'est elle. Elle seule peut vous faire aimer et détester à la fois le même homme, et en Viggo Mortensen, elle a trouvé son maitre. Difficile de résister au charme de l'acteur, quinquagénaire dont le regard vous hypnotise et pourtant très rapidement son sourire devient menaçant et vous vous en mordez les doigts d'avoir pu un instant le trouver attachant. 

Autre révélation : l'acteur Oscar Isaac.  Je l'avais découvert dans le rôle de l'époux délaissé de Drive et évidemment comme chanteur folk chez les frères Coen dans Inside Llewelyn Davis - cette fois-ci il endosse le rôle de cet étudiant qui gagne sa vie comme guide pour les touristes autour du Parthénon et escroc à la petite semelle. Entre les deux hommes s'engagent à la fois une sorte de compétition amoureuse (autour de la même femme) et une compétition père-fils. Le plus jeune se croyant plus malin que son aîné. Le film exploite à fond cette amitié morbide entre les deux hommes. La Grèce puis la Crête représentent l'Enfer - la chaleur y est écrasante et tout se complique. Peu à peu l'image lisse de McFarland s'écroule, l'homme tremble, vieillit, panique. Mortensen y a vu une sorte de parabole avec l'Amérique des années 60 dont les affaire de corruption, la Baie des Cochons, les mensonges viennent pourrir de l'intérieur ce pays conquérant.

Seule ombre au tableau dans ce thriller très 60's (un rythme plus lent, moins d'action) : Kirsten Dunst. J'ai toujours pensé que l'actrice américaine, pourtant blonde, était tout sauf le stéréotype de la blonde glaciale. Et là, je suis déçue par le choix du réalisateur - non pas qu'elle joue mal, elle joue très bien son rôle mais son visage (beaucoup de plans rapprochés autour de son visage) est pour moi trop moderne, quelque chose que je ne sais expliquer. 

S'il reste toujours une distance entre le spectateur et les personnages, elle s'explique par la nature même des personnages : ils ne sont pas dans notre monde. Ils refusent de l'y intégrer et les années 60 sont très prégnantes, le rythme est lent, les actions moins nombreuses. C'est un duel psychologique avec un jeu d'acteur époustouflant, Mortensen en tête. L'acteur prouve une nouvelle fois qu'il est un véritable caméléon, qui comme le dieu Janus pour vous ouvrir un monde fascinant ou au contraire en refermer la porte. 



Ce film est un ovni dans les sorties de ce premier semestre 2014, je suis contente de l'avoir vu et je vais courir me procurer le livre! J'avais lu Highsmith à la fac mais pas celui-ci. 

Graham Greene, ami de la romancière américaine, avait ainsi dit : « Elle a créé un monde original, un monde clos, irrationnel, oppressant où nous ne pénétrons qu'avec un sentiment personnel de danger et presque malgré nous. Car nous allons au-devant d'un plaisir mêlé d'effroi. »


Mon avis :     


25 juin 2014

Sous les jupes des filles


 
Je suis allée voir la comédie, du mois parait-il, avec un casting féminin au grand complet. Et j'en suis ressortie mitigée, encore plus aujourd'hui en écrivant ce billet. Je me suis amusée, mais peut-être suis-je totalement passée à côté de l'objectif du film. Je m'en explique.
 
Le film, écrit et réalisé par Audrey Dana est censé, je crois, décrire en onze personnages féminins tous les traits de caractère définissant la femme moderne - l'idée de départ est très intéressante. C'est un film basé sur un comique de situations - comme lorsque Julie Ferrier se prend un poteau dans la rue ou Laetitia Casta lâche un pet, etc.

Mon souci vient que la majorité des femmes décrites sont plus ou moins hystériques - je ne dis pas qu'elles ont un moment de ouf de temps en temps, non c'est un état presque constant et très vite fatiguant, éreintant, pour la spectatrice que je suis et surtout effrayant pour tout spectateur homme qui pensait en apprendre plus sur les femmes en venant voir le film. Les femmes crient, hurlent, pleurent, maudissent, somatisent, pleurent encore... à peu près trois fois par jour. En une dizaine de personnages, la réalisatrice exploite tous les clichés : la femme frigide, la mère de famille en burn out, la business woman froide, l'amoureuse transie, l'hypocondriaque, la maitresse, la femme ménopausée hystérique, etc.

Alors qu'une des nanas soit une caricature de la femme hystérique (avec une semaine par mois où elle subit les attaques de ces méchants envahisseurs anglais), je l'accepte mais que la majorité des personnages féminins soient chiantes, pleurnichardes, criardes - euh là je dis stop.

 


On m'avait dit : tu verras, tu vas te reconnaitre dans chaque personnage : Je dis NON. A part celui interpétrée par Laetitia Casta (actrice surprenante d'émotion, de tendresse et de talent) - où j'ai reconnu ma légendaire maladresse - je ne me suis jamais identifiée aux autres et elles sont nombreuses. Car la caricature même si elle est mise à mal dans deux ou trois scènes (avec les hommes)  prédomine dans tout le film :

- une femme avec quatre enfants (du même âge...) ne s'habille plus, vit en pyjama et pleure tout le temps, et finit par chercher de la tendresse auprès d'une autre femme...
- Une femme qui a réussi professionnellement n'a pas de mec, pas de gosses mais pire encore pas d'ami(e)s, etc.
- une femme en pleine ménopause est forcément hystérique, obsédée, etc.

Le film est une comédie, et fort heureusement on rit souvent - mais je regrette d'avoir réfléchi un peu trop. Ce qui me rassure c'est que la copine venue avec moi les a trouvées aussi toutes tarées. Elle n'est d'ailleurs pas représentée : jeune femme trentenaire, deux enfants en bas âge,boulot de cadre et bien dans sa peau. Apparemment, c'est impossible.

Alors oui, je reconnais que j'aime faire la fête, partir en week-end avec les copines, parler de tout, se soutenir dans les moments difficiles (et il y en a) - je reste quand même maitre de moi 90% du temps,  j'assume vie professionnelle et personnelle et je ne pleure pas trois fois par jour (si tu ne pleures pas c'est que tu es frigide ou avec un taux de testostérone élevé). Non.  Et ce constat m'a un peu gâché mon plaisir. Même si le personnage de Julie Ferrier m'a vraiment fait beaucoup rire (la scène de la porte), comme celui de Laetitia Casta. Les deux actrices tirent leur épingle du jeu et la dernière possède un vrai talent pour la comédie.

Autre bonne surprise : Marina Hands, une actrice que j'adore, qui peu à peu se transforme en tigresse et finit par dominer totalement son ex (physiquement et mentalement), la transformation est impressionnante et les scènes hilarantes. 



Un petit mot sur Alice Belaïdi dont le personnage dans la série Working Girls m'énerve au plus haut point qui est ici quand même la révélation du film, très touchante. Son personnage est tellement loin des autres, que je l'avais zappé!

J'ai revu Isabelle Adjani avec plaisir (quel regard!) mais j'ai trouvé son personnage horripilant et qui fait encore passer les femmes en période de ménopause pour des hystériques (moi dans ma famille, les femmes restent normales), je n'ai jamais été fan de Vanessa Paradis même si je dois avouer que le rôle de la femme cérébrale et froide lui va à ravir, j'adore la voir envoyer chier les autres. Elle joue bien également.

Enfin, je ne n'ai pas supporté le personnage d'Audrey Dana, maitresse complètement dingue, désespérée de ne pas trouver l'amour -  j'ai trouvé le personnage de la rousse Julie Fleuriot tellement prévisible et je dois en oublier. 
Ah oui, Géraldine Nakache qui s'entiche de la très belle Alice Taglioni, qui de son mètre 80 domine de son corps de déesse toutes les autres. Car oui, il y a aussi une lesbienne.  Et Sylvie Testud, qui joue - allez chercher une once de ressemblance, la soeur d'Adjani....

Evidemment, les femmes sont surprenantes, touchantes, complexes mais bon too much for me !

Bref, allez-y sans réfléchir, pour rigoler !

Mon avis :   

10 juin 2013

Limonov

J'avais, dès sa sortie en librairie, eu envie de lire le dernier écrit d'Emmanuel Carrère, Limonov. Je connais le romancier français, j'ai lu D'autres vies que la mienne et L'adversaire, entre autres.

Fils de la célèbre soviétologue et académicienne Hélène Carrère d'Encausse, il a grandi entouré par une famille, russe blanche d'origine et a voyagé avec sa mère en Russie à plusieurs reprises, croisant sur sa route des personnalités russes qu'il retrouvera dans la vie d'Edouard Limonov, l'homme dont il a souhaité raconter la vie ici. Limonov, impossible de résumer la vie de cet ukrainien, né pauvre, poète et romancier, avide de reconnaissance, portier à New York, combattant auprès des Serbes pendant la guerre en ex-Yougoslavie, opposant dès la première heure de la politique de Poutine.

Carrère nous entraine dans la vie de cet homme, qui s'est construit une vie (Limonov, nom créé de tout pièce) et a consacré son temps à la réécrire, dans des romans qu'affectionne l'auteur français. Après trois semaines d'entretien à Moscou, Carrère nous offre ici un livre, dont on ne saurait dire s'il s'agit d'une bibliographie, un roman ou un essai, car la vie de Limonov, c'est tout simplement la vie de la Russie depuis la seconde guerre mondiale, magnifiée, maquillée, réinventée par cet homme aux mille visages. Attention, le roman prend parfois des route sinueuses qui peuvent déconcerter un lecteur non averti.

Le lecteur va ainsi voyager dans le temps, à travers les secrétaires du parti, de Staline à  Brejnev, de Kroutchev, de Eltsine à Poutine, Carrère vous invite dans cette Russie des pauvres, la Russie oubliée - celles de ses millions de citoyens, exilés dans des villes autrefois prospères, oubliés de tous, qui croupissent en rêvant du temps passé, du temps des communistes, où tout était disponible, partagé sauf bien évidemment la liberté.

Carrère explique qu'il ne souhaite pas porter de jugement personnel sur le personnage (c'est bien une personne réelle, mais il s'est créé un personnage qu'il présente à la presse) de Limonov, mais difficile pour le lecteur de rester indifférent aux choix extrémistes de cet homme, avide pour moi de reconnaissance, de célébrité, qui comme le communisme
condamnait le culte de la personnalité, mais rêvait de voir son portrait peint et affiché dans toutes les rues. Poète et écrivain de génie, politicien raté, il court après le passé glorieux de la Russie comme on court après nos souvenirs d'enfance, en sachant que jamais nous ne les retrouverons.

Ce qui est formidable pour le lecteur, c'est le cours d'histoire magistral qui est offert par Carrère, dont on reconnaît ici l'incroyable science transmise par sa mère. La culture russe est ici racontée au lecteur, et moi qui ait étudié l'histoire russe depuis son premier Tsar, et la langue russe pendant cinq ans, j'ai pris énormément plaisir à suivre les aventures rocambolesques d'un homme qui n'a cessé de courir après un rêve.

Je ne finirais pas ce livre en vous disant que j'aime Limonov, car pour avoir malheureusement connu de trop près la guerre en Ex-Yougoslavie, j'ai compris que jamais je ne comprendrais cet homme qui frôle souvent de trop près le fascisme et toute sorte d’extrémisme.

Limonov m'a fait penser à un oiseau, un colibri, dont les battements d'aile très rapides provoquent un son, comme une légère musique. Cet oiseau a une aura magique, difficile à attraper, il attise toutes les curiosités mais comme l'animal, il reste incompris et indomptable.

Petite anecdote amusante, j'ai fini de lire ce livre samedi après-midi. Une heure avant, je me promenais sur twitter, lorsque j'ai lu le dernier tweet d'une actrice que j'aime beaucoup, (et qui aime aussi lire) Clémence Poésy : "Ce sont des loques. Ce sont des rois. Ça d’accord, ça lui va."
Ignorant d'où provenait ses mots, je rentre donc chez moi et me plonge dans les dernières pages du récit de la vie fantastique de Limonov, lorsque j'arrive à la dernière page et que je tombe à nouveau sur ces mêmes mots :

"Ce sont des loques. Ce sont des rois. Ça d’accord, ça lui va."

Poésy citait donc le même jour les mots de Carrère. Je l'ai évidemment retweeté et je vous invite à comprendre le sens de ces mots en achetant le livre.

03 juin 2013

My addictions of the week



Au menu cette semaine s'il vous plaît : Daft Punk, Homeland, Benedict Cumberbach, Zooey Deschanel, Miss Fisher.


Mes drogues culinaires



Vous l'aurez deviné, avec le retour du soleil, on a tout de suite envie de fraicheur, et une salade simple de tomates, avec des herbes fraiches, de la mozzarella, du citron vert  et le bonheur est dans le pré !

PS : cuisinée et avalée toute entière ce midi

Mes drogues télévisuellesJe vous bassine avec le retour d'Homeland, prévu jeudi prochain sur Canal - et les quelques extraits diffusés me donne encore plus envie de revoir le doux visage de Claire Danes.

Comme de retrouver la série complètement déjantée de Canal, Working Girls. D'excellents fous rires en perspective !


Je suis curieuse de découvrir sur France 3, demain soir, une série policière avec comme héroïne, une jeune femme, détective privée, Miss Phryne Fisher, à Melbourne à la fin des années 20. "Miss Fisher enquête" sera donc diffusée le dimanche soir (à coup de trois épisodes). Malheureusement, je crains qu'une fois de plus, seule la version française soit disponible.  Après Gatsby le Magnifique, les amoureux comme moi de cette période Art déco, auront donc plaisir à retrouver cette période très excitante.
Vendredi prochain (7 juin), je regarderai une fois de plus Arte, qui ne cesse de diffuser d'excellents programmes, pour voir Parade's End, une série britannique qui met en scène Benedict Cumberbach (l'acteur interprétant Sherlock Holmes, série diffusée en France qui, je crois n'avais pas rencontré le succès escompté).

L'histoire raconte la vie de  Christopher Tietjiens (B.Cumberbach), marié à Sylvia (Rebecca Hall, vue dans The Town) qu'il a épousé enceinte d'un autre et qui n'éprouve que mépris pour lui. Il va s'éprendre d'une suffragette alors que la première guerre mondiale approche et que bientôt toutes leurs vies vont être chamboulées.  A noter la présence de Miranda Richardson et de Rupert Everett. Bref, j'ai hâte d'être devant mon petit écran.

Vous l'aurez remarqué, on n'aura jamais autant été baigné dans l'atmosphère de la première partie du 20ème Siècle.

Mes drogues musicales

Comme beaucoup, et avec du retard, je découvre le dernier album des Daft Punk. Critiqué par certains de leurs fans, encensés par la presse et numéro un à travers le monde, j'ai pris le train en marche et je ne regrette pas ! Il faut dire que j'avais déjà parlé d'eux dans mon billet sur le film Tron (où j'avais adoré leur présence, et leur musique). Pour en profiter au maximum, j'ai décidé de télécharger leur album et de les écouter le soir, en promenant ma saucisse. J'ai déjà écouté plusieurs titres, et j'aime beaucoup Contact.

Comme je vous soûle avec mon amour pour les musiques de film, j'étais ravie de voir la collaboration entre les Frenchies et Giorgio Moroder (l'auteur précurseur du synthé avec la bande-originale du film Midnight Express, un classique) qui l'ont invité à raconter sa vie dans un de leurs titres (Giorgio by Moroder). 






J'aime donc la musique électro française, Bruce Springsteen, Pearl Jam, Alice in Chains, mais aussi... She & Him !
 

J'avais déjà écrit, je crois, un billet sur ce duo américain composé de Zooey Deschanel et M.Ward. J'avais adoré leur premier album (Volume one), un peu moins le deuxième (Volume 2) et je viens de découvrir le troisième (Volume 3), avec grand plaisir.

Zooey peut énerver, mais force est d'avouer qu'elle possède une voix hors du commun, et j'aime le travail qu'elle accomplit ici, leur musique est légèrement décalée, on y retrouve les années 50 ou 60 mais avec une touche contemporaine.  Je vous conseille vivement d'écouter leur premier album. Elle énerve certains internautes par son côté "lolita" mais j'aime la manière dont elle a décidé d'assumer sa douce folie, et puis je l'avoue, elle a des cheveux sublimes ! 

Leur premier titre a un goût de sucette à la fraise, parfait pour ce temps ensoleillé ;-)





Bonne semaine à tous !