lundi 14 avril 2014

My addictions of the week


Au menu cette semaine : une grossesse mal cachée dans Scandal, l'expo de Jérôme Zonder au Lieu Unique, le dernier film de Patrice Leconte, un reportage photo sur des ex-détenus américains, du Gini, le retour de The Good Wife , du dessin et des sardines grillées...




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jeudi 10 avril 2014

Nebraska

J'avais beaucoup aimé The Descendants, le dernier film d'Alexander Payne, aussi j'avais très envie de voir Nebraska. Le prix de la meilleure interprétation masculine remis à  Bruce Dern lors du festival de Cannes aura fini de me convaincre.  Pourtant les rares extraits du film, en noir et blanc, tourné l'hiver ne m'enchantaient guère.

Quelle erreur ! J'ai tout de suite été happée par l'histoire et j'ai très vite oublié le noir et blanc. Ce film est à la fois la vision d'une Amérique à laquelle tient le réalisateur américain, celles des gens ordinaires - ici pas de super héros, d'hommes riches ou puissants - non, le spectateur est plongé dans la vie ordinaire d'un vieillard américain vivant à Billings au Montana. Woody Grant (Bruce Dern) est persuadé d'avoir gagné le gros lot (1M$) après reçu une lettre lui indiquant que pour gagner, il doit se rendre à Lincoln, au Nebraska. Mais le vieil homme n'a plus le permis et malgré l'évidence qu'il s'agit là d'une escroquerie, il ne cesse de partir à pied chercher son Graal. 

Son fils cadet, David (Will Forte) ému par la ténacité et la fragilité de son père, accepte de l'emmener et le road movie peut commencer.  Le spectateur se retrouve vite assis dans la voiture, à l'arrière et quel plaisir de suivre leurs aventures !
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mardi 1 avril 2014

Her

2h06 en compagnie de Joaquin Phoenix - que demander de plus ? Si vous doutiez du talent de l'acteur américain, je vous invite à aller le retrouver dans Her le dernier film réalisé et écrit par Spike Jonze. Le film a fait peu de bruit, si ce n'est aux Golden Globes, puis aux Oscars, où l'on mentionné la performance de l'acteur américain et l'histoire folle écrite par Spike Jonze.

Je ne le cacherai pas : j'ai été emportée, émotionnellement et visuellement par cette histoire. Celle de Théodore (Joaquin), perdu dans la ville des Anges qui occupe, dans un futur proche, un job assez spécial : écrivain public mais de lettres et missives d'amour. Il occupe ses journées à remercier une épouse pour leur cinquante années de mariage ou féliciter son fils pour sa réussite aux examens.

Le soir, il s'enferme chez lui, dépressif depuis le départ de son épouse Catherine (Rooney Mara) après huit ans de mariage, il trouve refuge devant des jeux vidéos en 3D dans son salon. Sa vie est morose et routinière. 

C'est alors qu'il découvre un nouveau système d'exploitation "OS1" pour son ordinateur. Ce dernier est le premier système dit intelligent qui sous la voix suave de Samantha (Scarlett Johansson) entre dans la vie de Theodore pour ne plus la quitter. Dès lors l'écrivain public ne peut faire un pas sans elle et il finit par tomber rapidement amoureux d'elle. Qui est Samantha ? Un système d'exploitation qui prend la forme d'un petit livret de poche, muni d'une caméra et d'un appareil auditif discret. 


Spike Jonze est un génie - il réussit en premier à recréer un Los Angeles à la fois contemporain et moderne, où les habitants se croisent sans se parler, absorbés par leurs vies virtuelles. Car rapidement l'OS1 envahit la population mais Theodore lui ne voit que  Samantha. Il sort à nouveau, sourit, s'amuse et vit une histoire d'amour avec un système d'exploitation. Évidemment, cette situation lui pose question - si elle est acceptée par ses amis, et ses collègues (ce qui nous ramène à un Los Angeles futur), son ex-femme Catherine lui rappelle soudainement l'importance du contact, du toucher, du goût. Un amour virtuel où le contact physique disparaît.  De son côté, Samantha ne cesse de se développer et commence sa recherche du "corps".

Je ne peux pas en dire plus, sinon que ce je vous raconte doit vous sembler étrange - pourtant, en tant que spectateur, j'ai été rapidement emportée dans ce monde au goût acidulé, où tout est aseptisé : du choix des couleurs, des pantalons taille haute pour les hommes, du retour de la moustache et des couleurs pastels qui dominent la décoration d'intérieur identique chez tous les personnages (un style très scandinave qui parodie ici le monde contemporain et la perversité de la mondialisation). La parabole avec la solitude humaine de ce futur nous ramène à notre société d’aujourd’hui, où on le sait déjà, les gens seuls sont dans les métropoles.



A part deux ou trois rencontres, dont un rendez-vous galant avec une Olivia Wilde désespérée, des soirées avec sa voisine et amie, interprétée avec talent par Amy Adams, et les souvenirs avec Catherine, Theodore navigue de son bureau à son travail sans contact. Le spectateur est en permanence avec lui, le film gravite autour de son personnage, on vit à travers lui - 2h06 de présence de cet acteur, qui seul chez lui, parlant à cette voix féminine, doit interpréter toutes les émotions sans jamais pouvoir toucher ou voir sa partenaire.  Je salue ici a performance de Joaquin Phoenix - que dire de ce regard, cette esquisse de sourire qui vous fend le cœur ? 

Rooney Mara, que j'adore et dont je vous bassine à chaque apparition montre encore une nouvelle fois son talent - les flashbacks de leur amour disparu sont magnifiques. Je ne me lasse pas de la voir au cinéma, je la trouve à la fois gracile, fébrile, et en même temps forte. Bref, le casting est parfait. Spike Jonze glisse ci et là des notes d'humour, on rit tout au long du film comme à chaque apparition du collègue de Theodore, un Chris Pratt magnifiquement enlaidi. Le spectateur sourit et pâtit de la solitude du héros.



Quelle chance d'être allée voir ce film, un petit bijou - le seul bémol (je me demande s'il n'a pas été voulu par le réalisateur) c'est le ton mielleux de la voix de Samantha (Scarlett Johansson) qui à la fin du film m'a passablement énervé. Si j'ai trouvé assez amusant de l'entendre à nouveau minauder, comme dans Don Jon - j'ai eu, à nouveau, très envie de lui filer une baffe !

A noter également la place prépondérante dans le film de la ville de Los Angeles, filmée ici avec amour - la lumière est sublime. Côté réalisation, rien à redire, je n'ai pas trouvé de temps long. Les petites touches d'humour (comme le petit personnage du jeu vidéo) sont présentes tout au long du film qui ne vire jamais dans le drame, mais reste subtilement mélancolique. Tout a été minutieusement préparé et le résultat est là, un vrai coup de cœur !  


Mon avis :


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