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13 septembre 2017

J'ai fait le Voyage à Nantes ! (part #4)

 


Le Voyage à Nantes a continué avec l'expo Entrée Libre à l'ancienne maison d'arrêt de Nantes et l'expo Pas de Rose pour l'Infini au passage Sainte-Croix. Le Voyage à Nantes a pris fin le 28 août mais les Journées du Patrimoine vous permettent d'aller voir l'expo à la maison d'arrêt de Nantes avant la démolition. 

Ancienne maison d'arrêt de Nantes - "Entrée Libre"

Quand l'art populaire s'invite en prison. Dans l'ancien bâtiment du greffe, les artistes de Pick Up Production ont choisi de rendre hommage aux milliers d'hommes et de femmes qui ont monté un jour ses marches. Une exposition collective qui veut narrer l'histoire de ses anciens occupants. Un résultat impressionnant. 
Le collectif est composé des artistes suivants : David Bartex, Gilles Bouly, Jurictus et Sam Rictus, Katjastroph, Nosbé, Persu, Skio, Kazy Usclef et Rémi. Une boutique est présente à l'intérieur du bâtiment.

J'avais déjà visité la maison d'arrêt après sa fermeture, une visite guidée - y retourner et la retrouver en partie totalement "refaite" était très surprenant. Ma seule déception ? Seule l'entrée (avec son escalier funestement célèbre) et le premier bâtiment ont été ouverts aux artistes - j'aurais tant aimé voir le travail accompli au niveau de la rotonde et dans une des cours de promenade ou dans un parloir ...










Samedi 16 et dimanche 17 septembre de 10h à 19h - dernière entrée à 18h30
Tarif : 2 € (gratuit pour les moins de 6 ans) 
Greffe de l'ancienne Maison d'arrêt
5 Place Aristide Briand


Passage Sainte-Croix - Pas de Rose pour l'Infini

J'étais ravie de retrouver Laurent Pernot à nouveau. C'est lui qui a réalisé l’œuvre monumentale et très poétique place Royale. J'aime la douceur et la poésie qui se dégagent de ses créations. 

Ces travaux tournent autour du visible et de l'invisible, du temps et de la mémoire, de l'éphémère et de l'éternel, de l'humain et de la nature. Un travail énigmatique - l'artiste puise sa source dans le cinéma, la littérature mais aussi des domaines scientifiques tels que l'anthropologie ou l'astrophysique. Le résultat qui s'en dégage est d'une douceur. L'artiste dit rechercher à créer une relation poétique qui englobe le passé et le futur, le proche et le lointain, afin de mieux faire comprendre à l'humain son attachement à notre planète. Et il y arrive! Que ce soit le film diffusé ou ces deux œuvres (il faut bien regarder à l'intérieur du globe) singulières, on est touché par son travail. Un gros coup de cœur !

Malheureusement, l'exposition a pris fin le 28 août. Reste une exposition permanente à découvrir. 


Selon votre positionnement, l'image à l'intérieur de la boule change et encore plus près, vous pourrez voir la mer et ses vagues....



Des couleur douces, une atmosphère feutrée - tout pour me plaire !


Et pour finir une touche de poésie....

video


Une édition 2017 particulièrement réussie ! Vivement 2018 ;-)

06 septembre 2017

Folie des Plantes

Samedi et dimanche prochain aura lieu la 30ème édition de la Folie des Plantes, édition Étoile et toiles. 

Principale manifestation florale du grand ouest, La Folie des Plantes, expo, vente et animations, réunit en un même lieu 200 exposants, producteurs de plantes, associations horticoles, jardins familiaux. Elle attire chaque année, le temps du weekend, 40 000 visiteurs, dans le cadre prestigieux du parc du Château du Grand Blottereau, folie nantaise du 18ème siècle. 

J'y assiste tous les ans avec ma famille, mon beau-père étant un passionné de cactées. Mais cette année, je compte y rester plus longtemps et dénicher de jolies plantes pour moi également ! Et tout est prévu : un garde plantes si vous êtes déjà trop chargé et de quoi vous rafraichir ;-)

Les ateliers potager, les animations coréennes, les artistes paysagistes comme Claude Ponti... tout ce petit monde a répondu présent ainsi que les élèves du lycée horticole du Grand Blottereau.

J'adore cet évènement, les amoureux des plantes (vertes ou à fleurs) sont les bienvenus (et les toutous aussi) ! Toutes les infos pratiques (ainsi que le dépliant en PDF avec tous les exposants, heures et dates des conférences et ateliers) sont disponibles ici.


05 septembre 2017

Wind River


J'attendais depuis un bout de temps la sortie de Wind River au cinéma et je ne regrette pas mon impatience, quelle claque ! J'ai a-d-o-r-é ce film, un véritable film coup de poing. Cela faisait fort longtemps qu'un film ne m'avait pas transporté aussi loin. J'ai totalement oublié que j'étais dans une salle de cinéma à Nantes. Je me suis retrouvée dans cette réserve indienne du Wyoming en plein blizzard à suivre cette chasse à l'homme, sans temps mort.

Ici, le réalisateur a réussi un véritable tour de force. Mais en premier lieu, revenons à l'histoire. Cory Lambert (Jeremy Renner) est pisteur (chasseur) pour le Département des Eaux et Forêts. Il est appelé sur la réserve indienne de Wind River pour y chasser un puma (et ses petits) qui ont tué des vaches. Se déplaçant sur un scooter des neiges, Cory parcourt de nombreux miles sur cette immensité blanche qu'est cette réserve, plus grande que l'état du New Hampshire. Mais les traces du puma laissent bientôt la place à des traces de pas humains, et Cory découvre le corps inanimé de Natalie, une jeune fille indienne. Natalie était l'une des meilleures amies d’Émilie, la propre fille de Cory, décédée il y a trois à l'âge de 16 ans. Natalie a couru dans la neige, pieds nus, jusqu'à s'effondrer dans cette zone déserte. 



Le FBI envoie alors une jeune recrue, Jane Banner (Elizabeth Olsen) pour seconder la police tribale, dirigée par Ben (Graham Green). Celui-ci doute que cette jeune femme puisse élucider seule ce crime. Jane Banner demande à Cory de l'aider dans son enquête. Son ex-femme, Wilma (Julia Jones) a grandi dans la réserve Arapahoe et ses parents y vivent encore. C'est là que Cory emmène leur fils avant de se lancer dans cette chasse à l'homme. 

Ce qui m'a profondément impressionné c'est la nature, ici elle est terrifiante. Ici, comme le dit le personnage de Jeremy Renner, il n'y a pas de place à la chance, l'homme doit survivre. Il doit se battre continuellement et seuls les plus forts résistent. La nature n'a pas de place pour la compassion, les hivers longs et froids, sont entrecoupés de tempêtes de neige violentes. Ces longs mois rendent les hommes fous. Comme beaucoup de réserves indiennes, la misère domine. L'alcool et la drogue ont ravagé la jeunesse. Et l'enquête s'annonce très difficile. Jane ne se laisse cependant pas faire et accompagnée de Ben et de Cory va s'assurer de rendre justice à cette jeune femme. 

Ici, la cité et ses règles n'ont pas parole. Ici, la justice est celle des hommes, pas des juges. Et moi qui suis partout pour une justice ordonnée, j'ai pourtant adhéré à celle du film. Tant la violence faite aux femmes est forte. Dans ce film, elle surgit à chaque fois sans qu'on s'y attende, et Taylor Sheridan n'épargne pas le spectateur. On assiste à la scène du crime et on sait ce qui va se passer et pourtant rien ne nous prépare à cette violence, à cette peur. Plusieurs scènes m'ont frappées. La première dans la caravane et la seconde lorsqu'on a l'impression que deux meutes de loups vont s'affronter, et lorsqu'ils passent à l'acte, fermez les yeux ! 


Mais Taylor Sheridan réussit la prouesse de laisser les sentiments humains envelopper ces corps meurtris d'une chaleur humaine, seule rempart contre ce froid. Même si ces sentiments sont douloureux - Natalie et Émilie sont deux jeunes femmes indiennes mortes brutalement. Cory soutient le père de Nathalie, Martin (formidable Gil Birmingham). Comme dans tous les films indiens, l'humour y est toujours présent. J'ai beaucoup aimé la scène où Martin rencontre Jane et rappelle que l'homme blanc commence toujours par insulter l'Indien.

Taylor Sheridan a souhaité ici aborder un sujet grave : les disparitions inexpliquées de jeunes femmes indiennes. Contrairement aux jeunes femmes blanches, aucune enquête n'est menée, et il n'y a aucun recensement. Forcément, ce sujet fait écho aux disparitions d'autres jeunes femmes indiennes mais au Canada, le long des autoroutes où elles font souvent de l'auto-stop. Pendant des décennies, les autorités canadiennes ont fermé les yeux jusqu'à ce qu'un documentaire mettre à jour leur refus d'enquêter. 

Prémonition ? J'ai acheté un livre basé sur ce documentaire lorsque j'étais au Québec et je l'avais sorti de ma pile à lire samedi, sans avoir vu le film. J'ai désormais hâte de le lire et de vous en reparler. 

 

Les acteurs sont tous formidables, Jeremy Renner est un acteur étonnant, évidemment lorsqu'il enfile sa combinaison de chasse et qu'il se met en route, on pense à lui dans la trilogie de Jason Bourne. Je trouve que son jeu s'améliore sans cesse et la présence d'Elizabeth Olsen y est sûrement pour quelque chose, car elle joue très bien cette jeune recrue du FBI dépassée par les évènements et ce déchainement de violence.

La loi des hommes s'estompe face à celle de la nature, et ici cette phrase prend tout son sens. On se sent vraiment petit dans cette immensité blanche.


Petit aparté sur le réalisateur Taylor Sheridan. Acteur, il s'est lancé dans l'écriture d'un scénario : Sicario. Adapté au cinéma par Denis Villeneuve en 2015, il explorait le monde des cartels de drogue et suivait des agents du FBI entre le Mexique et les États-Unis. J'avais beaucoup aimé ce film sombre et violent. J'ai appris qu'une suite centrée sur le personnage de Benicio Del Toro devrait voir le jour en 2018.

Taylor Sheridan a souhaité poursuivre l'écriture pour créer une trilogie autour du "Nouvel Ouest". Il a signé ainsi le scénario de Comancheria, où on suivait deux frangins, braqueurs de banque dans des trous paumés du Texas, poursuivi par un shérif local vieillissant (formidable Jeff Bridges) et d'un adjoint très con (Gil Birmingham, déjà) J'ai adoré ce film ! 

Wind River est donc le film qui clôt la trilogie, mais cette fois-ci Taylor Sheridan a souhaité en être le réalisateur. Et je l'en remercie ! 

Bonne nouvelle : Taylor Sheridan, fidèle à son amour des grands espaces (et de la violence) travaille actuellement sur une série, appelée Yellowstone. Une forme de western moderne où y suit la vie d'un personnage interprété par Kevin Costner qui possède le plus grand ranch aux USA et doit affronter toutes sortes de danger. La série compte dix épisodes et devrait être diffusée à l'été prochain. Mais moi, j'ai hâte de voir la suite de Sicario.

Et, une première, je pense, retourner voir Wind River le week-end prochain. Rarement un film ne m'a marqué à ce point. En sortant du cinéma, j'étais un peu perdue. Et même si le sujet est grave, j'avoue que cette nature sauvage continue de me hanter et que j'ai hâte de retrouver la présence rassurante de Cory Lambert.

Mon avis :