mardi 24 mars 2015

My addictions of the week



Au menu cette semaine : DCI Banks, Felicity Huffman, States of Grace, Morse, Kristen Stewart, Grey's Anatomy, Caïn, American Crime, Shaun Evans, polars, SpeakBrie Larson, etc.

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samedi 21 mars 2015

Still Alice

J'avais entendu beaucoup de bien de ce film, et la nomination de Julianne Moore à l'Oscar de la meilleure actrice était bon signe. Je ne suis pas allée au cinéma depuis un bout de temps, par le manque de temps et d'envie. Mais en plus de l'histoire en elle-même, le casting me semblait alléchant Julianne Moore, Kate Bosworth, Kristen Stewart, Alec Baldwin et New York city. 

L'histoire commence avec le cinquantième anniversaire d'Alice Howland, une brillante professeur de linguistics New-Yorkaise. A cette occasion, son époux John (Baldwin), leur fille ainée Anna (Bosworth) et son époux et leur fils Tom (Hunter Parrish) le fêtent au restaurant. Sa fille cadette, Lydia (Stewart) est restée à Los Angeles pour une audition. Alice a une vie rêvée : un époux charmant, trois grands enfants en parfaite santé et une grande carrière reconnue.  

Pourtant quelque chose tracasse Alice, en déplacement pour une conférence à Los Angeles, elle perd le fil de sa présentation. Elle met cet oubli au compte d'une fatigue passagère. De retour chez elle les troubles réapparaissent. Un jour qu'elle est partie faire du jogging près de la fac de Columbia où elle enseigne Alice est soudainement prise de panique : elle ignore où elle se trouve. Finalement elle retrouve ses esprits mais décide de consulter un neurologue sans en avertir sa famille. 

Ce n'est au bout que de plusieurs rendez-vous et d'examens avec son neurologue (l'un d'eux, celui du nom et de l'adresse d'une personne à retenir en début de conversation m'aura marqué, je l'ai fait comme sans doute nombre de spectateurs) que le diagnostic tombe : Alice souffre d'une forme précoce de la maladie d'Alzheimer. 

Sortez-vos mouchoirs ? Oui et non. Non, car le film ne tombe jamais dans le misérabilisme ou dans la guimauve. Alice, éminent professeur, dont les écrits ont été reconnus dans le monde entier n'aurait jamais accepté cette pitié. La forme précoce est généralement plus agressive. Le médecin explique qu'elle est diagnostiquée plus tardivement chez les personnes jeunes très intelligentes (comme Alice) car le cerveau a réussi à déjouer pendant un temps les premiers symptômes. 



Alice doit non seulement annoncer à sa famille ce terrible verdict, mais il apparait qu'elle souffre d'une forme héréditaire de la maladie. Ses trois enfants peuvent être atteints du même gêne. 

Je n'en dirais pas plus sur l'histoire. En évitant le pathos, et en choisissant de montrer une femme encore jeune atteinte de cette maladie, le réalisateur réussit le pari de donner un visage et des mots à une maladie que l'on associe souvent avec la vieillesse. Perdre peu à peu la mémoire, ses souvenirs, ses repères, Alice le dit très bien "mon cerveau se meurt" est terrible. 



L'autre phénomène étrange de cette maladie est la réapparition de souvenirs éloignés, de l'enfance de la personne atteinte. Je le sais car mon grand-père est décédé de cette maladie. Les premiers effets furent son désir de nous faire partager ses souvenirs de jeunesse, de son service militaire à Paris. Un soir, en rentrant d'un diner avec ma grand-mère, il est rentré "à la maison". Pas celle où il vivait depuis trente ans avec son épouse mais celle où il avait grandit. La maladie était là. 

Alice revoit sa mère et sa soeur, disparues trop tôt, et ce père qu'elle avait fui, mais qui avec le recul, avait probablement la même maladie. 

Le film est sobre, émouvant (j'ai versé ma petite larme) et pudique. 

Je tire mon chapeau à l'ensemble des acteurs. Julianne Moore y est juste incroyable. Une femme sublime dont le jeu tout en justesse et pudeur permet totalement au spectateur de s'y attacher et de s'y identifier. Si j'avais vu le film avant la cérémonie, j'aurais vraiment hésité. 

Kate Bosworth en fille parfaite, un peu trop psycho-rigide mais qui va craquer à l'annonce de la maladie. Kristen Stewart qui interprète avec tact celle qui a refusé le modèle familial en souhaitant devenir actrice mais qui sera répondre présent le moment venu. Enfin, Alec Baldwin qui a jouer cet époux, totalement dépassé par les évènements et qui voit peu à peu l'amour de sa vie lui échapper. 



Je réalise que c'est mon quatrième film avec Kristen Stewart - depuis Panic Room, Into the Wild et The Runaways et j'ai vraiment envie de la voir dans son dernier film qui lui a valu le César du meilleur second rôle féminin. Elle a une présence incroyable. 

Mon avis : 
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mercredi 18 mars 2015

The virgin suicides (roman)

J'ai dégoté le livre un peu par hasard, dans une boutique de livres d'occasion il y a un ou deux ans - j'avais beaucoup aimé l'adaptation cinématographique signée Sofia Coppola (1999). Puis je l'ai oublié jusqu'à cet été quand je l'ai retrouvé.

J'ai lu le roman de Jeffrey Eugenides en novembre dernier et  j'ai publié ce billet sur mon autre blog littéraire mais je souhaitais le partager aujourd'hui avec vous.

Car ce livre ..quel choc ! Un livre culte, comme le film - pourtant l'histoire est dramatique. Pour ceux qui n'ont jamais entendu parler du livre, et/ou du film, voici l'histoire en ces grandes lignes : 

Devenu adulte, un garçon (le narrateur) témoigne de l'histoire tragique de la famille Lisbon dont les cinq filles vont se suicider en l'espace d'une année. Ce garçon et ses amis, fascinés par cette famille voisine de la leur, se remémore cette période à l'âge adulte et tente de percer à jour les nombreux mystères entourant cette famille. La mère de famille, chrétienne pratiquante, va peu à peu isoler ses filles du monde extérieur après le suicide de la benjamine, les entrainant inconsciemment vers leur perte. Les sœurs vont alors s'effacer comme les visages sur les vieux polaroid. 


En lisant le livre, le visage de Lux (interprété au cinéma par Kirsten Dunst) ne cessait de m'obséder.  L’œuvre est puissante et l'adaptation cinématographique retranscrit parfaitement cette lente descente aux enfers. Les personnages sont énigmatiques pourtant le lecteur est rapidement obsédé par ces jeunes filles, comme le narrateur à l'époque des faits. Ce que j'aime dans ce roman, c'est qu'il retranscrit toute une palette d'émotions : envies, espoirs et fantasmes, qu'il a, adolescent amoureux, ressenti. Le lecteur est donc partagé entre les souvenirs (visuels, auditifs et olfactifs) du narrateur et les témoignages recueillis auprès des voisins et autres personnes qui ont pu approcher les Lisbon. 

La vision parfois édulcorée du jeune homme (nous sommes dans les années 60) apporte au roman une touche romanesque, idéalisée par son amour envers ces jeunes filles évanescentes. Et comme lui, le lecteur assiste, impuissant à la lente désintégration d'une famille, obsédée par la religion et la peur de l'autre.

"En y repensant, nous décidâmes que les filles n'avaient cessé d'essayer de nous parler, de nous demander notre aide, mais que nous étions trop amoureux pour les entendre. Notre surveillance était si concentrée que nous n'avions rien manqué sinon un simple regard rendu. Vers qui d'autres se seraient-elles tournées ? Pas leurs parents. Ni les voisins. A l'intérieur de leur maison, elles étaient prisonnières ; à l'extérieur, lépreuses. Et ainsi elles se cachaient du monde, attendant que quelqu'un - nous - les sauve". 

Le livre et le film se complètent parfaitement. A cela, s'ajoute le style de l'auteur : épuré, classique mais également très moderne et visuel.

 


Jeffrey Eugenides a écrit, sans le savoir, un roman culte, sans aucun doute - il réalise un tour de force en critiquant cette Amérique puritaine qui au lieu d'aider ses enfants à s'ouvrir au monde, les enferme et les pousse au suicide. Car si la mère vise la vertu, ses filles rêvent de liberté et leur unique moyen de l'atteindre sera par le suicide.  Terrifiant. Difficile pour moi de comprendre le raisonnement des adultes face au désarroi de leurs enfants qui rêvaient juste d'une adolescence normale. 

Vierge suicidée
Qu'est-ce qu'elle criait?
Pas de raison de rester
Dans le train du malheur
Elle m'a donné sa fleur
C'est ma vierge suicidée

Un roman à lire absolument
 
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