dimanche 7 février 2016

Les brasiers de la colère

J'avais eu très envie de voir ce film lors de sa sortie au cinéma, mais sa sortie avait été si limitée qu'il m'était passé sous les doigts. Or je savais déjà que j'allais vraiment aimer cette histoire. Finalement, c'est jeudi soir que j'ai pu découvrir l'histoire de Russell et de Rodney, deux frangins qui vivent dans une petite ville dévastée par le chômage, l'un travaille à l'usine, où leur père et grand-père ont travaillé avant eux et le second revient entre deux tours en Irak. Mais le retour devient de plus en plus difficile, Rodney est totalement désorienté, les images de la guerre, son père qui se meurt lentement sur le canapé du salon et une ville en ruines., tout participe à son mal être. Russell, au contraire, a accepté son destin, il bosse comme soudeur à l'usine et fréquente une jeune femme, Lena, dont il est très épris. 

Mais les vieux démons de Rodney (Casey Affleck) ressurgissent, incapable de trouver un job, il boit et dépense ses toutes ses économies dans des jeux d'argent, des paris sur des courses qu'il perd à chaque fois. Russell (Christian Bale) connaît son bookmaker, c'est John Petty (Willem Dafoe) et va régulièrement payer les dettes de son frangin. Mais un jour Russell boit un peu trop et de retour chez sa copine provoque un accident de la route qui fait deux victimes. Russell part en prison. Rodney, seul à devoir gérer la maison, leur père malade, accepte alors de faire des combats illégaux de boxe (à mains nues). L'argent rentre mais Petty remarque bientôt que le jeune homme ne peut plus s'arrêter et surtout il refuse de se coucher alors qu'il est souvent payé pour. Petty ne veut plus l'engager. Il repart une dernière fois en Irak, en revient vivant et est même là pour assister à la sortie de prison de Russell. Lena (Zoë Saldana) ne l'a pas attendue, elle est en couple. Russell déprime à son tour. Il part à la chasse avec son oncle Red (Sam Shepard), sa seule famille dorénavant puisque le père est décédé alors qu'il est encore emprisonné. Russell doit réintégrer le domicile familial mais heureusement il réussit à retrouver son emploi de soudeur à l'usine. Les relations avec son frangin se dégradent lorsqu'il découvre ce que Rodney trafique. Les deux frères ont alors une énorme dispute et Rodney disparait. 



Quelques temps plus tard, Russell reçoit une lettre : Rodney et Petty sont partis dans les Appalaches mener un dernier combat de boxe organisé par un fou, Harlan DeGroat (Woody Harrelson). Rodney lui promet qu'il s'agit de son dernier combat et qu'il ira bosser à l'usine dès son retour. Russell respire. Mais le père de Lena, le chef de la police locale, Barnes (Forest Whitaker) vient les trouver un soir pour leur faire écouter le téléphone du bras droit de Petty, ce dernier l'a appelé par erreur et on y entend les voix de Rodney et de Petty et soudain ....

Que dire ? D'abord le casting époustouflant pour ce film. Une ville : Braddock, dévastée par la crise économique, une famille, les Baze, qui semble condamner à disparaitre, et Russell qui voit ses quelques rêves s'effondrer les uns après les autres. Et puis Rodney, revenu de la guerre avec ces images atroces, qui n'a jamais su trouver la paix. 



Une réalisation soignée, avec cette attention apportée à filmer les visages (l'avant-dernière scène finale vous restera longtemps en tête, avec le visage de Russell), une photographie magnifique et une bande-originale sublime (et la voix entêtante d'Eddie Vedder) - tout y est ! Alors oui, le film s'essouffle un peu en deuxième partie avec de s'envoler vers une scène finale impressionnante, un lyrisme maitrisé et moi qui adore Springsteen, on reconnaît chez Russell, Red ou Lena, les héros de ses chansons : ces Américains qui gardent la tête haute malgré tout ce que la vie leur met comme bâtons. Des gens simples, des ouvriers. Le titre original, Out of the furnace - est très parlant. Tout y est. 

Le film est loin d'être parfait mais c'est mon genre de films. J'aime ces histoires dont les personnages sont très attachants malgré leurs faiblesses. Où l'on s'accroche à la moindre lueur d'espoir. Moi j'avais très envie d'aller manger dans un diner avec le personnage de Russell !

Je précise que la toute dernière scène a donné scène à de multiples interprétations, mais le réalisateur, Cooper a expliqué à un journaliste que c'est un hommage au deuxième épisode du Parrain. Et moi, qui imaginais le pire, je m'étais trompée. Il est bien vivant. Je n'en dis pas plus. Le réalisateur précise qu'il est optimiste, et que même si la prison peut être dans sa tête, il reste toujours de l'espoir. Les lettres, celles de son frère ? Je vous laisse voir le film. 



Je ne peux pas finir sans dire à nouveau mon admiration pour Christian Bale - dont le visage est taillé à la pierre et qui trouve en Sam Shepard, son alter ego. Deux figures du cinéma. Magnifique ! Et j'aime beaucoup Casey Affleck. Je le dis parce qu'il le mérite, et que j'aimerais beaucoup voir son dernier film au passage. Et puis la BO, moi qui adore Pearl Jam et la voix puissante d'Eddie, que dire ? Sublime. Un petit bijou. 

Impossible de trouver une vost, mais bon entre les images, la voix lancinante d'Eddie et le magnétisme de Bale .. allez résister :-)


Mon avis : 


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lundi 1 février 2016

Spotlight

Il me tardait de voir ce film ! C'est chose faite. Après quelques frayeurs, Gaumont Nantes n'apparaissait pas dans la liste des cinémas diffusant le film (il était dans leur petit programme mais pas sur le site d'Allôciné). Finalement, le film est bien diffusé, en vf et en vo. J'ai choisi une séance en vo pensant être reléguée dans une petite salle, erreur ! C'était dans la salle principale et la salle était presque pleine quand je suis arrivée.  Moi qui adore ce genre de films (une enquête de longue haleine menée par des journalistes), je ne croyais pas que tant de gens pouvaient être aussi intéressés.

L'histoire est basée sur des faits réels. En 2001, une équipe du journal du Globe à Boston a mené une enquête de longue haleine (8 mois) sur l'Eglise Catholique. Boston est une ville ouvrière, avec une forte population catholique (irlandaise et italienne). L'Eglise est présente partout : les écoles, les centres de loisirs sont gérés par le Diocèse. Le Globe doit accueillir son nouveau chef, en provenance de Miami. Marty Baron (Liev Schreiber) découvre l'équipe "Spotlight". Celle-ci mène des enquêtes secrètes qu'elle ne partage qu'avec le rédacteur en chef du journal. Ils sont installés au sous-sol et ne communiquent pas ou peu avec leurs collègues. Baron leur propose un jour de pousser leur enquête sur l'église. Le Globe a publié des articles au fil des ans sur des histoires supposées de pédophilie mais n'a jamais mené une véritable enquête depuis deux affaires célèbres, où deux prêtres avaient été poursuivis en justice. L'un d'eux, Geoghan, a été accusé d'avoir à lui seul fait plus d'une centaine de victimes. Le Diocèse, représenté par l'éminent Cardinal Law, a toujours maintenu ne pas être au courant des faits. L'équipe du Spotlight se met au travail. 



Ils retrouvent des articles qui remontent aux années 80 et rencontrent les avocats des victimes de Porter. Ils découvrent (comme moi) qu'il y a prescription pour abus sexuels au bout de trois petites années, or les victimes attendent souvent l'âge adulte pour enfin raconter ce qui leur est arrivé. De plus, l'Eglise est protégée car même en dédommagement civil, elle ne peut être condamnée à verser plus de 20 000$ ! Mais en fouillant dans leurs archives, ils rencontrent une association de victimes qui va leur apporter leurs premiers noms et leurs premières pistes. Et l'un des journalistes (Mark Ruffalo) entre en contact avec un ancien prête devenu chercheur et qui enquête depuis trente ans sur les prêtres pédophiles. 

Peu à peu, les langues se délient, l'avocat de l'Eglise leur apporte quelques noms. Et le pire se produit : la liste des prêtres soupçonnés s'allongent à n'en plus finir. Croyant s'arrêter à 13, ils tombent des nues en découvrant le chiffre réel. Face à l'omerta, aux pressions à peine déguisée de l'Eglise, au silence des avocats, à la réticence même de la justice de leur donner accès à d'anciennes plaintes, l'équipe doit aller frapper à chaque porte, écouter en détail le témoignage de ces hommes, adultes à présent, et toujours brisés par ce qu'ils ont vécu. 



Je n'en dirais pas plus, mais comme d'habitude, j'ai été happée par l'histoire, les personnages et leur volonté infaillible de livre à leurs lecteurs une enquête poussée au bout. Ce qu'ils feront. Et qui leur vaudra même le Prix Pulitzer. Mais derrière cette enquête, on découvre surtout tout un système que l'Eglise a mis en place pour protéger ces hommes malades, pédophiles et s'arranger pour que les familles refusent de porter plainte. Les spectateurs présents dans la salle n'ont pas pu, comme moi, s'empêcher d'exprimer leur dégoût et étonnement face aux chiffres ou aux paroles prononcées par certains membres de l'église. 

Les acteurs sont tous formidables, j'adore Rachel McAdams et c'est toujours un plaisir de la retrouver dans ce genre de rôle (mon autre film préféré du genre est Jeux de Pouvoirs où elle jouait déjà une journaliste). Mais Michael Keaton, Mark Ruffalo, Liev Schreiber ou John Slaterry sont tous parfaits. Le personnage de Mark Ruffalo est touchant. Et j'ajoute Stanley Tucci qui est tout simplement génial dans ce rôle d'avocat dévoué lié par les liens du secret. Oh zut, idem, l'autre avocat (qui rappelle qu'il avait alerté le journal sans succès 5 ans auparavant) joué par Billy Crudup est aussi très bien interprété. Rappelez-vous que tous ces journalistes sont réels et étaient présents à la première du film.



Ce n'est pas un film d'action, alors n'y allez pas si vous voulez des courses poursuite, un rythme effréné. Vous verrez bien le personnage de Ruffalo courir, mais c'est pour accéder à des documents avant les autres journaux concurrents. Ici, le réalisateur a choisi de montrer le travail ingrat qu'est souvent le journalisme d'investigation : les heures passées au téléphone, celles à lire, relire, à aller frapper des portes, à se voir rejeter la majorité de leurs demandes. Mais au final, ils arrivent toujours à trouver une porte ouverte. L'autre point intéressant du film est l'hésitation du rédacteur-chef entre deux enquêtes : la manière dont l'Eglise, au courant, a tout fait pour protéger et cacher cette épidémie de pédophilie en son sein ou comment depuis des années quelques avocats se font de l'argent en signant des pactes de confidentialité entre les familles des victimes et l'Eglise, empochant au passage une coquette somme.

Bref, le film interroge vraiment le citoyen que l'on est sur les pouvoirs de l'Eglise. Et puis, j'ai adoré retrouver Boston, une ville qui m'attire toujours.

Un film passionnant et instructif. 

Mon avis : 


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samedi 30 janvier 2016

My addictions of the week



Au menu cette semaine : Brenda Blethyn, Trapped, SpotlightMoo, Sarenza, CheerzMontpellierRachel McAdams, enquêtes policières, cartes de visite, les enquêtes de Vera,  IslandeMark Ruffalo, crêpes !

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