!-- Font Awesome -->

22 février 2013

Surf City

J'ai repris mon rythme normal de lecture, et quand j'emporte un livre que j'emporte avec moi partout, c''est signe qu'il est excellent. Et c'est le cas avec le premier roman de Kem Nunn, Surf City.

J'ai découvert le romancier américain il y a un an environ en achetant son quatrième roman,Tijuana Straits. J'ai eu un énorme coup de foudre pour cet auteur qui m'a fait découvrir encore une autre facette de l'Amérique, celle des surfeurs de la Baja California. Depuis, je ne cesse d'en parler. Aussi, j'ai craqué, et lors des vacances de Noël, j'ai commandé ses trois premiers romans.

J'ai donc pris son premier livre, publié en 1990, intitulé Tapping the source et traduit une première fois Comme frère et sœur puis dans une nouvelle traduction, Surf City. Titre que je préfère largement au premier mais qui ne rattrape le titre original.
J'ai écrit mon premier billet sans rien savoir sur ce romancier, puis je suis allée longtemps après faire un tour sur sa fiche Wikipédia qui confirme en tout point les propos que je tenais dans mon billet. Kem Nunn a un style, une empreinte unique. Son style est à la fois lyrique et hyper-réaliste. Comme les grands romanciers américains, ses personnages reflètent une Amérique désenchantée, des personnages à la recherche de leurs rêves, à la poursuite du bonheur promis, des personnages fracassés par la vie. 

Kem Nunn raconte son Amérique, celle du sud de la Californie, où des jeunes vont trouver dans le surf une forme de rédemption. Ses envolées lyriques résonnent particulièrement, car ici l'océan est le meilleur compagnon de l'homme.

Ses personnages sont tous fragiles à la recherche du temps de leur grandeur, à la recherche d'un bonheur qui semble toujours leur échapper. Wikipédia le compare à Chandler, Hemingway et à mon chanteur préféré, Bruce Springsteen. C'est une comparaison fort intelligente, tous deux chantent les gens ordinaires, les héros de cette Amérique qui peut vous porter au firmament pour ensuite vous briser en mille morceaux. Cette Amérique des petites gens.

Kem Nunn écrit sur le surf, sa trilogie sur ce thème en a, dit-on, fait une célébrité dans cette communauté. J'ai toujours aimé l'océan et j'ai toujours été fascinée par ces hommes qui dansent avec la mer. Chez Nunn, le surf est un échappatoire à une vie terrestre sombre et difficile. Ces hommes brisés reviennent à la vie au contact de l'eau, toujours à la recherche de "la vague". Dans les deux romans que j'ai lus, Nunn choisit souvent comme personnages d'anciens champions de surf, oubliés, ceux des premières vagues, loin de la médiatisation contemporaine. J'avais adoré Tijuana Straits et j'ai énormément aimé Surf City, impossible de ne pas aimer ces personnages. Kem Nunn est un génie. Un immense auteur.

L'histoire a lieu dans les années soixante, lors du mouvement de libération sexuelle, où la Californie concentre tous les interdits : drogue, sexe et surf. L'auteur nous présente Ike, un jeune homme paumé qui n'a connu que le désert et le cambouis. Il quitte tout après qu'un type lui ait annoncé la disparition mystérieuse de sa sœur au Mexique, sœur qui a fugué deux ans auparavant. Il va alors se rendre à Huntington Beach en Californie, et pour approcher les soi-disant responsables va être amené à acheter une planche et se lancer.

Le romancier s'attache à nous faire partager le parcours initiatique de ce jeune homme, dont la vie va basculer subitement. Les personnages sont tous attachants, Kem Nunn sait raconter de belles histoires, et vous faire aimer chacun de ses héros, qu'ils soient bons ou mauvais. Chez Nunn, l'histoire ne se passe jamais comme prévue, Ike fera de belles rencontres mais plongera dans cette abysse avant de trouver une forme de rédemption.

Je n'en dirais plus, mais j'ai encore voyagé grâce à la prose de M.Nunn et je l'en remercie chaleureusement ;)


Edit : ce billet a été écrit il y a déjà une dizaine de jours, j'étais persuadée de sa publication. Mais non !





Aucun commentaire:

Publier un commentaire