J'ai vu Zulu et je me suis pris une claque. Et croyez-moi, ça fait du bien, même si le film est sombre, violent et pessimiste, j'ai aimé chaque minute, chaque image. J'en suis ressortie troublée et j'ai beaucoup aimé aller en Afrique du Sud - dans une Afrique du Sud bien réelle - pas celle montrée ces derniers jours où tout serait beau aujourd'hui, loin des années d'apartheid.
Le réalisateur est français, comme le scénariste, le chef opérateur, pourtant on est très loin de notre pays. En adaptant au cinéma le roman de Caryl Férey, Jérôme Salle a réussi un tour de force : nous emporter en moins de deux heures au sud du continent africain, de la banlieue riche aux townships de Cape Town, et nous faire aimer des personnages qui portent sur leurs épaules les lourds fardeaux de l'histoire de leurs pays.
Car ce qui marque dans ce film, ce n'est pas tant l'histoire à proprement parler, bien qu'effrayante - mais le fantôme de l'apartheid qui plane sur les personnages tout au long du film. Comme l'a dit Mandela à un journaliste étonné de cette violence très prégnante dans la société sud africaine, on ne peut pas effacer toutes ces années d'apartheid en quinze ou vingt ans. Et la génération filmée est celle qui a connu ces années noires et reste profondément marquée.
