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02 septembre 2011

La guerre est déclarée

Comme beaucoup, j'avais entendu parler de ce film lors de sa sortie au Festival de Cannes, l'ovation de plus d'une demi-heure y était pour quelque chose. Alors, j'ai voulu aller le voir.

L'histoire est simple mais grave, elle raconte une tranche de vie, celle d'un jeune couple, Roméo et Juliette qui se retrouvent confrontés à l'indicible : la maladie de leur très jeune enfant, Adam.

Valérie Donzelli a pris le pari en réalisant ce film de raconter un épisode douloureux de sa propre vie, et de choisir de jouer son propre rôle, et offrir au père de son enfant et ancien compagnon, Jérémie Elkaïm celui de Roméo.

Je ne sais pas trop par quoi commencer, aussi je vais jeter sur le papier mes impressions : le film est vivant, beau, parfois sublime, grave, euphorique, romantique, triste. Il regroupe toutes les émotions que l'on peut éprouver. Le film est dédié à leur enfant, qui joue d'ailleurs son propre rôle à la fin du film. 

Je crois qu'elle a fait ce film pour lui, lui prouver d'abord qu'il est bien un enfant de l'amour, même si ses parents se sont séparés depuis. La réalisatrice a filmé de manière sublime la rencontre de Juliette et Roméo, leur coup de foudre, leur amour naissant, la joie de vivre qui sied à tout jeune couple, les projets, la grossesse, la naissance de cet enfant "parfait".


Puis, elle a choisi de faire partager aux spectateurs les premiers signes qui inquiètent les parents, les premières consultations et le verdict. Mais plutôt que de verser dans le "drame", elle a choisi de montrer le combat que vont mener les parents, leur choix de se battre, de continuer à vivre, sortir, boire - la vie doit l'emporter, à tout prix.

Ils sont tellement beaux qu'on a du mal à les voir soudainement rattrapés par cette réalité. Je les vois cette semaine écumer les plateaux de télévision, j'ai lu plusieurs interviews et Valérie Donzelli insiste sur le fait que non, le film ne vire pas dans le pathos, et qu'on ne montre pas l'enfant, ni l'hôpital. Comme si c'était une tare. Or si le film ne verse effectivement pas dans le pathos, on y voit cependant l'hôpital, cette espèce de pieuvre qui les prend au piège. Enfermés, cloitrés dans ce lieu froid, ils tentent malgré tout d'apporter de la vie, mais l'hôpital prend le dessus, sur leur couple, leur joie de vivre, plus que la maladie de leur fils.

Je ne sais pas si Valérie Donzelli a eu conscience de l'impact de ce lieu sur le film. Car elle nie farouchement son existence, pourtant pour moi c'est un lieu central du film. Un enfant malade (dès l'âge de seize mois, sortez vos mouchoirs !) ne peut être laissé seul pendant des mois, la réalisatrice montre donc comment ils se retrouvent à dormir sur place, dans un lieu dédié aux parents. C'est cet isolement temporaire qui va peu à peu prendre le dessus. Mais je ne vous dis pas tout ! Le film est effectivement joyeux, et apporte de véritables bouffées d'air pur.



Et la réalisatrice sait parfaitement mener son film, avec une immense liberté, et une vraie fraicheur. Ainsi se permet-elle de mettre de la musique, de transformer une scène de panique en une course poursuite effrénée, de faire danser et chanter ses personnages. Où chaque pas, chaque geste rappellent une chorégraphie. La musique est prégnante toute le long du film, comme un lien ténu avec la vie.

Tous les acteurs sont formidables, j'ai eu un véritable coup de foudre pour Jérémie Elkaïm, dire qu'il est séduisant est facile, on comprend pourquoi Roméo a emballé Juliette ! Mais il sait interpréter tous les registres, Valérie Donzelli joue une Juliette forte, indémontable.

La musique est donc un élément essentiel, et moi qui n'aime pas particulièrement la musique "française rive gauche (ou droite)", j'ai apprécié chaque moment. Les plus beaux moments pour moi étant la première partie, la rencontre de Juliette et Roméo.

Une question me taraudait pendant tout le film,  comment les deux acteurs ont pu ainsi rejouer leur coup de foudre devant une caméra, sans retomber amoureux ? Comment pouvaient-ils s'embrasser, se toucher, sans que cela ne ramène des souvenirs ? Comment leurs compagnons actuels vivent-ils de les voir travailler sans cesse ensemble et pousser cette complicité à jouer des amoureux ? Je comprends que ce film soit un véritable cadeau pour leur enfant, et je les félicite pour avoir osé "rejouer" devant les caméras. On tombe amoureux de leur couple, et on a envie de les voir ensemble pour l'éternité.

N'est-ce pas l'histoire de Roméo et Juliette ? Ce film est une sorte de bulle dans le monde cinématographique, une bulle de savon comme celle au mariage de mon cousin qui venait accueillir les mariés à la sortie de l'église, elle rend la vie plus belle, vous fait voir la vie différemment et finit par éclater. Lisez-les critiques dans la bande-annonce si vous doutez encore !

PS : et en plus, il a une jolie voix ;)

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