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10 juin 2012

Birdsong

C'est un peu par hasard que j'ai regardé l'adaptation télévisuelle du célèbre roman de Sebastian Faulks Birdsong.
Je prenais des nouvelles de deux de mes acteurs préférés, dont j'ai déjà parlé ici : Clémence Poésy et Eddie Redmayne, lorsque j'ai découvert qu'ils avaient tourné ensemble. Cette adapation de la BBC a été diffusée en début d'année outre-Manche, sous le format de deux épisodes de 90 minutes. 

Parlons un peu des acteurs, du thème principal et enfin de cette adaptation. Comme je le disais, j'ai toujours aimé Clémence Poésy, sans doute parce que j'aime chez elle sa discrétion, en plus de son talent. J'ai adoré Lullaby (que j'ai à nouveau envie de revoir) et bien aimé Pièce Montée. J'aime sa présence à l'écran, à la fois discrète et forte. Elle occupe l'écran sous pour autant occulter ses partenaires. J'aime aussi sa personnalité, comme Audrey Tautou, elle préserve sa vie privée. Je sais qu'elle adore les livres, et aurait rêvé avoir une librairie (un rêve partagé par beaucoup d'amoureux des livres, dont moi) et j'aime le fait qu'elle mène une carrière internationale sans que cela ne fasse sensation (son accent est parfait). Bref, je l'ai déjà dit, si certaines actrices françaises me tapent sur les nerfs, Audrey et elle me rassurent sur la faculté de pouvoir mener des carrières tout en préservant une part de mystère. Je l'avais découverte lors de l'avant-première de Bienvenue chez les Roze, elle était jeune, belle comme une fleur.

Pour Eddie, cela date d'un bon bout de temps ! Je l'ai découvert dans un rôle à l'opposé de celui-ci, d'une noirceur extrême dans Like Minds, avec Toni Collette, où il interprétait un lycéen soupçonné d'avoir assassiné un autre adolescent. Puis, je l'ai retrouvé dans Deux sœurs pour un roi et les Piliers de la Terre, et comme j'en ai déjà parlé plusieurs fois, vous savez à quel point j'aime les rouquins ! Et avec toutes ses taches de rousseur et ce roux foncé, qui entourent de grands yeux bleus, je ne peux que l'adorer. Mais revenons au sujet principal de ce billet : Birdsong.

Birdsong raconte l'histoire d'amour contrariée entre une jeune femme mariée, Isabelle Azaire (Clémence) et un jeune homme anglais Stephen Wraysford (Eddie). Le téléfilm vous emmène en 1910 lorsque le jeune homme trouve du travail à Amiens dans l'entreprise de textile de René Azaire (Laurent Lafitte). Il fait alors la rencontre de sa jeune épouse, Isabelle et en tombe fou amoureux. L'histoire vous propulse alors six ans plus tard, au sein d'un des plus grands conflits de la Première Guerre Mondiale, la bataille de la Somme. Wraysford dirige une équipe de "rats", en fait des soldats qui ont pour mission de creuser des tunnels afin de faire réduire les troupes allemandes en morceaux en faisant exploser des bombes. Le jeune homme amoureux de 20 ans a disparu, la guerre l'a transformé, il est comme absent et ne cesse de revivre cet amour. Sous forme de flashbacks, le spectateur est amené à suivre son histoire d'amour tumultueuse avec Isabelle.

Comme je l'ai déjà écrit, j'ai toujours aimé les films de guerre, ou plutôt les films qui racontent la guerre, et celle-ci a été peu montrée à la télévision. J'ai vu beaucoup de films liés à la Seconde Guerre Mondiale mais peu sur La Grande Guerre.

Je sais que cette guerre des tranchées a fait des millions de morts, défiguré, brûlé, estropié ou rendu fous les survivants. Une guerre où les morts si nombreux en ont rendu le sol infertile. Et ce film sait parfaitement vous entrainer dans ces tranchées, au milieu de cette troupe d’infanterie très spéciale. L'appréhension à s'engager dans un tunnel lorsque les bombardements pleuvent autour de vous est plus que compréhensible ! Ces hommes pouvaient mourir à tout instant, tué par leurs propres explosifs ou enterrés vivants par les bombardements ennemis.

Une mention spéciale à Joseph Mawle, qui interprète le rôle de Jack Firebrace, qui est quelque peu la conscience de Wraysford. Sans oublier le magnifique Matthew Goode en supérieur hiérarchique sérieux et compréhensif (même s'il est enlaidi par une horrible moustache, sa voix reste toujours aussi sensuelle !) et une révélation pour moi : Richard Madden, meilleur ami et copain de tranchée de Wraysford. Tous deux représentent des valeurs sûres pour le héros dans ce monde où tout peut changer en un quart de seconde. 

Captain Weir (Richard Madden)
Et je n'ai pas pu m'empêcher de penser aux vrais creuseurs de tunnel, pour la plupart des mineurs du Nord de l'Angleterre venus se battre et mourir sur le sol français. Quel courage ! Pour revenir à  l'histoire d'amour, j'ai trouvé la tension sexuelle très forte, et les scènes d'amour sont admirablement bien filmées. Même si j'avoue parfois que j'ai trouvé le film trop "lisse", surtout la première partie, où j'ai finalement préféré suivre les amitiés masculines du héros, nées de cette terrible guerre, à cette histoire d'amour, qui selon moi aurait mérité un meilleur traitement. En effet, j'ai trouvé que la réalisatrice (celle de Shame) avait "expédié" une part importante de l'histoire. Par manque de temps  ou par choix ? Une scène cruciale réduite à un échange de quelques secondes sous forme de flashback et me voilà dorénavant incapable à me raccrocher à l'histoire, ayant l'impression d'avoir manqué une scène cruciale à la compréhension du film.

Néanmoins, Birdsong mérite d'être vu, si ce n'est que pour cet hommage vibrant à ces civils érigés en soldats et à cette époque charnière, et pour ces magnifiques scènes d'amour et la sensualité des deux acteurs. Une des scènes où ils se réveillent un matin ensemble est juste sublime.


La BBC sait décidément bien faire son job ! J'ignore quelle chaîne française a acheté les droits (car j'espère que c'est fait) mais je regarderai à nouveau cette adaptation lorsqu'elle sera diffusée en France (en vo of course).

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