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20 juin 2012

Orages ordinaires


Adam Kindred, né en Angleterre, revient postuler pour un emploi à la prestigieuse université d’Oxford comme climatologue après des années passées à l’étranger. Sa route va croiser celle de Philip Wang, un immunologiste mystérieux assassiné. Accusé à tort de son meurtre, le jeune homme va devoir disparaître (comme 60 000 autres personnes en Angleterre chaque année) afin d’échapper à la police et à un tueur à gages et comprendre pourquoi ce chercheur a-t-il été assassiné et par qui.

Voici un livre qui m’aura pris du temps à lire. Je l’avais offert à mon beau-père qui me l’a prêté ensuite en me disant que ce livre était excellent et qu’il l’avait lu rapidement. Cela remonte à plusieurs semaines. J’avais donc commencé à lire le premier, puis le deuxième chapitre, et chose étrange, je n’avais pas du tout accroché. Je me souviens de ces instants où je n’accrochais pas à l’histoire, au style. Mais avec le recul, j’étais dans ma période « Kurt Wallander » et j’avais plus envie d’enchainer la lecture des aventures du policier d’Ystad que suivre les péripéties du jeune Adam Kindred à Londres. J’avais donc rangé ce livre dans ma  bibliothèque.

Je l’ai ressorti après le roman de Kem Nunn, Tijuana Straits. J’ai relu les deux premiers chapitres et continué ma lecture. Je n’avais jamais lu de romans de William Boyd, tout en sachant que cet auteur reçoit d’excellentes critiques, ce qui d’ailleurs avait expliqué mon envie de l’offrir à mon beau-père.
Je lis, comme je l’ai déjà précisé, quotidiennement dans les transports en commun. Qu’importe le monde, les bousculades, je plonge facilement dans ce monde parallèle et j’en rate parfois mon arrêt.

Mais là, j’avoue qu’il m’aura fallu du temps pour me sentir à l’aise. Je crois que je n’ai pas accroché au style d’écriture. Je tiens à préciser que j’ai lu le roman en français, donc traduit (cadeau à mon beau-père). J’ignore donc si c’est lié à la traduction, mais le style de l’auteur ne m’a pas emballé. J’ai encore le style de Kem Nunn mais la comparaison est peut-être mauvaise. Je peux alors le comparer aux romans policiers que je lis régulièrement, comme Arnaldur Indrasson. Son style est aussi très explicite, un peu sec, pas d’envolées lyriques, une vision très « scandinave » du monde qui ne me dérange. Pas de fioritures. Mais eux savent cependant vous attirez rapidement dans leur filet et vous succombez rapidement, même au style de vie monacal du héros solitaire en plein hiver arctique.

Ici, je n’ai pas ressenti ça. Fort heureusement, si le style ne m’a pas ravi, l’histoire finit par prendre le dessus et j’ai vraiment apprécié le livre à partir de la seconde moitié. L’histoire n’est pas banale, un jeune homme qui a presque tout réussi, un compte en banque bien garni, va devoir disparaitre et finit par se retrouver SDF dans les rues de Londres. Il va devoir lutter pour retrouver sa dignité et sa vie. Enfin, la vie d’un autre. Changement d’identité, de vie, de passé – l’auteur nous montre l’autre facette de Londres, celle des SDF, du Shaft, de ces ghettos, loin des hautes sphères des entreprises pharmaceutiques qui jouent sur la vie des enfants pour gagner des fortunes. J’ai aimé comment l’auteur sait nous faire pénétrer dans le quotidien de ses personnages : Adam, le tueur à gages et surtout ce PDG qui tombe peu à peu malade.

Je verrais bien une adaptation cinématographique, quoique je doute que la fin soit conservée comme tel par les industries hollywoodiennes. Qu’empêche, je ne regrette pas de l’avoir lu, et moi qui aime les polars, j’ai aimé l’histoire. Même si le style de l’auteur ne correspondait pas à mes attentes. Mais je vais lire un autre de ces romans (en anglais), avant de juger trop hâtivement. 

A noter que mon beau-père à qui j'avais prêté Tijuana Straits l'a lu en deux jours, même la nuit et qu'il a adoré.

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