!-- Font Awesome -->

19 août 2012

From Eggleston to Shore

Artist : William Eggleston
J'ai déjà évoqué sur ce blog ma passion pour la photographie, et l'inspiration puisée chez plusieurs photographes américains. Voici en quelques mots et quelques photos, le parcours de deux photographes, William Eggleston et Stephen Shore qui ont choisi leur pays, les États-Unis, comme source d'inspiration et qui ont donné à la photographie couleur ses lettres de noblesses.

Né en 1939 dans le Tennessee, William Eggleston découvrit la photo à travers les œuvres de Henri Cartier-Bresson et Robert Frank. Adepte du noir et blanc comme nombre de ses disciples, il s'orienta finalement vers la couleur au milieu des années 60, pour photographier des sujets ordinaires, s'isolant des autres artistes. Mais il fut bientôt remarqué par le monde artistique, et au début des années 70, il fut présenté au célèbre Andy Warhol. L’œuvre d'Eggleston se focalise sur le monde ordinaire, mais ces instantanés sont comme des rayons X de la société américaine à une heure donnée. Certains comparent son œuvre (Eggleston s'est focalisé sur les habitants de la banlieue de Memphis et le Delta du Missippi) à celle de Faulkner, ils se sont ainsi appropriés le Sud d'une manière différente, "sinistre mais lyrique".

Stephen Shore est né quelques années après Eggleston, et a également épousé la photographie couleur pour photographier des thèmes ordinaires. Son souhait étant d'avoir un regard plus objectif sur la société américaine, sur ce pays gigantesque, en s'éloignant d'une recherche d'esthétisme (si propre au noir et blanc). 
Comme son grand frère, il fit également la connaissance d'Andy Warhol dont il devint proche. Il a expliqué avoir été influencé dès l'âge de dix ans par un livre de Walker Evans (un de mes photographes préférés), qui avait pour sa part, photographié l'Amérique lors de la Grande Dépression.

Tous deux ont participé à révolutionner la photographie, en prenant position contre des "photos d'art" et en voulant montrer la société telle qu'elle est, sans fioriture, dans sa grandeur comme dans sa décadence, en offrant au monde un instantané de la société contemporaine américaine (les années 60, 70 et encore aujourd'hui). 

Pour ma part, ayant habité dans le Sud des États-Unis, et ayant parcouru des milliers de kilomètres à la découverte de cette immense contrée, ces photos m'inspirent une certaine nostalgie, pourtant elles ont été prises à une époque que je n'ai pas connue (les années 60 et début des années 70), mais on trouve toujours les mêmes motels à la moquette orange, et au mobilier comme figé dans le temps, on peut encore s'acheter une Oldsmobile et Las Vegas brille encore de tous ses feux.

N'hésitez pas à vous procurer le livre Uncommon Places (the complete works) de Stephen Works si vous voulez voyager dans le temps.


Aucun commentaire:

Publier un commentaire