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10 avril 2014

Nebraska

J'avais beaucoup aimé The Descendants, le dernier film d'Alexander Payne, aussi j'avais très envie de voir Nebraska. Le prix de la meilleure interprétation masculine remis à  Bruce Dern lors du festival de Cannes aura fini de me convaincre.  Pourtant les rares extraits du film, en noir et blanc, tourné l'hiver ne m'enchantaient guère.

Quelle erreur ! J'ai tout de suite été happée par l'histoire et j'ai très vite oublié le noir et blanc. Ce film est à la fois la vision d'une Amérique à laquelle tient le réalisateur américain, celles des gens ordinaires - ici pas de super héros, d'hommes riches ou puissants - non, le spectateur est plongé dans la vie ordinaire d'un vieillard américain vivant à Billings au Montana. Woody Grant (Bruce Dern) est persuadé d'avoir gagné le gros lot (1M$) après reçu une lettre lui indiquant que pour gagner, il doit se rendre à Lincoln, au Nebraska. Mais le vieil homme n'a plus le permis et malgré l'évidence qu'il s'agit là d'une escroquerie, il ne cesse de partir à pied chercher son Graal. 

Son fils cadet, David (Will Forte) ému par la ténacité et la fragilité de son père, accepte de l'emmener et le road movie peut commencer.  Le spectateur se retrouve vite assis dans la voiture, à l'arrière et quel plaisir de suivre leurs aventures !



Si elles sont loin d'être trépidantes, le film est vraiment très drôle - les deux hommes doivent apprendre à se connaître, le père, un homme taciturne, ancien alcoolique peut rester sans parler pendant plusieurs heures. Son obstination à récupérer son argent inquiète son fils qui voit là des signes de sénilité. Ils profitent de ce voyage pour retourner dans la vile natale du vieil homme et y retrouver sa grande famille. 

Que dire ? Cette petite ville est une vraie carte postale - la grand route, les églises luthériennes et catholiques, les deux pubs et tous ces vieillards qui s'y retrouvent pour parler du passé. L'Amérique profonde. Très vite, la rumeur de la soudaine richesse de Woody fait le tour et l'homme attire bientôt la convoitise de sa famille et de ses anciens amis, dont l'un est interprété par le toujours impeccable Stacy Keach



Je ne veux pas tout dévoiler mais le séjour dans sa famille, les cousins et le repas de famille sont de véritables moments de plaisir, et extrêmement drôles ! Alexander Payne réussit toujours à entrer dans la vie des gens et à montrer la richesse des relations humaines mais aussi les difficultés à trouver sa place au sein de sa famille. 

Le road movie vous emmène sur les routes du Montana au Wyoming jusqu'au Nebraska. Forcément, ayant vécu au Montana et connaissant Billings, je n'ai pu qu'aimer ces paysages même si j'avoue que cette route des Badlands m'a paru vraiment différente filmée ainsi en noir et blanc. Mais ce paysage rude fait écho à la rudesse de la vie de ce vieil homme, qui voit approcher la fin et angoisse soudainement. Son corps, sa vie lui pèsent comme un fardeau - grognon, alcoolique, il effraie au début le spectateur mais très vite sa générosité, sa franchise séduisent et à la fin je ressentais beaucoup de tendresse pour ce personnage.

Lorsque le frère ainé de David, Ross (Bob Odenkirk) et leur mère (June Squibb) les rejoignent, leur petite virée en voiture à quatre se transforme en épopée et comme tous les spectateurs, j'ai savouré chaque instant - et surtout j'ai énormément ri (je ne peux pas ici dévoiler la scène) - pendant ces quelques heures, ces quatre êtres, si opposés et si éloignés au début du film se sont rapprochés et partagent un véritable moment d'intimité. 

Je ne raconterai pas la fin, même si elle est très émouvante - on ne peut s'empêcher au jour où nos propres parents vieilliront et ressentiront ces mêmes angoisses existentielles. 



Le casting est excellent, mention spéciale aux deux acteurs principaux Bruce Dern et  Will Forte - et aux femmes, dont ici il fait honneur car même âgées, leurs rôles sont travaillés, je comprends mieux la nomination de June Squidd - elle excelle dans le rôle de cette épouse dépassée par le comportement erratique de son époux. J'ai beaucoup aimé la scène où le fils retrouve par hasard le premier amour de son père, un vrai moment de tendresse et l'actrice est très touchante.

Enfin, on ne peut pas passer à côté des cousins - à l'origine de nombreux fous rires. Bref, vous l'aurez compris - Nebraska est un des meilleurs films de l'année, je suis donc gâtée après The Grand Budaspet Hotel et Her - le cinéma indépendant américain ne cesse de me surprendre. 


Mon avis :


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