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08 mai 2015

J'ai fait l'expo La libération des camps nazis 1945

Il y a soixante-dix ans la seconde guerre mondiale prenait fin. Mais 1945 n'est pas uniquement l'année de l'armistice, c'est aussi celle de la libération des camps nazis. L'exposition organisée par l’association des Amis du Musée de la Résistance de Châteaubriant (où furent exécutés 48 des 50 otages) a pour objectif de raconter aux visiteurs la libération des camps nazis mais surtout le retour des déportés et la découverte du système concentrationnaire.

On a tous en mémoire les images de la Shoah : la découverte des camps de concentration nazis, les soldats américains ou soviétiques choqués, vomissant, aidant les derniers rescapés. Ces images insoutenables de ces êtres si fragiles et si maigres. L'exposition (et le superbe livret fourni avec) se penche sur ces libérations et rappelle qu'entre le premier camp libéré et la libération du dernier, Mathausen, plus de dix mois se sont écoulés. Qu'entre temps, les Nazis ont organisé des marches de la mort pour évacuer les déportés vers d'autres camps. Qu'à quelques jours de la libération,  quelques heures, des milliers de figures anonymes et d'autres plus connues comme Anne Frank ont succombé. 

Mais ici, l'exposition s'attache à raconter le parcours et le témoignage de déportés locaux, de la Loire-Inférieure (Loire-Atlantique auj.), comme Marcelle Baron, Jules Besson, Gisèle Giraudeau ou Raoul Giquel. Leurs témoignages sont poignants (les convois, l'arrivée au camp, la violence, la faim, les brimades..) puis cette libération tant attendue et ce retour qui sera finalement aussi difficile et éprouvant. 

Ainsi, à l'entrée de l'exposition (j'ai malheureusement oublié de prendre des photos) une plaque émouvante : la liste de tous les habitants du Département ayant été déporté (avec en mention : mort en camp ou revenu, ou parcours inconnu). Voir le nom de femmes, d'enfants, prénommées Sarah ou Rebeca à jamais disparus... 


J'ai appris que si le rapatriement des prisonniers de guerre et des déportés du travail (STO : des français étaient envoyés en Allemagne à partir de février 1943 pour servir de main d’œuvre)  est organisé en priorité, celui des civils (juifs, tziganes, intellectuels, communistes, résistants, etc.) n'a pas été prévu par le gouvernement français. Les conditions de rapatriement s'avèreront compliquées, entre rapatriement collectif ou individuel. Ainsi, j'ai découvert que certains mettront plus d'un an à retrouver Nantes ou ses alentours. Un an !

J'ai découvert que plusieurs des rescapés Nantais auront transité par la Suède ou le Danemark avant de retrouver le sol français.

Leur retour est compliqué, car les français veulent tourner la page et ne veulent plus entendre parler de la guerre. Les journaux ont mentionné la découverte des camps et les atrocités commises mais en parlent peu. Les déportés civils sont donc laissés seuls.Outre les séquelles physiques et psychologiques, reste pour beaucoup la culpabilité d'avoir survécu. 

Libération du camp d'Auschwitz - Source : mémorial de la Shoah

Petits rappels en date : 
- 24 juillet 1944 : libération du camp de Lublin-Madjanek
- 23 novembre 1944 : libération du camp du Struthof par les troupes américaines (camp trouvé vide)
- 27 janvier 1945 : libération du camp d'Auschwitz par les troupes soviétiques
- 11 avril 1945 : libération du camp de Dora et celui de Buchenwald (abandonné par les SS)
- 29 avril 1945 : libération du camp central de Dachau par les troupes américaines ...
- 30 avril 1945 : libération de Ravensbrück par les trouves soviétiques ..

4 mai 1945 - "Fin imminente, nuit très mauvaise, batailles avec russes, épuisement" - 6 mai 1945 : "départ sous pluie sans manger, marche puis camions, supposons notre livraison aux Alliés, voyage infernal toute la nuit, village tchèque libéré, plus de kapos, de coups, de hurlements, de contraintes, ne réalisons même pas tout notre bonheur. On nous appelle : monsieur."
Marcel Letertre, Auschwitz n°185940


Une exposition bien nécessaire en ces temps-ci où certains osent remettre en cause cette période cruciale de l'histoire de l'humanité.

Je vous invite à aller faire un tour sur le site de l'association (cf. premier paragraphe de mon billet) pour découvrir les autres manifestations organisées en ce triste anniversaire, celle-ci ayant pris fin aujourd'hui.


2 commentaires:

  1. Semaine du souvenir...
    J'ai vu une expo équivalente l'an passé ici, à Paris, toujours bon la piqure de rappel !

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    1. Oui, il le faut - surtout ces temps-ci !

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