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22 juin 2012

Des saumons dans le désert

Résolue à retourner plus souvent au cinéma, je suis donc repartie samedi dernier avec la ferme intention de voir un bon film. J'ai choisi à la dernière minute d'aller voir en vo la dernière réalisation de Lasse Hallström Des saumons dans le désert.

J'avoue que le titre farfelu ne me disait trop rien, de plus je n'avais lu aucune critique. J'ai donc lu rapidement la présentation sur Allôciné. J'avoue que le réalisateur et le casting ont été prépondérant dans mon choix final. L'histoire est inspiré d'un livre éponyme de Paul Torday qui a connu un vrai succès outre-manche. L'auteur donnait une tournure très politique à son livre, le réalisateur a opté pour une comédie romantique, en gardant en filigrane cette critique des politiques internationales et l'humour so British.

Le Dr Alfred Jones (Ewan McGregor) travaille pour le Ministère de l'agriculture en tant qu'expert piscicole. Jones, la quarantaine, marié, est l'archétype du fonctionnaire tristounet, qui rêve de grands espaces, de rivières débordant de saumons et de truites, mais passe ses journées dans son bureau à pondre des notes insipides. Jusqu'au jour où il est contacté par Harriet Chetwode-Talbot (Emily Blunt) qui travaille pour une compagnie chargée de gérer et placer les fonds de milliardaires étrangers. Elle contacte le Dr Jones à la demande d'un cheikh yéménite (Amr Waked) qui souhaite investir 50 millions d'euros dans un projet un peu fou : introduire la pêche au saumon au Yémen. 

La demande paraît tellement folle, insensée et stupide qu'Alfred Jones, choqué, répond laconiquement et sèchement à la jeune femme. Ma réaction est la même que la sienne à la vue de cette demande. Malheureusement, au même moment dans les hautes sphères de la politique, Patricia Maxwell (Kristin Scott Thomas), "Press officer" du Prime Minister (chargée de la communication du 1er Ministre) doit absolument mettre en avant un projet positif soutenu par l'Angleterre dans les pays du Moyen Orient pour faire oublier les échecs répétitifs du gouvernement britannique en Afghanistan. N'ayant aucun autre projet sous la main, elle choisit celui du cheikh yéménite et oblige le Dr Jones et Harriet Chetwode-Talbot à mener à bien et rapidement le projet.


J'ai vraiment aimé le film, j'ai passé un agréable moment - l'histoire farfelue au départ finit par prendre tout son sens. Comme le Dr Jones, le spectateur va finir par croire à ce projet et le défendre. Les acteurs sont tous impliqués et formidables, une mention spéciale à Amr Waked que j'ai découvert dans le rôle du Cheikh. Il possède un véritable charisme, et sa présence à l'écran illumine la salle, comme le désert du Maroc (qui remplace celui du Yémen) qui est sublime. 

Pour en revenir à l'aspect politique du film, le réalisateur mise tout sur le personnage de Patricia Maxwell, j'aime beaucoup l'actrice Kristin Scott Thomas et j'avoue qu'elle est très à l'aise dans ce rôle de femme autoritaire, pressée et obséquieuse. Ses décisions sont cocasses et témoignent de l'empressement et des choix douteux du gouvernement britannique. L'exemple du Ministre de l'Agriculture, pion jetable du Gouvernement et les échanges via SMS sur leurs i Phone respectifs sont drôles et révélateurs de la médiocrité du système.

Quant à Ewan McGregor, il m'étonnera toujours - il joue à la perfection ce rôle d'homme désabusé, malheureux en mariage, à la vie terne qui va soudainement reprendre goût à la vie et redevenir maître de son destin. Le couple qu'il forme avec la très jolie Emily Blunt (autre excellent choix de casting) est très joli et réaliste. Je n'ai pas pu m'empêcher d'être obsédé par la coiffure si sérieuse de l'acteur écossais, si habitué au look déjanté.
Bref, si vous voulez du soleil, une comédie romantique, une bonne dose d'humour British, n'hésitez plus à aller voir ce film ;)

18 mars 2011

Long way down

Quand j'étais encore très jeune, un film m'avait beaucoup marqué : la Forêt d'Émeraude de John Boorman. Le film racontait l'histoire d'un ingénieur, dont le fils Tomme, âgé de 8 ans disparaissait dans la forêt amazonienne.  N'ayant jamais perdu espoir, le père chercha son fils pendant dix ans avant de le retrouver, tel que dans la photo de gauche.

Le fils Tomme était interprété par le propre fils du réalisateur, le jeune Charley Boorman. Je n'ai jamais oublié le film, ni le jeune homme. J'ai d'ailleurs acheté le dvd il y a quelque temps. Voilà, qu'il y a une semaine, je zappe et je tombe sur un documentaire sur la chaine Voyage, et je suis frappée par le regard bleu de l'un des hommes. Je le reconnais immédiatement : Charley Boorman. Je l'ignorais, mais il est accessoirement le meilleur ami d'Ewan McGregor et tous deux ont les mêmes passions : la moto et les voyages.

La chaine Voyage diffuse actuellement, tous les soirs à 19h leur périple. Les deux amis ont en effet décidé de faire un Long way down (titre du doc) : de partir du plus au nord du Royaume-Uni, en Écosse pour aller jusqu'à la ville du Cap en Afrique du Sud, traversant plus de 18 pays, du désert libyen, aux pyramides égyptiennes, aux dunes du Soudan, aux parcs nationaux du Kenya, aux gorilles du Rwanda, aux chutes de Victoria zambiennes. Bref, un périple à moto impressionnant.

 

Les paysages sont grandioses (le Rwanda est saisissant de beauté), et les deux hommes sont plus que charmants. Ils partent à la rencontre des peuples, de leurs coutumes, des animaux sauvages. Ils ne cachent pas leur mésaventure, leurs chutes de moto, l'absence d'hygiène, la maladie mais chaque soir je découvre l'Afrique comme je ne l'avais jamais vue, et je rêve d'être assise derrière l'un d'eux.

J'ai eu un véritable coup de foudre pour Charley Boorman, un peu perturbée par les 25 ans écoulés depuis le film (je l'ai vu à l'âge de dix ans je crois), j'apprécie aujourd'hui son physique buriné, ses rides autour de ses yeux toujours rieurs, sa bonne humeur. Bref, je l'adore.

J'aime la relation entre ses deux potes, et chez lui tout transparait à travers son regard, il n'a pas fait une carrière saisissante au cinéma mais sa vie personnelle est celle dont il a toujours rêvée, et en ce sens il est extrêmement chanceux.

Que dire de son pote Ewan McGregor ? Qu'il est simple dans la vie réelle, ne se prend pas la tête, fier de son héritage écossais, raide dingue amoureux de sa femme (française, qui vient les accompagner en moto au Malawi) et adore s'amuser. Ce sont deux bons vivants et chaque soir, je me presse de les retrouver. Les nouvelles étant actuellement tellement moroses, que j'apprécie d'autant leurs sourires, leur générosité. Leur périple va bientôt se terminer, et je suis triste. Ils avaient déjà fait un autre périple que j'aurais aimé voir, de San Francisco à New York en 2004.