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08 novembre 2016

La fille du train

J'ai hésité à aller voir ce film - sans doute parce que le roman éponyme avait fait beaucoup de bruit sur la blogosphère. Le roman de la britannique Paul Hawkins était un peu partout sur la toile. Malheureusement les lecteurs aguerris, comme moi, ressortaient vraiment déçus de leur lecture. Ils mettaient en cause la pauvreté du style et surtout ils avaient tous devinés qui était l'assassin au tiers du roman.... Bref, j'ai donc passé mon chemin pour le livre. Par contre, j'ai profité de mes vacances pour aller voir le film ! 

Pour les besoins du film, l'histoire a été transposée de la banlieue de Londres à celle de New-York. On y retrouve Rachel (Emily Blunt) qui prend tous les jours le même train - celui-ci ralentit tous les jours devant le même pâté de maisons - la rue Baker Street. Rachel est fascinée par le couple qui vit au n°15 - elle fantasme sur ces deux trentaines magnifiques et sur l'amour qui les unit.  Rachel, de son côté, a vu sa vie prendre un tournant dramatique il y a deux ans. Logée chez une amie (Laura Prepon), Rachel est une alcoolique qui ne se remet pas d'avoir été quittée par son ex-mari, Tom (Justin Theroux), pour une autre femme, Anna.  Tom et Rachel n'arrivaient pas à avoir d'enfants, Tom l'a alors quitté et une nouvelle femme a emménagé dans leur maison, la n°13 sur Baker Street...

Depuis Rachel boit et souffre en apercevant "la nouvelle famille" de Tom. Le pire arrive lorsqu'elle surprend la jeune femme magnifique du n°15 embrasser un autre homme...Son monde s'écroule. Et ce n'est que le commencement puisqu'elle est interrogée rapidement par la police - la jeune femme en question, Megan, a mystérieusement disparu. Elle travaillait comme nanny pour son ex-mari Tom et sa femme Anna.  Rachel, qui connaît de plus en plus des pertes de mémoire liées à son alcoolisme, décide d'enquêter et rencontre le mari de Megan, Scott (Luke Evans)...


Je savais que le roman comptait trois voix féminines narratives : Rachel, Megan et Anna et le film est fidèle au roman. Alors qu'on suit la lente descente en enfer de Rachel, dont le dernier black-out sera essentiel à l'histoire - on découvre qui se cache derrière ce "couple parfait" Megan et Scott. Megan est triste - elle refuse de tomber enceinte et a commencé une thérapie. De son côté, Anna souffre de la présence de Rachel qui refuse de les laisser vivre et les harcèle via des SMS et en venant jusque chez elle. 

Je ne vais pas raconter la fin - mais n'ayant pas lu le livre - j'ai découvert l'histoire au fur et à mesure, et si on découvre rapidement qui est l'assassin (une fois que l'ADN a parlé, le mystère s'envole!) - mais l'histoire continue et j'ai aimé la fin - assez surprenante. Car l'atmosphère du film est vraiment particulière et c'est ce qui m'a le plus plu dans ce film - malgré l'enquête, on ressent le poids de cette petite communauté où tout se sait et où le final se joue entre elles et lui. Pas de police, de sirène, de course-poursuite. Ce bois, ce brouillard - cette atmosphère est vraiment importe dans le film. 

J'ai aussi aimé le jeu des actrices et en tant que spectatrice voir ce couple ou l'ancienne maison avec le regard flou d'une alcoolique - je sais que ça a perturbé certains spectateurs mais moi j'ai au contraire apprécié cette mise en scène. Pour avoir eu autour de moi quelqu'un touché par cette maladie, j'ai trouvé l'interprétation d'Emily Blunt très convaincante et surtout ces trous de mémoire qui finissent par lui gâcher la vie. D'ailleurs, elle devient facilement manipulable, n'ayant jamais souvenir de ces actes et faisant donc confiance à ses proches pour lui raconter. 

J'ai aussi eu la surprise de voir Laura Prepon et surtout dans le rôle du thérapeute le très charmant Edgar Ramirez ! Enfin, je ne peux pas dévoiler l'histoire mais s'il y a bien un acteur qui me laisse de marbre, où je ne trouve ni charme, ni grand chose et bien dans le rôle du méchant, il est parfait (non je ne dirais pas son nom...).

Bref, je me disais que l'histoire fonctionnerait peut-être mieux au cinéma - avec cette vision du train sur cette maison et ces trois femmes dont je souhaite d'ailleurs dire un mot : j'aime beaucoup Emily Blunt et elle est parfaite - elle ne surjoue pas selon moi et j'ai découvert deux autres actrices : Rebecca Ferguson dans le rôle d'Anna et Haley Bennett dans le rôle de Megan - elles sont toutes les deux parfaites dans leurs rôles (ici photo de Haley).

Donc au final, je ne lirai pas le livre mais j'ai trouvé le film plutôt bien ficelé - cette atmosphère hivernale, avec le brouillard, et cette femme hagarde, alcoolique - un personnage rarement montré au cinéma - tout m'a plutôt plu.

Mon avis : ♥♥(♥)

12 octobre 2015

Sicario

Denis Villeneuve sait y faire ! Depuis Prisoners, il ne cesse de développer son talent et nous emmène, une fois encore, dans une balade sombre et violente, mais terriblement passionnante. Sicario signifie de nos jours tueur à gages - j'avoue que je n'ai pas immédiatement compris la nécessité de nous expliquer l'origine et la signification de ce mot jusqu'à une scène bien particulière du film.  J'avais hâte de retrouver Benicio Del Toro, Emily Blunt et Josh Brolin à la frontière américano-mexicaine. 

Kate (Emily Blunt) est un agent du FBI qui mène des opérations de libération d'otages à Phoenix en Arizona. Lors d'une mission, Kate et son collègue Reggie découvrent par hasard un véritable charnier, lié au trafic de drogues. La guerre menée par le FBI ne semble pas mener ses fruits et la violence se propage dorénavant sur le sol américain. Le chef présumé du trafic de drogues côté américain s'appelle Manuel Diaz et semble intouchable mais lui-même répond du grand Hefé (le chef) au Mexique. Elle accepte alors d'intégrer une mission spéciale pour retrouver l'auteur de ce massacre. Le groupe d'intervention d'élite est dirigé par un agent gouvernemental plutôt atypique, la barbe, la chemise ouverte et les tongs au pied, Matt Graver (Josh Brolin) parle peu et il ne quitte pas d'une semelle un consultant énigmatique, Alejandro (Benicio del Toro).

Kate commence alors à douter du bien-fondé de cette mission. Partie pour El Paso (au Texas), elle se retrouve soudainement à Ciudad Juarez, de l'autre côté de la frontière, dans la ville la plus dangereuse du monde. Sa mission : ramener le frère de Manuel Diaz. La mission finit bien mais les pertes sont nombreuses et Kate comprend que toutes ses convictions ne valent rien fasse à ces hommes, ancien Marine ou Rangers du Texas et surtout ces deux agents qui ressemblent plus à la CIA (qui n'a pas le droit d'intervenir sur le sol américain) qu'à des agents normaux. Mais tout s'emballe et Kate plonge ...



Kate - c'est le visage magnifique d'Emily Blunt et surtout c'est le visage du spectateur que Villeneuve embarque dans une mission secrète et totalement illégale. Face à ces cartels puissants qui massacrent chaque jour des centaines de personnes au Mexique et ailleurs, le gouvernement américain a décidé de frapper fort et en dehors de toute juridiction légale - je n'en dirais pas plus, mais n'oubliez pas la signification de Sicario !

Denis Villeneuve signe une réalisation soignée, sans faute. Les survols en hélicoptère au-dessus de ces terres arides et assassines confortent une ambiance pesante et stressante. Dès les premières images, la musique en fond, j'ai commencé à sentir mon coeur battre la mesure. Villeneuve aime toujours frapper fort au début de ses films. Il aime les personnages torturés et ici il a trouvé son compte ! Kate est prévenue par Alejandro au tout début quand il lui dit : "tout ceci restera incompréhensible pour toi l'Américaine", Alejandro s'adresse à nous, tous les Occidentaux qui vivons dans des Etats de droit et c'est vrai dès l'entrée dans Juarez, les corps décapités, démembrés pendus dans le vide vous accueillent .. 

A vous de juger, moi, j'ai craqué pour le regard de chien battu de Benicio et sa voix. Il me manquait le bougre.  Le jeu impeccable de Josh Brolin et une Emily Blunt qui est en train de devenir une grande actrice - tout y est! Denis Villeneuve livre un film dur mais poignant, violent mais réaliste et j'ai pensé au personnage de Matt qui disait que tant qu'une minorité occidentale continuerait de sniffer de la drogue dans des soirées huppées, des familles entières continueraient d'être décimées... 

Mon billet n'est pas très gai mais j'espère vous donner envie d'aller voir ce film qui marque magnifiquement mon retour au cinéma ! 

Mon avis : ♥♥♥♥



03 novembre 2012

Looper

Une journée passée en compagnie de Joe. Alias Joseph Gordon-Levitt. J'ai en effet regardé ce matin 50/50 qui m'a beaucoup ému (et dont je compte écrire un billet à ce sujet) et cet après-midi, je l'ai retrouvé dans ce film de science-fiction, Looper.

J'attendais la sortie de ce film, en ayant vu la bande-annonce à deux reprises, surprise et passablement troublée par la transformation faciale de l'acteur américain.  Pour comprendre ce changement physique, il faut aborder le sujet du film.

En 2074, le voyage dans le temps a été inventé mais interdit immédiatement. Cependant la mafia continue de l'utiliser clandestinement. La victime, les mains liées, un sac sur la tête, est envoyée trente ans en arrière, et à peine arrivée dans le présent (2034) un looper (boucleur) l'assassine. Ce dernier dépouille alors la victime et trouve des lingots d'argent, sa paie.  Joe (Joseph Gordon-Levitt) est un looper. Dans ce futur, le monde est encore plus violent et la pauvreté a envahi les les villes. Joe n'éprouve aucun sentiment en assassinant ces personnes venues du futur, ni en brûlant leurs corps. Avec son meilleur ami, Seth, ils dépensent leur argent dans des clubs, dans de belles bagnoles.

Joe apprend alors qu'un homme, surnommé le RainMaker (le faiseur de pluie) a pris le pouvoir dans le futur sur toutes les mafias et a décidé d'assassiner tous les loopers, en capturant leur version de 2074 et en les faisant assassiner par leurs jeunes versions de 2034 (la boucle est bouclée). Et Joe se retrouve un jour dans un champ de canne à sucre, face à sa prochaine victime : lui-même, vieilli de 30 ans (Bruce Willis). 


Mais l'histoire ne s'arrête pas là, et c'est là que j'ai trouvé le film réussi. Il ne s'agit pas uniquement d'un face à face entre le même homme à deux périodes différentes de sa vie. Poursuivi par les hommes de main de son boss, Joe (JGL) va alors se réfugier dans une ferme isolée, où vit Sara (Emily Blunt) et Cid, son fils âgé de cinq ans. Le film prend une nouvelle tournure. Une nouvelle histoire va commencer.


Le film est passionnant, car je n'avais pas prévu cette tournure des évènements et même en ayant vu pléthores de films, je ne suis pas arrivée à prévoir leurs faits et gestes. Un scénario imprévisible, j'avoue que ça m'a fait du bien. Écrit et réalisé par Rian Johnson, le film semble sortir de l'une des œuvres de Philip K.Dick. L'action se passe dans le futur (2034) avec un concept qui va au-delà de la bande-annonce, qui réduit un peu ce film à un simple film d'action. J'ai été agréablement trompée. Le rythme est soutenu et le spectateur doit (un peu comme dans Inception) sans cesse réfléchir. Il y a de aussi de la violence, des coups et des échanges de tirs mais ce n'est qu'un élément. L'autre étant le voyage dans le temps, le réalisateur réussit un tour de force, car comme dans tous les films qui abordent ce sujet, il n'est pas toujours aisé de montrer en image comment l'avenir influence sur le présent, et comment le présent évolue sans cesse et modifie non seulement, la vie présente, mais aussi le passé et l'avenir du transfuge du futur. Mais rassurez-vous, je n'ai jamais perdu le fil de l'histoire. Je me souviens d'une amie (pourtant future docteur en physiques) qui n'avait rien compris au troisième opus de Retour vers le Futur. J'avais du utiliser un tableau et lui tout lui réexpliquer.
 
Je souhaiterais vous en dire plus... car il y a aussi l'enfant, sa mère, la télékinésie... mais je ne veux pas trop en dire ! Juste que le début du film est craquant, si vous allez le voir en version originale uniquement - car le personnage de Joe apprend le français, et s'amuse à répéter des phrases, et lorsqu'il fixe la caméra en disant "bonjour mademoiselle", on oublie son physique si différent !

Côté performance d'acteur, j'ai été bluffée par le jeu de Joseph Gordon-Levitt. Bizarrement, on reconnaît l'acteur, mais son regard est différent, comme ses lèvres, ceux de Bruce, et surtout il a réussi à développer la même gestuelle, Bruce Willis a toujours eu un visage particulièrement expressif, et Joseph Gordon-Levitt réussit à l’interpréter. Emily Blunt a perdu son accent londonien et campe avec brio cette jeune mère prête à tout pour protéger son fils.

Le fils Cid est interprété avec talent par un petit garçon impressionnant, Pierce Gagnon. Enfin, à noter, la présence de Paul Dano (Little Miss Sunshine, There Will be Blood), à qui le blond va très bien et Noah Segan dans le rôle de Kid Blue, tous deux excellent dans leurs prestations respectives.  


Je connais ce dernier à travers le film Brick, déjà réalisé à l'époque (2005) par Johnson avec Joseph Gordon-Levitt.  Les deux acteurs sont très amis. J'aime beaucoup ce film dont je possède le DVD.

En conclusion, j'ai passé un agréable moment. Même si pour la photographie, ou la mise en scène, je ne pense pas qu'il arrive au niveau d'Inception, il reste néanmoins une bonne surprise de fin d'année.

♥♥

22 juin 2012

Des saumons dans le désert

Résolue à retourner plus souvent au cinéma, je suis donc repartie samedi dernier avec la ferme intention de voir un bon film. J'ai choisi à la dernière minute d'aller voir en vo la dernière réalisation de Lasse Hallström Des saumons dans le désert.

J'avoue que le titre farfelu ne me disait trop rien, de plus je n'avais lu aucune critique. J'ai donc lu rapidement la présentation sur Allôciné. J'avoue que le réalisateur et le casting ont été prépondérant dans mon choix final. L'histoire est inspiré d'un livre éponyme de Paul Torday qui a connu un vrai succès outre-manche. L'auteur donnait une tournure très politique à son livre, le réalisateur a opté pour une comédie romantique, en gardant en filigrane cette critique des politiques internationales et l'humour so British.

Le Dr Alfred Jones (Ewan McGregor) travaille pour le Ministère de l'agriculture en tant qu'expert piscicole. Jones, la quarantaine, marié, est l'archétype du fonctionnaire tristounet, qui rêve de grands espaces, de rivières débordant de saumons et de truites, mais passe ses journées dans son bureau à pondre des notes insipides. Jusqu'au jour où il est contacté par Harriet Chetwode-Talbot (Emily Blunt) qui travaille pour une compagnie chargée de gérer et placer les fonds de milliardaires étrangers. Elle contacte le Dr Jones à la demande d'un cheikh yéménite (Amr Waked) qui souhaite investir 50 millions d'euros dans un projet un peu fou : introduire la pêche au saumon au Yémen. 

La demande paraît tellement folle, insensée et stupide qu'Alfred Jones, choqué, répond laconiquement et sèchement à la jeune femme. Ma réaction est la même que la sienne à la vue de cette demande. Malheureusement, au même moment dans les hautes sphères de la politique, Patricia Maxwell (Kristin Scott Thomas), "Press officer" du Prime Minister (chargée de la communication du 1er Ministre) doit absolument mettre en avant un projet positif soutenu par l'Angleterre dans les pays du Moyen Orient pour faire oublier les échecs répétitifs du gouvernement britannique en Afghanistan. N'ayant aucun autre projet sous la main, elle choisit celui du cheikh yéménite et oblige le Dr Jones et Harriet Chetwode-Talbot à mener à bien et rapidement le projet.


J'ai vraiment aimé le film, j'ai passé un agréable moment - l'histoire farfelue au départ finit par prendre tout son sens. Comme le Dr Jones, le spectateur va finir par croire à ce projet et le défendre. Les acteurs sont tous impliqués et formidables, une mention spéciale à Amr Waked que j'ai découvert dans le rôle du Cheikh. Il possède un véritable charisme, et sa présence à l'écran illumine la salle, comme le désert du Maroc (qui remplace celui du Yémen) qui est sublime. 

Pour en revenir à l'aspect politique du film, le réalisateur mise tout sur le personnage de Patricia Maxwell, j'aime beaucoup l'actrice Kristin Scott Thomas et j'avoue qu'elle est très à l'aise dans ce rôle de femme autoritaire, pressée et obséquieuse. Ses décisions sont cocasses et témoignent de l'empressement et des choix douteux du gouvernement britannique. L'exemple du Ministre de l'Agriculture, pion jetable du Gouvernement et les échanges via SMS sur leurs i Phone respectifs sont drôles et révélateurs de la médiocrité du système.

Quant à Ewan McGregor, il m'étonnera toujours - il joue à la perfection ce rôle d'homme désabusé, malheureux en mariage, à la vie terne qui va soudainement reprendre goût à la vie et redevenir maître de son destin. Le couple qu'il forme avec la très jolie Emily Blunt (autre excellent choix de casting) est très joli et réaliste. Je n'ai pas pu m'empêcher d'être obsédé par la coiffure si sérieuse de l'acteur écossais, si habitué au look déjanté.
Bref, si vous voulez du soleil, une comédie romantique, une bonne dose d'humour British, n'hésitez plus à aller voir ce film ;)

27 mars 2011

L'Agence - The Adjustment Bureau

Je suis allée voir hier le dernier film avec Matt Damon, "The Adjustment Bureau" ou en vf "L'Agence". J'avais vu la bande-annonce une seule fois, elle m'avait plu. Je n'y pensais plus vraiment, puis j'ai lu plusieurs articles et j'étais perplexe par la liste de films présentée dans ma salle de cinéma. Je ne regrette pas mon choix.

Le film est inspiré d'une nouvelle de Philip K.Dick "Adjustment Team".  Mais le réalisateur a choisi de s'éloigner de la science-fiction pour se rapprocher d'un conte, où une histoire d'amour peut terrasser tous les dragons.



David Norris (Matt Damon), jeune député brigue le mandat de sénateur de New York lorsqu'il perd les élections pour une erreur personnelle (une bagarre dans un bar). Le soir de sa défaite, il fait la rencontre d'une mystérieuse jeune femme (Emily Blunt) dont il tombe éperdument amoureux. Le destin les sépare, pendant plus de trois ans, alors qu'il fait à nouveau campagne, il la croise par hasard dans un bus. Elle lui donne son prénom, Elise et son numéro de téléphone. Mais des hommes mystérieux le suivent depuis quelques temps, affublés de pouvoirs extraordinaires comme passer de lieux en lieux à travers des portes, lire dans les pensées.
 
Anthony Mackie et John Slattery - The Fate Men (les hommes du Destin)
 
Le livre du destin
Mais ces hommes, aussi puissant sont-ils, finissent par commettre une erreur et David découvre leur existence, ils choisissent alors de lui expliquer qu'ils sont une sorte d'armée secrète en charge de faire respecter le dessein de chaque homme, dont le libre arbitre n'agit que sur des actes sans conséquence. Ils peuvent lire l'avenir de chaque homme dans un livre, et dès qu'il dérive de sa trajectoire entrent en action pour l'en empêcher. Ils annoncent à David qu'il doit renoncer à la jeune femme, sous peine de voir leurs destins respectifs (danseuse célèbre et futur président) ne jamais se réaliser. David va alors faire un choix.

Si vous allez voir ce film, en vous attendant à voir un autre Inception ou un pur film de science-fiction, vous serez déçu. Mais si vous y allez, comme moi, l'esprit ouvert, prêt à voir une belle histoire d'amour, des hommes habillés comme dans Mad Men (avec l'un des acteurs de la série, le séduisant John Slattery), avec une touche subtile de ces films des années 50 imparfaits, alors vous passerez un excellent moment. Je n'ai pas, comme certains critiques voulu réfléchir au débat libre arbitre / Dieu . Ici, je me suis laissée portée par l'histoire et  j'ai vu un conte fantastique.

Ce film est purement américain, on y parle de dessein, d'anges, de Dieu - le Grand Architecte, mais aussi de l'esprit de liberté, du libre arbitre et d'un homme qui n'abandonne jamais. J'apprécie de plus en plus Matt Damon, il y a quelques années, j'avais beaucoup de mal avec lui, quelque chose me dérangeait. Mais depuis la trilogie Jason Bourne et Green Zone, j'ai vraiment changé d'avis. Ici, il est de nouveau dans l'action, qui bizarrement lui sied parfaitement et j'ai vraiment cru en leur histoire d'amour. J'adore Emily Blunt, depuis son rôle de femme obsédée dans Le Diable s'habille en Prada, je suis son parcours cinématographique. Elle est jolie et je n'ai pas douté un instant qu'elle ne puisse pas mener une carrière de danseuse moderne.

Enfin, j'ai découvert avec un immense plaisir, un ange avec une plastique parfaite, une présence subtile mais puissante, un jeu tout en retenue : Anthony Mackie. Je n'arrivais pas à détacher mes yeux de son regard, j'ai déjà vu des films dans lesquels il a tourné, mais là il occupe entièrement l'espace, au point même pour moi d'effacer la présence de Terence Stamp.
Cette photo n'est pas inspirée de ce film, mais je la trouve assez explicite - ;-)