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23 août 2012

Mes lectures estivales



Les pieds dans le sable, j'ai enfin pu replonger dans une de mes activités préférées : la lecture. L'esprit serein, installée confortablement, je me suis plongée dans plusieurs livres, apportés ou achetés à Bangkok ou sur la route, dans les rares galeries possédant un rayon anglophone. Voici, en résumé quelques lignes sur ces lectures estivales.

Ma première lecture : The midnight Club de James Patterson (lu en anglais)

Acheté à un vendeur de rue à Bangkok pour 40 baht, j'ai choisi un des nombreux romans du très prolifique James Patterson. L'histoire remonte à 1988, avant qu'il n'écrive les histoires avec son personnage fétiche Alex Cross qui ont fait sa renommée (romans que je n'ai jamais lus). L'histoire se concentre sur John Stefanovitch, policier à NY qui a en poursuivant un tueur sadique français, Alexandre St Germain, est gravement blessé et perd sa femme assassinée par ce meurtrier sans scrupules. Deux années ont passé, lorsque Stef reprend du service, confiné dans son fauteuil roulant pour enquêter sur l'assassinat de son pire ennemi. Stefanovitch rencontrera alors une journaliste et s'associera à un flic (lui-même en quête de justice pour son frère assassiné par St Germain) pour faire exploser la pieuvre mafieuse créée par St Germain.

Les critiques ne sont pas très favorables à ce policier, pourtant j'ai aimé le choix de l'auteur de mettre en avant un héros en fauteuil roulant, et un flic afro-américain, animé par un désir de vengeance qui va alors franchir la ligne rouge. Il y a une véritable intrigue, du suspense et surtout l'auteur sait transmettre l'action et ainsi j'ai pu aisément visualisé les scènes de poursuite dans les rues de NY et d'Albany. Un bon polar dont j'aurais aimé voir l'adaptation cinématographique.


Mon coup de foudre : The Fifth Witness de Michael Connelly (lu en anglais)

J'avais eu le coup de foudre pour un film noir, repassé depuis sur Canal The Lincoln Lawyer (résultat : il est sur ma Box et je l'ai revu genre trois fois). Ce film (billet ici) est une adaptation cinématographique d'un roman éponyme de Michael Connelly mettant en scène le personnage Mickey Haller (au cinéma, un Matthew McConaughey très convaincant). Bizarrement, je n'avais jamais lu de roman de Connelly malgré sa notoriété et mon amour pour les thrillers. Mais lorsque j'ai aperçu un roman où Mickey Haller était de retour, je n'ai pas hésité une seule seconde. A noter que j'ai failli repartir avec tous les livres de Connelly (afin de connaître son autre héros Harry Bosch) de la librairie Kinokuniya à Bangkok, mais le prix et la taille de ma valise m'en ont dissuadé.

Mickey Haller, avocat travaillant principalement à bord de sa voiture, une Lincoln, a décidé de s'éloigner des cours pénales pour faire du civil, et gagner de l'argent, mais également tenter à sa manière de lutter contre cette terrible crise économique qui a comme conséquence principale de faire perdre leurs maisons à de nombreux américains. Son boulot consiste donc, non pas à les empêcher d'aller en prison, mais à leur assurer de garder aussi longtemps que possible un toit au-dessus de  leurs têtes. Ainsi,  il défend depuis huit mois une jeune mère de famille divorcée, Lisa Trammel, qui a fait de son malheur la cause d'un combat à l'ampleur nationale. Et si elle n'a pas encore été expulsée par la banque, propriétaire de son emprunt, elle se voit affligée d'une mesure d'éloignement, l'obligeant à se tenir à une distance minimale du directeur de la banque. Lorsque ce dernier est retrouvé assassiné dans le parking, tout près de sa voiture, Lisa Trammel devient la suspecte principale. Mickey Haller va alors accepter de porter à nouveau la robe (d'avocat) devant une cour pénale pour défendre cette affaire très médiatisée. Mais au fur et à mesure de l'avancée du procès, Haller va alors découvrir lentement la terrible vérité et remettre en question sa pratique d'avocat.

J'ai lu avec plaisir ce livre même si j'ai quelques reproches à lui faire. En premier lieu, il faut savoir qu'il s'agit ici d'un drame qui se noue dans l'enceinte d'une cour de justice, avec la plaidoirie, les preuves indirectes, les contre-enquêtes, etc. Très américain. Si vous n'aimez pas tant que soit peu le droit, la justice pénale, les discours d'avocat, alors épargnez-vous cette lecture. Si à l'inverse, vous aimez ce jargon juridique, ces coups bas, le système judiciaire américain, alors n'hésitez pas à une seconde. En second lieu, j'ai été ravie de retrouver le personnage de Mickey Haller, aucun doute qu'il s'agit ici d'un coup de foudre de ma part pour un personnage de fiction. Il possède autant de défauts que de qualités.

Enfin, j'aime la vision de l'auteur qu'il porte sur la société actuelle américaine, à travers le regard de son héros. Un regard réaliste, parfois désabusé, parfois idéaliste qui tente, à sa manière, de sauver ce qui reste du rêve américain (la maison avec les barrières blanches). Depuis plus de quatre ans, l'Amérique connait une crise économique et financière très importante, dont l'impact le plus troublant est l'éviction de milliers de familles américaines de leurs maisons et de vider parfois des quartiers entiers de leurs âmes. J'ignore si vous avez vu des reportages ou documentaires à ce sujet, mais c'est édifiant (les villes de Détroit, de Cleveland ont à présent des quartiers "fantômes"). L'ère du "tout crédit" aura eu raison de la classe moyenne qui en contractant ce type de crédit auprès de banques peu scrupuleuse, voit aujourd'hui leurs dettes explosées.

Connelly a donc décidé de s'emparer de ce sujet, pour dire, j'imagine, ce qu'il pense de ce système et il y réussit parfaitement. Mon seul reproche ? En est-ce vraiment un d'ailleurs, c'est peut-être la fin ou la manière dont l'auteur a su me faire douter de l'innocence de l'accusée. Je n'ai jamais apprécié le personnage de Lisa Trammel, et j'ignore si c'était volontaire ou non de sa part.

Enfin, vous l'aurez compris : j'ai immédiatement wikipédié ce cher Michael Connelly pour noter la liste de tous ses romans. J'ai découvert que son personnage préféré n'est pas Haller mais Harry Bosch. J'ai hâte de découvrir ses aventures.



Autre roman : Le dernier homme bon de A.J Kasinski

Anders Rønnow Klarlund est un auteur, réalisateur et scénariste danois. Il a publié plusieurs livres et réalisé plus films. Derrière le pseudonyme de A.J Kasinski, se cachent Anders et un autre auteur danois, Jakob Weinech. Ils ont publié ensemble Le dernier homme bon, premier volet d'une trilogie écrite à deux mains.

L'histoire ? Voici la quatrième de couverture : un tueur sévit à travers le monde, avec des cibles pour le moins singulières : médecins, militants des droits de l'homme, avocats.Tous œuvrent pour le bien. Les meurtres sont d'autant plus étranges qu'une marque représentant une suite de nombres indéfinissables figure chaque fois sur le dos des cadavres. Niels Bentzon, négociateur au sein de la police de Copenhague, reconnu pour son talent mais incompris par ses homologues, est persuadé que c'est au Danemark qu'aura lieu le prochain drame. Mais qui peut être la future victime ? Aidé par l'astrophysicienne Hannah Lund, Niels va tenter de décrypter les brûlures laissées sur les victimes. Personne ne prend au sérieux ces deux personnages un brin fêlés, pourtant brillants, dont la quête devient de plus en plus impossible. La clé de l'énigme réside dans ces chiffres - mais que signifient-ils ? Qui est le mystérieux assassin et que cherche-t-il à montrer ? 

En allant vite fait chez mon libraire avant mon départ pour les plages thaïlandaises, j'ai craqué pour ce roman qui a été récompensé d'un Prix des Lecteurs du magazine Elle. Ce roman conjugue plusieurs genres : policier, ésotérique, religieux, scientifique. Je n'ai jamais lu le Da Vinci Code, non - j'ai vu le film et j'en ai retenu très peu (sinon que les spécialistes avaient démontré que toutes les données indiquées étaient fausses). Aussi, cette lecture était une première pour moi. 

J'aime énormément les auteurs scandinaves, et la nationalité de l'auteur et de deux personnages principaux, danois - ne m'ont pas laissé indifférente et bingo j'aime énormément le genre policier. Difficile de ne pas révéler quelques secrets en écrivant un billet, sinon qu'il vous parle de croyances religieuses et/ou ésotériques (l'existence de 36 justes sur Terre supposés maintenir l'équilibre fragile entre le le bien et le mal) et de théories scientifiques, à travers le personnage de Hannah Lund (les mathématiques, la théorie de la relativité, etc.). 

Les auteurs ont donc décidé de nous entraîner dans une aventure qui prend ses marques au Danemark et plus étonnement à Venise, en empruntant aux religions certaines croyances. Donc oui, j'ai aimé ce roman, que j'ai lu très vite, car le suspense est très bien structuré, comme l'intrigue qui est bien développée. On s'attache facilement aux personnages et on tente de comprendre ces évènements très étranges, même si j'avoue m'être posée quelques questions après la lecture. J'ai eu parfois du mal à comprendre comment le personnage principal a su ce qui se passait.

Par contre, j'ai été déçue par la fin - je ne peux la révéler ici, mais la solution pour échapper au destin divin est plus que circonspecte. Un peu loufoque. Je viens d'apprendre qu'il s'agit d'une trilogie. Qu'en sera-t-il du second volet ? Va-t-on suivre la même enquête dans une autre partie du monde ? Car il s'agit ici de 36 justes. 

J'aurais également aimé que les auteurs soient un peu plus sérieux, précis et détaillés dans les nombreuses explications. Moi qui était nulle en sciences mais reste admirative des scientifiques, j'ai aimé la présence d'un personnage scientifique, sceptique et dont la personnalité est extrêmement bien étudiée.

Je l'avoue donc, si le deuxième volet est traduit en français (car mon danois pêche un peu ...), je le lirais fort probablement. 

Pour info, par manque de place de ma valise, j'ai du abandonné ce livre derrière moi. Une première. Maintenant il me manque, encore plus depuis que je sais qu'il appartient à une trilogie.


Et je n'ai toujours pas envie de lire le Da Vinci Code. Ni la série Harry Potter. Ni la série Twilight :)



Une erreur de parcours: Cache-cache avec le diable de Patricia Wentworth


L'histoire ? Engagée pour tenir compagnie à une riche héritière de dix-sept ans, Sarah Trent, découvre bien vite que ses tâches ne se limitent pas à jouer au tennis. Très vite, les accidents se succèdent. Quelqu'un veut tuer Ludmilla. À moins qu'elle ne sombre dans la folie ? Quand les jeux les plus anodins se transforment en pièges mortels, une macabre partie de cache-cache s'engage.

Un peu pressée, j'ai pris ce livre un peu par hasard. Pour moi, il s'agit en fait d'un roman jeunesse qui s'adresse aux pré-ados. J'avais été principalement tentée car ce livre me faisait penser aux romans d'Agatha Christie (par l'époque, époque synonyme pour moi d'Art Déco et Hercule Poirot). Ainsi on y retrouve l'Angleterre, la décadence, l'après-guerre, les mystères .. mais très vite, j'ai compris que je n'avais simplement pas le bon âge pour apprécier ce roman à sa hauteur. 

Je l'ai lu rapidement, mais ma vision en aurait été toute autre si j'avais eu 12 ou 13 ans. Car l'auteur réussit à nous faire aimer la jeune héroïne, Sarah Trent. Attention, il ne s'agit pas ici d'une énième version de Jane Eyre. Il y a du mystère, des secrets, et notre personnage principal se transforme en Alice, détective privé. Elle ne va pas rester insensible au charme d'un mystérieux invité tout en tentant de protéger la vie de son élève, dans une propriété hantée. 

Bref, vous l'aurez compris - j'ai laissé ce livre derrière moi en Thaïlande, sans aucun regret. 



Enfin, un dernier : 658 de John Verdon.


Idem que pour les précédents achats, je l'ai pris un peu par hasard, la quatrième de couverture m'avait plu : 

Vous recevez une lettre anonyme dans laquelle il vous est demandé de penser à une chiffre entre 1 et 1000. Dans une autre enveloppe jointe à cet envoi, est noté le nombre précis que vous venez de choisir... - Un tueur psychopathe envoie des lettres anonymes où il fait choisir à ses destinataires un chiffre entre 1 et 1000. Dans une deuxième enveloppe se trouve le nombre exact que la victime a choisi. Mark Mellery, ancien alcoolique reconverti en gourou pour milliardaires, fait appel à un détective légendaire, David Gurney, pour résoudre le mystère 658. Mais à peine Gurney commence-t-il à démêler les fils de cette énigme diabolique que Mellery est sauvagement assassiné. Le tueur a pris un malin plaisir à disséminer plutôt qu'à dissimuler, sur les lieux de son crime, les indices les plus flagrants..

De retour en Amérique, loin de la Californie de Mickey Haller, en route pour la Nouvelle-Angleterre et les petites villes cossues de cette Amérique, où se morfond un ancien policier célèbre à la retraite : David Gurney - lorsqu'un ancien camarade de fac vient le trouver pour démêler une drôle d'énigme. Pour information, ce livre a été plébiscité et est devenu un best-seller aux États-Unis. 

Autre information de taille : j'ai tenté de commencer la lecture de ce livre à mon arrivée au refuge pour animaux sauvages. Et si je pouvais lire, l'esprit si tranquille, allongée sur une plage paradisiaque, c'en était tout autre d'essayer de lire trois pages le soir à 9h30, après avoir coupé, porté, recoupé à la machette des bananiers pour les éléphants. J'ai découvert la joie du travail physique vs. travail intellectuel. Le soir, à peine allongée dans mon lit, mes yeux se fermaient, résultat : j'ai à peine lu 4 pages en quinze jours... 

J'ai d'ailleurs aussi abandonné la lecture de mon autre roman, Le Léopard de Jo Nesbo, gros regret de ma part, mais mon corps éteignait la machine et qu'importe si je souhaitais lire. 

J'ai donc repris la lecture de ce polar à mon retour en France, dans mes trajets en transports communs mais j'ai vite arrêté, car je profite de ces jours calmes pour venir en voiture. Il aura fallu une après-midi de farniente un samedi, bien installée dans un transat pour reprendre la lecture et surtout enfin apprécier ce livre, au point d'en lire les 3/4 en une demi-journée. 

Cela m'arrive rarement, mais j'ai eu du mal à mordre à l'hameçon. L'intrigue se met en place très doucement, l'auteur n'ayant pas comme seul objectif l'enquête policière, il nous entraine dans les méandres psychologiques de son personnage principal, dont la retraite fraichement arrivée, à réussi à l'entrainer dans une déprime et à l'éloigner de son épouse. Puis finalement le suspense s'installe, de manière assez classique, le jeu du chat et de la souris (le narrateur est double : le flic à la retraite et le tueur) et j'ai été finalement harponnée et magie je n'ai pas pu lâcher le livre pendant deux heures. Un grand soulagement !

Le style est classique, sans fioritures, on reconnaît ici la côte Est, loin du soleil et des palmiers de la Californie de Connelly. Les personnages sont profonds, bien étudiés et l'enquête connait d'agréables rebondissements. Impossible de deviner (enfin pour moi) l'identité réelle du tueur avant la fin, et j'ai beaucoup aimé l'incongruité de la scène du crime et les nombreux pièges tendus par le tueur. Un polar de bonne facture. 


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