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15 novembre 2013

Inside Llewyn Davis

J'avais très envie de voir, comme beaucoup d'entre vous, la dernière réalisation des frères Coen, Inside Llewyn Davis après sa sortie à Cannes et les critiques dithyrambiques l'entourant. Chaque film des frères Coen est un évènement à part entière. Ethan et Joel ont choisi cette fois-ci de nous faire partager quelques jours dans la vie d'un jeune chanteur folk à New York en 1961, Llewyn Davis. Davis vivote à Greenwich village où il survit de petits boulots et de petits concerts dans les bars le soir, au milieu d'autres chanteurs folk ou adeptes de la toute nouvelle musique à la mode, la pop. Davis ne vit pas de sa musique et doit chaque soir trouver un nouvel endroit pour dormir.

Il ne cesse d'emprunter de l'argent et de se retrouver dans des situations compliquées. A cet état précaire, vient s'ajouter la présence d'un chat roux, Ulysse - sorte de parabole à sa propre vie. Le film suit le chanteur pendant une semaine sous la forme d'une boucle temporelle, en effet on retrouve la première scène à la fin du film. J'ai adoré le jeu de la caméra qui suit le chat puis le personnage dans l'appartement.

Le parcours de Llewyn Davis est inspiré directement de la vie de Dave van Ronk, pygmalion de la scène new yorkaise du début des années 60. Son nom ne vous dit rien? C'est exactement le sujet du film : un chanteur qui reste inconnu et dont les disques de se vendent pas. Les frères Coen ne pouvaient pas ignorer l'autre jeune chanteur de folk qui devint une star mondiale à la même époque : Bob Dylan. Je vous laisserai voir comment ils y font allusion.
Le casting est impeccable, Oscar Isaac choisi pour interpréter Llewyn est parfait, son air désabusé tout le long du film (c'est probablement la pire semaine de sa vie) et fait agréable, il sait parfaitement chanter. Il est très loin de son rôle d'époux sorti de prison dans le film Drive. Il y retrouve d'ailleurs l'actrice Carey Mulligan. John Goodman (mon chouchou), habitué des films Coen est de retour en grande forme comme à son habitude dans le rôle d'un musicien de jazz allergique à la musique folk en vogue. Carey Mulligan et Justin Timberlake campent un couple de jeunes chanteurs pop très proprets, à la limite du ridicule pour ce dernier lorsqu'il chante 1,2,3 Kennedy



Les frères Coen ont choisi l'humour pour se moquer de cette vague pseudo intellectuelle qui surfe en ces années 60, on sourit beaucoup lorsque le héros se rend chez un couple d'amis, des intellectuels new yorkais de l'Upper Manhattan (les propriétaires du fameux chat). Les réalisateurs se moquent aussi des nouvelles chansons pop ou folk à la mode qui frisent le ridicule (les 4 pulls irlandais et la vieille femme).

Garrett Hedlund fait une courte apparence où il ne doit pas dire plus de cinq mots mais son charisme suffit, au vu de son style vestimentaire et capillaire, je l'ai imaginé s'être échappé tout droit du tournage de Sur la Route.

Le talent des frères Coen réside dans les détails : lorsqu'ils filment le chat, chaque scène est parfaitement millimétrée, et comme toute amoureuse des félins, il est difficile de résister au ronron du chat lorsqu'il réveille le chanteur de bon matin. Les réalisateurs ont pu à travers les yeux du chat trouver de nouveaux angles pour filmer la ville.  Ce gif déniché sur Internet en est un excellent exemple. Et je n'ai pas pu m'empêcher de penser au même chat roux vu dans l'excellent film de Blake Edwards, adapté du roman de Truman Capote, Breakfast at Tiffany's.



Beaucoup de gens trouvent qu'il s'agit du meilleur film des frères Coen, et si dans la salle un couple d'anglophones n'a cessé de rire, les spectateurs français sont restés plus en retrait, j'ai ri aussi mais j'ai surtout ressenti de la tristesse pour ce chanteur loser, peut-être était-ce aussi le cas pour les autres spectateurs. Car à l'humour, les Coen ont y a jouté la mélancolie. La reconstitution du New York des années 60 est parfaite, le son, la photographie et les décors sont exemplaires.

Pour ma part, je préfère les frères Coen dans d'autres films comme Fargo ou O'Brother, where are thou ? (à ce sujet, c'est le même parolier pour les deux films, quel talent!).

Finalement, c'est l'arrière goût amer de cette comédie bitter sweet des frères Coen que j'ai retenu, d'où mon opinion assez partagée. Mais ne vous fiez pas à mon seul avis, filez en salle le voir ! Rien que les scènes avec le chat en valent la peine.

Ma note :

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