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21 décembre 2017

Star Wars VIII (The Last Jedi)

J'ai pris mon temps pour aller le voir même si je bavais un peu devant chaque bande-annonce. J'aime bien me laisser prendre au jeu et puis lorsque je suis partie en Guadeloupe, je me suis fait plaisir en regardant à nouveau le septième épisode. J'avais donc hâte de retrouver Rey et BB8. C'est chose faite!

Depuis sa sortie, je réalise que les avis sont mitigés. Le magazine Première demande même sur Twitter si cet épisode est le pire de la série. Euh non. Pour moi, aucun doute : les 3 premiers (ceux avec Hayden Christiansen et Natalie Portman) sont définitivement et assurément les pires. Ils sont rediffusés sur TF1 et j'ai tenté de regarder le troisième volet (ou Anakin sombre dans les ténèbres et devient le méchant Darth Vador). Je n'ai pas pu tenir dix minutes tellement je trouve les acteurs nuls. 

J'adore revoir (même s'ils ont pris un coup de vieux) les 5,6 et 7 - les tous premiers sortis au cinéma et j'ai retrouvé le même esprit lorsque le septième est ressorti l'an dernier. J'adore le côté aventurier/bon esprit de cette série. 

Revenons à ce huitième épisode. En tout premier, je ne pensais pas voir autant Carrie Fisher, l'actrice étant malheureusement décédée brutalement l'an dernier (le 26 décembre) et donc je ne pensais pas qu'elle avait tourné le huitième épisode. C'est donc assez émouvant de la voir autant et vivante. Et pareil pour le personnage de Luke Skywalker - j'ai retrouvé l'acteur avec plaisir et les années ne l'ont pas trop abimé. L'histoire ? Difficile de ne pas en dire trop, mais les acteurs l'ont dit : on retrouve l'histoire où elle s'est arrêtée dans le septième épisode (pas toujours le cas dans les séries). Rey est sur l'île où Luke a choisi de se retirer et elle tente désespérément de le persuader de venir les aider dans leur combat contre les forces du Mal. Les choses vont mal pour la Résistance - car le Premier Ordre (le méchant Snok (excellent Andy Serkis) et Kylo Ren (Adam Driver), avec le général Hux (Domhnall Gleeson) ont réussi à pister les rebelles même lorsqu'ils fuient à la vitesse de la lumière. 

La Princesse Leia a trouvé une solution mais ses dernières batailles ont presque détruit toutes ses armes de défenses. Rey (Daisy Ridley), accompagnée de Chewbacca, se rapproche de Luke qui lui annonce la fin des Jedi et refuse de l'aider mais notre héros va bientôt réaliser que cette jeune femme n'est pas n'importe qui.  Face à l'avancée des troupes, Poe Dameron (Oscar Isaac) réfléchit à un moyen de tromper l'ennemi. Il obtient l'aide de Finn (John Boyega) et de Rose, une jeune rebelle. Les trois amis s'embarquent dans une aventure contre l'avis de leur hiérarchie prenant des risques inconsidérés. De son côté, Kylo Ren est toujours secoué par ce qu'il a fait à son père et peu à peu, il est assailli de doutes...



Mon avis ? Voici le plus long épisode de la saga, plus de 2h30 et j'ai effectivement été surprise du temps que prend l'intrigue à se développer. Ce changement de rythme a sans doute perturbé pas mal de spectateurs, étonnés de ne pas être déjà dans la bataille à la moitié du film. Moi-même, j'ai presque sursauté à un moment donné, en me demandant s'il restait assez de temps pour raconter toute l'histoire ! Le Premier Ordre se rapproche dangereusement et la Rebellion est tellement mise à mal, que j'ai eu peur de voir l'histoire se terminer sur un foutu cliffhanger.  

Oh, il y aura bien une suite, c'est certain mais le réalisateur a quand même choisi de nous livrer un épisode complet. L'humour ? Il est présent mais il a été fait pour plaire à une génération plus jeune. Pas un humour sec ou noir, il s'adresse à toutes les tranches d'âge.  

L'autre explication aux avis mitigés est sans doute due en partie au fait que dans cet épisode, nos personnages sont séparés et effectivement on ne retrouve pas la "camaraderie" si plaisante à voir dans la série (Luke, Han et Leia et Chewie dans les précédents et Finn, Rey et Pom dans le précédent). C'est sans doute cela qui manque et qui a déplu aux spectateurs. Et pour moi, l'histoire d'amour (enfin ce n'en est pas vraiment une) est superflue. 

Le réalisateur a choisi de raconter des histoires séparées mais qui permettent de montrer que le combat se mène sur plusieurs scènes et pas uniquement celle des armes. Un combat mental, un combat intellectuel et enfin un combat physique. Une autre leçon : on ne gagne pas forcément seul. Le réalisateur a eu le temps de développer toutes ces idées. Et en cela, il respecte totalement l'esprit de George Lucas, de la trilogie - Yoda approuve ce message  ;-)




Si le film manque parfois de "punch", le scénario est néanmoins bien ficelé et tenu du début à la fin. Le film ne part pas dans tous les sens et les acteurs sont toujours fidèles au poste, comme RD2D2 ou C-3PO. Je l'ai toujours vu en VO donc je note les noms américains, désolée ! Mes personnages préférés restent Rey et Poe Dameron et j'ai trouvé Adam Driver excellent dans le rôle de cet homme avide de pouvoir, déchirés par ses sentiments. 

Les effets spéciaux sont toujours aussi bons, j'ai particulièrement aimé la scène de la bataille où le sol de la planète est recouvert de sel (un blanc éclatant) et les avions de combat de la Rebellion (de vieilles breloques datant de l'époque de Luke et de Han) lâchent de la fumée rouge - l'image est saisissante ! 

Au final, j'ai vraiment aimé cet épisode même si évidemment j'ai une légère préférence pour le précédent car on aime toujours celui qui nous présente les personnages et le septième avait vraiment relancé la série et le rythme était spectaculaire. Mais celui-ci vaut aussi le détour.  

Mon avis : 


23 mai 2016

X-Men Apocalype

Honnêtement, ce film n'était pas à mon programme mais ma soeur a su me convaincre d'aller le voir. Après tout, j'ai déjà vu les deux derniers volets de l'aventure des X-Men et plus particulièrement de leur histoire. Nous voilà donc embarquées avec une de ses amies dans la salle de cinéma, la plus grande, pour voir le dernier opus de la saga en vo et en 3D d'une durée de 2h20 ! 

L'amie de ma soeur a bien voulu nous rappeler la situation - après l'échec cuisant de Magneto, dix ans ont passé. Et nous voilà plongés dans les 80's ! Oui, vous ne rêvez pas ! Chez Charles-Xavier (James McAvoy), son "école" se développe bien. Les mutants ont dorénavant le droit de vivre au grand jour et peuvent même, comme les nouveaux élèves, filer faire un tour au mall.  Mais c'est encore très différent dans une grande majorité de la planète, et Raven/Mystique (Jennifer Lawrence), devenue pour tous les mutants qui doivent vivre cachés, leur héroïne, s'est donnée pour mission d'ex-filtrer de l'Union Soviétique tous ces jeunes mutants dont certains sont utilisés comme bêtes de foire. C'est ce qu'elle fait avec un jeune allemand de Berlin Est, Diablo, il est tout bleu, possède une longue queue et surtout le don de se transporter d'un endroit à un autre. 

En Egypte, l'agent de la CIA, Moira (Rose Byrne) est sur la trace d'un culte qui vénère l'un des derniers pharaons. Ah oui, ai-je oublié de vous dire qu'ici on remonte le temps dès le départ - j'avoue que le générique de début du film vaut à lui seul le détour. Une petite merveille de technologie. 
Bref, deux mille ans avant Jesus-Christ, un Pharaon peut orthodoxe régnait sans partage : le 1er mutant qui possédait le don de s'approprier les pouvoirs des autres mutants qu'on lui offrait en sacrifice lors d'une cérémonie en grandes pompes. Mais face à pouvoir presque indestructible, une poignée d'hommes eurent le courage de donner leur vie et d'empêcher le dernier transfert. La pyramide s'écroule sur le mutant et l'histoire l'oublie. Jusqu'à ce que ce culte réapparaisse et que des hommes commencent à fouiller les catacombes au Caire et réveillent bien malgré eux le pharaon endormi. Moira a juste la chance d'en sortir vivante, au grand soulagement de Charles-Xavier qui, accompagné de Hank (Nicholas Hoult) utilisait sa machine, le cerebro. 

Jean Grey, Diablo et Cyclops

Le plus surprenant est sans doute Magneto (Michael Fassbender), qui suite à ses déboires, a eu l'idée étrange d'aller se cacher dans une petite ville industrielle dans un pays de l'URSS, la Pologne. Il vit comme un simple ouvrier d'usine. Il consacre tout son temps à sa petite famille, une Polonaise et la petite fille qu'ils ont eu ensemble.  Mais malheureusement, son bonheur sera de nouveau de courte durée et le pharaon réveillé, les Mutants vont à nouveau être au devant de la scène, bon gré, mal gré...

L'autre partie du film est consacrée à vous raconter les "débuts" des X-Men, ceux qu'on va retrouver ensuite dans le tout premier X-Men de la saga (celui-ci va être rediffusé à la télévision) : ainsi, on y croise la très jeune Jean Grey (jouée par Sophie Turner, connue pour GoT), élève à l'école de Charles-Xavier, la jeune femme est mal dans sa peau et crainte par les autres élèves pour ses dons de prophétie. J'avoue que le choix nous a surpris, car si les autres ont vraiment une ressemblance avec leurs versions "plus âgées", ici ce n'est pas le cas.



Elle est rejointe par Scott, plus connue sous le nom de Cyclops, dont les yeux meurtriers viennent de naître. Il est interprété par Tye Sheridan, un jeune acteur que l'on voit partout. On y retrouve Steven, un survivant de la première vague des X-Men, le frère ainé de Scott, mutant également qui aide Charles-Xavier à trouver les élèves pour son école. 

En Egypte, le pharaon va recruter une jeune voleuse des rues, punk, elle possède aussi un don - c'est une mutante, Ororo, qui n'est autre que Storm, adolescente et un jeune homme ailé (très très 80's), Angel, joué par Ben Hardy (inconnu au bataillon).  Enfin, je me dois de citer Olivia Munn, une actrice très connue, qui joue aussi une mutante, Psylocke. Cette dernière accompagne donc En-Sabar-Nur, ce mutant pharaon dont j'apprends aujourd'hui qu'il est joué par Oscar Isaac (si si!), mais comme on ne voit jamais son vrai visage, j'ignorais totalement qui l'interprétait.

Quicksilver

Le plus amusant ? L'arrivée de Quicksilver - joué par Evan Peters, un jeune mutant qui a don de se déplacer plus vite que l'air et sera grandement utile à sauver les vies des élèves et plus tard lutter contre l'Apocalypse promise par le Pharaon. J'avoue, je prendrais bien son don ! Le garçon, déjà présent dans le précédent volet (?)  apporte sa touche d'humour au film et j'adore son personnage de loser.

Que dire du film d'ailleurs ? Un bon divertissement, l'apparition d'un mutant dont j'avais déjà deviné le nom dans le film, vient égayer l'histoire, plutôt sombre. On y découvre comment Charles-Xavier perd ses cheveux et si les geeks racontaient à la sortie du film, que Marvel n'est pas fidèle aux comics, il en reste néanmoins un très bon divertissement. La 3D ? Utile mais pas sur les 2h20 du film, qui pour une fois, prend vraiment son temps à présenter tous les personnages et toute l'histoire avant de livrer les plus grandes scènes de combat dans la dernière demi-heure. 

Je n'ai recherché que le divertissement et il était au rendez-vous, j'adore la bromance entre Charles-Xavier et Magneto, et j'ai adoré avoir Moira accompagner les héros tout du long de l'histoire, et même participer à la dernière bataille. Pour la profondeur de l'histoire, on en revient toujours au même : un Mutant seul ne peut posséder une telle puissance. 

Mon avis : 


27 décembre 2015

Star Wars VII (le réveil de la force)

J'arrive tout le monde avec mon billet sur ce nouvel épisode de Star Wars. J'ai vu le film avant les Fêtes mais j'étais trop occupée pour m'asseoir tranquillement et écrire cette chronique. Je ne suis pas une de ces fans, même si je connais assez bien l'histoire car quand j'étais enfant, mon frère était fan et j'ai vu rapidement les trois premiers épisodes avec Princesse Leia, Han Solo et Chewbacca. Je les ai revus ensuite, adolescente, en anglais et j'ai vu les trois autres épisodes (de nouveau en anglais) que j'ai beaucoup moins aimés. La preuve, je ne me souviens vraiment pas de grand chose sinon de la transformation d'Anakin Skywalker en Darth Vader.... 

Lorsque ce septième épisode a été annoncé, j'ai décidé de regarder à nouveau les 4ème, 5ème et 6ème épisodes les jours précédents ma séance au cinéma. Le lundi, Han Solo avait 30 ans, le mardi, il en avait 30 de plus ! Mais Harrison Ford avait gardé la pêche et son sourire en coin. J'ai retrouvé Chewie (je l'ai vu de nouveau en anglais) avec grand plaisir et puis les fameux robots, mais surtout j'ai découvert de nouveau personnages, que l'on va être amené à revoir : Rey et Finn. Me dois-je ici de raconter pour la énième fois l'histoire ? Sinon, que trente ans après la défaite de l'Empire et la mort de Darth Vader, une nouvelle menace a surgi sous le nom du First Order (le Premier Ordre).  Ils ressemblent en tout point à leur prédécesseur, et un mystérieux Kylo Ren, qui vénère Darth Vader au point de se vêtir de la même manière, veut diriger l'univers et surtout mettre fin à la Résistance et à la République qui dirige les galaxies de manière démocratique.

Un résistant, Poe Dameron (Oscar Isaac, dont on parle trop peu or il tient un rôle assez important), pilote de chasse émérite pour la Résistance, cache dans son robot (sorte de R2D2 moderne), nommé BB-8, une carte qui indique l'endroit où Luke Skywalker se serait réfugié il y a fort longtemps après avoir échoué dans son mission de formateur de guerriers Jedi. Luke n'avait pas supporté que l'un de ses élèves échoue et rejoigne les forces du Mal.


Mais Poe Dameron doit se séparer de BB-8 et le confie aux bons soins d'un déserteur (stormtrooper) de l'armée du Mal, prénommé Finn. Ce dernier a en effet réalisé lors de sa première attaque avec Kylo Ren qu'il commettait une grave erreur. Ce dernier avait d'ailleurs remarqué ce soldat qui ne bougeait pas au milieu du chaos. 

Finn (John Boyega), débarrassé de son uniforme, se fait alors passer pour un combattant de la Résistance, chargé d'une mission secrète (ramener BB-8 à la Princesse Leia, devenue depuis la Générale, un des gouverneurs de la République) auprès d'une jeune femme, Rey, qui survit seule sur une planète (un désert avec ses détraqués et ses sables mouvants), en attendant le retour hypothétique de sa famille. Les deux, accompagnés de BB-8 vont alors tout faire pour rejoindre la Résistance et déjouer le plan maléfique de l'armée du Premier Ordre.

L'aventure commence .. et on y croit ! D'abord parce que tous les éléments de Star Wars sont là - la même recette que les épisodes d'il y a trente ans. Le choix du réalisateur de ne pas tourner en numérique pour que la différence d'image ne soit pas trop flagrante entre le 6ème et le 7ème épisode, l'humour toujours présent, avec le fameux clin d'oeil de BB-8 aux spectateurs alors qu'elle (George Lucas l'a avoué : c'est une fille!) roule à toute vitesse dans le désert, l'amitié et l'honneur, la lutte du Bien contre le Mal, les bugs du Millenium Falcon... Alors oui, ça peut paraitre redondant mais pour les nouvelles générations, c'est très agréable. 



Et puis, comme pour la Princesse Leia dans les premiers épisodes, le personnage féminin de Rey (Daisy Ridley, la révélation) est intelligent, fort, combattif - bien plus que celui de Finn, qui ment très mal, mais à le mérite d'être un bon artilleur et un homme courageux. Il n'abandonnera pas Rey lorsqu'elle sera à son tour en danger. Et c'est amusant de voir un stormtrooper si peu menaçant.

Est-ce du au fait que j'ai vu les épisodes à 24h d'écart ? Mais je n'ai pas vu les 30 ans écoulés, si ce n'est en voyant la Princesse Leia (Carrie Fisher, toujours aussi déterminée) et Han Solo (Harrison Ford) qui ont vieilli malgré tout. L'enchainement se fait sans souci. L'histoire, vous diront les fans, est assez prévisible : oui le Mal est de retour, mais les Jedi aussi ! Et certains qui ignoraient même en être. 

Et puis les méchants, que dire de ce Kylo Ren (Adam Driver), qui avec le chef des troupes, le Général Hux sous les traits de Domhnall Gleeson  (Invincible, Il était temps, etc.) se battent pour attirer les faveurs du Leader Suprême Snoke. Oui, c'est toute la magie Star Wars - un scénario classique mais un divertissement bien rôdé. Je ne me suis pas ennuyée une seconde. J'ai ri et j'ai eu un vrai coup de coeur pour ce nouveau petit robot (ne vous inquiétiez C-3PO et R2D2 font leur retour) et pour Finn et Rey dont j'ai hâte de suivre la suite des aventures (2017 ou 2018?). 

L'utilisation de la 3D ? Ma réponse : pertinente et au bon moment : les scènes de combat dans l'espace, ou lorsque les personnage se déplacent à l'intérieur des vaisseaux (en descendant le long d'une corde ou en basculant dans le vide, cf. la bande-annonce), j'ai vraiment apprécié. Le reste du temps, on repasse en 2D.

Au final, un très bon divertissement, signé Lawrence Kasdan et George Lucas et J.J Abrams à la réalisation. Le réalisateur de Lost ne dirigera pas le prochain épisode (il en sera néanmoins producteur), dommage car il a définitivement réussi l'essai !

Et puis, ce que j'adore par-dessus tout, c'est contrairement à la science-fiction, qui nous place dans un futur hypothétique, on commence toujours l'histoire par le fameux : A long time ago, in a galaxy, far, far away (Il y a bien longtemps, dans une galaxie lointaine, très lointaine...) 

Mon avis : 

07 juillet 2014

The two faces of January

J'avoue que c'est la présence de l'acteur américano-danois, Viggo Mortensen qui m'a donné l'envie de pousser les portes du cinéma samedi dernier. Dans ce film, réalisé par Hossein Amini, adapté du roman éponyme de la géniale Patricia Highsmith, Mortensen endosse le rôle du charismatique Chester McFarland. Ce thriller dont l'action se déroule entre la Grève et la Turquie en 1962 ne vous surprendra pas par l'intrigue (pas de mystère sur l'identité de l'assassin) mais par la double identité de chaque personnage.

Le titre lui-même résume si bien ce film : les deux visages de Janus. Le dieu romain représente à la fois le père (un thème fort dans l'histoire) et le dieu de la fin et du commencement. Il ouvre et ferme les portes du Paradis ou de l'Enfer. 

On découvre le couple McFarland en vacances en Grèce, le très classe (panama et costume de lin) Chester McFarland (Mortensen) accompagné de sa jeune épouse, Colette (Kirsten Dunst), copie conforme de Grace Kelly. Les deux américains croisent la route d'un jeune américano-grec (Oscar Isaac) qui devient leur guide et qui s'éprend rapidement de la jeune femme. Mais très vite, les vacances tournent au cauchemar. Chester tue accidentellement un détective privé lancé à ses trousses et demande de l'aide au jeune guide. Leurs véritables visages se dévoilent. Et si le spectateur voit très rapidement en McFarland un sinistre escroc, il sera surpris par la tournure des évènements. Le jeune guide est loin d'être innocent, et les deux hommes sont bientôt liés par des secrets au goût amer. 




J'ai vraiment retrouvé l'atmosphère de Patricia Highsmith, souvenez-vous Place au Soleil avec le bel Alain Delon dans le rôle de Ripley, c'est elle. Elle seule peut vous faire aimer et détester à la fois le même homme, et en Viggo Mortensen, elle a trouvé son maitre. Difficile de résister au charme de l'acteur, quinquagénaire dont le regard vous hypnotise et pourtant très rapidement son sourire devient menaçant et vous vous en mordez les doigts d'avoir pu un instant le trouver attachant. 

Autre révélation : l'acteur Oscar Isaac.  Je l'avais découvert dans le rôle de l'époux délaissé de Drive et évidemment comme chanteur folk chez les frères Coen dans Inside Llewelyn Davis - cette fois-ci il endosse le rôle de cet étudiant qui gagne sa vie comme guide pour les touristes autour du Parthénon et escroc à la petite semelle. Entre les deux hommes s'engagent à la fois une sorte de compétition amoureuse (autour de la même femme) et une compétition père-fils. Le plus jeune se croyant plus malin que son aîné. Le film exploite à fond cette amitié morbide entre les deux hommes. La Grèce puis la Crête représentent l'Enfer - la chaleur y est écrasante et tout se complique. Peu à peu l'image lisse de McFarland s'écroule, l'homme tremble, vieillit, panique. Mortensen y a vu une sorte de parabole avec l'Amérique des années 60 dont les affaire de corruption, la Baie des Cochons, les mensonges viennent pourrir de l'intérieur ce pays conquérant.

Seule ombre au tableau dans ce thriller très 60's (un rythme plus lent, moins d'action) : Kirsten Dunst. J'ai toujours pensé que l'actrice américaine, pourtant blonde, était tout sauf le stéréotype de la blonde glaciale. Et là, je suis déçue par le choix du réalisateur - non pas qu'elle joue mal, elle joue très bien son rôle mais son visage (beaucoup de plans rapprochés autour de son visage) est pour moi trop moderne, quelque chose que je ne sais expliquer. 

S'il reste toujours une distance entre le spectateur et les personnages, elle s'explique par la nature même des personnages : ils ne sont pas dans notre monde. Ils refusent de l'y intégrer et les années 60 sont très prégnantes, le rythme est lent, les actions moins nombreuses. C'est un duel psychologique avec un jeu d'acteur époustouflant, Mortensen en tête. L'acteur prouve une nouvelle fois qu'il est un véritable caméléon, qui comme le dieu Janus pour vous ouvrir un monde fascinant ou au contraire en refermer la porte. 



Ce film est un ovni dans les sorties de ce premier semestre 2014, je suis contente de l'avoir vu et je vais courir me procurer le livre! J'avais lu Highsmith à la fac mais pas celui-ci. 

Graham Greene, ami de la romancière américaine, avait ainsi dit : « Elle a créé un monde original, un monde clos, irrationnel, oppressant où nous ne pénétrons qu'avec un sentiment personnel de danger et presque malgré nous. Car nous allons au-devant d'un plaisir mêlé d'effroi. »


Mon avis :     


15 novembre 2013

Inside Llewyn Davis

J'avais très envie de voir, comme beaucoup d'entre vous, la dernière réalisation des frères Coen, Inside Llewyn Davis après sa sortie à Cannes et les critiques dithyrambiques l'entourant. Chaque film des frères Coen est un évènement à part entière. Ethan et Joel ont choisi cette fois-ci de nous faire partager quelques jours dans la vie d'un jeune chanteur folk à New York en 1961, Llewyn Davis. Davis vivote à Greenwich village où il survit de petits boulots et de petits concerts dans les bars le soir, au milieu d'autres chanteurs folk ou adeptes de la toute nouvelle musique à la mode, la pop. Davis ne vit pas de sa musique et doit chaque soir trouver un nouvel endroit pour dormir.

Il ne cesse d'emprunter de l'argent et de se retrouver dans des situations compliquées. A cet état précaire, vient s'ajouter la présence d'un chat roux, Ulysse - sorte de parabole à sa propre vie. Le film suit le chanteur pendant une semaine sous la forme d'une boucle temporelle, en effet on retrouve la première scène à la fin du film. J'ai adoré le jeu de la caméra qui suit le chat puis le personnage dans l'appartement.

Le parcours de Llewyn Davis est inspiré directement de la vie de Dave van Ronk, pygmalion de la scène new yorkaise du début des années 60. Son nom ne vous dit rien? C'est exactement le sujet du film : un chanteur qui reste inconnu et dont les disques de se vendent pas. Les frères Coen ne pouvaient pas ignorer l'autre jeune chanteur de folk qui devint une star mondiale à la même époque : Bob Dylan. Je vous laisserai voir comment ils y font allusion.
Le casting est impeccable, Oscar Isaac choisi pour interpréter Llewyn est parfait, son air désabusé tout le long du film (c'est probablement la pire semaine de sa vie) et fait agréable, il sait parfaitement chanter. Il est très loin de son rôle d'époux sorti de prison dans le film Drive. Il y retrouve d'ailleurs l'actrice Carey Mulligan. John Goodman (mon chouchou), habitué des films Coen est de retour en grande forme comme à son habitude dans le rôle d'un musicien de jazz allergique à la musique folk en vogue. Carey Mulligan et Justin Timberlake campent un couple de jeunes chanteurs pop très proprets, à la limite du ridicule pour ce dernier lorsqu'il chante 1,2,3 Kennedy



Les frères Coen ont choisi l'humour pour se moquer de cette vague pseudo intellectuelle qui surfe en ces années 60, on sourit beaucoup lorsque le héros se rend chez un couple d'amis, des intellectuels new yorkais de l'Upper Manhattan (les propriétaires du fameux chat). Les réalisateurs se moquent aussi des nouvelles chansons pop ou folk à la mode qui frisent le ridicule (les 4 pulls irlandais et la vieille femme).

Garrett Hedlund fait une courte apparence où il ne doit pas dire plus de cinq mots mais son charisme suffit, au vu de son style vestimentaire et capillaire, je l'ai imaginé s'être échappé tout droit du tournage de Sur la Route.

Le talent des frères Coen réside dans les détails : lorsqu'ils filment le chat, chaque scène est parfaitement millimétrée, et comme toute amoureuse des félins, il est difficile de résister au ronron du chat lorsqu'il réveille le chanteur de bon matin. Les réalisateurs ont pu à travers les yeux du chat trouver de nouveaux angles pour filmer la ville.  Ce gif déniché sur Internet en est un excellent exemple. Et je n'ai pas pu m'empêcher de penser au même chat roux vu dans l'excellent film de Blake Edwards, adapté du roman de Truman Capote, Breakfast at Tiffany's.



Beaucoup de gens trouvent qu'il s'agit du meilleur film des frères Coen, et si dans la salle un couple d'anglophones n'a cessé de rire, les spectateurs français sont restés plus en retrait, j'ai ri aussi mais j'ai surtout ressenti de la tristesse pour ce chanteur loser, peut-être était-ce aussi le cas pour les autres spectateurs. Car à l'humour, les Coen ont y a jouté la mélancolie. La reconstitution du New York des années 60 est parfaite, le son, la photographie et les décors sont exemplaires.

Pour ma part, je préfère les frères Coen dans d'autres films comme Fargo ou O'Brother, where are thou ? (à ce sujet, c'est le même parolier pour les deux films, quel talent!).

Finalement, c'est l'arrière goût amer de cette comédie bitter sweet des frères Coen que j'ai retenu, d'où mon opinion assez partagée. Mais ne vous fiez pas à mon seul avis, filez en salle le voir ! Rien que les scènes avec le chat en valent la peine.

Ma note :