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08 octobre 2015

My addictions of the week

Per Kjerstad
Pas mal, non ? Bon, il faudra lire mon billet pour savoir qui est cet homme.. En attendant, il a la chance de ne pas avoir de tendinite au bras le loustic ! Entre deux séances kiné (qui me font ensuite dormir comme un bébé), j'essaie de ne pas trop solliciter mon bras droit. Mais c'est presque mission impossible.

Au menu cette semaine : Alexander Fehling, braderie de livres, Témoins sous silence, Homeland, Elisabeth Vigée le Brun, The Big Bang Theory,



Mes drogues télévisuelles 

Champagne ! Homeland est enfin de retour - nous voilà projeté dans le futur. Franny a bien grandi, et Carrie (Claire Danes) a décidé de s'installer à Berlin. Elle a quitté la CIA et s'occupe de la sécurité d'un milliardaire, Düring, dont les activités sont parfois contestées. Saul travaille toujours à la CIA, et Quinn est infiltré depuis deux ans en Syrie. J'avoue que la première image de Quinn (Ruper Friend), assis dans un couloir à attendre qu'on l'appelle, m'a fait trembler de plaisir ! Trop heureuse de le revoir, toujours aussi indomptable. Carrie mène une vie tranquille auprès du très bel avocat de Düring, Jonas Happich, lorsque son boss lui demande d'assurer sa sécurité au Liban. Il veut visiter un camp de réfugiés syriens, camp tenu par le Hezbollah. Carrie refuse cette mission mais doit finalement accepter. Elle se rend à l'agence de la CIA de Berlin, tenu par Allison Carr avec qui elle avait partagé sa dernière mission à Bagdad. Mais Allison refuse de l'aider. Elle croise alors Saul qui lui reproche ses activités présentes et le fait d'avoir quitter la CIA et de l'avoir privé du poste de directeur. Carrie souhaite alors rencontrer l'un des chefs du Hezbollah qui se cache à Berlin... C'est ici-même qu'un hacker arrive par hasard à pénétrer le site internet de la CIA et à voler plus de 1 300 documents dont un qui prouve que l'Allemagne laisse la NSA espionner ses citoyens. Une fois e vol révélé, les Allemands décident d'interrompre leur accord. Le document a été transmis à une journaliste, amie de Carrie et de Jonas. Celle-ci décide de le publier, malgré leurs injonctions. Arrive Quinn qui pour mission d'éliminer plusieurs personnes appartenant à la mouvance terroriste.. L'accord secret étant révoqué, Quinn agit désormais seul...

Que dire? Sinon que soudainement, le monde de Carrie s'effondre - tout son passé remonte à la surface et qu'on adore ! Quel plaisir de retrouver Carrie, Quinn et Saul. Et surtout, le bel homme à la barbe rousse qui joue le compagnon de Carrie me disait quelque chose (cf.photo) .. il s'agit d'Alexander Fehling, découvert dans l'excellent film Le labyrinthe du silence dont je vous avais parlé précédemment.

J'ai également regardé le premier épisode de la neuvième saison de The Big Bang Theory - c'est la seule série de ce format (20') que je regarde. C'est la première fois que la série nous revient avec un goût doux-amer. Car si vous vous souvenez de la fin de la huitième saison, Leonard et Penny étaient en route pour Las Vegas afin de se marier en toute hâte lorsque Leonard avait avoué avoir embrassé une autre femme... Le mariage aura-t-il lieu ? A Los Angeles, Sheldon doit également assumer la décision d'Amy de mettre un terme à leur relation .....  J'aime bien les regarder, ils m'accompagnent à mon petit déjeuner du samedi matin.

Odin Waage

Sinon, je dois faire un mea culpa : j'ai regardé les trois derniers épisodes de la mini série norvégienne diffusée sur Arte : Témoins sous silence et c'était génial ! Autant les premiers épisodes m'avaient semblé un peu longuet, autant là j'étais scotchée devant mon téléviseur - incapable de détourner le regard ! Une réalisation soignée, un fin éprouvante mais très belle avec en fond l'amour de ces deux jeunes ados et un casting génial. Je connais aujourd'hui pas mal d'acteurs suédois et danois mais aucun norvégien. Faute réparée. Aussi je vous donner leurs noms : Odin Waage (cf.photo), Tobias Santelmann (Lars, le flic) et enfin Per Kjerstad (le beau mec du transat en une de mon billet).



Sinon, au programme : deux documentaires (je ne vous embête plus avec le rugby). 
Le premier, diffusé sur Arte est consacré à Louise-Elisabeth Vigée Le Brun, la plus grande artiste peintre française. Élisabeth est née à Paris en 1755 et décédée en 1842 est considérée comme la plus grande portraitiste française, d'égal à égal avec Quentin de la Tour ou J.B Greuze. Sur 900 tableaux, 660 furent des portraits. Fille d'un artiste pastelliste, Elisabeth démontra très tôt son talent pour la peinture, vendant ses premiers tableaux dès l'âge de 14 ans. Ce fut donc une femme indépendante financière, dont les commandes ne firent qu'augmenter. Elle se lia alors avec la Cour et la Reine Marie-Antoinette - mais la grande Histoire la rattrapa et elle dut fuir la France peu de temps après la Révolution. Un exil de 13 années au cours duquel elle continua à vendre ses portraits, en Italie, en Autriche et en Russie. 

Élisabeth était restée fidèle au Roi et surtout à sa Reine (elle aurait aimé une constitution monarchique) et ne se remit jamais de la montée au pouvoir de Napoléon Bonaparte.  Je la connaissais de nom mais j'ai découvert le portrait d'une femme au destin unique en son temps, qui traversa des époques cruciales, fréquenta plusieurs cours et écrivit ses mémoires. J'adore ses auto-portraits (à gauche). Elle maitrisait parfaitement son art et surtout celui de l'utilisation des couleurs. A l'époque, il était impossible de les conserver et Élisabeth savait savamment mélanger les ocres et les huiles car des siècles après le couleurs sont magnifiquement conservées. Autodidacte, son père étant essentiellement pastelliste, Élisabeth a su maitriser le clair-ombre et on voit sur ces toiles arriver le mouvement romantique.

Autre documentaire, mais totalement éloigné du premier (si ce n'est pour les luttes de pouvoir), celui consacré sur France 3 :  A l’Élysée, un temps de président. Honnêtement, ce n'est pas le genre de documentaire qui m'attire mais suite aux nombreuses réactions (je l'ai découvert sur un autre blog), j'ai eu envie de voir le travail d'Yves Jeuland qui a suivi le Président et son cabinet d'août 2014 à janvier 2015 (jusqu'aux attentats de Charlie Hebdo). Je ne suis pas la seule, plus de cinq millions de spectateurs l'ont vu. Certains ont été déçus de ne pas "tout voir" mais quoi, on a déjà les micros espions de la Nasa - il ne manquait plus qu'on filme les réunions où l'état-major décidait du lieu des prochaines attaques au Mali ou en Syrie .. Non, on ne montre jamais tout. J'ai cependant trouvé l’exercice passionnant et je ne me suis pas ennuyée une seconde. 

J'ai sans doute un regard différent sur le sujet, puisque j'ai travaillé (un peu moins ces jours-ci) avec les élus et je connais très bien le fonctionnement d'un cabinet. Je n'ai donc pas été surprise par leur méthode de travail. On y découvre le fameux Gaspard Gantzer - le conseiller en communication, devenu la coqueluche des réseaux, qui ne quitte plus d'une semelle le Président. La preuve, je l'ai aperçu hier lorsque Hollande s'est rendu dans le Sud suite aux intempéries. 36 ans, énarque de la même promotion (2004, Senghor) que ce cher Emmanuel Macro, Gaspard est partout. Un peu trop ? Sachez, citoyens qu'ils existent partout ces types-là, à tous les niveaux de la Mairie à la Métropole de votre ville, dans les conseils régionaux et départementaux, et avec tous les candidats potentiels à l'élection présidentielle. Si vous avez loupé le documentaire, je vous conseille de lire l'article du Nouvel Obs. qui résume très bien ce documentaire.
 Mes drogues littéraires

La Braderie de livres de Nantes !



Je comptais m'y rendre mais j'hésite finalement  au vu de la publicité organisée autour de cet évènement ...
Le réseau de bibliothèques municipales (1 médiathèque et 7 bibliothèques, plus l’École des Beaux-Arts) met en vente 15 000 ouvrages (livres, livre d'art, bande-dessinée, lecture jeunesse) samedi prochain. 

L'an dernier, l'évènement avait lieu à la Manufacture et n'avait fait l'objet que d'une publicité restreinte (un mini article dans la presse) et .. j'avais du rebrousser chemin, la file d'attente courait jusqu'à la gare, un kilomètre plus loin ! Plus de 3 000 personnes s'étaient pressées - quand on dit que le livre est mort, ça vous prouve le contraire !  Donc vu que je ne cesse de voir la publicité cette année (Facebook, réseaux sociaux, presse gratuite et payante), je me dis que ça va être pire.. à moins de se lever à 6h.. un samedi matin ! A voir donc....   A noter le prix des livres très raisonnables (0,20 cts le livre de poche et 2 € pour les plus beaux ouvrages).


06 mai 2015

Le labyrinthe du silence

Francfort, 1958 - Johann Radmann, jeune procureur ambitieux s'ennuie à ne régler que des infractions routières lorsqu'il croise par hasard le chemin d'un journaliste, Thomas Gnielka, accompagné de Simon Kirsch. Ce dernier, rescapé d'Auschwitz a reconnu l'un de ses bourreaux, devenu professeur dans une école. Lorsque le journaliste interpelle le parquet, aucun procureur ne veut s'en mêler. Radmann accepte de mener l'enquête et exige le renvoi du professeur (les SS Nazis étaient interdit d'enseignement) mais le professeur est toujours à sa place. Presque 15 ans après la guerre, l'Allemagne, en pleine reconstruction, veut tout oublier. D'ailleurs, personne ne sait ce qu'est Auschwitz, le jeune procureur lui-même croit qu'il s'agissait d'un simple camp de travail. 

Au contact de Gnielka et de Kirsch, il découvre avec horreur toutes les atrocités commises par les Allemands et apprend que la majorité des Nazis responsables du camp sont libres comme l'air. C'est en mettant la main sur des documents officiels d'Auschwitz (les Nazis notaient absolument tout, les tentatives d'évasion du camp (traduction : assassinat) ou les violences physiques) que le jeune procureur, soutenu par le plus haut magistrat va décider d'ouvrir un procès à l'encontre des Nazis ayant servi à Auschwitz. Aucun procès n'a jamais été mené par le parquet allemand contre les anciens Nazis. Mais Radmann va être vite isolé, condamné par ses pairs et le peuple entier qui refuse de voir la vérité. 

Je suis restée scotchée devant plus de 2h devant ce film qui aborde un sujet fort peu traité au cinéma : l'après-guerre et le refus pour le pays vaincu de faire face à ses démons. Aujourd'hui 70 ans après, l'Allemagne a fait un pas gigantesque, musées, mémorial.. L'Allemagne a su affronter son histoire mais à l'époque, à peine vingt ans après, le peuple allemand refuse de voir la vérité. Les chiffres parlent d'eux-mêmes : plus de 8 000 allemands travaillaient à Auschwitz. La plupart étaient de simples gardiens, mais aucun d'eux n'avait de fusil collé à la tempe. Et lorsqu'on les interroge sur leur passivité à l'époque, ils répondent qu'ils ne faisaient qu'obéir. Certaines paroles sont très dures à entendre, comme cet homme jugé comme trieur à l'arrivée des déportés en gare - il décidait de qui allait vivre (donc travailler) et qui partait directement en chambre à gaz. Son avocat déclare qu'ainsi "il sauvait des vies" (SIC). 


Contrairement à certains films, ici aucune image violente, d'ailleurs lorsque le jeune Radmann (Alexander Fehling) et Gnielka (André Szymanski) se rendent à Auschwitz - celui-ci est à l'époque abandonné, l'herbe a envahi le camp, les fleurs sauvages ont repoussé. L'effroi, l'horreur, le spectateur les voit simplement à travers les regards échangés lors du témoignage des rescapés (plus de 200) avec le procureur ou la greffière. Impensable, inimaginable. 

Le film a opté pour un format classique, se concentrant sur l'histoire et le travail minutieux (nous sommes tout début des années 60, pas d'ordinateur) de ces quelques personnes désireux de rendre enfin justice à toutes ces victimes et surtout de refuser le droit à ces soldats Nazis de se cacher derrière un ordre, derrière Hitler. Le film est évidemment didactique, ainsi découvre-t-on que les Nazis (10 millions d'Allemands ont adhéré au parti à l'époque) documentaient absolument tout et que leurs archives sont soigneusement conservées par les Américains. 

Le talent du réalisateur est de mêler ici l'histoire personnelle (celle de Kirsch, sa femme et ses enfants assassinés), celle de Radmann (qui devra aussi affronter sa propre histoire), celle de Gnielka qui cache un lourd secret face à la grande Histoire et au plus grand génocide jamais orchestré. Radmann, dont c'est le premier procès va, au fur et à mesure qu'il comprend toute l'horreur, plonger dans une forme de dépression, chaque Allemand qu'il croise est forcément un ancien Nazi, comment la jeunesse peut-elle danser et boire quand des millions de victimes reposent tout près ? Dans le plus grand silence ?


Un autre point fort du film est son obsession envers Mengele, le "médecin" Nazi du camp d'Auschwitz qui commit les pires atrocités sur des centaines d'enfants ou de jeunes adultes et qui réussira à fuir à l'étranger mais qui à cette époque-là pouvait encore revenir en toute impunité en Allemagne. 

Entre l'ignorance de la jeunesse allemande à qui on a tout caché, et à la chape de plomb posée sur la guerre par leurs parents, le réalisateur met en avant une époque totalement oubliée par les historiens et la première lueur d'espoir via ce procès. La première fois que les Allemands (le procès de Nuremberg avait été entièrement orchestré par les Alliés) vont jugé leurs pairs. 

Un mot sur les acteurs : j'ai découvert Alexander Fehling, bon j'avoue quand même que son physique, particulièrement agréable (et la mode des années 50 lui sied à ravir) m'a parfois fait un peu oublier l'histoire (mais où se cachait-il?). Je dirais que le charme d'André Szymanski dans le rôle de Gnielka opère pareillement. Tous les autres acteurs sont formidables. 

Une mise en scène classique et sobre signée Giulio Ricciarelli, qui refuse tout misérabilisme, ou sensationnalisme et qui transforme ici un formidable récit historique en un film captivant. et passionnant. 

Ce qui m'a énormément plu dans ce film, c'est de voir ici les prémices de ces Allemands qui ont refusé de croire que les vainqueurs "avaient maquillé les faits", qui ont voulu et obtenu que leurs ainés soient jugés et condamnés pour leurs actes, qui ont fait part de contrition et qui ont permis d'avoir aujourd'hui, comme les meilleurs alliés de la France, leur pays. 

Ma scène préférée est celle de la prière juive dans la prairie verte polonaise. Vous comprendrez quand vous verrez qui la professe. 

Un film à voir absolument.   Sur Nantes, il est diffusé au Katorza en v.o. 

Mon avis :