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14 avril 2016

Truth : le Prix de la vérité

Une bonne idée que celle d'aller au cinéma hier soir, puisque aujourd'hui il n'est déjà plus à l'affiche de mon cinéma ! J'ai très peu entendu parler de ce film sorti en toute discrétion avec Robert Redford et Cate Blanchett, sinon en voyant des comparaisons avec Spotlight. Or je trouve qu'il n'y a aucune matière à comparaison ! Et si j'ai trouvé que Spotlight était le meilleur film de l'année 2015, j'ai aussi passé un très bon moment en compagnie de cette équipe de reporters de CBS.

2004 - Mary Mapes (Cate Blanchett) est une journaliste célèbre et primée de CBS et productrice de l'émission 60 Minutes (l'équivalent d'Envoyé Spécial) présentée par Dan Rather, l'un des plus célèbres journalistes et présentateurs de l'histoire de la télévision américaine. Ce dernier continue d'ailleurs de présenter le journal du soir.  Mary est derrière l'un des plus gros scoops (et scandales) dévoilés par la chaine : les tortures infligées par les soldats américains à des prisonniers irakiens à Abou Ghraib. 

Mariée et maman d'un petit garçon, Mary a presque tout réussi. Elle adore son métier d'investigatrice et ne compte plus ses heures. Elle est alors contactée par un vieil homme, retraité de la Garde Nationale, joué par Stacy Keach. Celui-ci affirme détenir d'une source des documents prouvant que George Bush, en pleine campagne électorale pour sa réélection (nous sommes en 2004, son adversaire est John Kerry) a bénéficié d'appui afin d'échapper au service militaire (à la fin des années 60, en 1968) et donc au Vietnam. Il a intégré la Garde Nationale, en tant que pilote (sans être formé) mais n'a même pas accompli ses classes. Ces documents sont deux mémos internes où son supérieur avoue ne pas pouvoir évaluer le pilote puisqu'il a été absent pendant toute l'année 1973.


Mary obtient de Josh Howard, son supérieur de constituer une équipe ; elle s'entoure du Lieutenant Colonel Roger Charles (Dennis Quaid) qui connaît très bien les milieux militaires, de Mike Smith (Topher Grace), un jeune journaliste un peu mis sur la touche et d'une jeune professeur d'université, Lucy Scott (Elisabeth Moss). L'enquête commence et tout se passe très bien, ils obtiennent le témoignage d'un élu du Texas qui affirme avoir pistonné George Bush (son père était membre du Congrès en 1968) et les experts graphologiques affirment que la signature du document (qui sont des copies) est bien celle du supérieur hiérarchique de Bush à cette époque. 

La campagne bat son plein et CBS décide d'avancer la date de diffusion, laissant peu de temps à l'équipe pour finaliser l'enquête. Finalement, le reportage sort et le scandale éclate. 
 
Très vite, l'opposition (le parti républicain) mais également les autres médias, et la toile (2004 voit ici le poids des blogueurs exploser) vont mettre en doute l'authenticité des documents. Certains viennent à affirmer que ces documents ont été tapés sur ordinateur (la police, Times New Roman), chose impossible en 1973.
La tempête médiatique est telle que les carrières de Mary et même celle de Dan Rather sont mises dans la balance. Une commission d'enquête est même créée par la chaine américaine. 

Que dire ? Le rythme est là, le film vous tient en haleine du début à la fin. Ici, c'est le poids de l'image qui compte. Nous sommes dans le cadre d'un média télévisuel et pas dans la presse écrite comme celle de Spotlight. Aussi, les méthodes de travail sont elles différentes. Les visages sont connus et les journalistes doivent obtenir des témoignages filmés. De plus, il s'agit d'une émission et la date de diffusion est fixée rapidement, raccourcissant de fait le temps pour une investigation complète. 

Et comme dans ce média, le rythme du film s'en trouve modifié. Dans Spotlight, les journalistes n'avaient aucune pression en terme de délai, d'ailleurs ils ont passé plus d'une année à préparer leur article, ici c'est l'inverse. On sent la pression des supérieurs pour qu'ils avancent très vite. La campagne électorale bat son plein et ce scoop pourrait modifier les votes en faveur de Bush. Aussi, pour moi, les deux films se complètent au lieu de s'opposer. Ils nous éduquent sur les différences entre les médias de la presse écrite et ceux de la presse télévisée.

J'ai appris énormément de choses sur ce monde-là. Les moyens sont très importants et la recherche du scoop passe avant un travail minutieux, quoique : 4 experts se pencheront sur ces copies de mémo et donneront leur aval. Mais la parole donnée un jour, sera vite reprise quand la pression médiatique va battre son plein et peu à peu l'équipe de Mary va perdre pied. 
 

J'ai toujours aimé les films d'investigation journalistiques, j'adore ce travail de fourmi, j'ai adoré Spotlight comme j'ai aimé avant Jeux de Pouvoir (avec Russell Crowe et Rachel McAdams). Je suis heureuse de voir à nouveau sur grand écran le travail de ces personnes qui sont souvent dans l'ombre.
 
Ici, on rappelle (comme Canal + et Vincent Bolloré) que les chaines privées sont détenues par des grands groupes qui eux-mêmes peuvent avoir des liens politiques et que la liberté de la presse n'est pas toujours telle qu'on l'imagine. 
 
Le film est passionnant de bout en bout, Cate Blanchett y est formidable. Elle se donne corps et âme et on souffre avec elle. Redford incarne un Dan Rather toute en finesse et intelligence et les personnages secondaires sonnent tous très justes, une pensée pour Stacy Keach. Et que dire d'Elisabeth Moss ? Sinon qu'il est bon de la retrouver après Mad Men et sa conversion est réussie !
 
Enfin, je ne peux pas ne pas citer David Lyons, qui interprète le personnage de Josh Edwards, dont le visage m'a obsédé pendant tout le film. Rares sont ceux qui peuvent porter la moustache et rester séduisants ,et de plus son visage m'était familier, mais cette moustache m'empêchait justement de l'identifier ! 
 
Pour les curieux, David Lyons a joué le petit ami, Simon, de Neela dans Urgences
 
Enfin, pour ceux qui l'ont vu en VO, je retiens le célèbre FEA ;-)
 
Mon avis : 
 

26 août 2015

American ultra

Par un temps aussi mauvais, il était urgent d'aller se réfugier dans une salle de cinéma ! C'est parce que j'avais envie de légèreté que j'ai choisi d'aller voir American Ultra, une comédie américaine déjantée mettant en scène Jesse Eisenberg (le héros de Social Network) en loser gratiné et sa petite amie (Kristen Stewart), voyant leur vie pépère totalement bouleversé lorsque des agents secrets sont envoyés pour le tuer. 

Mike Howell (Eisenberg) mène une vie des plus simples qui soit, avec l'amour de sa vie, Phoebe (Stewart) dans une petite ville de banlieue en Virginie. Mike végète joyeusement. Il travaille dans un supermarché et passe son temps à gribouiller dans son carnet noir les histoires d'Apollo Ape (un gorille super héros) et à fumer des joints ou prendre de l'acide avec Phoebe. Mike a quand même quelques soucis : des crises de panique qui l'empêchent de quitter la ville. Mais l'amour est plus fort. Leur vie est totalement chamboulée lorsqu'un soir, alors qu'il travaille dans cette boutique paumée, il aperçoit deux hommes trafiquer sa voiture. Les deux individus tentent de l'éliminer, à sa grande surprise Mike réussit à se défendre et surtout tue les deux hommes. Totalement chamboulé, choqué de découvrir ses talents de combattant, il n'a pour info que la venue de cette femme mystérieuse venue dans la boutique lui glisser quelques mots n'ayant aucun sens. Mile est en fait un agent dormant surentrainé dont la mémoire a été effacée il y a plusieurs années. Mais un idiot de la CIA (Topher Grace) a décidé de faire du zèle en envoyant une équipe d'agents fantômes (anciens patients d'hôpitaux psychiatriques) l'éliminer. 

L'histoire vous parait grosse ? Elle l'est. Mais si vous êtes comme moi, prévenu et d'humeur bon enfant, alors vous allez passer un bon moment. Mike et Phoebe passent la moitié du film à se battre, pour finir le visage totalement boursouflé et ensanglanté pour Mike, et le nez en sang pour Phoebe. Mike est doué, il peut tuer avec une poele à frire ou une petite cuillère ! Les agents secrets sont tous tarés et certaines scènes flirtent avec le grotesque mais tout se tient ! On arrête de compter les morts après quelques minutes..... Mais on ne s'ennuie pas une seconde et lorsque le film se penche sur la relation de Mike et Phoebe on a droit à une très jolie parenthèse. La mise en scène est correcte et l'humour toujours présent. 



Ce n'est pas un film culte - la note attribuée sur IMDB me parait sensée : 6,5/10. Le film remplit sa mission de divertissement. 

Ce que j'ai aimé c'est sans doute la complicité entre les deux acteurs principaux. Kristen Stewart et Jesse Eisenberg ne se quittent plus. Ils avaient déjà joué un couple en 2009 dans le film "Un job d'été à éviter", et sont actuellement en train de tourner un film, pour Woody Allen où ils forment à nouveau un couple. Et ça marche ! Ici, ils sont adorables - leur amour est très beau et très émouvant, avec une forme d'innocence. J'adore leur petite vie planplan, le vieux 33 tours, leurs conversations et leur simplicité. Un peu moins leur consommation de drogues  ;-)

Je n'oublie pas Topher Grace, le héros de That 70's Show qui accepté ici de jouer un connard de première, et croyez-moi il y excelle ! On a envie de lui taper dessus tout le long du film .. 



American Ultra est une comédie sympathique, avec un Jesse surprenant, je ne pensais pas pouvoir supporter sa coupe de cheveux beatnik mais au final pas de souci. Et ce film confirme une fois de plus mon admiration pour Kristen Stewart qui sait jouer toutes les palettes d'émotion, continue de promener sa jolie fragilité sur les écrans - honnêtement cette actrice grandit à chaque film. Je n'ai jamais vu Twilight aussi je juge d'après ses autres films. 

Mon avis : ♥(♥)