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22 février 2017

Loving

Je suis allée voir hier le film Loving. Trois raisons ont motivé mon envie d'aller au cinéma : j'adore l'acteur Joel Edgerton, j'avais découvert en préparant mon billet que l'actrice principale, Ruth Negga, était nommée aux Oscars et enfin, je voulais comprendre comment une simple histoire d'amour avait pu changer la face de l'Amérique. Et quelle belle surprise ! Encore un très joli moment de cinéma. 

Nous sommes en 1958, le film s'ouvre sur une scène classique de courses de voiture, des jeunes hommes et femmes encouragent les deux concurrents. L'un est Noir, l'autre Blanc. Dans la foule, Richard Loving (Joel Edgerton) enlace tendrement sa petite amie, Mildred (Ruth Negga). Rien de spécial, me direz-vous. Mais ici nous sommes en Virginie et les lois raciales sont toujours en vigueur. Rien n'arrive car ils ont grandi dans une communauté rurale où depuis des siècles les habitants se mélangent (Indiens Cherokee, anciens esclaves et Blancs).  
Richard aime Mildred et celle-ci attend un bébé. Richard veut faire les choses bien, il a acheté une parcelle afin d'y construire leur future maison (il est maçon) et il veut l'épouser. Mais les mariages interraciaux sont interdits en Virginie. Pas de souci, les deux amoureux partent convoler dans le District de Columbia (qui abrite une seule et unique ville : la capitale, Washington D.C).

Richard s'installe chez les parents de Mildred lorsqu'une nuit, la police du comté surgit, les réveille et les embarque en pleine nuit. Mildred et Richard ont enfreint la loi de l'Etat de Virginie. Richard est relâché sous caution dès le lendemain mais Mildred va rester plusieurs jours enfermée. Richard est un homme taciturne, un peu frustre. Introverti, il s'exprime peu. C'est Mildred qui par son sourire, tient le choc après cette arrestation. Richard a eu ordre de quitter le domicile et de ne plus voir Mildred. Mais l'amour est plus fort. Ils se revoient en cachette. 



De nouveau arrêtés, leur avocat réussit à passer un accord avec le juge local : s'ils refusent, ils sont condamnés à passer un an en prison. La grossesse de Mildred est avancée, et les deux jeunes tourtereaux ne comprennent pas grand chose au monde judiciaire. L'accord ? Ne plus remettre les pieds dans l'Etat de Virginie pendant 25 longues années.

Tous deux doivent quitter leurs familles respectives, leurs amis, leurs vies pour aller s'installer chez une cousine à la capitale. Si Richard trouve facilement du travail, Mildred passe ses journées à se morfondre. Elle n'aime pas la ville, le bruit, les sirènes de police, ici aucun parc, aucun carré d'herbe. Et elle ne supporte pas l'idée d'accoucher là. La mère de Richard est la sage-femme du comté. Les Loving décident de prendre le risque. De nouveaux arrêtés, ils échappent de justesse à la prison. 

Le temps passe, les grossesses suivent et le mouvement des droits civiques fait son petit bonhomme de chemin dans le Sud. Avec sa cousine à Washington, Mildred regarde Martin Luther King à la télévision. Celle-ci lui suggère d'écrire au Procureur Général, Robert Kennedy, pour lui demander de l'aide. Sans le savoir, Mildred vient de faire un premier pas vers leur liberté et la fin de cette loi raciste.



L'histoire n'est pas finie, je vous laisse avec Mildred et Richard suivre leur chemin long et épineux vers cette décision historique, qui les emmènera devant la Cour Suprême qui rendre le célèbre arrêt "Loving v. Virginia" qui symbole le droit de s'aimer pour tous, sans aucune distinction d'origine. Cet arrêt aura un rôle essentiel dans la décision, plus récente, d'accorder le mariage pour tous. Le mariage est un droit fondamental, naturel et rien ne peut s'y opposer. Mais les Loving devront attendre 1967 pour se voir accorder le droit de vivre ensemble, légalement, en Virginie. 

Cela faisait longtemps que je n'avais pas vu un film reposer sur deux acteurs (tous les acteurs secondaires sont formidables, la famille de Mildred et la mère de Richard) mais ici le réalisateur ne quitte pas d'une cheville le couple Richard / Mildred. Ils sont si beaux. Avec une lumière magnifique, le réalisateur nous offre de sublimes plans sur ce couple dont j'ai envie de partager tant de photos !


Richard, l'introverti, lui qui ne comprend rien à la machine judiciaire et veut juste "que l'on le laisse vivre comme avant avec sa femme" et Mildred qui est bien décidée à voir la loi changer, et qui balaie tout avec son sourire sont si aimables, si touchants, si émouvants qu'il m'a été impossible de résister. Ils sont si beaux ensemble et Richard est d'une tendresse qui contraste tant avec le reste de ses gestes. 

Je ne compte plus les scènes où ils se cherchent, s'enlacent, se soutiennent. Un couple qui symbolise l'amour. Face à une injustice incroyable, les deux amants restent calmes. Car rien ne semble pouvoir ébranler leur union. Même lorsque les menaces pleuvent. Où lorsque les familles respectives commencent à regretter cette union et leur proposent de se séparer. Le doute les a emparés. Mildred souffre tant de cette séparation. 



Attention : le film dure un peu plus de 2h, et Jeff Nichols (Mud, Take Shelter) a choisi un rythme lent. Il peut tout à fait dérouter les spectateurs qui aiment l'action ou n'ont plus l'habitude de ce genre de film. Moi, il m'a plu justement. Cette lenteur, elle symbolise le temps suspendu. L'attente. Et puis le Sud, un autre rythme. La campagne. 

J'aime lorsqu'il filme la demande en mariage, la grossesse. J'ai aimé chaque plan, chaque mouvement, le chant des grillons, le regard de ces gens simples.

Et cette lenteur symbolise aussi toutes les années dans lesquelles le couple va vivre ailleurs et dans la clandestinité. J'ai eu envie de pleurer dans les derniers instants du film. Voici une image des vrais Richard et Mildred Loving, prise discrètement par un journaliste du magazine Life, venus les interviewer avant la décision de justice.



J'ignorais que ce genre de couple existait vraiment, celui qui se comprend dans les gestes, dans le silence de l'autre, dans l'adversité. Un très beau moment de cinéma. Et ce nom de famille, Loving, incroyable, non? 

Et moi, j'aurais bien inscrit aux Oscars Joel Edgerton également ! 

Mon avis : ♥♥♥♥♥


30 décembre 2016

Rogue One

Je ne suis pas allée beaucoup au cinéma ces derniers temps mais je voulais absolument voir Rogue One et je ne le regrette absolument pas ! C'est pour moi le film parfait pour la fin d'année, j'ai presque envie de retourner le voir une deuxième fois.

Les producteurs en profitent pour éclaircir un point de l'histoire de la saga Star Wars - souvenez-vous dans l'épisode IV, Luke Skywalker savait où il devait frapper l'Etoile de la Mort pour l'exterminer. Les plans avaient été cachés sur un petit droïde ... Et bien, voilà ici l'histoire sur ceux, simples individus qui ont choisi de se sacrifier pour obtenir ces plans.

Galen Erso (Mads Mikkelsen) est un scientifique qui a décidé de fuir sur une une planète avec sa femme et sa fille Jyn pour ne pas travailler pour l'Empire. Mais Orson Krennic (Ben Mendelsohn) a réussi à le retrouver - en voulant fuir, sa femme est tuée mais la petite Jyn a le temps de se cacher. Elle sera secourue par Saw Gerrera (Forest Whitaker), un rebelle devenu extrémiste et qui s'est mis à dos les forces impériales et les forces de la rébellion (Princesse Leia).  Mais à l'âge de seize ans, il la met dehors. Seule, la jeune femme (Felicity Jones) grandit et apprend à survivre par tous moyens sous une fausse identité. Elle est finalement arrêtée pour vol et alors qu'elle est transférée, son convoi est attaqué par la rébellion : ils ont besoin d'elle pour une mission particulière.

Jyn se fiche totalement du combat qui se mène dans la galaxie, la jeune femme dit simplement qu'il suffit "de ne pas regarder en l'air" où se trouve les vaisseaux spatiaux. Mais un pilote impérial a pris la poudre d'escampette après que Galen Erso lui a confié un message pour sa fille. Fait prisonnier par Ferrera, la rébellion a besoin de Jyn pour prendre contact avec le combattant.  La jeune femme doit suivre Cassian Andor (Diego Luna) et son fidèle droïde (K-2SO). 



Les évènements s'enchainent vite, l'Etoile de la Mort est née - Galen Erso l'a construite mais a réussi à y laisser un point faible au coeur de l'étoile et dit que les plans sont conservées sur une planète. Au cours de leur voyage, Jyn doit supporter la froideur et la noirceur de Cassian qui lui cache ses véritables intentions. Elle croit pouvoir retrouver son père en échange de son aide. Ils sont aidés par le pilote Bohdi Rook (Riz Ahmed) et deux inséparables, Chirrut Imwe, l'homme aveugle croit profondément en la force même si les Jedi ont disparu de la galaxie et son fidèle ami Baze.



Que dire ? J'ai d'abord été agréablement surprise par l'image - j'ai vu le film en 2D et en vo - la 3D n'est pas nécessaire, les scènes de combat dans les airs ne sont pas si nombreuses que ça, même si j'ai frissonné à nouveau en voyant les forces de la rébellion, dans leurs uniformes blancs et oranges grimper dans leurs avions pour aller porter leur aide à Jyn et Cassian.  J'ai trouvé le scénario, même s'il est assez classique dans sa forme - bien porté - des dialogues intelligents, de l'humour et des personnages qui possèdent tous suffisamment de profondeur. On s'attache très vite à eux.

L'autre réussite ce sont les effets spéciaux - ici on ne voit pas la touche "ordinateur", tout semble réel - c'est juste magnifique ! Les planètes, les vaisseaux, le droïde (qui a la fâcheuse manie d'annoncer les les chances de survie..). Et puis, évidemment, la fin du film est très forte. Elle a une résonnance particulière aujourd'hui avec le décès de Carrie Fisher (Princesse Léïa).

On comprend rapidement que leur mission finira, bref - si on ne voit plus ces personnages après ..Voilà mais j'ai adoré les apparitions furtives de R2-D2 et C3PO ! 

Enfin, j'ai adoré les acteurs choisis pour ces rôles - tous parfaits ! Du pilote Riz Ahmed à Cassian - Diego Luna - un gros coup de coeur pour moi ! 

Je ne le connaissais que de nom - et quelle agréable découverte ! De plus, il a produit Sin Nombre - un excellent film !  Et puis toute la brochette de stars : Forrest Whitaker, Mads Mikkelsen et un incroyable Ben Mendelsohn (toujours aussi bon méchant). 

Enfin, je remercie encore une fois les producteurs qui depuis plus de trente ans confient de vrais rôles à des femmes, des combattantes - et Jyn n'y fait pas exception malgré son visage de petite anglaise adorable ! Celui de Felicity Jones que j'aime beaucoup. 

Un très bon moment de divertissement - évidemment vous n'échapperez pas à la "morale" du bien contre le mal, concernant Cassian par exemple - aux grandes valeurs d'entraide mais ici j'ai trouvé que les producteurs sont moins "gentils" que dans les premiers volets - il y a plus de noirceur et la fin le prouve à elle seule. Oh oui, Dark Vador est bien présent ! Si sa voix vous avait manqué....

Mon avis : ♥♥♥♥

01 décembre 2016

Pause



Je suis en arrêt maladie - j'ai l'impression qu'une mouche tsé tsé m'a piqué car je dors énormément, le matin et l'après-midi et la nuit, une dizaine d'heures. Mon corps s'est mis en veille. J'en avais bien besoin, deux week-end malade, je résistais comme je pouvais. Mais là, il était temps que je me repose. 

J'arrive à lire mais étrangement j'oublie ce que je viens de lire .. Je regarde la télévision mais je m'endors rapidement, en tapant ces mots, je baille... 

J'ai résisté pour regarder le dernier Rendez-vous en terre inconnue - je me souviens de la beauté de ces chameaux à poils longs, dans un paysage enneigé magnifique mais j'avoue ne pas avoir été totalement au rendez-vous ! J'avais vraiment envie d'éteindre mon poste la dernière demi-heure ;-)

Sinon, j'ai retrouvé avec plaisir Stars Hollow - la nouvelle saison de Gilmore Girls. Peut-être devrais-je les regarder à nouveau, car je les ai vus samedi dernier entre deux siestes.  J'avais regardé la dernière saison pour être à jour même si le temps a passé. 

J'étais ravie de retrouver Rory, mon personnage préféré et évidemment Lorelai et Emily. La tristesse de ne plus retrouver Richard.  Il y a quelque chose de suranné dans cette série - on a l'impression de ne pas être aux USA, la petite ville n'a pas changé - elle ne semble pas subir les affres du temps et de la politique. Dans la septième saison, Rory partait suivre Obama en campagne. Là, on la retrouve désabusée, elle n'a jamais obtenu de poste permanent. Elle n'a plus de logement. Et lors d'un voyage en Allemagne, elle a retrouvé l'un de ses ex qu'elle revoit en douce. 

Lorelai et Luke sont ensemble, mais pas mariés. Sookie est partie et Michel songe à faire de même. Lorelai traverse une crise, comme sa fille. J'ai trouvé cela intéressant de voir que l'on peut toujours douter même à 32 ans ou pour Lorelai qui a besoin de faire avancer les choses. J'ai particulièrement aimé Emily et son évolution. Sans Richard, Emily doit trouver un nouveau sens à sa vie. 

Bref, j'ai passé un bon moment et je ne trahirais pas la productrice en ne révélant pas les quatre derniers mots. Mais je trouve que c'est un excellent clin d'oeil à cette série et à ses personnages féminins.  Y aura-t-il une suite ? Je ne sais pas. Je ne le pense pas. Mais je suis ravie que cette série ait été découverte par une nouvelle génération. Et pour les curieux, les trois ex de Rory sont présents et oh j'ai failli oublié une scène excellente avec Paris ! Toujours aussi excitée.  Cette nouvelle saison se déroule en quatre épisodes représentant les quatre saisons. 

Sinon, je suis toujours avec plaisir les enquêtes de Vera sur la 3 et j'ai retrouvé sinon la dernière saison de The Big Bang Theory.   

Rien de plus à vous raconter,  mon temps est, vous l'aurez compris, consacré au sommeil. 


14 novembre 2016

Snowden

Il me tardait de voir ce film et c'est chose faite ! Je connaissais déjà Edward Snowden, son histoire - j'avais vu une interview réalisée par Jon Stewart et regardé une interview de John Oliver et de Joseph Gordon-Levitt avant d'aller voir le film.

Ceux qui ne connaissent pas Oliver Stone ignorent peut-être sa tendance à s'appuyer beaucoup sur les détails, les dates et ici il tenait à respecter à la lettre l'histoire de ce jeune homme américain devenu lanceur d'alerte et réfugié depuis trois ans à Moscou. Le réalisateur l'a rencontré à plusieurs reprises et j'avoue que le film vaut le détour pour la toute fin du film - une vraie surprise. 

Le film a donc un côté didactique qui pourrait rebuter certains - il montre en détail la carrière de huit années qui va mener ce jeune homme patriote et plutôt conservateur à dévoiler les pratiques d'espionnage illégales de la NSA et de la CIA. Mais où Stone réussit, c'est à jongler entre les époques : le film commence à Hong-Kong en juin 2013 - Edward attend des journalistes américains et britanniques dans une chambre d'hôtel. Il sait que la CIA est à ses trousses et que les journalistes veulent voir et comprendre ce qu'ils voient avant toute publication. Une course à la montre s'engage donc avant que le jeune homme ne doive fuir à nouveau. 

Parallèlement, on découvre Edward Snowden - il a quitté le lycée pour s'engager dans l'armée. Issu d'une famille conservatrice, le père et le grand-père travaillaient pour le gouvernement, Edward voit son rêve brisé lorsqu'il se blesse. Mais le jeune homme ne lâche pas l'affaire, autodidacte, il parle plusieurs langues et surtout est un génie de l'informatique. Il rêve de faire de l'espionnage et il réalise son rêve lorsqu'il rejoint la CIA.  C'est alors qu'il rencontre Lindsay Mills (Shailene Woodley), une jeune artiste aux idées libérales - elle manifeste contre la guerre en Irak - malgré leurs divergences politiques, les deux jeunes gens s'installent très vite ensemble et elle le suit lors de ses missions en Suisse, au Japon puis à Hawaï. 


Son mentor, Corbin O'Brian (Rhys Ifan) l'a envoyé à Genève. Déçu de ne pas être affecté sur des missions d'espionnage, Edward prends on mal en patience puis on finit par lui confier une mission : celle de recruter un banquier, soupçonné de faire affaire avec des Irakiens ou des Syriens. Au côté de Kovar, un agent de terrain (Timothy Olyphant) Edward réalise que la CIA est prête à tout, même à tuer pour obtenir ce qu'elle veut. Choqué, Snowden prend une décision ultime : il démissionne de la CIA.

Mais toujours soucieux de défendre son pays des attaques terroristes, et son talent indéniable, font qu'ils décrochent des contrats avec les grands groupes travaillant pour la CIA ou la NSA (National Security Agency) et le voilà affecté au Japon. On lui confie la mission de créer un logiciel de sauvegarde mais lorsqu'il retourne travaille pour la CIA à Hawaï, il découvre que son logiciel a été détourné pour devenir un logiciel d'espionnage illégal.  

Après les attentats du 11 septembre, le Patriot Act a donné une grande liberté aux agences gouvernementales pour lutter contre le terrorisme - des milliards de dollars sont débloqués sans que le Congrès ne soit informé des progrès ou des erreurs. Très vite, Snowden comprend que la CIA espionne tout le monde - vous et moi compris. Celle-ci a obtenu des réseaux sociaux (tel Facebook), de grandes entreprises comme Google (donc Gmail), l'accès à des milliards de comptes. La CIA n'a pas le droit d'intervenir sur le sol américain et pourtant elle espionne plus de citoyens américains que de citoyens de pays ennemis ! 

Melissa Leo, Joseph Gordon-Levitt, Tom Wilkinson et Zachary Quinto (journalistes)
Comme Snowden, nous, spectateurs - prenons peu à peu conscience de ce fait et de toutes les libertés individuelles qui sont bafouées - tous les jours et le plus choquant c'est que ce n'est même pas pour servir dans la lutte contre le terrorisme : la NSA et la CIA profitent de collecter toutes ces informations privées pour assoir leur domination économique.

Violant la Constitution, soutenue par de grandes entreprises (Bell par exemple), la NSA collecte ainsi des milliards de données via la cyber-surveillance (le plus choquant : lorsque votre ordinateur portable est ouvert - sans même être allumé, ils peuvent actionner la caméra vidéo et vous surveiller) et l'utilisent comme moyen de pression sur les citoyens.  

En sortant du cinéma, ma soeur et son amie étaient effrayées. Dorénavant, on a envie de coller un sparadrap sur la caméra ! Et lorsqu'on voit Snowden, et ses collègues (une majorité de jeunes geeks qui réalisent peu à peu ce qu'ils font) regarder la télévision rediffusant la convocation du directeur de la CIA par le Congrès Américain jurer que la CIA n'espionne pas les Américains, on a nous aussi envie de venir.

Puis Stone raconte comment Snowden a réussi à sortir ces données. Même en l'ayant déjà vu, j'ai à nouveau tressailli sur mon fauteuil ! Puis sa fuite à Hong-Kong..

Un film sous forme de thriller passionnant avec une mise en scène sobre et efficace, des acteurs géniaux (il y même Nicolas Cage et Scott Eastwood) et un rappel essentiel sur les dangers lorsqu'un gouvernement n'a plus la main sur ses services de renseignement et sur nos utilisations des réseaux sociaux. 


Joseph Gordon-Levitt parle, marche différemment pour être au plus proche de ce jeune homme effacé, timide et extrêmement intelligent. Un jeune homme qui a sacrifié sa vie personnelle. Poursuivi pour haute trahison, il ne peut plus retourner en Amérique. 

Un acte de courage incroyable. Une sacrée leçon pour nous.

Mon avis : ♥♥♥♥


08 novembre 2016

La fille du train

J'ai hésité à aller voir ce film - sans doute parce que le roman éponyme avait fait beaucoup de bruit sur la blogosphère. Le roman de la britannique Paul Hawkins était un peu partout sur la toile. Malheureusement les lecteurs aguerris, comme moi, ressortaient vraiment déçus de leur lecture. Ils mettaient en cause la pauvreté du style et surtout ils avaient tous devinés qui était l'assassin au tiers du roman.... Bref, j'ai donc passé mon chemin pour le livre. Par contre, j'ai profité de mes vacances pour aller voir le film ! 

Pour les besoins du film, l'histoire a été transposée de la banlieue de Londres à celle de New-York. On y retrouve Rachel (Emily Blunt) qui prend tous les jours le même train - celui-ci ralentit tous les jours devant le même pâté de maisons - la rue Baker Street. Rachel est fascinée par le couple qui vit au n°15 - elle fantasme sur ces deux trentaines magnifiques et sur l'amour qui les unit.  Rachel, de son côté, a vu sa vie prendre un tournant dramatique il y a deux ans. Logée chez une amie (Laura Prepon), Rachel est une alcoolique qui ne se remet pas d'avoir été quittée par son ex-mari, Tom (Justin Theroux), pour une autre femme, Anna.  Tom et Rachel n'arrivaient pas à avoir d'enfants, Tom l'a alors quitté et une nouvelle femme a emménagé dans leur maison, la n°13 sur Baker Street...

Depuis Rachel boit et souffre en apercevant "la nouvelle famille" de Tom. Le pire arrive lorsqu'elle surprend la jeune femme magnifique du n°15 embrasser un autre homme...Son monde s'écroule. Et ce n'est que le commencement puisqu'elle est interrogée rapidement par la police - la jeune femme en question, Megan, a mystérieusement disparu. Elle travaillait comme nanny pour son ex-mari Tom et sa femme Anna.  Rachel, qui connaît de plus en plus des pertes de mémoire liées à son alcoolisme, décide d'enquêter et rencontre le mari de Megan, Scott (Luke Evans)...


Je savais que le roman comptait trois voix féminines narratives : Rachel, Megan et Anna et le film est fidèle au roman. Alors qu'on suit la lente descente en enfer de Rachel, dont le dernier black-out sera essentiel à l'histoire - on découvre qui se cache derrière ce "couple parfait" Megan et Scott. Megan est triste - elle refuse de tomber enceinte et a commencé une thérapie. De son côté, Anna souffre de la présence de Rachel qui refuse de les laisser vivre et les harcèle via des SMS et en venant jusque chez elle. 

Je ne vais pas raconter la fin - mais n'ayant pas lu le livre - j'ai découvert l'histoire au fur et à mesure, et si on découvre rapidement qui est l'assassin (une fois que l'ADN a parlé, le mystère s'envole!) - mais l'histoire continue et j'ai aimé la fin - assez surprenante. Car l'atmosphère du film est vraiment particulière et c'est ce qui m'a le plus plu dans ce film - malgré l'enquête, on ressent le poids de cette petite communauté où tout se sait et où le final se joue entre elles et lui. Pas de police, de sirène, de course-poursuite. Ce bois, ce brouillard - cette atmosphère est vraiment importe dans le film. 

J'ai aussi aimé le jeu des actrices et en tant que spectatrice voir ce couple ou l'ancienne maison avec le regard flou d'une alcoolique - je sais que ça a perturbé certains spectateurs mais moi j'ai au contraire apprécié cette mise en scène. Pour avoir eu autour de moi quelqu'un touché par cette maladie, j'ai trouvé l'interprétation d'Emily Blunt très convaincante et surtout ces trous de mémoire qui finissent par lui gâcher la vie. D'ailleurs, elle devient facilement manipulable, n'ayant jamais souvenir de ces actes et faisant donc confiance à ses proches pour lui raconter. 

J'ai aussi eu la surprise de voir Laura Prepon et surtout dans le rôle du thérapeute le très charmant Edgar Ramirez ! Enfin, je ne peux pas dévoiler l'histoire mais s'il y a bien un acteur qui me laisse de marbre, où je ne trouve ni charme, ni grand chose et bien dans le rôle du méchant, il est parfait (non je ne dirais pas son nom...).

Bref, je me disais que l'histoire fonctionnerait peut-être mieux au cinéma - avec cette vision du train sur cette maison et ces trois femmes dont je souhaite d'ailleurs dire un mot : j'aime beaucoup Emily Blunt et elle est parfaite - elle ne surjoue pas selon moi et j'ai découvert deux autres actrices : Rebecca Ferguson dans le rôle d'Anna et Haley Bennett dans le rôle de Megan - elles sont toutes les deux parfaites dans leurs rôles (ici photo de Haley).

Donc au final, je ne lirai pas le livre mais j'ai trouvé le film plutôt bien ficelé - cette atmosphère hivernale, avec le brouillard, et cette femme hagarde, alcoolique - un personnage rarement montré au cinéma - tout m'a plutôt plu.

Mon avis : ♥♥(♥)

24 octobre 2016

Captain Fantastic

J'adore Viggo Mortensen, je crois que j'ai vu pratiquement tous ses films. Je l'ai découvert dans un film réalisé par Sean Penn, The Indian Runner - et je l'ai bien évidemment adoré dans le Seigneur des Anneaux. Quand j'ai lu son âge aujourd'hui dans un article, j'étais sciée : 56 ans car dans le film, il en paraît dix de moins ! et Il y a de quoi juger puisqu'il apparaît en tenue d'Adam !

Mais revenons à l'histoire : Ben et son épouse Leslie sont des adeptes de Noam Chomsky, Thoreau et Platon. Leurs rêves ? Elever leurs enfants loin de la civilisation. Après avoir vécu dans une ferme, ils ont décidé il y a dix ans de quitter la civilisation en s'enfonçant dans les forêts épaisses du nord-ouest des Etats-Unis. Ben (Viggo Mortensen) enseigne à ses enfants les techniques de survie (chasse, combat, pêche, combat, musculation, etc.) mais aussi les langues étrangères, sciences et littérature. Et ça marche, alors qu'il vient de tuer sa première biche, Bo, l'ainé (George MacKay) cache à son père qu'il a été accepté dans les six plus grandes facs américaines Sa mère l'avait emmené passer les tests en cachette et envoyer les dossiers d'inscription. Celle-ci a été hospitalisée il y a trois mois, diagnostiquée bipolaire, elle a toute sa vie connu des phases euphoriques suivies de profondes dépressions. La dernière l'a ramenée près de ses parents qui vivent au Nouveau-Mexique et n'ont jamais compris le choix de vie de leur fille unique. 

Lorsque Ben apprend qu'elle a finalement mis fin à ses jours, il est effondré mais il ne le cache pas à ses enfants. Ici les enfants sont élevés sans mensonge et leur père répond à chacune de leurs questions même si elles sont parfois embarrassantes. Ben a le testament de sa femme, bouddhiste, elle a émis le souhait d'être incinérée lors d'une cérémonie joyeuse où l'on chante et danse et ses cendres jetées dans des toilettes ! Mais ses parents en ont décidé autrement. Ben risque gros en allant à l'encontre de sa belle-famille mais la pression des enfants est trop forte, et fort de ses convictions en l'homme, Ben décide de sortir ses enfants de la forêt et de les emmener jusqu'au Nouveau-Mexique. Si Bo est déjà "sorti", les autres enfants découvrent la civilisation américaine. 


L'une des premières remarques de Naï, le petit dernier, est le poids des Américains ! Il s'étonne de voir autant de "gros" lui qui passe ses journées à courir et à faire des exercices. Elevés avec des principes de partage, ils dénonce tout ce consumérisme. Mais lorsque Bo croise une jeune fille de son âge, il réalise qu'il vit totalement en dehors de "la réalité" et ne sait pas comment interagir avec ses semblables. Son frère cadet, Rellian (Nicholas Hamilton) reproche à son père la mort de sa mère et aimerait fêter Noël comme tout le monde au lieu de fêter l'anniversaire de Chomsky... Peu à peu, la petite famille doit faire face à la réalité et leur rêve utopiste semble remis en cause, surtout à leur arrivée dans leur famille ....

Que dire ? Un film vraiment atypique - mais un très joli film, qui ne manque pas de pointer les défauts de chaque système - aucun n'est parfait - quand on voit leurs cousins adolescents scotchés à leurs jeux vidéos et incapables de dire ce que sont les 10 Amendements et voir en face l'adorable Zaja (Shree Crooks) revenir sur les dernières révisons de la Constitution Américaine, on peut évidemment se poser des questions - mais les enfants pointent aussi leur isolement du monde extérieur et leur handicap à se comporter dans le vie de tous les jours et avec les autres.  J'ai beaucoup aimé la discussion entre Ben et sa soeur dans le film à ce sujet. 

Le point fort reste évidemment l'amour du père pour ses enfants et les enfants, tous formidables dans le film. 

Un film totalement à part - une parenthèse dans nos vies - forcément on ne peut que s'interroger en ressortant de cette séance. Ce que j'aime c'est le chemin parcouru par chacun dans le film - le décès de leur mère aura été un élément déclencheur dans la vie de cette famille. 

Ce voyage initiatique dans ce vieux bus m'a fait penser évidemment à Little Miss Sunshine et le choix d'élever ses enfants loin de toute civilisation m'a un temps fait penser à The Mosquito Coast où un père (Harrison Ford) emmenait ses enfants en Amérique Centrale pour y construire une vie utopique afin eux aussi de leur faire découvrir "la vraie vie". Un film avec le regretté River Phoenix.


Viggo Mortensen est toujours fantastique - et très émouvant et je tire mon chapeau à tous les acteurs enfants ! En particulier à George MacKay qui campe un jeune homme très intelligent, tiraillé entre les deux mondes - j'avais découvert cet acteur très prometteur dans The Boys are Back en septembre 2015 où il jouait le fils de Clive Owen. 

Un mot aussi sur l'autre jeune acteur Nicholas Hamilton qui joue si bien celui dont le seul moyen d'expression est la colère, j'ai adoré la petite Zaj - en fait tous ! Les deux ainées qui sont très proches, Kielyr et Vespir (Samantha Isler et Annalise Basso) et enfin Charlie Shotwell qui joue Naï, le plus petit et le plus drôle. 

Un très beau film, tendre et émouvant et vraiment, vraiment dépaysant ! 

Mon avis :  ♥♥♥♥♥




19 octobre 2016

L'Odyssée

Il me tardait d'aller voir le dernier film de Jérôme Salle, l'Odyssée. J'ai suivi le tournage via les réseaux sociaux, glanant ci et là quelques images du tournage. Le grand blanc, l’Antarctique m'a toujours fasciné et j'avais envie de découvrir qui était Jean-Jacques Cousteau dont je ne connaissais que quelques bribes de sa vie. Et cerise sur le gâteau, mon actrice française préférée, Audrey Tautou, était de la partie. 

Le film commence avec la chute d'un avion en mer. Ma sœur qui m'accompagnait m'a avoué en sortant qu'elle avait aimé ce choix narratif - et je la rejoins. Puis, nous voici en Méditerranée avec la famille Cousteau en 1946. Le père, Jean-Jacques, ancien pilote et toujours Commandant dans l'Armée de l'Air (j'ignorais cela), ne peut plus piloter - il a découvert depuis peu la plongée sous-marine et s'est amusé à fabriquer la première caméra qui peut aller sous l'eau. Avec ses deux meilleurs amis, tous deux militaires, ils commencent à réaliser des petits films de leur sortie en mer et le succès est là. A cette époque-là, l'homme est un homme marié heureux, son épouse Simone (Audrey Tautou) est vive et passionnée par la mer - fille et petite-fille d'Amiral, l'eau est son élément. Ils ont deux enfants : l'aîné Jean-Michel est posé et timide, à l'inverse de son petit-frère, Philippe un vrai casse-cou. 

Lorsqu'ils remportent la Palme du meilleur documentaire à Cannes, la famille sait que cela signifie un tournant : Cousteau veut partir voyager à travers le monde et plonger dans tous les océans. L'homme est charismatique et trouve le moyen de financer ses voyages : un mécène lui paie un vieux bateau, rebaptisé La Calypso et lui loue pour un franc symbolique par an (mais ne paie ni l'entretien, ni l'essence). Le bateau arrivé en Europe est vieux et tout abimé. Simone va alors revendre un à un tous les bijoux hérités de sa mère pour redonner une seconde vie au navire. De son côté, Cousteau arrive à faire financer son voyage, et particulièrement le coût du gasoil (une tonne et demi par jour) en échange d'études des fonds marins et de la découverte d'exploitations offshore de pétrole. 


On découvre alors l'autre facette de Cousteau - celle que j'ignorais - Cousteau n'a aucun esprit écologique, il relit 20 000 Lieues sous Les Mers et se voit comme un explorateur - il veut aller dans des endroits où personne n'est allé et veut être reconnu comme "l'homme qui les a découvert". Il se met en scène. L'homme contrôle tout - chaque image - rien n'est naturel, tout est factice. Ses fils, envoyés contre leur gré en pension, reviennent sur le bateau à leurs dix-huit ans.

Les années ont passé, nous sommes au milieu des années 60 et les nombreuses infidélités de Cousteau ont creusé une frontière invisible entre lui et Simone. Cousteau continue ses voyages de promotion, à donner ses conférences à travers le monde et collectionne les jolies filles.  Il a toujours vu en Philippe (Pierre Niney) son double, mais le jeune homme, caméraman, a changé. Il a mûri. A travers son métier de caméraman, il a découvert que les fonds marins souffrent des activités de l'homme. Les premiers mouvements écologistes font parler d'eux (Greenpeace) et Cousteau semble dépassé. 

Le film prend alors une autre dimension. Une autre histoire peut commencer.... 

Je n'en dirais pas plus. Je ne connaissais de Cousteau que les images de lui à bord de son bateau, son éternel bonnet rouge sur la tête et les images de l’Antarctique - j'ignorais tout de l'autre Cousteau assoiffé de gloire et de reconnaissance. Cousteau c'est l'histoire d'une rédemption et j'ai été très touchée par ce voyage intérieur. 


Lambert Wilson joue avec perfection toute une palette d'émotions qui caractérise le personnage : pudeur, froideur, égocentrisme et fragilité.  Concernant le rôle de Simone - j'ignorais tout de cette femme et au final, Jérôme Salle lui rend enfin ses lettres de noblesse : sans elle, point de Calypso - elle l'aura suivi jusqu'au bout de ses rêves. Au final, c'est elle le vrai "Commandant" Et évidemment Audrey Tautou m'épate, elle vieillit très bien et j'adore sa gouaille - qui montre une nouvelle fois toute l'étendue de son talent. 

De son côté, Pierre Niney prouve une nouvelle fois qu'il est devenu incontournable dans le cinéma français. Son personnage, dont j'ignorais tout, est complexe : celle d'un jeune homme devant lutter contre l'image écrasante du père tout en trouvant en soi la force pour pardonner. Un rôle magnifique.

Et la famille Cousteau, les images finales sont très touchantes. Une famille à part qui méritait bien qu'on s'y attarde. 

Enfin, les images sont sublimes - mais ça on s'en doute ! Que ce soit les fonds marins ou pour l'Antarctique, on est bluffé ! On en prend plein la figure. Moi qui suis fascinée par les mammifères marins, les rencontres avec la baleine ou les phoques sont magnifiques.   La nature - sa beauté, sa fragilité, le meilleur atout du film et la photographie est au rendez-vous. Magique. 

Mon avis :  ♥♥♥♥♥



14 octobre 2016

Festival alter'natif à Nantes



Comme je vous l'avais annoncé, j'ai assisté hier soir à la projection de deux courts-métrages et à un moyen métrage, un documentaire, tous réalisés par des réalisateurs ou réalisatrices indien(ne)s, en l'occurrence des autochtones canadiens et américains dans le cadre du Festival Alter'Natif qui a lieu à Nantes cette semaine. La programmation continue chaque soir au cinéma Concorde avec la cérémonie de la remise des prix samedi prochain à l'Orangerie.

Après la diffusion des films, le public a pu longuement échangé avec eux, dont votre serviteur ici présent. Une très belle soirée. Laissez-moi vous présenter les films en compétition ! 

10 octobre 2016

Bridget Jones baby

Quand les premières notes résonnent, Bridget est assise seule dans son salon, un verre à la main et hurlant "All by myself" - difficile de réfréner un sourire ! Les retrouvailles après tant d'années ont un goût spécial. Bridget fête seule ses 43 printemps. Le constat est amer : nous l'avions quittée amoureuse de son Darcy - c'était il y a cinq ans. Entre temps, Darcy s'est bien marié mais avec une autre et vit à la Hague. Tous ses amis se sont mariés et ont eu des bébés.

C'est à l'enterrement de Daniel Cleaver (Hugh Grant), dont l'avion s'est abimé dans la forêt équatoriale sud-américaine, que Bridget croise à nouveau Mark Darcy. La jeune femme cache son désarroi pour finalement s'en moquer : elle est enfin arrivée au poids qu'elle tentait d'obtenir depuis des années, a des amis et un job rêvé de rédacteur chef d'un talk show très suivi en Angleterre. 

La présentatrice, Miranda (Sarah Solemani), sa meilleure amie à présent, veut lui changer les idées en l'emmenant passer le week-end au festival de rock de Glastonbury. C'est là que notre Miss, arrivée en pantalon blanc et talons aiguilles s'étale dans la boue - mais un prince charmant américain Jack (Patrick Dempsey) apparait et la sauve. La jeune femme décide de profiter de son séjour et s'en suit une nuit enflammée. Mais la miss fuit dès son réveil. Quelques jours plus tard, elle assiste au baptême où elle découvre que Mark Darcy (Colin Firth) est le parrain - les deux sont obligés de poser ensemble (très amusant) et Darcy, venu seul, lui déclare qu'il se sépare de son épouse. Il n'en faut pas plus pour que les deux retombent dans les bras l'un de l'autre.

Deux mois plus tard, alors que Bridget stresse depuis l'arrivée d'une troupe de hipsters, engagés par la chaine, pour moderniser l'émission, elle découvre qu'elle est enceinte. 
Sa gynécologue, le Dr Rawlings (Emma Thompson) est dans l'incapacité de lui dire qui est le père. Bridget décide d'annoncer la nouvelle aux deux pères potentiels en leur cachant l'existence de l'autre .. Les ennuis commencent ..


Si j'ai trouvé le début un peu long, le film reprend un bon rythme et finit en apothéose. Les fans de Bridget, comme moi, serons heureux de la retrouver. A ce sujet, les gens étaient déçus de ne pas la retrouver aussi rondelette que dans les précédents opus - j'ai trouvé ça assez stupide. Premièrement, l'actrice Renée Zellwegger, est une marathonienne accomplie, qui a toujours été mince et a accepté à deux reprises de prendre une dizaine de kilos, qu'elle refuse ce coup-ci (ou pas, j'ignore qui l'a décidé), je trouverais ça normal et deuxièmement, les femmes voient souvent leur poids varier le long de leur vie, et quelle raison aurait Bridget de rester la même ? Si c'est pour montrer à nouveau ses culottes en gros plan, ce n'est pas la peine. 

Pour le visage de l'actrice, si une photo d'elle m'avait un peu surprise l'an dernier, dans le film - pas de souci. L'actrice a désormais 47 ans et les rides sont là. Le botox, s'il y a eu, ne faisait plus effet lors du tournage. Les "rides du sourire" et même une au coin droit de la bouche m'ont même étonné au départ - puis on s'habitue. Ses yeux pétillent et Bridget est toujours aussi charmante. Et gaffeuse. 


Les autres acteurs sont tous présents - tous ses amis et Patrick Dempsey trouve parfaitement sa place dans cette petite troupe et pourtant je ne suis pas fan de l'acteur. Mention spéciale à la gynéco interprétée par la géniale Emma Thompson qui s'amuse de cette situation et dont l'humour très British est très drôle - surtout quand elle se moque de l'Américain et ses conseils zen.
Enfin, les réalisateurs se moquent des hipsters - et surtout arrivent à faire monter a crescendo nos fous rires pour finir en apothéose (pour ma part) à dix minutes de la fin et les dix dernières minutes. Et une énorme surprise à la toute fin que j'ai adorée !

Bref, un bon moment - ce n'est pas du grand cinéma, mais les précédents (le deuxième était pour moi le moins bon) n'ont jamais promis que du divertissement et y sont arrivés. Celui-ci m'a rendue nostalgique, savoir que c'était le dernier, ça fait quand même quelque chose.

Mon avis : ♥♥♥♥

26 septembre 2016

Victoria


C'est un peu par hasard que je me suis retrouvée dans une salle de cinéma pour voir ce film. Je n'avais vu que quelques micro-secondes de la bande-annonce et je n'avais pas vu l'affiche (ce qui aurait expliqué ceci, cf. mon billet). J'avais quand même lu quelques critiques qui criaient à la publicité mensongère s'agissant de la bande-annonce :  CE FILM N'EST PAS UNE COMÉDIE.

Et ils ont raison ! Ce film traite de la dépression, du burn-out et n'offre au personnage principal, Victoria (Virginie Efira) que quelques moments de répit. Pendant près de deux heures, elle se traine maladroitement, passant de son lit au canapé - la femme quadra dynamique en prend pour son grade !

L'histoire ?  Victoria Spick est avocate pénaliste - séparée de son ex, David, un pseudo écrivain en mal d'inspiration, elle élève seule (et sans pension alimentaire) ses deux petites filles et croule sous le travail. Elle noie son chagrin dans l'alcool et les antidépresseurs, et les somnifères qu'elle avale comme des M&Ms. Invitée au mariage d'amis de longue date, elle retrouve son ami Vincent (Melvil Poupaud) qui lui confie vouloir quitter sa compagne, une psychopathe en puissance, avec laquelle il se produit sur scène en l'honneur des mariés, la scène cocasse, les montrent tout près de commettre l'acte sexuel en direct. 

A ce même mariage, Victoria croise Sam (Vincent Lacoste), un jeune ex-dealer qu'elle a sorti d'affaire. Ce dernier lui confie le souhait de vouloir devenir avocat et de reprendre ses études. Mais à la rue, et ne dealant plus, il ne sait plus quoi faire. Tout s'emballe le lendemain lorsque Vincent fait appel à l'aide : sa compagne l'accuse de tentative de meurtre, il l'aurait poignardé lorsqu'elle aurait refusé ses avances. Le mariage tourne au drame. Seul témoin de la scène : le chien de la victime, un Dalmatien.

Victoria accepte à contrecœur de défendre son ami (et elle va le payer cher), n'étant pas supposée entrer au contact des autres parties (tous des amis). Lâchée par la énième baby-sitter, elle engage Sam comme jeune homme au pair. Petit à petit, les désillusions s'enchainent et Victoria perd pied. 

Voilà le type que je croyais être le fameux au pair ! Tant pis, il me plaisait nettement plus !

Que dire du film ? En premier lieu, je n'ai vu qu'un très court extrait de la bande-annonce, aussi ai-je cru que le type qui la bassine au mariage devenait le fameux garçon au pair - eh bien non ! Je n'avais vu le nom de Vincent Lacoste - "à la bouche molle", description un peu mal appropriée par une amie mais qui désigne parfaitement un défaut de ma part : je n'aime pas sa bouche, ni son style. Trop mou pour moi. Il est à la limite de l'invisibilité - ce qui est parfait pour ce rôle puisque son personnage le reprochera à Victoria plus tard. Elle ne le voit pas mais le souci c'est que moi non plus. J'ignore pourquoi, mais je ne lui trouve aucun charisme. Ce n'est pas tant le physique, mais la présence. Ou du moins l'absence de présence.  Comme pour l'actrice à la mode dont j'ai parlé dans mon billet sur Jason Bourne, Alicia Vikander, jolie comme un cœur, mais qui m'ennuie à mourir. Idem ici.

Je me suis raccrochée aux autres personnages : Melvil Poupaud joue parfaitement le rôle du type égocentrique, sado-maso et bobo qui se remet en couple avec celle qui veut l'envoyer en prison... Et Virginie Efira ? C'est une actrice que j'aime, même si j'avoue avoir eu du mal à la voir dans un sale état tout le long du film. Quand elle remonte un peu la pente glissante, c'est pour mieux retomber. 

Mon autre souci vient d'une certaine vision caricaturiste des gens en général : souvent des salauds, femmes et hommes dans le même sac ou alors totalement désabusés. Personne ne semble pouvoir être heureux. Ce défilé permanent de gens cassés, fatigués, aigres ou méchants finit par user. Les séances chez le psy sont à la limite du rasoir (le psy n'est même pas drôle). 


Virginie Efira sauve le film, qui n'est pas une comédie, mais pas non plus un drame. Elle le porte du tout du long et prouve qu'elle sait tout jouer. Même si j'avoue aujourd'hui que la voir enjouée même une seconde fait du bien !  J'admets que je suis souvent gênée par les détails : ainsi le foutoir dans son appartement (il est immense et pas un centimètre où ne trainent des fringues sales, de la vaisselle sale, les jouets des enfants) - si c'est fait pour illustrer la détresse psychologique de l'héroïne, c'est réussi. Mais les au pair font parfois du ménage ? Bref, too much pour moi. 

Et le pire ? La pseudo-histoire d'amour, je ne crois pas une seconde à leur histoire - elle se réveille, comme la princesse de la Belle au Bois Dormant, sauf que là, la Princesse a encore la gueule de bois et réalise qu'elle aime l'homme invisible. Bof, bof bof. Seul le chien provoque une scène de rire dans la salle. 

Nota Bene : ils montrent le palais de justice de Nantes, œuvre de Jean Nouvel pour les curieux.

Mon avis : ♥♥