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21 août 2023

Still Missing Morgan


J'ai découvert par hasard ce documentaire sur Disney + : Still Missing Morgan. Diffusé en quatre parties, j'ai regardé le premier épisode et j'ai terminé ce soir, en larmes. 


Morgan Nick
a disparu le 9 juin 1995 à Alma, en Arkansas. Ce soir là, ils étaient allés voir un match de base-ball. La petit fille, âgée de 7 ans, est partie jouer tout près, sur le parking avec des amis, à peine une dizaine de mètres des gradins. Sa mère n'avait pas l'habitude de la laisser seule, mais elle se sentait confiante. Ils jouaient sur un tas de sable. Lorsqu'ils ont arrêté de jouer, Morgan s'est arrêtée quelques mètres derrière ses amis, tout près de la voiture de sa mère, pour enlever le sable de ses chaussures. Ses amis ont vu une silhouette sur le parking mais n'y ont pas prêté attention. Dix minutes plus tard, sa mère venait à sa recherche. Morgan s'est volatilisée.

L'enquête a avancé à petits pas. Un pick up rouge et blanc a été filmé le soir du match. Les policiers ont vérifié plus de cinq milles véhicules. Les années ont passé, ils ont été rejoints par le FBI qui en 2002, puis 2010 et enfin 2021 ont mené de nouvelles recherches. Le documentaire filmé en février 2023 revient sur cette dernière enquête avec le nom d'un potentiel suspect, des tests ADN et de fibres, et des endroits où creuser. 

Ils ont même réussi à retrouver le pick-up rouge du principal suspect. Mais ce dernier est mort il y a vingt ans et les preuves comme l'ADN sont difficilement exploitables vingt-cinq après les faits. 

La force de ce documentaire, c'est forcément les paroles de la mère de Morgan, mais également le témoignage de la mère de Jacob Wetterling, un autre enfant, enlevé en octobre 1989 dans le Minnesota. Les deux femmes sont devenues amies. Son fils a été enlevé devant son plus jeune frère et un ami, un soir alors qu'ils revenaient à vélo du loueur de vidéos. 

Ce qui marque aussi dans ce documentaire c'est le dévouement des policiers, ils sont nombreux entre la police locale, d'état et le FBI, mais tous veulent retrouver les enfants. Et ils vont y arriver pour Jacob. J'ai été très émue à la fin lorsque la mère de Morgan témoigne après avoir appris la fin tragique de Jacob. Car leurs mamans voulaient croire que leurs enfants étaient encore en vie. Et même, comme elle le dit, si uniquement 2% des enfants enlevés par des inconnus sont retrouvés vivants, il en existe. Elle cite Jaycee Duggard, retrouvée 18 ans plus tard, Shawn Horbeck également. 

J'ai encore en tête en écrivant ces mots les paroles de ces deux mamans, l'une ayant retrouvé son enfant (d'une certaine manière) et l'autre la cherchant encore. 

Un documentaire réalisé par Ridley Scott - très bien réalisé, avec intelligence et subtilité. Une pensée pour tous ceux et celles qui cherchent encore leur enfant. Une pensée pour Colleen. 






28 février 2019

My addictions of the week




Mes drogues télévisuelles 

Le temps a été si formidable que j'ai passé peu de temps devant mon petit écran mais j'ai néanmoins réussi à dévorer une série documentaire diffusée sur Netflix : The Innocent Man, produite par John Grisham et j'ai aussi beaucoup aimé le téléfilm sur Marie Besnard, L'empoisonneuse de Loudun.

John Grisham, l'auteur à succès, raconte la manière dont il s'est intéressé à un fait divers en 2004 et en a fait son seul essai, The Innocent Man (traduit en français sous le titre : L'Accusé). Je n'ai pas lu le livre du coup j'ignorais tout de la vie de Ron Williamson - cet homme s'est retrouvé à cinq jours de son exécution lorsqu'une organisation, The Innocence Project, a déposé un ultime recours. Ron sera finalement innocenté.
Mais revenons au documentaire : nous sommes à Ada, en Oklahoma, une petite bourgade rurale où étrangement un lynchage anonyme il y a plus de cent ans aura mené à une immense réforme de la justice américaine. Cent ans plus tard, en 1982, une jeune femme Debbie Carter est brutalement violée et assassinée chez elle. La ville est sous le choc et le procureur veut une arrestation. Et Ron Williamson est le coupable parfait. Ancien joueur de base-ball, mais une blessure mit fin à sa carrière. De retour à Ada, il plonge dans la drogue et l'alcool et développe une maladie mentale. Il est arrêté avec Dennis Fritz, un homme sans histoire, dont l'épouse a été brutalement assassinée, le laissant seul avec sa petite fille. Le procès est expédié. A l'époque, l'ADN n'existe pas et on se base sur des cheveux retrouvés dans l'appartement de la victime. Les deux hommes crient à l'erreur judiciaire mais rien n'y fait. Ron écope de la peine capitale et Dennis de l'emprisonnement à vie.

Debbie Carter
Il faut dire que les enquêteurs sont depuis peu occupés à traquer les assassins de Denice Haraway. La jeune femme travaillait dans une station service de nuit, lorsqu'un soir un client arrivant l'a vue partir avec deux hommes. Son corps sera retrouvé longtemps plus tard.
La police du comté arrête deux hommes, Thomas Ward et Karl Fontenot - si le premier ressemble au portrait robot, le second absolument pas. Et Karl Fontenot est attardé mental. Qu'importe, après des heures de garde à vue (non filmées), les deux hommes avouent le crime devant une caméra. Ils l'ont violée à tour de rôle et l'ont poignardé à mort. Et tous deux se souviennent bizarrement très bien du chemisier à petites fleurs qu'elle portait.

Netflix suit chaque évènement, chaque procès et chaque découverte - elle donne la parole aux parents des victimes, j'avoue que j'ai beaucoup aimé la maman de Debbie, elle est d'une générosité incroyable malgré tout ce qu'elle a du vivre. Sa fille venait de quitter le domicile familial deux mois auparavant. Elle l'adorait. Ce qui est génial dans ce documentaire, c'est de voir non seulement les erreurs dans l'enquête (la police a dissimulé toutes sortes de preuves disculpant Ron et Dennis) mais aussi la ville d'Ada et ses habitants aujourd'hui. Si vous aimez les romans noirs, si vous vous intéressez à l'autre Amérique, celle des blancs pauvres, alors il est fait pour vous.  Le documentaire se suit comme une fiction, la photographie, le montage, le générique - tout y est.

Karl Fontenot et Tommy Ward avouant le crime

Je ne vous raconte pas la suite, j'ai juste découvert John Grisham dont je connais l'adaptation de certains livres et qui possède une vraie voix de cinéma et j'ai appris qu'il était membre de l'Innonence Project  qui est à l'origine de la remise en liberté de nombreux innocents, de prison ou du couloir de la mort. Un travail formidable. M'étant vivement intéressée à la peine capitale aux USA quand j'étais étudiante, je découvre que rien n'a changé depuis hélas. Je ne juge pas, nous avons eu Outreau, ne l'oublions pas. J'ai une pensée pour les victimes et pour ces hommes, en particulier Ron Williamson.

* * *

Sinon, j'ai regardé par hasard le téléfilm en deux parties sur l'affaire Marie Besnard avec dans le rôle principal, Muriel Robin. Le tournage date de 2006 et si j'en avais entendu parler à l'époque, je n'y avais pas porté grande attention. Du coup, non seulement j'ai découvert Muriel Robin dans un rôle à contre-courant et j'ai surtout découvert Marie Besnard. Surnommée l'empoisonneuse de Loudun, elle a été jugée à trois reprises pour l'assassinat de douze personnes mais a été innocentée. L'affaire avait passionné les médias à l'époque, en décembre 1949. Elle se terminera par un troisième et final procès en 1961. Marie est inculpée pour le meurtre en 1949 et est libérée en 1954 dans l'attente d'un nouveau procès.



On l'accuse d'avoir empoisonné à l'arsenic douze personnes, dont son propre mari Léon, sa mère, son premier époux Auguste (pourtant à la santé fragile toute sa vie), des membres de la famille de Léon, une amie et des locataires. Marie hérite en partie de ses décès mais la femme, économe, et douée en affaire fait des jaloux depuis longtemps. L'entreprise de son époux marche bien. D'un milieu modeste, Marie a connu une véritable ascension sociale en l'épousant. Ils n'ont pas d'enfant car Marie a du être opérée il y a des années. La femme est pieuse et reçoit, comme de nombreux habitants de Loudun, les lettres d'un corbeau. Marie est veuve pour la deuxième fois.

Alors,  lorsque l'une de ses anciennes locataires déclare que Léon a dit que sa femme avait versé quelque chose dans sa soupe alors qu'il se meurt, la rumeur enfle et son corps est exhumé. On va trouver de l'arsenic dans le sien puis dans les douze corps de proches décédés.
A l'époque, les tests ne sont pas fiables et sont très souvent mal menés. Les corps ont été mal enterrés et l'eau a pénétré les cercueils. De plus, pendant la guerre le cimetière a été transformé en potager et le gardien a utilisé de l'arsenic comme pesticide. Enfin, le zinc des cercueils en contenait. J'ai découvert que la presse entière s'était déplacée et que son procès a été suivi comme une feuilleton. Marie était revêche et n'a jamais avoué, mais son attitude a décontenancé tout le monde et le doute persiste toujours. Ainsi, son deuxième procès ne l'innocente pas et il faudra un troisième jury pour faire pencher le doute en sa faveur. Le téléfilm est bien réalisé, la jeune journaliste m'a particulièrement énervé dans la seconde partie mais j'ai aimé la réponse de Marie à son endroit.  Restera ainsi dans les annales, cette phrase célèbre du psychiatre qui l'a rencontrée pour le procès en cours d'Assises en 1954 : "Marie Besnard est normale, tellement normale qu'elle est anormalement normale". 

Bonne fin de semaine !

09 octobre 2018

Mamacita



En allant rejoindre une de mes meilleures amies à Zürich, j'ai appris qu'elle participait à la 14ème édition du Zürich Film Festival et elle m'a invité à voir plusieurs films. J'ai jeté mon dévolu sur un documentaire mexicain, consacré à Mamacita.

Mais qui est donc Mamacita ? 

20 novembre 2017

My addictions of the week




Au menu : Joan Didion (docu sur Netflix), Asa Butterfield, Thirteen, Broadchurch, x+y, Nick Robinson, Everything, everything, Florence Foresti, le monde de Nathan ...


Mes drogues télévisuelles

J'ai évidemment dévoré le documentaire tourné par Griffin Dunne (producteur et neveu de Joan Didion) consacré à la célèbre journaliste. J'ai réalisé que j'avais déjà beaucoup lu sur elle et donc j'ai eu plaisir à la découvrir en compagnie de son neveu et à l'écouter. Griffin a choisi de diviser le documentaire en chapitres, tous portant les titres de ses écrits, qu'ils soient sur ses publications professionnelles pour les plus grand magazines ou qu'ils soient plus personnels comme ceux consacrés à son époux ( puis à sa fille unique, touts deux décédés.

Joan Didion confirme toute l'admiration que je lui porte dans ce documentaire. Fragile comme un oiseau tombé du nid, elle confie ses difficultés - ainsi on découvre qu'elle ne souhaitait pas écrire de livre sur la mort de sa fille, mais son meilleur ami l'a persuadé du contraire. Et Blue Nights fut très difficile à écrire, contrairement à celui écrit sur la mort de son mari (mort brutale alors que sa fille était malade depuis un an). Ses mains tremblent et elle n'a jamais été aussi frêle, j'avais envie de la prendre dans mes bras. J'aime son regard sur la vie, les difficultés mais aussi son amour pour les choses. Son regard. Je suis vraiment reconnaissante pour ce documentaire car Joan Didion est finalement très discrète. Elle le dit : tout le monde passera par cette étape (le deuil d'un être cher) aussi elle souhaite que ce ne soit pas tabou. 
Mais tout ce qu'elle écrit est formidable, que ce soit sur sa passion pour le système du réseau des eaux ou pour la ville de Los Angeles. Une grande dame. 

N'hésitez pas à aller à sa rencontre en regardant ce documentaire disponible sur Netflix, même si vous n'avez pas lu son oeuvre. 
Si vous voulez en savoir plus, voici les liens sur trois billets que je lui ai consacrés : 
- The white album (essais rédigés pour la presse)
- Le bleu de la nuit (Blue Nights, livre consacré à sa fille)
- L'année de la pensée magique (The Year of the Magical Thinking, consacré à son époux)

Mon avis : 

Sinon, j'ai regardé le dernier épisode de Broadchurch - j'ai adoré cette saison et le fait que les auteurs parlent du viol, et enquêtent dessus avec la même rage que pour un meurtre. Généralement, les viols, excepté pour la série américaine New York SVU ne sont jamais évoqués dans les enquêtes. Ici, ils donnent la parole aux victimes et expliquent le tsunami que cette agression provoque. 
J'ai eu un petit pincement au coeur lorsque j'ai vu la dernière scène. J'ai tellement aimé les personnages principaux et leur relation. 

France 2 diffuse désormais une autre série britannique, Thirteen

Je n'en avais jamais entendu parler mais voici la présentation officielle : Ivy Moxam (Jodie Comer), une jeune femme de 26 ans parvient  à s'échapper de la cave qui a été sa prison pendant les treize dernières années. Elle retrouve sa famille et doit aider la police à identifier le ravisseur qui l'a séquestré avant qu'il ne récidive. Ivy devient alors le témoin clé de l'enquête mais peut-on lui faire confiance ? 

Je dois être honnête : la série m'inspire peu, je ne suis pas fan de ce genre d'histoires. Peut-être parce que j'ai vu The Room que je n'ai pas aimé et que j'ai vu le documentaire de Natacha Kempusch et j'espère que la série ne lui porte pas préjudice.  Mais les critiques sont excellentes, donc pourquoi pas ? 

Sinon, je continue de suivre les enquêtes de Vera, surnommée "Mussolini", je suis certaine de passer une excellente soirée en sa compagnie. 


Mes drogues cinématographiques 

Sinon, au retour de Guadeloupe, j'ai regardé deux films (l'avion étai très récent et l'image d'excellente qualité) en v.o - j'avais vu des images du premier et j'ignorais tout du second. 



J'ai également regardé le spectacle de Florence Foresti "Madame" et j'ai adoré ! J'ai beaucoup ri et j'ai trouvé son regard sur les femmes très pertinent. Et au vu des évènements ces derniers jours, avec cette parole libérée grâce aux témoignages de plusieurs femmes et une prise de conscience sur les agressions,  je trouve que son spectacle a encore plus de force, alors qu'il date de trois ans déjà.  J'ai eu plusieurs fous rires (sur la poupée gonflable entre autres), et j'aime le fait qu'elle n'épargne personne tout en rappelant la stupidité de nos comportements. 



X+Y, Le Monde de Nathan
Nathan (Asa Butterfield) est un jeune prodige en mathématiques, que son professeur anticonformiste, Mr Humphreys (Rafe Spall) a pris sous son aile car le jeune adolescent souffre de troubles autistiques. Il refuse toute sorte de manifestation d'affection, même venant de sa mère (Sally Hawkins) ; une vraie souffrance pour elle. Nathan avait une relation unique et très forte avec son père, le seul qui pouvait le toucher et le faire rire mais alors qu'ils étaient en voiture, un camion est venu les percuter et son père est mort sous ses yeux. 
Le génie de Nathan lui vaut d'intégrer l'équipe britannique qui va participer aux prochaines Olympiades internationales de Mathématiques, qui ont lieu cette année à Taipei. Malgré ses craintes, Nathan accepte de s'embarquer dans cette aventure avec d'autres jeunes surdoués. Certains ont aussi des problèmes. A son arrivée, Nathan se voit attribuer un guide, une des jeunes filles de l'équipe chinoise, Zhang Mei (Jo Yang). Peu à peu, Nathan, très nerveux, accepte de se laisser porter et lorsque la jeune fille lui fait visiter la ville, Nathan finit par apprécier cette compagnie féminine qui ose lui prendre la main sans le lui demander. De son côté, en son absence, sa mère fait connaissance avec le professeur de son fils qui a vu sa carrière prometteuse de génie des maths stoppée brutalement par la maladie. 



Quelle jolie surprise que ce film ! Tout en douceur, il nous permet de découvrir le monde à travers le le regard d'un jeune garçon dont les émotions, toujours repoussées dans un coin de sa tête, vont finir par percer la carapace. J'ai adoré le personnage de Zhang Mei qui tombe amoureuse de Nathan et ne voit que des qualités dans sa différence. Et ici, pas de guimauve - Nathan doit faire ses preuves, les autres adolescents ne sont pas toujours compréhensifs. 

Les acteurs sont tous formidables, j'adore Sally Hawkins dont la fragilité est très touchante. Je l'ai déjà vue dans d'autres films mais ici elle vole la vedette. Un film intelligent, drôle et émouvant. Un très bon moment et disponible sur Air Caraïbes (en v.o ou en vf). 

Mon avis : 

Everything, everything

Une bluette adolescente me direz-vous et vous n'avez pas tort ! Mais parfois, c'est amusant de regarder ces films-là (à défaut de lire de la Young Lit). 

Maddy (Amanda Stenberg) va fêter ses 18 ans. La jeune femme mène une vie extraordinaire. Elle est en effet confiné à l'intérieur de chez elle, souffrant d'une maladie rare génétique (elle n'a aucun système de défense immunitaire). Sa mère, un médecin, a conçu un logement adapté et Maddy a des amis un peu partout dans le monde via Internet et compte sur la visite quotidienne de l'infirmière, devenue sa confidente. Son père et son frère sont décédés brutalement alors que Maddy était une petite fille. Mais un jour, de nouveaux voisins s'installent et Maddy aperçoit Olly (Nick Robinson). Les deux jeunes gens se plaisent et lorsqu'il la salue à plusieurs reprises, il comprend qu'elle ne peut pas sortir. Ils commencent alors à discuter via des SMS.  Le jeune homme souffre du comportement violent de son père, alcoolique. Les deux jeunes gens en ont marre de ne communiquer que par moyen interposé aussi Maddy réfléchit à un stratagème. Un évènement inattendu va précipiter les choses ...

L'histoire est très simple, et assez prévisible (sauf un des dénouements que je n'ai pas vu venir) - c'est bien une bluette mais j'avoue que j'ai été emballée par le jeu des acteurs et ravie de voir une relation interraciale (toujours rare même dans les films pour ados). Je ne connaissais aucun des acteurs et ce fut rafraichissant. Enfin, j'ai été vraiment surprise par la photographie et le choix des stylistes, et du responsable du décor. Un style épuré, des vêtements qui font penser à Courrège, ce film est un vrai plaisir pour les yeux ! J'ai été étonné par le style très moderne. 



Un petit ovni dans le cinéma que je n'aurais pas découvert si je n'avais pas voyagé à bord d'Air Caraïbes (ce billet n'est pas sponsorisé, malheureusement !). Je ne connais pas non plus le livre de Nicola Yoon dont le film est une adaptation. 

Mon avis : 

17 avril 2017

My addictions of the week



Hâte de fêter Pâques avec mon neveu et d'aller à la recherche d'oeufs dans le jardin. Joyeuse fêtes à tous ! surtout aux amoureux comme moi de chocolat .... 

Mes addictions télévisuelles

Elles sont presque nulles en ce moment - car le beau temps m'attire irrésistiblement et je passe le plus clair de mon temps à l'extérieur à profiter du bon air ou à lire. 

Je passe aussi pas mal de temps sur Internet - toujours à lire des trucs sur les livres, le monde des livres et je délaisse donc mes blogs. Mille excuses.  J'ai quand même aussi une bonne raison de moins fréquenter le petit écran : l'arrêt de mes deux séries.



En premier, The Good Wife qui prend fin ce soir.  J'avoue, j'ai essayé de me préparer depuis le début de la diffusion de cette dernière saison, mais je sais que mon petit coeur va battre en disant au revoir à Alicia, Cary et les autres. Pas tous cependant, car en voyant Christine Baranski à la télévision l'autre jour, parlant de The Good Fight, la série dérivée où elle reprend le rôle de Diane Lockhart - je me suis dit que finalement tout ne sera pas complètement terminé. En espérant que ce spin off fonctionne. Mais je suis plutôt optimiste puisqu'elle a dit que c'était les mêmes auteurs et on y retrouve plusieurs acteurs des saisons précédentes.  Et surtout j'ai adoré la première scène diffusée lors du talk-show, lorsqu'elle découvre que c'est cet idiot de Trump qui a remporté l'élection. A voir et revoir !

En second, Homeland - bon, je savais bien qu'il était impossible pour Quinn de redevenir l'homme qu'il était mais j'avoue que sa mort m'a quand même fichu un grand coup. La série n'a pas dit son dernier mot - je crois que Claire Danes a signé pour deux autres saisons. On verra bien ! 

Endeavour (le jeune inspecteur Morse) n'aura fait qu'un petit tour sur France 3. Que reste-t-il ? J'avoue qu'en hiver, j'aurais envie de regarder de nouvelles séries bien au chaud mais à présent, je préfère être sur ma terrasse à profiter d'un bon livre et du chant des oiseaux. 

Oh, j'ai failli oublier, il me reste quand même ma série du samedi matin, du petit déjeuner : The Big Bang Theory - dix ans déjà et toujours aussi drôle. Et j'ai gardé de côté une mini série islandaise diffusée il y a peu sur Arte et je fais confiance à cette chaîne pour voir d'autres pépites nordiques. J'ai aussi conservé sur mon disque dur la série Norskov que j'avais adorée lors de sa diffusion et que je compte regarder à nouveau cet été.  

Je ne regarde presque plus de films mais je suis toujours accro aux documentaires et en particulier ceux qui s'intéressent à l'histoire ou à des enquêtes non élucidées. C'est ainsi que j'ai trouvé celui-ci sur Netflix : A dark Overture (Shadow of truth).


En décembre 2006, le cadavre de Tair Rada, une collégienne de 13 ans est découvert dans les toilettes de son école. La population de cette petite ville prend peur et une pression énorme s'abat sur la police de la ville. Très vite, un suspect est arrêté. Il s'appelle Roman Zadorov, Ukrainien d'origine, celui-ci est venu s'installer en Israël où il travaille comme carreleur. L'homme parle très mal hébreu et la police l'interroge nuit et jour. J'ignore comment ça se passe en Israël mais sa garde à vue excède les 48 heures, je crois qu'il passe près d'une semaine entre les mains de la police. L'homme finit par avouer le crime. La jeune fille a été assassinée de plusieurs coups de couteau, l'arme était un couteau à dents or lorsqu'il avoue, il parle d'un couteau suisse. Tous les interrogatoires et la reconstitution sont filmés et diffusés dans cette mini série de 4 épisodes. On le voit qui se trompe d'étage, ignore la position du corps de la jeune femme, ignore qu'elle a été poignardée à nouveau après sa mort. 

Le plus étrange pour moi étant l'absence totale d'ADN ou de traces de sang sur ses vêtements, or les images montrant la cabine de toilettes est imparable : le sang a giclé absolument partout. Et surtout, on trouve l'empreinte d'une chaussure qui montre que l'assassin a fermé la porte de l'intérieur puis a grimpé sur le siège, puis la chasse d'eau et enfin a posé sa chaussure ensanglantée sur la cloison pour sortir. Les chaussures de Roman ne portaient aucune trace de sang. Et pourtant Roman est condamné à la prison à perpétuité, l'appel puis la cassation le condamnent à nouveau. Malgré la participation d'experts mondiaux pour démontrer que toutes leurs preuves sont fausses. Un panel de trois juges suffit à envoyer quelqu'un en prison à vie dans ce pays-là. Un jury composé de civils comme en France aurait pu douter de sa culpabilité et fait surprenant ce sont les mêmes juges qui dirigent l'appel ! Et ce qui m'a marqué, c'est le courage de la mère de Tair qui a choisi de ne pas faire confiance à la police et a appelé un détective privé. Depuis elle se bat pour la réouverture de l'enquête, étant aussi persuadée que ce n'est pas le meurtrier qui croupit en prison depuis dix ans. 


Ces faits très troublants poussent ses avocats et la population à se mobiliser. Roman devait enfin obtenir la nationalité israélienne la semaine du meurtre et surtout il fêtait la naissance de son premier enfant, pourquoi assassiner une collégienne ? L'aveu ? Il suffit de voir la vingtaine d'interrogatoires, les menaces (ils lui disent avoir trouvé du sang sur ses affaires), l'utilisation d'un faux codétenu pour lui faire avouer, j'avoue que la police israélienne est effrayante ! Bref, un réseau est créé sur Facebook et plus de 200 000 israéliens le rejoignent. Très vite, on soupçonne les autres élèves du collège. 

Malheureusement, ses anciennes amies sont prises pour cibles à leur tour sur les réseaux sociaux et reçoivent des centaines de messages haineux. Elles ont l'occasion à travers cette série de montrer leur innocence. C'est alors qu'un jeune homme prend leur défense sur Facebook et avoue qu'il sait depuis le départ qui a tué Tair. Et là, je ne dis plus rien mais il m'arrive parfois de lire des résumés d'enquêtes policières créées de toutes parts par des romanciers, et là j'avoue que même Stephen King n'aurait pas pu y penser .. je vous dis juste qu'elle rêve de se déshabiller et de se glisser dans le trou béant d'un être humain, après l'avoir dépecé de ses entrailles et qu'une louve vit dans son ventre...

Un documentaire extrêmement bien réalisé, maîtrisé de bout en bout qui fait toujours honneur à la victime, respecte sa famille tout en démontant toute l'accusation et en montrant à quel point la police de Kratzhin s'est jetée sur le premier suspect et n'a jamais voulu admettre ses torts. A voir !

Mon avis : 


Et puis, j'ai déjà un cadeau de Noël (à défaut d'avoir mes chocolats) avec la diffusion du teaser The Last Jedi de la série Star Wars ! Et comme l'an dernier, on aura l'occasion de le voir dès le mercredi 13 décembre pendant que nos amis américains attendront patiemment (les sorties étant le vendredi là-bas)




Mes drogues littéraires

Je dois toujours trouver un moyen de reparler livres par ici - depuis que j'ai mon autre blog dédié entièrement à cette passion, je néglige celui-ci. Je voulais juste dire que je viens de finir ma lecture du roman The Underground Railroad de Colson Whitehead  - qui, surprise, a remporté le Prix Pulitzer pendant ma lecture. Et il le mérite entièrement ! J'imagine qu'il est en cours de traduction, ou déjà traduit ? 
Je ne le trouve pas dans les "à paraître". L'auteur a déjà publié plusieurs romans dont certains ont déjà été traduits. Je vais m'empresser de les pister. 

Son roman raconte le destin de Cora, esclave d'une plantation de coton en Georgie à la fin du 19ème siècle. L'auteur dresse un portrait glaçant de l'Amérique à cette époque.  L'auteur a fait des recherches importantes et en suivant ces esclaves en fuite, il rappelle à quel point l'homme blanc se sentait menacé par ces milliers d'hommes et femmes africains, qu'ils maintenaient dans l'ignorance afin de ne pas risquer un soulèvement. Mais il rend également hommage à ces hommes ou femmes, anonymes, blancs ou noirs, qui ont oeuvré pour aider ces personnes à fuir vers le nord. Un superbe ouvrage ! Si vous lisez l'anglais, n'hésitez pas à vous le procurer. 

L'auteur avoue que, pendant la rédaction de son roman, il écoutait en boucle David Bowie, mais aussi The Misfits, Purple Rain de Prince et Daydream Nation de Sonic Youth. A ce sujet, je viens de me rappeler que j'ai vu un superbe documentaire sur Arte sur Prince il y a une semaine et j'ai adoré ! Merci Arte. Et ça ne fait jamais de mal de revoir ce sale de gosse de 25 ans chanter cette immense chanson !




Bonne semaine à tous !

21 octobre 2016

My addictions of the week



Je suis un peu à la ramasse ces jours-ci, préférant passer mon temps le nez fourré dans les livres ou au ciné. 

Mes drogues télévisuelles

J'étais quand même devant Netflix pour regarder le documentaire consacré à Amanda Knox. Son nom est peut-être inconnu pour une grande partie du public français mais elle a fait la une de nombreux journaux lorsqu’elle a été accusée, avec son petit ami, du meurtre de sa colocataire, Meredith Kercher à Pérouse en Italie en novembre 2007.

« Soit je suis une psychopathe déguisée en agneau, soit je suis vous », dit Amanda Knox en regardant la caméra

A l'époque, Amanda Knox avait 19 ans et quittait pour la première fois les États-Unis pour passer un semestre en Italie dans le cadre d'un programme d'échanges avec son université. La jeune femme partageait alors une petite maison dans les hauteurs de la ville avec une étudiante britannique, Meredith. Les deux jeunes femmes s'entendaient bien même si elles ne sont pas devenues meilleures amies. Meredith était plutôt discrète, introvertie alors qu'Amanda était, pour beaucoup, l'image typique de l'étudiante américaine : délurée et fêtarde. La jeune femme trouve vite un petit boulot dans un bar de la ville, tenue par un certain Patrick. Cinq jours avant le drame, elle croise le chemin d'un étudiant italien timide, Raffaele Sollecito. Entre eux c'est le coup de foudre, les deux tourtereaux sont inséparables et elle passe ses nuits chez lui. Un matin, en rentrant chez elle pour se doucher et se changer, elle réalise que quelque chose ne va pas : la porte d'entrée est ouverte et elle trouve des traces de sang dans la salle de bains. C'est après s'être douchée qu'elle voit que les toilettes sont sales. Inquiète, elle appelle son petit ami à l'aide. La porte de Meredith est fermée à clé. Ils appellent la police. Celle-ci découvrira le corps dénudé et lacéré de coups de couteau de la jeune étudiante britannique. A Pérouse, l'annonce du meurtre fait le tour de la ville. Les caméras sont rapidement là et on aperçoit le couple se conforter dans le jardin, tandis que la police scientifique s'affaire dans la maison. 

Après deux ans d'incarcération, le procès a lieu : Amanda et Raffaele sont condamnés pour le meurtre de Meredith à 26 et 30 ans de prison. Les deux jeunes gens crient leur innocence.

J'ai suivi l'affaire depuis le début, un peu par hasard. Une victime britannique, une meurtrière américaine, une petite ville italienne - tous les ingrédients dont raffolent les médias. Amanda sera condamnée, fera appel, sera libérée puis de nouveau condamnée .. Une tierce personne sera condamnée. Je ne raconte pas toute l'histoire mais le comportement plus ou moins étrange de la jeune femme aura été un facteur déterminant dans sa condamnation et l'emballement de la police locale, qui sous la pression médiatique et du gouvernement italien mènera une enquête ultra rapide et bâclée. 


Le documentaire m'aura permis de découvrir beaucoup de faits cachés par les médias et de changer ma position sur ce fait divers. Car j'ai longtemps cru à la culpabilité de la jeune femme. Celle-ci témoigne longuement dans le documentaire, comme son petit ami de l'époque (il le fut pendant seulement cinq jours). On la voit, 8 ans après les faits, raconter son calvaire et surtout mieux expliquer son comportement à l'époque des faits. Amanda a l'air totalement impassible, elle passe son temps à bécoter son petit ami et lorsqu'ils sont emmenés dans le commissariat, certains policiers témoigneront qu'elle s'amusait avec lui et a même fait plusieurs fois la roue dans le couloir .. Très vite, elle devient la suspecte principale pour les enquêteurs. Un jeu sexuel qui aurait mal tourné. Son nom sur son compte MySpace "Foxy Knoxy" fait les choux gras de la presse à sensation. J'avoue que ces éléments avaient joué dans mon raisonnement.

Et puis les preuves ADN parle : on trouve un peu de son ADN sur un couteau de cuisine. Ce dernier, qui contient aussi l'ADN de Meredith a été retrouvé dans l'appartement de Raffaele. Amanda et lui affirment avoir passé la nuit ensemble, elle a regardé Amélie Poulain. Son monde s'écroule.

Le documentaire est passionnant. La jeune femme vit à présent à Seattle. Après plusieurs années passées en prison, à penser au suicide, elle reprend peu à peu goût à la vie. Elle a mûri.
Reste l'image fugace de Meredith, filmée par Amanda - une très belle jeune femme sauvagement assassinée.

Mon avis :


J'avoue que côté télévision, c'est un peu la dèche en ce moment. Je me rabats sur de vieux épisodes de New York Law & Order mais la bonne nouvelle du jour ? Le retour ce soir sur Arte des enquêtes de DCI Banks. 
Une troisième saison donc pour notre flic un peu bourru, et flanqué dorénavant, pas de une mais de deux coéquipières puisque Annie Cabbot revient de congé maternité. Appartement leurs liens se resserrent encore plus dans le privé mais au boulot, notre detective chief inspector s'appuie sur la stricte Helen Morton. J'ai lu que les deux femmes vont être en légère compétition et que cela va énerver notre Banks, qui est déjà suffisamment susceptible ! 

La première enquête concerne l'enlèvement d'un enfant : un couple de travailleurs sociaux s'est présenté au domicile d'une certaine Katy Heath qui les a laissés emmener son fils Kyle avant de réaliser qu'ils ne sont pas ce qu'ils prétendre être ..   Hâte de voir ça !

Côté ciné, avant d'y retourner ce week-end, je voulais vous parler d'un film que je voulais voir au cinéma mais que j'ai finalement regardé sur mon petit écran :



On y suit l'ascension de l'Everest par une dizaine de passionnés, accompagnés de leur guide, Rob Hall (Jason Clarke) et de ses coéquipiers.  Nous sommes au tout début des années 90. Rob Hall, passionné par la montagne, a décidé de monter une entreprise de guides à l'Everest - le succès de l'ascension est telle que les entreprises ont fleuri, comme celle de Scott Fischer (Jake Gyllenhaal). Résultat : il fait très beau en mai, et plus d'une centaine de personnes attendent de pouvoir gravir le flanc de la montagne. Les guides se réunissent : Rob trouve qu'ils sont trop nombreux avec leurs clients, et vont se piétiner mais les autres refusent de modifier leurs dates de départ, fortement liées à la météo. Car l'Everest est très sensible aux changements climatiques violents. Rob a prévu une arrivée le 11 mai prochain. Il en échange avec son équipe qui l'attend au camp de base, particulièrement Helen (Emily Watson), mais également Andy (Martin Henderson) et une deuxième équipe qui grimpe par une autre façade, menée par Guy (Sam Worthington). Il échange quelques rares coups de fil avec son épouse Jan (Kiera Knightley), restée au pays car enceinte de 8 mois. Leurs échanges téléphoniques (via un téléphonique satellite) sont restreints car très chers.
Ses clients sont tous des passionnés de montagne, parmi eux : Beck Weathers (Josh Brolin), un Texan un peu moins expérimenté mais qui aime le risque, au grand dam de son épouse Peach (Robin Wright), Doug Hansen (John Hawkes), un homme qui en est à sa troisième tentative - Rob lui a fait une fleur en lui faisant payer moins cher son ascension, il est sponsorisé par une classe de primaire. Il y a également une jeune femme japonaise, Yasuko Namba, qui a déjà gravi 6 des 7 sommets - le dernier, c'est l'Everest. Enfin, Rob a réussi à ravir à ses concurrents éminemment journaliste John Krakauer (Michael Kelly). 

Les premiers jours, aucun souci. L'ambiance est au beau fixe, comme la météo - un ciel bleu dégagé. Certains ont évidement du mal à s'habituer à la diminution de l'oxygène et l'arrêt dans les camps de base intermédiaires sont les bienvenus. Ils y retrouvent les autres équipes dont Scott qui aime faire la fête, boire et se promener à moitié nu. L'ascension continue quand les choses se gâtent .. certains tombent malades, et c'est une poignée d'entre eux qui finiront par gagner le sommet. Mais la redescente sera terrible. 



Que dire ? C'est une histoire vraie. Et c'est très éprouvant mais passionnant ! Tous les acteurs (et quelle brochette) sont fantastiques. Difficile parfois d'identifier les personnages en pleine tempête mais suivre ces expéditions est une vraie leçon pour l'homme. Cette histoire nous rappelle que l'Everest, malgré sa popularité, reste comme tout sommet (pareil dans les Alpes) un lieu très dangereux ou aucun faux pas n'est toléré. La nature domine, majestueuse. Magnifique. 

Mon avis :

Sinon, je vais normalement aller voir Captain Fantastic ce week-end et j'attends avec impatience la sortie de Snowden

Bon week-end à tous !