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21 octobre 2016

My addictions of the week



Je suis un peu à la ramasse ces jours-ci, préférant passer mon temps le nez fourré dans les livres ou au ciné. 

Mes drogues télévisuelles

J'étais quand même devant Netflix pour regarder le documentaire consacré à Amanda Knox. Son nom est peut-être inconnu pour une grande partie du public français mais elle a fait la une de nombreux journaux lorsqu’elle a été accusée, avec son petit ami, du meurtre de sa colocataire, Meredith Kercher à Pérouse en Italie en novembre 2007.

« Soit je suis une psychopathe déguisée en agneau, soit je suis vous », dit Amanda Knox en regardant la caméra

A l'époque, Amanda Knox avait 19 ans et quittait pour la première fois les États-Unis pour passer un semestre en Italie dans le cadre d'un programme d'échanges avec son université. La jeune femme partageait alors une petite maison dans les hauteurs de la ville avec une étudiante britannique, Meredith. Les deux jeunes femmes s'entendaient bien même si elles ne sont pas devenues meilleures amies. Meredith était plutôt discrète, introvertie alors qu'Amanda était, pour beaucoup, l'image typique de l'étudiante américaine : délurée et fêtarde. La jeune femme trouve vite un petit boulot dans un bar de la ville, tenue par un certain Patrick. Cinq jours avant le drame, elle croise le chemin d'un étudiant italien timide, Raffaele Sollecito. Entre eux c'est le coup de foudre, les deux tourtereaux sont inséparables et elle passe ses nuits chez lui. Un matin, en rentrant chez elle pour se doucher et se changer, elle réalise que quelque chose ne va pas : la porte d'entrée est ouverte et elle trouve des traces de sang dans la salle de bains. C'est après s'être douchée qu'elle voit que les toilettes sont sales. Inquiète, elle appelle son petit ami à l'aide. La porte de Meredith est fermée à clé. Ils appellent la police. Celle-ci découvrira le corps dénudé et lacéré de coups de couteau de la jeune étudiante britannique. A Pérouse, l'annonce du meurtre fait le tour de la ville. Les caméras sont rapidement là et on aperçoit le couple se conforter dans le jardin, tandis que la police scientifique s'affaire dans la maison. 

Après deux ans d'incarcération, le procès a lieu : Amanda et Raffaele sont condamnés pour le meurtre de Meredith à 26 et 30 ans de prison. Les deux jeunes gens crient leur innocence.

J'ai suivi l'affaire depuis le début, un peu par hasard. Une victime britannique, une meurtrière américaine, une petite ville italienne - tous les ingrédients dont raffolent les médias. Amanda sera condamnée, fera appel, sera libérée puis de nouveau condamnée .. Une tierce personne sera condamnée. Je ne raconte pas toute l'histoire mais le comportement plus ou moins étrange de la jeune femme aura été un facteur déterminant dans sa condamnation et l'emballement de la police locale, qui sous la pression médiatique et du gouvernement italien mènera une enquête ultra rapide et bâclée. 


Le documentaire m'aura permis de découvrir beaucoup de faits cachés par les médias et de changer ma position sur ce fait divers. Car j'ai longtemps cru à la culpabilité de la jeune femme. Celle-ci témoigne longuement dans le documentaire, comme son petit ami de l'époque (il le fut pendant seulement cinq jours). On la voit, 8 ans après les faits, raconter son calvaire et surtout mieux expliquer son comportement à l'époque des faits. Amanda a l'air totalement impassible, elle passe son temps à bécoter son petit ami et lorsqu'ils sont emmenés dans le commissariat, certains policiers témoigneront qu'elle s'amusait avec lui et a même fait plusieurs fois la roue dans le couloir .. Très vite, elle devient la suspecte principale pour les enquêteurs. Un jeu sexuel qui aurait mal tourné. Son nom sur son compte MySpace "Foxy Knoxy" fait les choux gras de la presse à sensation. J'avoue que ces éléments avaient joué dans mon raisonnement.

Et puis les preuves ADN parle : on trouve un peu de son ADN sur un couteau de cuisine. Ce dernier, qui contient aussi l'ADN de Meredith a été retrouvé dans l'appartement de Raffaele. Amanda et lui affirment avoir passé la nuit ensemble, elle a regardé Amélie Poulain. Son monde s'écroule.

Le documentaire est passionnant. La jeune femme vit à présent à Seattle. Après plusieurs années passées en prison, à penser au suicide, elle reprend peu à peu goût à la vie. Elle a mûri.
Reste l'image fugace de Meredith, filmée par Amanda - une très belle jeune femme sauvagement assassinée.

Mon avis :


J'avoue que côté télévision, c'est un peu la dèche en ce moment. Je me rabats sur de vieux épisodes de New York Law & Order mais la bonne nouvelle du jour ? Le retour ce soir sur Arte des enquêtes de DCI Banks. 
Une troisième saison donc pour notre flic un peu bourru, et flanqué dorénavant, pas de une mais de deux coéquipières puisque Annie Cabbot revient de congé maternité. Appartement leurs liens se resserrent encore plus dans le privé mais au boulot, notre detective chief inspector s'appuie sur la stricte Helen Morton. J'ai lu que les deux femmes vont être en légère compétition et que cela va énerver notre Banks, qui est déjà suffisamment susceptible ! 

La première enquête concerne l'enlèvement d'un enfant : un couple de travailleurs sociaux s'est présenté au domicile d'une certaine Katy Heath qui les a laissés emmener son fils Kyle avant de réaliser qu'ils ne sont pas ce qu'ils prétendre être ..   Hâte de voir ça !

Côté ciné, avant d'y retourner ce week-end, je voulais vous parler d'un film que je voulais voir au cinéma mais que j'ai finalement regardé sur mon petit écran :



On y suit l'ascension de l'Everest par une dizaine de passionnés, accompagnés de leur guide, Rob Hall (Jason Clarke) et de ses coéquipiers.  Nous sommes au tout début des années 90. Rob Hall, passionné par la montagne, a décidé de monter une entreprise de guides à l'Everest - le succès de l'ascension est telle que les entreprises ont fleuri, comme celle de Scott Fischer (Jake Gyllenhaal). Résultat : il fait très beau en mai, et plus d'une centaine de personnes attendent de pouvoir gravir le flanc de la montagne. Les guides se réunissent : Rob trouve qu'ils sont trop nombreux avec leurs clients, et vont se piétiner mais les autres refusent de modifier leurs dates de départ, fortement liées à la météo. Car l'Everest est très sensible aux changements climatiques violents. Rob a prévu une arrivée le 11 mai prochain. Il en échange avec son équipe qui l'attend au camp de base, particulièrement Helen (Emily Watson), mais également Andy (Martin Henderson) et une deuxième équipe qui grimpe par une autre façade, menée par Guy (Sam Worthington). Il échange quelques rares coups de fil avec son épouse Jan (Kiera Knightley), restée au pays car enceinte de 8 mois. Leurs échanges téléphoniques (via un téléphonique satellite) sont restreints car très chers.
Ses clients sont tous des passionnés de montagne, parmi eux : Beck Weathers (Josh Brolin), un Texan un peu moins expérimenté mais qui aime le risque, au grand dam de son épouse Peach (Robin Wright), Doug Hansen (John Hawkes), un homme qui en est à sa troisième tentative - Rob lui a fait une fleur en lui faisant payer moins cher son ascension, il est sponsorisé par une classe de primaire. Il y a également une jeune femme japonaise, Yasuko Namba, qui a déjà gravi 6 des 7 sommets - le dernier, c'est l'Everest. Enfin, Rob a réussi à ravir à ses concurrents éminemment journaliste John Krakauer (Michael Kelly). 

Les premiers jours, aucun souci. L'ambiance est au beau fixe, comme la météo - un ciel bleu dégagé. Certains ont évidement du mal à s'habituer à la diminution de l'oxygène et l'arrêt dans les camps de base intermédiaires sont les bienvenus. Ils y retrouvent les autres équipes dont Scott qui aime faire la fête, boire et se promener à moitié nu. L'ascension continue quand les choses se gâtent .. certains tombent malades, et c'est une poignée d'entre eux qui finiront par gagner le sommet. Mais la redescente sera terrible. 



Que dire ? C'est une histoire vraie. Et c'est très éprouvant mais passionnant ! Tous les acteurs (et quelle brochette) sont fantastiques. Difficile parfois d'identifier les personnages en pleine tempête mais suivre ces expéditions est une vraie leçon pour l'homme. Cette histoire nous rappelle que l'Everest, malgré sa popularité, reste comme tout sommet (pareil dans les Alpes) un lieu très dangereux ou aucun faux pas n'est toléré. La nature domine, majestueuse. Magnifique. 

Mon avis :

Sinon, je vais normalement aller voir Captain Fantastic ce week-end et j'attends avec impatience la sortie de Snowden

Bon week-end à tous !

15 mai 2015

Laggies (Girls Only)

Hop ! Du retour du ciné, où je suis allée voir Girls Only (Laggies en vo). A l'aube de ses trente printemps, Megan (Keira Knightley) est toujours en couple avec son petit ami du lycée et fréquente encore ses trois meilleures amies de l'époque. Mais contrairement à celles-ci, l'une déjà mariée et enceinte, l'autre à la vielle de son mariage, la vie de Megan semble stagner.  La jeune femme, doublement diplômée se cherche toujours. Elle n'a toujours pas de vrai job et préfère passer ses journées sur le canapé à regarder la télé. Le réveil, brutal, vient lorsque son petit ami lui propose de l'épouser et qu'elle découvre le même soir son père en délicate situation. Megan prend alors ses jambes à son cou et fait par hasard la connaissance d'Annika (Chloë Grace Moretz), 16 ans et de ses amis (Misty, Patrick et Junior).

Retombant avec joie dans l'adolescence, Megan vient habiter chez Annika et partage avec elle sa vie de lycéenne.  Jusqu'au jour où elle rencontre le père d'Annika (Sam Rockwell)...

J'avoue sans détour que je m'attendais à voir une comédie américaine typique (on rit pas mal mais c'est tout) et que je me suis entièrement trompée ! Et quelle joie de s'être trompée à ce point. La scénariste dresse ici un portrait très juste, non seulement des jeunes femmes d'aujourd'hui (30 ans) mais aussi des adolescents. Ici pas de caricature de l'adolescent américain ou de la jeune femme à qui tout réussit. Ici ce sont des gens de chair et d'os un peu perdus et qui se raccrochent à d'autres âmes perdues.


Tous les personnages sont extrêmement attachants - ils ont ce point commun de se chercher encore, d'essayer de trouver un sens à leur vie. Megan et Annika deviennent très proches et c'est très rapidement qu'Annika confie ses soucis, pas uniquement ceux d'une ado de seize ans (sauf peut-être sa première histoire d'amour) ainsi elle pense beaucoup à sa mère qui les a abandonnés il y a sept ans et dont elle continue de croiser le visage dans des magazines de lingerie. Son père ne s'est jamais vraiment remis de cette rupture et essaie tant bien que mal d'assumer son rôle de figure paternel. Megan est une jeune femme qui s'est laissée longtemps portée par la vie mais réalise qu'il faut un jour prendre soi-même les décisions même si cela inclut un changement de vie radical.

Chacun s'y reconnaître forcément, même les rôles secondaires sont touchants comme le père de Megan, ou Patrick (Dylan Arnold), l'ami d'Annika qui déprime, ses parents étant en plein divorce ou Misty (Kaitlyn Dever) qui apporte ici une vraie touche de fraicheur avec cette personnalité si forte.



Bref, j'ai vraiment passé un super moment en compagnie de ces adolescents pour une fois intelligents, profonds et gentils (chose rare aujourd'hui, une vraie gentillesse) et de ces adultes un peu paumés.

Evidemment, une de mes raisons de mon déplacement était la présence de Keira Knightley qui je l'avoue m'enchante à chaque apparition. Dans ce film, elle passe la moitié de son temps en pyjama et dieu que ça lui va bien ! Elle apporte ici une touche de simplicité à Megan et sait très bien interpréter tout ce chamboulement qui lui traverse la tête.

J'ai aussi remarque l'extraordinaire alchimie entre elle et Sam Rockwell - je les ai trouvés parfaits ensemble. Enfin, Chloë Grace Moretz incarne avec talent cette adolescente troublée.

Un bémol cependant, le film a été traduit "Girls only" (?) - Laggies était le nom que la scénariste Andea Siegel et ses meilleures amies de lycées s'était donné et je le préfère largement. Et l'affiche indiquant "20 ans, 30 ans, quelle importance?" ne montre ici qu'une façade de l'histoire (la partie comédie) oubliant tout le reste, qui pour moi était nettement plus important. C'est pour cela que je préfère nettement l'affiche américaine.



Une très jolie comédie douce-amère sur le passage à l'âge adulte, et sur l'amour.  A voir et à revoir !

Mon avis : 

04 février 2015

The imitation game

Lorsque je suis allée voir The Imitation Game au cinéma, j'ignorais que le titre du film venait d'une thèse mathématicienne qu'Alan Turing avait rédigée. Je connaissais le nom de ce scientifique et celui de la fameuse machine Enigma, mais j'ignorais tout du travail gigantesque qu'avait mené cet homme, dans le plus grand secret et quelle terrible chute l'attendait à la fin de la guerre. 

J'ai été ravie de retrouver au casting de ce film historique Keira Knightley, Matthew Goode, Allen Leech (Downton Abbey) et évidemment Benedict Cumberbatch, acteur devenu incontournable de nos jours.

Le film est construit sensiblement de la même manière que la majorité des films aujourd'hui : une scène d'ouverture, ici une salle d'interrogatoire où Alan Turing (Cumberbatch) raconte au policier les années 39-45 pendant lesquelles il a mystérieusement "disparu".

L'Allemagne a déclaré la guerre à l'Angleterre. L'armée, aidée du MI6 décide de recruter secrètement les meilleurs scientifiques pour une mission très particulière : réussir à décoder la fameuse machine Enigma, monstre créé par les allemands, qui leur permet de communiquer les positions de leurs navires ou bombardiers et celles de leurs ennemis à travers le monde sans être inquiétés. Personne à ce jour n'a réussi à percer son secret. 

Alan Turing, professeur d'université et mathématicien reconnu est contacté par l'Armée et accepte cette mission comme un challenge personnel. Turing est surpris de devoir intégrer une équipe déjà formée et dirigée par Hugh (Matthew Goode) un champion d'échecs, très fort en calcul mental. Il s'isole rapidement. Très vite, les travaux de ces scientifiques se heurtent à Enigma. Car chaque jour à minuit, toutes leurs recherches sont avortées et ils doivent repartir de zéro, la machine recréant de nouveaux codes. L'armée allemande continue ses attaques sous-marines contre les destroyers anglais et l'armée britannique ne peut rien faire. 
 


Les probabilités sont telles que Turing se lance seul dans la création du premier ordinateur, une machine capable de déjouer Enigma en diminuant les probabilités (ne me demandez pas d'expliquer, j'ai compris en y assistant mais maintenant....). Très vite, Turing s'est détaché des autres. Il est clair qu'aujourd'hui on soupçonnerait chez ce génie associal une forme d'autisme Asperger. Il n'arrive pas à "décoder" ses congénères, la scène où l'un des scientifiques l'invite à déjeuner est très parlante. Il prend tout au premier degré. 

Le général, peu satisfait des échecs à répétition de l'équipe pense tout arrêter au bout de deux ans. La machine créée par Turing n'est pas terminée quand le général menace de la détruire. Turing va alors contacter Churchill, via le MI6. Nommé chef de l'équipe, il vire deux des linguistes et décide de recruter à sa manière

Cette partie-là du film m'a vraiment plu, je vous laisse allez voir sa méthode de recrutement. Il choisit au final Joan Clark (Keira Knightley), une jeune femme timide, mais mathématicienne très douée et un autre jeune homme. Cette jeune femme va se rapprocher de Turing et lui permettre non seulement d'intégrer l'équipe et surtout de les amener à travailler avec lui sur cette drôle de machine. Les années passent, l'armée allemande continue ses bombardements et des millions de civils et de militaires perdent la vie. Le temps presse....

Parallèlement, le spectateur suit une partie de l'enfance de Turing, dans un pensionnat anglais. Le jeune homme est le souffre-douleur de ses camarades mais se trouve un ami en la personne de Christopher. Ce dernier le prend sous son aile et lui explique que sa "différence" peut être un plus et non un mal. Alan Turing développe alors pour son ami des sentiments très forts  ....

Car, si vous l'ignoriez, Alan Turing était homosexuel - un crime à l'époque. Son orientation sexuelle sera à l'origine de sa terrible déchéance et de son décès. La boucle est bouclée, le spectateur retrouve Alan dans cette petite salle d'interrogatoire, face à ce policier qui vient de l'arrêter.

Alan Turing a été finalement gracié par la Reine d'Angleterre en 2013 - un hommage posthume arrivé bien tard pour rendre à cet homme les honneurs qu'il aurait du recevoir. Sa fin tragique est émouvante, il est mort à l'âge de 41 ans, dans le plus grand secret,  en croquant une pomme remplie de cyanure. 

Le film est réalisé sobrement, mais de manière intelligente et le suspense est là. Sachez que l'histoire ne se termine pas lorsque les scientifiques réussissent - le film est didactique et explique les choix cruciaux qui ont du être pris à cette époque.




De même, le film ne cache pas que la politique d'enfermement ou de castration chimique à l'encontre des homosexuels avait concerné plus de 68 000 personnes en Angleterre à cette époque. 

Un dernier mot sur les acteurs : ce fut un plaisir de les voir jouer. J'adore les films historiques et plus particulièrement basés sur cette époque. Il est clair que Benedict Cumbertbatch mérite sa nomination aux Oscars. 

Contrairement à Eddie Redmayne qui a interprété un Stephen Hawking tout en gestes, tics et mouvements (mais de manière époustouflante), Cumberbatch est tout le temps dans la retenue. Son personnage, à la limite de l'autisme, intériorise ses peurs, ses sentiments. Son jeu est très subtil. 

Keira Knightley est toujours aussi éblouissante tout en restant totalement simple, et quel plaisir de retrouver Matthew Goode à l'écran. J'adore cet acteur. 

Je n'ai pas pu m'empêcher de repenser à ces hommes et femmes qui ont menti à leurs proches pendant la guerre (pas uniquement cette équipe, mais une centaine de civils qui décodaient ou enregistraient les échanges en morse) en disant qu'ils travaillaient dans une usine de fabrication de radios. Un véritable hommage à tous ces anonymes qui n'ont jamais été remerciés pour leurs services rendus à la nation.

En effet, il aura fallu attendre 50 ans pour que les archives déclassifient ces dossiers secrets.

Un film à la facture classique mais qu'il convient de voir. 

Mon avis : 
 

20 janvier 2015

My addictions of the week


Mon corps est malade (rhume, angine, maux de ventre et de tête), bref, celle que j'ai surnommé "La crève" est venue me dire bonjour, et apparemment il fait bon vivre chez moi puisqu'elle s'est installée mercredi dernier. Est-ce le contrecoup de ces derniers jours ? La vente d'anti dépresseurs a explosé et on a tous du mal à retrouver notre quotidien, parfois trop routinier, mais finalement très rassurant. Je m'accorde dorénavant des soirées "sans info" car j'ai besoin de me retrouver. 

La maladie aidant, j'ai donc passé le plus clair de mon temps ce week-end entre mon canapé et mon lit, en compagnie d'un ou deux livres, de magazines, de mon Macbook Air et de mon iPad et enfin de la télécommande, sans oublier ma petite saucisse et les deux matous. Finalement, cela m'aura permis de rattraper mon retard sur une partie des films diffusés sur Canal + que j'avais loupés au cinéma (6 films) et de profiter du retour de certaines séries (Banshee) en attendant House of Cards ou Secrets and Lies ... 

Au menu : Banshee, les poupées russes, Philomena, Strain, La lettre à HelgaThe Americans, Audrey Tautou, Tower Block, Jack Ryan, Yves Saint-Laurent, Secrets and Lies, Romain Duris, Jack O'Connell, The food guide to love, Keira Knightley, A moi le monde, etc.


08 août 2014

Begin again (Melody in New York)

Je suis allée voir ce film à sa sortie, j'écris donc ce billet quelque temps après. En cherchant les images, je me remémore peu à peu cette belle histoire, touchante et émouvante, mais aussi joyeuse. 
 
Je ne vais cependant pas consacrer un long billet à ce film car ce n'est pas pour moi le film de l'année même si j'ai passé un très joli moment. En plus j'adore les acteurs principaux, Keira Knightley et Mark Ruffalo - j'y ajoute un troisième : la ville de New York - filmée ici loin des images habituelles (Broadway, Central Park), la ville ici est comme nos héros, un peu perdue, désanchantée mais dont le coeur vibre toujours. 
 
Le spectateur suit le personnage de Gretta (Knightley), jeune artiste anglaise qui suit son amoureux Dave (Adam Levine) faire carrière aux USA. Invités en grande pompe par la maison de production de Dave, les deux lovebirds découvrent New York main dans la main, la vie est belle. Le croit-on. Car c'est une autre Gretta que l'on découvre en premier, dans un bar, un soir, qui monte sur scène chanter une de ses chansons, totalement désemparée. Dans le public, Dan (Ruffalo), passablement éméché, producteur de musique, il vient d'être viré de sa propre boite lorsqu'il entend la douce voix de Gretta. Celle-ci passe sa dernière nuit à NY, après que son petit ami, dont le single fait sensation l'a quitté pour une autre.  Le film commence sur leur rencontre, puis remonte dans le temps en se concentrant sur nos deux héros et revient au présent.
 
Ces deux êtres se croisent donc à un moment de leur vie où ils sont le plus fragilisés mais c'est la magie de la musique qui opère sur eux. Dan décide de produire l'album de Gretta et celle-ci accepte soudainement de ne plus être la parolière discrète de son ex. 
 
Je n'en dis pas plus, mais sachez que Keira Knightley chante et chante même bien dans ce film. Si je ne suis pas fan du tout de sa musique, il n'en reste pas moins que sa voix est jolie et que la musique accompagne cette belle histoire. Si le titre français joue sur la musique (mélodie), le titre original, Begin again traduit plus le sens de l'histoire : recommencer à zéro, repartir. D'ailleurs l'affiche le dit bien "you're only as strong as your next move".
 
 
 
J'ai beaucoup aimé la manière dont le réalisateur a su filmer les acteurs et la Grosse Pomme. Mais également lorsque l'on voit Dave et Gretta créer de la musique ensemble en Angleterre. J'avoue que je suis toujours impressionnée de voir des gens s'asseoir, gratter quelques accords à la guitare ou pianoter quelques notes, puis griffonner des paroles et soudainement une chanson apparaît. Un instant magique. 
 
Tous les personnages secondaires sont excellents et je voulais vraiment apporter une mention spéciale à Adam Levine (Marroon Five) qui joue le fameux petit ami de Gretta. Honnêtement, moi qui ne connais que le chanteur (dont je ne suis pas fan) j'ai été épatée par son interprétation juste et sans faute. Sa voix aiguë m'impressionne toujours autant. 
 
L'idée originale du film est de suivre l'enregistrement de l'album qui va se faire un peu partout à New York - la ville ici est vivante et apporte une véritable touche de fraicheur au film. J'ai eu très envie d'y retourner. 
 
 
J'étais aussi contente de retrouver Mark Ruffalo après l'avoir vu plus sombre dans The Normal Heart. Le rôle du type désabusé lui va comme un gant. Et évidemment, j'ai beaucoup aimé retrouver l'actrice anglaise, Keira Knightley dans un ce rôle. J'ai vu quelques interviews d'elle depuis où elle avoue n'avoir jamais chanté auparavant et le résultat est plutôt convaincant. J'aime sa simplicité, très loin des stars hollywoodiennes.
 
Le film n'est ni révolutionnaire, ni culte mais il a ce petit truc qui vous donne envie de chanter à votre tour, de regarder la vie plus légèrement et vous fait oublier pendant quelques heures vos tracas quotidiens.  Un film honnête sans chichis.
 
J'ai donc passé un joli moment, plein de tendresse, drôle et où les personnages sont extrêmement proches de la réalité et nous entraine dans une jolie ballade. 
 
Mon avis :  ()
 
 

15 décembre 2012

Anna Karénine

Combien de fois le cinéma adaptera-t-il le roman de Léon Tolstoï ? Je l'ignore, j'avais vu celle avec Sophie Marceau (et Sean Bean dans le rôle du Comte Vronski), je n'en avais pas gardé un souvenir mémorable. J'avoue que lorsque j'ai découvert le casting, et le choix du jeune acteur anglais Aaaron Taylor-Johnson pour interpréter le séduisant comte russe qui fera tourner la tête à Anna Karénine, j'ai eu de gros doutes.

Mais le nom du réalisateur et ceux des autres acteurs ont eu le dessus. J'avoue que j'avais surtout vu des photos ou lu des articles sur les costumes que portent Keira Knigthley, et j'ignorais notamment le choix cinématograhique du réalisateur, qui nous emporte - il n'y pas d'autres mots - dans un tourbillon de neige, d'illuminations, de musique, de scènes de bals. Joe Wright a trouvé ici un formidable outil pour servir son imagination : la Russie Impériale de 1876.

La première partie du film m'a quelque peu déroutée, je l'avoue. J'ignorais ce choix si osé du réalisateur, de faire danser les personnages et le tout mené tambour battant par un Matthew McFadyen métamorphosé. L'histoire d'Anna devient une pièce de théâtre, tour à tour les décors changent, le spectateur est ainsi porté d'une scène à l'autre, un train miniature devient la locomotive qui emmène Anna vers son destin. Cet enchaînement de saynètes m'a vraiment troublé au départ, comme l'omniprésence de la musique. Mais fort heureusement, l'histoire prend le dessus sur la mise en scène, ce qui est essentiel à mes yeux.

Certains auront pensé au Moulin Rouge, mais ici les personnages ne chantent pas (j'avoue ne pas être fan des comédies musicales, exception faite de West Side Story et Grease).


Dans le train qui l'emmène vers son frère, Stiva Oblonski, la belle Anna, dont la séparation avec son jeune fils, Serioja lui est difficile, fait connaissance de la Comtesse Vronski et à leur arrivée à Moscou, elle croise pour la première, son fils, le comte Aliosha Vronski (Taylor-Johnson). Celui-ci, un courtisan de jeunes femmes de bonnes familles, a volé le cœur de la nièce d'Anna, Kitty. Cette dernière vient de rejeter la déclaration d'amour de Levin. Au bal qui doit officialiser les fiançailles de Vronski avec Kitty, celui-ci lui préfère Anna. Poursuivie par ce prétendant fou amoureux, elle finira par lui céder...

Si le film est fidèle au roman en suivant la passion destructrice d'Anna pour Vronski, il l'est encore plus à Tolstoï en filmant la fin d'un autre monde, celle de la Russie impériale, celle des Tsars. Immenses propriétaires terriens, les nobles sentent monter une sourde révolte, celle des communistes comme le frère de Levin. La fin d'un monde. J'ai aussi aimé le choix du réalisateur de consacrer l'histoire d'amour, un amour pur, de Levin pour la jeune Kitty - un amour sain en opposition à cet amour destructeur dont Anna est victime.

Anna est l'épouse d'un homme plus âgé, cérébral et orgueilleux. Cet homme distant, intellectuel, calculateur est brillamment interprété par un Jude Law, méconnaissable. Je lisais un article où l'acteur savourait le fait de n'être plus "le beau gosse" et je confirme. Presque chauve, affublé de lunettes rondes et d'une barbe, il ne fait plus rêver. Quant à Aaron Taylor-Johnson, j'avais aperçu une photo de lui avec cette coupe de cheveux improbable dans un magazine et cela m'avait vraiment effrayé à l'époque. Mais Joe Wright a réussi son pari, le Comte Vronski est bien séduisant, même si pour moi, il fait un peu trop jeune et trop propre sur lui (sans doute le costume blanc). J'avoue que son visage m'a parfois sembler trop impassible pour exprimer toute sa douleur. Mais les scènes de passion sont réussies.

J'avoue aussi que j'ai toujours accordé au personnage de Vronski énormément d'importance, comme pour Darcy dans Orgueils et Préjugés, et que peu d'acteurs ont réussi à endosser ce rôle. Je dois admettre que le jeune acteur anglais s'en sort plutôt pas mal.


Keira Knightley
interprète une Anna Karénine dévorée par sa passion qui sombre peu à peu dans la folie pour finir par se jeter sous un train. Comme je l'ai déjà dit, je l'ai aimée dans ses autres rôles, force est d'avouer cependant qu'elle a une gestuelle (des tics) qui ne disparait pas lorsqu'elle interprète un rôle. Mais j'aime sa capacité à irradier de beauté un instant, puis devenir sombre et terne la suivante, sans se soucier une seconde de son physique.


J'ai adoré retrouver Matthew McFadyen, méconnaissable dans le rôle de Stiva, coureur de jupons indomptable. Il a grossi, son visage est tellement différent - je ne l'ai reconnu au tout début que par sa voix. Les voir, assis ensemble dans le carrosse - j'ai alors pensé à la joie des acteurs de se retrouver sept ans après Orgueils et Préjugés. Sa prestation est éblouissante même si pour ma part je préfère m'en souvenir comme du beau Darcy ;)

Enfin, un mot pour les deux jeunes révélations du film : Domnhall Gleeson (Levin) et Alicia Vikander (Kitty), ils sont tous les deux parfait et magnifiques dans la campagne russe. Le premier est un acteur qui ne laissera pas indifférent les amoureux des roux (comme moi) et la deuxième nous prouve que la Suède regorge de jeunes talents.

Après avoir vu récemment l'adaptation de Thérèse Desqueyroux (avec Audrey Tautou), je réalise que ces romans évoquaient en leur temps les droits de la femme, et particulièrement leur droit d'aimer librement - malheureusement la société les teniat enfermées dans des cages, qu'elle soient dorées ou non. Ces deux femmes partageaient en elles cette terrible sensation d'étouffement. Les deux condamnées à choisir entre leur liberté ou leurs enfants.

Au final, j'ai été emportée dans cette Russie impériale et par ces histoires d'amour, et entendre les chants russes, entendre à nouveau ces diminutifs magnifiques : Serioja, Alyosha, Sasha... quel plaisir ! Moi qui ai étudié le russe pendant tant d'années, je n'ai pas laissé une miette.

Je ne mettrai pas cinq étoiles, parce que je ne suis pas sensible comme d'autres à ce genre de films - je sais aujourd'hui que je leur préfère des réalisations plus sobres, mais force est d'avouer que Joe Wright a réussi un tour de génie avec ses multiples saynètes.

Mon coup de coeur :


30 décembre 2011

A dangerous method


Je suis allée voir la semaine dernière A dangerous Method pour satisfaire ma curiosité naturelle. J’avais lu de bonnes et mauvaises critiques du film (deux magazines distincts proposaient deux avis internes diamétralement opposés sur le film) et j’aime lorsque que les avis sont si partagés. Et puis c’est un film de Cronenberg avec une belle brochette d’acteurs : Viggo Mortensen, Michael Fassbender, Keira Knightley et Vincent Cassel.

Je suis ravie d’être ressortie du cinéma après avoir eu le sentiment de passer un bon moment. Je ne me suis pas ennuyée une seconde (le thème de l’histoire peut en effet repousser pas mal de spectateurs) et j’ai été frappée par l'acuité des décors. L’histoire raconte les débuts de la "psycho-analyse" (futur psychanalyse) et la rencontre de deux sommités : Sigmund Freud (Vienne) et Carl Jung (Zurich) à travers l’étude d’un cas d’hystérie soigné avec cette nouvelle méthode, la patiente de Jung : Sabina Spelrein (Keira Knightley).


Carl Jung (Fassbender), médecin dans une maison de repos (sorte de centre de soins psychiatriques) est passionné par la méthode de psycho-analyse développée par Freud (Mortensen) qu’il n’a jamais rencontré mais qu’il considère comme son maitre à penser. Lorsqu’il croise la route de Sabina Spelrein, jeune femme hystérique, il décide d’appliquer la méthode prônée par le Viennois. Il lui explique ainsi qu’il va s’asseoir derrière elle, et qu’elle pourra librement se confier, parler de tout sans tabou (sexualité, etc.). La jeune femme est incapable de maitriser son corps lorsqu’elle tente de s’exprimer, victime de spasmes violents (au niveau de la mâchoire entre autres). Une réelle confiance s’installe et elle finit par libérer sa parole et lui avouer ses secrets : elle éprouvait du plaisir lorsqu’enfant, son père, un homme violent la punissait par des fessées. La thérapie fonctionne si bien que peu à peu, Sabina retrouve le contrôle, et décide d’étudier à son tour la psychanalyse. Carl Jung, si heureux de voir la méthode marcher, part à la rencontre de son maitre à Vienne.


Freud est déjà un homme influent, proéminent, sûr de lui et qui voit en Jung une sorte de fils spirituel. Les deux hommes deviennent très proches et échangent de nombreux courriers. Freud envoie alors à Zurich un de ses condisciples malade en demandant à son ami suisse de continuer l’analyse. Ce collègue (Vincent Cassel) défend l’idée que l’homme doit au contraire suivre ses pulsions et ses désirs et les satisfaire pour s’en libérer. Il incite Jung à faire de même. Celui-ci est clairement attiré par la jeune Sabina, qui lui a déclaré sa flamme. Jung cède, une liaison adultérine commence, dans laquelle les deux héros laissent leurs désirs pervers apparaître. Lorsqu’il se rend compte de son erreur et qu’il rompt, Sabina est folle de rage. Je ne vous dirais pas tout mais on assiste ensuite à la lente séparation de Jung et Freud, qui à travers une correspondance passionnante au départ finiront par se déchirer.

Jung a en effet remis en cause certains principes de base de la psychanalyse, qui selon Freud ne se fond que sur la sexualité. Jung et Spelrein, qui étudie dorénavant la psychanalyse à l’université de Zurich, vont développer peu à peu une autre méthode, en incluant des principes auxquels Freud se refuse d'entre au départ (le concept de la pulsion de mort, la religion, etc.), leur correspondance témoignent de leurs échanges vifs et passionnés. Freud acceptera sa théorie sur la pulsion destructive et sadique et l’inclura à ses travaux.


J’ai apprécié que le film ne soit pas trop compliqué, Cronenberg s'est attaché principalement à montrer la relation entre ces deux génies et l'aventure extraordinaire de la psychanalyse. Sa méthode révolutionnaire a permis aux personnes diagnostiquées folles ou hystériques de pouvoir guérir en libérant leur parole. Même si j'avoue que personnellement l'idée d'aller m'asseoir et raconter mes pulsions à un inconnu me paraît assez étrange. 

Les acteurs sont tous formidables, décidément Vincent Cassel ne cesse de me surprendre. En jouant cet homme obsédé par le sexe, il exprime une nouvelle facette de son talent.  Fassbender interprète cet homme admiratif de Freud, qui refusant d'être une simple marionnette aux mains de son maître va repousser plus loin la psychanalyse, tout en étant conscient de ses propres faiblesses. J'avoue que j'ai été moins marquée par sa prestation.

Viggo Mortensen est  méconnaissable dans le rôle de Freud, un homme froid, distant mais tellement intelligent. Cet acteur est vraiment l'un des meilleurs de sa génération. Enfin, la reconstitution de cette période charnière est magnifique. Les décors sont incroyables. J’avoue avoir été bluffée par le travail de ces hommes de l’ombre, on a vraiment l’impression d’avoir remonté le temps. Il suffit de regarder la photo où ils s'embrassent, on se croirait dans un tableau de Renoir. Tout y fait avec minutie et dans le détail, et le spectateur est transporté dans cette ère historique où le monde est prêt de basculer dans la guerre (Jung le sent).

Keira Knightley avait un rôle assez étrange, celui d'une jeune femme hystérique qui va guérir et étudier à son tour la psychanalyse. Certaines critiques l'ont trouvée peu convaincante, mais il me paraît difficile d'interpréter une femme qui lorsqu'elle tente d'exprimer ses idées, a son corps qui se tord de douleur. J'aime cette actrice, donc je suis sans doute peu objective, mais je trouve qu'elle joue bien, j'aime son interprétation de cette femme dont on a assiste à la guérison. La véritable Sabina Spelrein aura un destin tragique, juive russe, elle retournera dans son pays et y sera plus tard assassinée par les Nazis en 1942.

Certaines critiques négatives y ont vu un film poussif, redondant, donneur de leçon ou trop compliqué à suivre (lorsque que les trois personnages échangent sur la psychanalyse), j’y ai vu au contraire une aventure intellectuelle où aucun autre homme n’est encore allé : dans le subconscient et l'inconscient de l'être humain. Aujourd'hui cette idée fait encore débat.

J'ignore si ce billet vous aura donné envie. Bonnes fêtes de fin d'année !