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20 juin 2014

Miséricorde et Profanation, 2 romans policiers de Jussi Adler-Olsen

Je voulais écrire un billet sur le deuxième volet des aventures de Carl Mørck et Hafez el Assad du Département V de la police danoise, j'ai donc recherché mon précédent billet sur le premier volet "Miséricorde" - et je ne l'ai jamais trouvé, car je ne l'ai jamais écrit ;-) 

Pourtant, je me souviens bien avoir lu le livre signé Jussi Adler-Olsen très rapidement pendant l'été 2013, et avoir beaucoup aimé le style et l'histoire. J'ai donc attendu que sorte en format Poche le second volet, Profanation pour retrouver les deux personnages principaux de ces enquêtes policières scandinaves.  Je vous livre ici mon avis sur ces deux livres, sachez que le troisième volet vient de sortir, intitulé Délivrance, mais il n'est disponible qu'en broché, ça attendra l'année prochaine (à moins que je ne l'emprunte à la bibliothèque).


Prix du meilleur polar scandinave, Miséricorde réussit à accrocher le lecteur presque immédiatement (ce fut mon cas). Le premier chapitre met en scène Merete Lyyngaard une femme politique, détenue prisonnière dans une cage depuis cinq longues années, puis l'auteur danois présente les deux principaux personnages : Carl Mørck, un flic mal aimé, dont une tragédie professionnelle a compromis son avenir (un de ses collègues est mort et l'autre est tétraplégique) qui doit apprendre à travailler avec un assistant petit, bourru, Hafez el Assa, d'origine syrienne au sien de la nouvelle unité chargé d'enquêter sur les affaires classées, les fameuses "cold case". Les deux hommes devront apprendre à travailler ensemble, accepter d'être relégués au sous-sol du Département V, ils vont réussir l'improbable... 

Le rythme est là, l'humour est présent, et on s'attache facilement aux deux personnages principaux - même si on peut trouver la prose académique, on se laisse facilement porter par l'histoire. A noter que j'ai préféré l'accroche de ce livre (une femme disparue depuis cinq ans) au suivant - mais j'ai toujours tendance à préférer le premier volet (que ce soit littéraire ou cinématographique). 

Le deuxième volet des aventures de Carl et Hafez prend place plusieurs mois après la résolution de la première affaire. Les deux hommes sont toujours au sous-sol, mais leur premier succès leur permet de commander des fournitures et d'agrandir leur équipe avec Rose, une assistante (ancienne élève de l'académie de police). Les deux hommes ont le privilège de pouvoir choisir leur enquête, lorsqu'un dossier sur un double meurtre, vieux de 20 ans, ressurgit comme par magie sur leur bureau. Intrigués, les policiers découvrent que l'assassin croupit en prison depuis 17 ans, après des aveux spontanés. Près à abandonner l'affaire, ils sont de nouveau mystérieusement remis sur la piste des véritables tueurs par une mystérieuse personne - ils découvrent alors que l'enquête sur l'assassinat de deux adolescents (un frère et une sœur) a été bâclée et que les principaux suspects étaient des élèves d'un lycée privé huppé. Les principaux suspects sont aujourd'hui parmi les hommes les plus puissants du Danemark. 

Ici Jussi Adler-Olsen ajoute une profondeur aux personnages et évoque allègrement les milieux de la haute-bourgeoisie et celui des affaires qui regorgent de secrets et de mensonges. L'auteur danois présente aussi une autre facette de l'assistant syrien (qui cache aussi des secrets), celui-ci prend de plus en plus de libertés et n'hésite pas à se présenter comme policier, ce qui a le don d'énerver son chef, mais on voit également le racisme auquel il doit faire face quotidiennement. Jussi-Adler livre une vision plus corrosive du Danemark - une vision sombre de la haute société. 

L'un des personnages les plus forts, Kimmie, incarne ici toute la violence qui entoure ce monde de privilégiés. 

Si je ne me suis pas ennuyée dans ce deuxième roman, l'enquête est passionnante, le rythme est soutenu - j'ai été cependant un peu rebutée par l'extrême violence des principaux suspects. Ce sont de vrais malades, assoiffés de sang comme de pouvoir, sans la moindre humanité.  Comme dans le premier volet, l'auteur ouvre sur une scène marquante, celle d'une chasse à l'homme qui forcément titille la curiosité naturelle du lecteur. 

Je tiens à préciser que je trouve le style de l'auteur plus proche des romanciers américains que des romanciers scandinaves (Arnaldur Indridason ou Henning Mankell), il manque quelque chose que je ne retrouve pas dans les romans de Jussi Adler-Olsen. 

Je lirai le troisième tome avec plaisir c'est certain, mais je peux facilement attendre leur sortie en poche. 

05 mai 2014

Le duel

Vous allez vous lasser - mais lorsque l'un de vos auteurs préférés, Arnaldur Indriðason, sort un livre, Le Duel qui une fois de plus, vous emporte, vous emballe, vous plaît tant que vous le dévorez en une journée - vous ne pouvez pas ne pas lui consacrer un billet. Arnaldur Indridason a donc recommencé. L'auteur islandais a signé un polar magistral - d'abord, parce qu'ici, contrairement à Betty, l'auteur est fidèle à ses trois obsessions : l'histoire (celle de Marion Briem), l'Histoire (la grande) et le genre policier.

Indridason a souhaité s'offrir quelques vacances loin de son personnage fétiche Erlendur, sans pour autant quitter le genre policier, ni même quitter Erlendur puisqu'il vous emmène dans les années 70 à la rencontre de Marion Briem - les addicts des enquêtes d'Erlendur connaissent ce personnage, le mentor d'Erlendur. Tout au long des enquêtes de notre héros, on le découvre vieux, malade (la tuberculose) mais qui inspire toujours autant le respect à son protégé. 

Mais revenons au duel - ce duel, c'est celui qui oppose à l'époque de la guerre froide, en 1972 les deux plus grands joueurs d'échecs au monde : Fischer pour les USA et Spassky pour l'URSS. Le duel est organisé sur l'île islandaise qui devient soudainement le centre du monde. Envahi d'espions, Briem est chargé d'enquêter sur le meurtre brutal d'un adolescent dans un cinéma.  Très vite, l'enquête va entrainer l'inspecteur Briem sur de multiples pistes dont celle de l'espionnage. 

L'enquête est comme toujours, chez le romancier islandais, rondement menée - Indridason adore y mêler l'histoire de son pays et se sert de son île natale comme la centrifugeuse de toutes les crises mondiales qui sévissent. La guerre froide, déjà évoquée à plusieurs reprises dans ses romans (comme de la présence de l'armée américaine) est au centre de l'histoire, symbolisée par le duel entre les deux joueurs d'échecs. 


Rassurez-vous, pas besoin de connaître les échecs pour suivre cette partie. Et comme à son habitude, le romancier entre dans la vie de ses personnages par la petite porte : ici la maladie de Briem, la turberculose,  qui comme les fjords qui obsèdent Erledur, accompagne l'inspecteur dans toute sa vie. J'ignorais tout de cette maladie (des opérations qui déforment les corps), des enfants envoyés loin de leurs familles, pour des mois, voire des années, soigner cette maladie et surtout l'impact de cette maladie sur l'Islande. Le pays fut apparemment victime dans les années 50 d'une véritable épidémie de tuberculose emportant de nombreuses vies, surtout celles de jeunes enfants.

Encore une histoire dans l'histoire et comme à son habitude Indridason dirige cette chorégraphie avec une main de maître. Quel plaisir de retrouver le romancier, son style épuré, chaque mot choisi avec soin - et en moins de trois heures j'avais dévoré le roman.

Pour les abonnés au magazine Lire, vous aurez lu la passionnante interview de l'auteur islandais - sa passion pour l'histoire de son pays et ce qui me passionne le plus : le processus d'écriture du romancier. Chaque mot est pesé et l'auteur rature peu - bref, il continue donc de m'impressionner. Je vous invite à lire son interview. 

Bref, vous l'aurez compris, un vrai coup de cœur !
 




12 août 2013

Un .. non deux Maigret !

Je n'aurais jamais cru lire un jour, une puis deux enquêtes du commissaire Maigret. Sans doute est-ce du au fait que je classais le commissaire français au même rang que l'inspecteur Derrick. Leurs adaptations télévisuelles ne m'ont jamais intéressées, d'abord parce que j'étais trop jeune et parce que soyons honnêtes je les trouvais profondément ennuyeuses. Je dois ce revirement en grande partie à une blogueuse française transalpine, installée à Milan. Elle nous fait partager ses lectures et entre autres son amour pour Simenon.

En effet, elle adore Georges Simenon, immense romancier belge qui a créé le commissaire Maigret il y a très longtemps, et a écrit plus d'une soixantaine d'enquêtes dont il est le héros. C'est en allant rapporter un livre (fort tard) à la bibliothèque, que j'ai trouvé deux romans, L'affaire Saint-Fiacre et L'ami d'enfance de Maigret. Les deux romans ont été écrits à des périodes très lointaines (1932 pour le premier et 1968 pour le second). 

17 août 2012

Opération Napoléon

Préparant mon séjour en Thaïlande, j'avais décidé d'emporter trois livres avec moi. Arrivée à Bangkok, j'ai découvert une des plus belles librairies anglophones de la capitale thaï, située dans la galerie du Siam Paragon, Kinokuniya. Évidemment, après avoir parcouru tous les rayons (ce qui m'a pris pas mal de temps), à admirer livres d'art, j'ai ensuite passé une bonne heure dans le rayon thriller (romans policiers) - et là évidemment difficile de ne pas craquer.

J'aurais pu repartir avec une dizaine de livres sous le bras, mais deux choses m'ont freinées : le prix, qui s'approche du prix français et ma valise qui pesait déjà une tonne. J'ai donc fait un choix, et je ne le regrette pas, car j'ai trouvé un des premiers romans de mon auteur islandais préféré: Arnaldur Indriðason, Opération Napoléon,  publié en 1999. Il a depuis été traduit en anglais mais pas encore en français. Je viens de regarder et on peut le commander (en anglais) sur Amazon. 

J'étais comme une gamine repartant avec un trésor et je l'ai lu en moins de deux jours, sur une des très belles plages thaïlandaises à l'ombre des palmiers. J'ai tout de suite reconnu la patte de l'auteur, mais ici point de détective Erlendur, même si en le lisant, j'ai soupçonné qu'il s'agissait bien de notre commissaire, à qui l'auteur avait d'ailleurs choisi de ne donner aucun nom, qui aidait l'héroïne plongée dans une histoire sordide.

Le roman se déroule sur deux périodes distinctes : 1945 et 1999.
En 1945, un bombardier allemand survole l'Islande lorsqu'ils sont frappés par une énorme tempête de neige. Incapables de se repérer, l'équipe se perd et l'avion s'écrase sur le glacier Vatnajökull (ah les noms islandais). Étrangement, l'équipage est composé d'officiers allemands et américains. Une partie de l'équipage a survécu, et l'un des officiers allemands les plus gradés décide que leur meilleure chance de survie est d'essayer d'aller chercher de l'aide. Il quitte l'avion, un attaché-case attaché au poignet. Il disparait bientôt avalé par l'épais manteau blanc.

1999. L'armée américaine mène, en plein hiver, une mission secrète sur le glacier Vatnajökull. Deux jeunes islandais croisent par pur hasard leur chemin et sont capturés. L'un d'eux a réussi à contacter sa sœur ainée, Kristin. Celle-ci, devenue soudainement une proie à abattre, va alors tout tenter pour aller sauver son frère et découvrir le mystère qui se cache dans ce glacier dont la clé est l'Opération Napoléon. Son obstination la mènera jusqu'en Argentine.

Kinokuniya - Siam Paragon - Bangkok
Je ne vais pas en dire plus, sinon que le roman est captivant et que je l'ai lu très rapidement. Écrit à l'époque, où Arnaldur Indriðason créait les premières aventures de son flic préféré, Erlendur - le romancier avait choisi de mettre en avant une jeune femme intelligente et déterminée. Le roman se présente comme un roman historique, et sociologique.

Historique car l'auteur islandais nous plonge dans l'histoire méconnue de la deuxième guerre mondiale, la guerre entre les super puissants (USA et Union Soviétique). Effrayés de voir l'Union Soviétique étendre son pouvoir sur les pays de l'Est, les États-Unis réfléchissent alors à la possibilité d'entrer en guerre avec eux, en s'alliant avec les allemands. Apparemment, ces contacts secrets entre officiers nazis et officiers américains auraient vraiment eu lieu. Depuis, le gouvernement américain aurait nié farouchement tout rapprochement. 

Sociologique car l'Islande, petite île, a alors servi de base à l'armée américaine, qui, la guerre terminée, n'est jamais repartie. Ce n'est que récemment qu'elle s'est transformée en base militaire de l'Otan, reste que des milliers de GIs sont présents en permanence sur le sol islandais. Aujourd'hui les islandais dénoncent en grande majorité cette occupation de leur territoire qu'ils jugent illégale (excepté le Gouvernement qui y voit une grande manne financière).

Arnaldur Indriðason nous invite donc à découvrir l'histoire de son pays, il l'avait déjà fait avec un autre roman paru en 2004, L'homme du Lac que j'avais beaucoup aimé. Pour moi l'un des meilleurs, aussi j'ai été ravie de découvrir un de ses premiers romans. Dans ce roman, l'enquêteur Erlendur trouve un squelette vieux de quarante ans faisant appel au passé communiste d'une partie des Islandais durant la guerre froide.

L'auteur déclare à ce propos : « Je m'intéresse aussi aux squelettes qui collent aux basques des vivants. Ce qui m'intéresse le plus, ce sont les "squelettes vivants", pourrait-on dire. Mes romans traitent de disparitions, mais ils ne traitent pas principalement de la personne qui a disparu, plus de ceux qui restent après la disparition, dans un état d'abandon. Je m'intéresse à ceux qui sont confrontés à la perte. Ce sont ces gens-là que j'appelle les "squelettes vivants" : ils sont figés dans le temps. […] J'aime beaucoup remonter le temps, et envoyer mes personnages sur les traces du passé. J'aime exhumer des événements oubliés. Le temps en tant que concept est quelque chose qui m'intéresse énormément - la manière dont le temps passe, mais aussi son influence, les conséquences de son passage sur nos vies. J'aime déceler les liens entre une époque et une autre. Évidemment, la thématique du temps est une partie très importante des histoires que je raconte, que ce soit son pouvoir destructeur ou son pouvoir de guérison qu'il peut avoir. Même si dans ', La Femme en vert', Erlendur déclare que le temps ne guérit aucune blessure. » (Passeur d'Islande, propos recueillis par Mikaël Demets pour Evene.fr).

Petite anecdote amusante sur ces fameux noms islandais, l'Islande étant un tout petit pays, les gens s'appellent uniquement par leur prénom. On le découvre en lisant les enquêtes d'Erlendur. Ainsi l'auteur est désigné par son prénom, Arnaldur. Son patronyme (qui, selon la tradition islandaise, est une simple marque de filiation ,« Fils de Indrid », pour le distinguer d'autres personnes prénommées Arnaldur) est parfois transcrit par Indridason comme dans ses livres traduits en français, alors que la traduction correcte aurait été Indridhason, le ð se prononçant comme le th dans l'anglais the.




 

15 mai 2012

La muraille de lave

J'ai fini le livre vendredi dernier, et je l'ai immédiatement prêté à ma mère, tout aussi impatiente que moi de retrouver les aventures de ces policiers islandais et l'écriture si particulière d'Arnaldur Indriðason.

Avec La Muraille de lave, Arnaldur Indriðason nous replonge dans la vie de ce commissariat, en nous emmenant suivre l'enquête de Sigurdur Oli. Pour ceux qui l'ignorent, l'inspecteur Erlendur est le personnage principal, mais il y a deux romans de cela, il a choisi de partir en expédition dans les fjords islandais et n'a plus donné de nouvelles depuis. L'auteur nous a alors invité à suivre l'enquête menée par Elinborg, la collègue d'Erlendur dans son roman La rivière noire. Alors que la jeune femme s'occupe d'une affaire de viol, Sigurdur Oli se voit confier une mission particulière par un ami d'enfance.

Petit résumé par l'éditeur :

La Muraille de lave à laquelle fait allusion le titre est une falaise de basalte au pied de laquelle des courants violents engloutissent toutes les embarcations qui s'en approchent. Tandis que Elinborg, la fine cuisinière, s'occupe d'une affaire de viol (La Rivière noire), Sigurdur Oli, le moderne formé aux États-Unis, reconnaît par hasard dans la rue l'un des témoins de l'affaire de pédophilie en partie résolue dans un autre roman, La Voix. Ce même jour, un ami lui demande d'aider un couple de cadres qui, pratiquant l'échangisme, fait l'objet d'un chantage. Troublé par ses problèmes de nouveau divorcé, Sigurdur Oli va cependant aller jusqu'au bout d'une histoire qui lui révèle la cupidité qui s'est emparée de la société islandaise avec l'expansion mondiale des modèles financiers. Commencé comme un polar classique, La Muraille de lave tisse les trames de plusieurs affaires et entraîne le lecteur dans les tourbillons de la perte de critères moraux et de l'impudeur de l'amour de l'argent. 
 
L'auteur a choisi en effet un angle assez intéressant : présenter en filigrane ce qui a mené à la crise économique islandaise à travers le regard d'un jeune policier aux méthodes américaines, fasciné par la réussite de ses anciens camarades étudiants devenus traders. Sigurdur Oli réfute tout ce qui lui rappelle qu'il est islandais. Formé en partie aux USA, il se nourrit de fast-food, de musique américaine, de séries télévisées en v.o et avoue envier la réussite économique de ses anciens camarades employés dans le monde de la finance. Mais en voulant aider un de ses amis, il va mettre le pied dans l'engrenage et découvrir bientôt le monde réel qui se cache derrière cette muraille de lave.




Arnaldur Indriðason a réussi ici à décrire les premiers signes qui ont précédé la crise économique et financière qui a frappé violemment le pays il y a quelques années. Un pays qui s'est laissé entrainer dans le délire capitaliste, un monde où l'on emprunte pour rembourser d'autres emprunts, où la cupidité de certains hommes va entrainer la chute du plus grand nombre. En contrepartie de cette réussite si facile, il va faire réapparaitre un autre personnage, déjà aperçu dans un autre roman, la Voix. Il incarne ici la déchéance sociale du pays, Drési l'enfant abusé est devenu adulte le clochard alcoolique, qui même propriétaire d'un appartement, ne vit que d'alcool et de remords, et traverse la vie au côté d'autres âmes perdues comme lui.

Sigurdur Oli, qui jusqu'ici ne supporte pas la misère humaine ou l'échec, et n'affiche que mépris pour ceux qu'il arrête, va alors prendre conscience de cette réalité et commencer à défendre le faible plutôt que de l'accabler. L'histoire se déroule au moment où sa collègue enquête sur l'affaire de viol, et où on évoque en filigrane le départ de l'inspecteur Erlendur, et l'inquiétude grandissante face à son absence prolongée.

J'étais très impatiente de retrouver mon commissariat islandais dans ce pays si singulier où la population, si petite, ne se connaît qu'à travers ses prénoms et où, malgré son statut insulaire dans la mer du Nord, il connaît aujourd'hui toutes les vicissitudes du monde moderne, ses tentations et ses failles.

Au bout de quelques pages, j'étais heureuse de retrouver le style si clair, si limpide, si épuré de l'auteur et son refus du sensationnalisme. Chacun de ses romans apporte une vision historique, politique et sociale d'un pays qui garde, encore pour moi aujourd'hui, sa part de mystère. J'ignore si l'auteur nous emmènera dans une prochaine aventure rejoindre Erlendur dans les fjords, mais nul doute que j'achèterai encore les yeux fermés son prochain roman.