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17 juillet 2017

Song to Song

Il me tardait de voir le dernier film de Terrence Malick, Song to Song.  Ce fut une longue attente car le film a été en réalité tourné en 2012. Mais le réalisateur américain a eu une besoin d'une très longue post-production où il a fini par couper au montage du beau monde et que j'adore, comme les scènes de Christian Bale ou Benecio del Toro et le groupe Arcade Fire. Triste ? Oui, mais c'est le réalisateur qui a le dernier mot.

Song to Song ne va pas vous séduire si vous n'avez déjà pas aimé ces précédents films, comme sa Palme d'Or à Cannes, Tree of Life. J'adore ce film au point de regarder très souvent la bande-annonce. Et l'auteur y est depuis toujours fidèle : il aime mettre en scène la vie. Ici, il a choisi de s'attaquer à l'amour.  Je pense que seuls les fans du réalisateur pourront aimer le film, ou alors vous êtes curieux et la magie opère sur vous ! A chaque film, l'auteur vous emmène dans une ronde étourdissante où les personnages se perdent, se retrouvent. Il y avait son film autour de la vie et de la mort, ici c'est l'amour et la rupture. 

J'avoue, moi-même avoir été quelque peu désarçonnée au début du film, le réalisateur ne se fatiguant plus en mettant en scène de manière réaliste ces personnages les premières minutes. Ici, il choisit la forme narrative : plusieurs personnages qui vont s'aimer, se quitter, se retrouver et qui partagent à voix haute leurs peurs, leurs craintes. Le personnage principal, qui crève l'écran, et unit les autres est celui de Fay (Rooney Mara). Ceux qui me suivent savent que j'adore cette actrice et ici elle démontre encore une fois l'étendue de son talent. Fay ne semble jamais avoir connu le véritable sentiment d'aimer, elle s'est perdue dans le monde factice de la musique, de ses producteurs - elle reste toujours attirée par ce producteur froid et manipulateur, interprété par Michael Fassbender. Il joue bien les méchant mais j'avoue l'avoir trouvé quand même trop réservé, trop je ne sais quoi. Il m'a manqué un truc, même si sa souffrance semble réelle (une scène dans le film). L'autre homme qui va lui faire tourner la tête et pour la première fois, ressentir ce sentiment, est joué par Ryan Gosling, un musicien qui va se faire, évidemment, avoir par le producteur. Epris de Fay, il va se donner corps et âme avant de la quitter en apprenant sa trahison.



Il va trouver refuge un temps auprès d'une femme plus âgée, sensuelle et mystérieuse. Cate Blanchett y est sublime, même si je n'ai pas particulièrement aimé ces scènes. 

Mais Malick m'aura encore séduite une nouvelle fois, en nous apprenant ici l'espoir. D'autres auraient choisi l'inverse. Malick offre toujours des scènes magnifiques, j'ai adoré les toutes premières images avec l'eau, toujours présente. L'élément de la vie et puis ces envols d'oiseaux tout au long du film. Il filme la nature, les arbres. J'ai souvent la tête en l'air, dès que j'entends un oiseau chanter, je le cherche. J'adore m'allonger sous un arbre. Et il n'y a que Malick pour réussir à retranscrire ces moments de paix et de sérénité sur grand écran. 

Rooney Mara y est si fragile et ils forment un très joli couple avec Gosling (qui se répète un peu dans le rôle du musicien honnête et indie). Contrairement à ce que j'ai pu lire ci et là, Malick n'encense pas du tout le monde prétentieux d'Hollywood - il condamne au contraire cette consommation et ce mercantilisme de la musique. La musique a toujours été un élément très important de son oeuvre et il s'amuse avec ses spectateurs lorsque Iggie Pop rigole sur cette nouvelle mode de faire apparaitre des musiciens dans les films. La musique est un élément essentiel de chacun de ses films, ses BO sont toujours à tomber par terre, et celle-ci n'échappe pas à la règle !



Et puis, autre plaisir intense de ce film, la présence tendre, rassurante de Patti Smith, sa voix chaude, son sourire - chaque instant passé à ses côtés vous réconcilie avec les artistes. Un mot aussi sur Nathalie Portman, magnifique - je ne suis pas très fan de cette actrice, mais ici elle livre une très belle prestation.  Les autres vous parleront des RHCP qui font une apparition ou de Val Kilmer ou du moins ce qu'il en reste.

Le film est comme un long travelling, il aime suivre ses personnages, caméra à l'épaule parfois. Ici, ils aiment tous danser, ils possèdent une légèreté et leurs corps s'expriment à leur place. J'ai adoré à nouveau les dernières scènes, en sachant qu'elles étaient les dernières et j'ai adoré le fait que le réalisateur laisse ici place au silence. A la nature. 

Ceux qui n'ont pas aimé Tree of Life, n'aimeront probablement pas celui-ci, certains s'ennuieront ferme, d'autres seront déroutés et ceux qui ont succombé à la magie de Terrence Malick, y retrouveront certaines émotions ressenties dans A la merveille, son autre superbe film sur l'amour. 

Enfin, je suis pratiquement sûr que l'auteur fait un clin d'oeil à ses précédents films, en rejouant le même morceau dans chacun de ses films. 

Enfin, pour ceux qui doutent, mes billets sur Les Moissons du Ciel (le moins 'abstrait"), The Tree of Life, et La ligne Rouge) et la bande-annonce de Song to Song :




Mon avis :  


2 commentaires:

  1. En général j'aime bien le cinéma de Malick sans être complètement fan...Un peu comme pour Wes Anderson.Mais je pense que ce sont deux réalisateurs qui comptent et qu'il faut suivre.

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    1. Effectivement, je préfère prévenir car ceux qui n'accrochent au côté mystique, religieux seront forcément déçus ou déroutés. Je suis fan de Malick, j'ai vu les films de Wes Anderson, j'ai bien aimé mais je n'ai pas eu le coup de coeur comme pour Malick :-)

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