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17 juillet 2017

Song to Song

Il me tardait de voir le dernier film de Terrence Malick, Song to Song.  Ce fut une longue attente car le film a été en réalité tourné en 2012. Mais le réalisateur américain a eu une besoin d'une très longue post-production où il a fini par couper au montage du beau monde et que j'adore, comme les scènes de Christian Bale ou Benecio del Toro et le groupe Arcade Fire. Triste ? Oui, mais c'est le réalisateur qui a le dernier mot.

Song to Song ne va pas vous séduire si vous n'avez déjà pas aimé ces précédents films, comme sa Palme d'Or à Cannes, Tree of Life. J'adore ce film au point de regarder très souvent la bande-annonce. Et l'auteur y est depuis toujours fidèle : il aime mettre en scène la vie. Ici, il a choisi de s'attaquer à l'amour.  Je pense que seuls les fans du réalisateur pourront aimer le film, ou alors vous êtes curieux et la magie opère sur vous ! A chaque film, l'auteur vous emmène dans une ronde étourdissante où les personnages se perdent, se retrouvent. Il y avait son film autour de la vie et de la mort, ici c'est l'amour et la rupture. 

J'avoue, moi-même avoir été quelque peu désarçonnée au début du film, le réalisateur ne se fatiguant plus en mettant en scène de manière réaliste ces personnages les premières minutes. Ici, il choisit la forme narrative : plusieurs personnages qui vont s'aimer, se quitter, se retrouver et qui partagent à voix haute leurs peurs, leurs craintes. Le personnage principal, qui crève l'écran, et unit les autres est celui de Fay (Rooney Mara). Ceux qui me suivent savent que j'adore cette actrice et ici elle démontre encore une fois l'étendue de son talent. Fay ne semble jamais avoir connu le véritable sentiment d'aimer, elle s'est perdue dans le monde factice de la musique, de ses producteurs - elle reste toujours attirée par ce producteur froid et manipulateur, interprété par Michael Fassbender. Il joue bien les méchant mais j'avoue l'avoir trouvé quand même trop réservé, trop je ne sais quoi. Il m'a manqué un truc, même si sa souffrance semble réelle (une scène dans le film). L'autre homme qui va lui faire tourner la tête et pour la première fois, ressentir ce sentiment, est joué par Ryan Gosling, un musicien qui va se faire, évidemment, avoir par le producteur. Epris de Fay, il va se donner corps et âme avant de la quitter en apprenant sa trahison.



Il va trouver refuge un temps auprès d'une femme plus âgée, sensuelle et mystérieuse. Cate Blanchett y est sublime, même si je n'ai pas particulièrement aimé ces scènes. 

Mais Malick m'aura encore séduite une nouvelle fois, en nous apprenant ici l'espoir. D'autres auraient choisi l'inverse. Malick offre toujours des scènes magnifiques, j'ai adoré les toutes premières images avec l'eau, toujours présente. L'élément de la vie et puis ces envols d'oiseaux tout au long du film. Il filme la nature, les arbres. J'ai souvent la tête en l'air, dès que j'entends un oiseau chanter, je le cherche. J'adore m'allonger sous un arbre. Et il n'y a que Malick pour réussir à retranscrire ces moments de paix et de sérénité sur grand écran. 

Rooney Mara y est si fragile et ils forment un très joli couple avec Gosling (qui se répète un peu dans le rôle du musicien honnête et indie). Contrairement à ce que j'ai pu lire ci et là, Malick n'encense pas du tout le monde prétentieux d'Hollywood - il condamne au contraire cette consommation et ce mercantilisme de la musique. La musique a toujours été un élément très important de son oeuvre et il s'amuse avec ses spectateurs lorsque Iggie Pop rigole sur cette nouvelle mode de faire apparaitre des musiciens dans les films. La musique est un élément essentiel de chacun de ses films, ses BO sont toujours à tomber par terre, et celle-ci n'échappe pas à la règle !



Et puis, autre plaisir intense de ce film, la présence tendre, rassurante de Patti Smith, sa voix chaude, son sourire - chaque instant passé à ses côtés vous réconcilie avec les artistes. Un mot aussi sur Nathalie Portman, magnifique - je ne suis pas très fan de cette actrice, mais ici elle livre une très belle prestation.  Les autres vous parleront des RHCP qui font une apparition ou de Val Kilmer ou du moins ce qu'il en reste.

Le film est comme un long travelling, il aime suivre ses personnages, caméra à l'épaule parfois. Ici, ils aiment tous danser, ils possèdent une légèreté et leurs corps s'expriment à leur place. J'ai adoré à nouveau les dernières scènes, en sachant qu'elles étaient les dernières et j'ai adoré le fait que le réalisateur laisse ici place au silence. A la nature. 

Ceux qui n'ont pas aimé Tree of Life, n'aimeront probablement pas celui-ci, certains s'ennuieront ferme, d'autres seront déroutés et ceux qui ont succombé à la magie de Terrence Malick, y retrouveront certaines émotions ressenties dans A la merveille, son autre superbe film sur l'amour. 

Enfin, je suis pratiquement sûr que l'auteur fait un clin d'oeil à ses précédents films, en rejouant le même morceau dans chacun de ses films. 

Enfin, pour ceux qui doutent, mes billets sur Les Moissons du Ciel (le moins 'abstrait"), The Tree of Life, et La ligne Rouge) et la bande-annonce de Song to Song :




Mon avis :  


23 mai 2016

X-Men Apocalype

Honnêtement, ce film n'était pas à mon programme mais ma soeur a su me convaincre d'aller le voir. Après tout, j'ai déjà vu les deux derniers volets de l'aventure des X-Men et plus particulièrement de leur histoire. Nous voilà donc embarquées avec une de ses amies dans la salle de cinéma, la plus grande, pour voir le dernier opus de la saga en vo et en 3D d'une durée de 2h20 ! 

L'amie de ma soeur a bien voulu nous rappeler la situation - après l'échec cuisant de Magneto, dix ans ont passé. Et nous voilà plongés dans les 80's ! Oui, vous ne rêvez pas ! Chez Charles-Xavier (James McAvoy), son "école" se développe bien. Les mutants ont dorénavant le droit de vivre au grand jour et peuvent même, comme les nouveaux élèves, filer faire un tour au mall.  Mais c'est encore très différent dans une grande majorité de la planète, et Raven/Mystique (Jennifer Lawrence), devenue pour tous les mutants qui doivent vivre cachés, leur héroïne, s'est donnée pour mission d'ex-filtrer de l'Union Soviétique tous ces jeunes mutants dont certains sont utilisés comme bêtes de foire. C'est ce qu'elle fait avec un jeune allemand de Berlin Est, Diablo, il est tout bleu, possède une longue queue et surtout le don de se transporter d'un endroit à un autre. 

En Egypte, l'agent de la CIA, Moira (Rose Byrne) est sur la trace d'un culte qui vénère l'un des derniers pharaons. Ah oui, ai-je oublié de vous dire qu'ici on remonte le temps dès le départ - j'avoue que le générique de début du film vaut à lui seul le détour. Une petite merveille de technologie. 
Bref, deux mille ans avant Jesus-Christ, un Pharaon peut orthodoxe régnait sans partage : le 1er mutant qui possédait le don de s'approprier les pouvoirs des autres mutants qu'on lui offrait en sacrifice lors d'une cérémonie en grandes pompes. Mais face à pouvoir presque indestructible, une poignée d'hommes eurent le courage de donner leur vie et d'empêcher le dernier transfert. La pyramide s'écroule sur le mutant et l'histoire l'oublie. Jusqu'à ce que ce culte réapparaisse et que des hommes commencent à fouiller les catacombes au Caire et réveillent bien malgré eux le pharaon endormi. Moira a juste la chance d'en sortir vivante, au grand soulagement de Charles-Xavier qui, accompagné de Hank (Nicholas Hoult) utilisait sa machine, le cerebro. 

Jean Grey, Diablo et Cyclops

Le plus surprenant est sans doute Magneto (Michael Fassbender), qui suite à ses déboires, a eu l'idée étrange d'aller se cacher dans une petite ville industrielle dans un pays de l'URSS, la Pologne. Il vit comme un simple ouvrier d'usine. Il consacre tout son temps à sa petite famille, une Polonaise et la petite fille qu'ils ont eu ensemble.  Mais malheureusement, son bonheur sera de nouveau de courte durée et le pharaon réveillé, les Mutants vont à nouveau être au devant de la scène, bon gré, mal gré...

L'autre partie du film est consacrée à vous raconter les "débuts" des X-Men, ceux qu'on va retrouver ensuite dans le tout premier X-Men de la saga (celui-ci va être rediffusé à la télévision) : ainsi, on y croise la très jeune Jean Grey (jouée par Sophie Turner, connue pour GoT), élève à l'école de Charles-Xavier, la jeune femme est mal dans sa peau et crainte par les autres élèves pour ses dons de prophétie. J'avoue que le choix nous a surpris, car si les autres ont vraiment une ressemblance avec leurs versions "plus âgées", ici ce n'est pas le cas.



Elle est rejointe par Scott, plus connue sous le nom de Cyclops, dont les yeux meurtriers viennent de naître. Il est interprété par Tye Sheridan, un jeune acteur que l'on voit partout. On y retrouve Steven, un survivant de la première vague des X-Men, le frère ainé de Scott, mutant également qui aide Charles-Xavier à trouver les élèves pour son école. 

En Egypte, le pharaon va recruter une jeune voleuse des rues, punk, elle possède aussi un don - c'est une mutante, Ororo, qui n'est autre que Storm, adolescente et un jeune homme ailé (très très 80's), Angel, joué par Ben Hardy (inconnu au bataillon).  Enfin, je me dois de citer Olivia Munn, une actrice très connue, qui joue aussi une mutante, Psylocke. Cette dernière accompagne donc En-Sabar-Nur, ce mutant pharaon dont j'apprends aujourd'hui qu'il est joué par Oscar Isaac (si si!), mais comme on ne voit jamais son vrai visage, j'ignorais totalement qui l'interprétait.

Quicksilver

Le plus amusant ? L'arrivée de Quicksilver - joué par Evan Peters, un jeune mutant qui a don de se déplacer plus vite que l'air et sera grandement utile à sauver les vies des élèves et plus tard lutter contre l'Apocalypse promise par le Pharaon. J'avoue, je prendrais bien son don ! Le garçon, déjà présent dans le précédent volet (?)  apporte sa touche d'humour au film et j'adore son personnage de loser.

Que dire du film d'ailleurs ? Un bon divertissement, l'apparition d'un mutant dont j'avais déjà deviné le nom dans le film, vient égayer l'histoire, plutôt sombre. On y découvre comment Charles-Xavier perd ses cheveux et si les geeks racontaient à la sortie du film, que Marvel n'est pas fidèle aux comics, il en reste néanmoins un très bon divertissement. La 3D ? Utile mais pas sur les 2h20 du film, qui pour une fois, prend vraiment son temps à présenter tous les personnages et toute l'histoire avant de livrer les plus grandes scènes de combat dans la dernière demi-heure. 

Je n'ai recherché que le divertissement et il était au rendez-vous, j'adore la bromance entre Charles-Xavier et Magneto, et j'ai adoré avoir Moira accompagner les héros tout du long de l'histoire, et même participer à la dernière bataille. Pour la profondeur de l'histoire, on en revient toujours au même : un Mutant seul ne peut posséder une telle puissance. 

Mon avis : 


13 juin 2014

My addictions of the week

 


Difficile de rester en place par ce beau temps, dix jours que la température dépasse les 26 degrés et pas un seul nuage à l'horizon. Ma petite saucisse et moi en profitons pour faire de longues promenade (environ 1h) et écouter à nouveau la douce voix de Guillaume Gallienne nous raconter l’œuvre d'Octavio Paz, de Le Clezio ou D.H Lawrence et la voix sensuelle de Lana Del Rey.

Au menu cette semaine : Haywire, Ultraviolence, Le Petit Nicolas, Real Humans, Arrow,  Steven Soderbergh, Mad Men, Michael Fassbender, Sherlock Holmes, Lana Del Rey, achats compulsifs, smoothies glacés,  etc. 


03 juin 2014

X-Men : Days of future past

En écrivant ce billet, j'ai remonté le temps - comme l'histoire du film - je suis allée chercher le billet que j'avais écrit (publié le 5 juin 2011) sur le premier volet consacré à la genèse des X-Men : la rencontre entre Magnéto et Professeur X. Les années ont passé, les deux hommes ont vieilli et doivent, dans ce nouvel opus, lutter ensemble pour défier un ennemi encore plus redoutable. 

Mon côté geekette de l'époque a ressurgi, moi qui ai découvert les X-Men sur le tard, à force d'entendre ma sœur me parler de Wolverine (Hugh Jackman). J'ai vu les premiers épisodes dans le désordre, sans y prendre vraiment goût, je l'avoue. J'ai découvert le volet dédié à Logan (Wolverine) tout récemment. J'ai par contre accroché au précédent volet, X-Men, First class.  Mais que penser de celui-ci ?


27 janvier 2014

12 years a slave

Solomon Northup est un homme heureux. Il vit dans le nord de l’état de New York en 1840 avec son épouse et ses deux enfants. Violoniste, il gagne bien sa vie et vit confortablement. Mais Solomon est noir. La couleur de sa peau attise haine et convoitise. Deux hommes vont le piéger, l'entrainer à Washington où il sera vendu comme esclave à des propriétaires sudistes.

Solomon Northup a réellement existé, le spectateur en est informé dès le début. Et c'est avec effroi que l'on suit la plongée en enfer de ce musicien éduqué et cultivé. Enchainé, battu, il n'a de cesse de se battre pour survivre. La survie n'est pas que physique, elle est surtout morale. Traité comme un objet, une bête de foire - il est d'abord acheté par un propriétaire plutôt gentil (Benedict Cumberbatch, l'acteur phare de 2014), mais l'homme oublie sa condition d'esclave et propose d'améliorer les conditions de travail pour ses pairs. Si ses idées sont bien accueillies par le propriétaire, il est pris en grippe par l'intendant Tidbeats (le formidable Paul Dano). Il est sauvé in extremis par le propriétaire qui le revend à l'impitoyable Edwin Epps (Michael Fassbender, exceptionnel). S'en suivront des années d'horreur, d'outrage, d'humiliation.
Le salut viendra des années plus tard par l'intermédiaire d'un homme blanc (Brad Pitt).

07 août 2012

Jane Eyre

J'ignore combien d'adaptations cinématographiques ou télévisuelles du roman de Charlotte Brontë, Jane Eyre ont été portées à l'écran, mais je prends plaisir à regarder chacune d'entre elles.

J'avais plus particulièrement envie de voir cette dernière, réalisée par Cary Fukunaga, avec comme scénariste Moira Buffini (Tamara Drewe). Le nom de ce réalisateur ne vous parle peut-être pas, mais il a réalisé pour moi un film majeur de ces dernières années : Sin Nombre (cf. mon billet).  

Et le casting était plus qu'alléchant : Mia Wasikowska, dont je suis la carrière depuis le début, Michael Fassbender que l'on ne présente plus, tenant ici le rôle le plus sombre  des héros romantiques de cette époque, Jamie Bell (dont la carrière me rappelle celle de Christian Bale, commencée enfant) et l’indétrônable Judi Dench dont la voix et l'accent vous transportent immédiatement dans cette Angleterre du 19ème siècle. Avec autant d'acteurs talentueux, et un de mes romans préférés comme base, je me suis précipitée dans mon cinéma indépendant (je pensais que le film n'était pas encore sorti et par hasard j'ai su que si et j'ai eu peur qu'il n'ait été déjà rayé de la programmation).

Une des histoires d'amour les plus célèbres est mise en scène de manière subtile mais puissante par le réalisateur. A noter le travail intensif sur la lumière, le décor et la musique (compositeur Dario Marianellie) qui contribuent à donner un aspect gothique et lugubre à souhait de Thornfield Hall. Le nom Thornfield est en soi déjà parlant (le champs de ronces). 

La lande anglaise est, comme dans de nombreux romans romantiques, une des clés de l'histoire. Ici, elle y est dangereuse, sombre et glaçante. Cette austérité se retrouve également dans la propriété, qui m'a fait penser à celle d'un autre roman célèbre, de Jane Austen, Northanger Abbey. Les deux châteaux sont des lieux synonymes de mort, de solitude et de secrets.

Le film commence lorsque Jane Eyre s'enfuit du château de Thornfield Hall  à travers les landes du Yorkshire pour trouver refuge auprès du jeune pasteur St John Rivers (Jamie Bell). Alors qu'elle reprend peu à peu goût à la vie, le spectateur découvre son passé : orpheline placée chez sa cruelle tante Mrs Reed (Sally Hawkins) elle est envoyée dans un pensionnat qu'elle ne quitte que pour commencer un travail de gouvernante auprès de la jeune Sophie, sous la supervision de l'intendante, Mrs Fairfax (Judi Dench) au château de Thornfield Hall. 

Ses premiers contacts avec le maître de maison, M.Rochester (Fassbender) sont froids et abruptes mais peu à peu, alors qu'ils commencent à se rapprocher, Jane comprend que ce lieu renferme un terrible secret. Bon, j'imagine que vous connaissez tous la suite.


Le film est fidèle à l'histoire, les dialogues ne sont pas "modernisés", et c'est tant mieux car j'adore la manière dont s'exprime Rochester. Même si ses paroles sont souvent violentes et dénuées de toute émotion, Michael Fassbender réussit, à travers son regard, sa gestuelle et son intonation à traduire les émotions qu'il cherche à contenir. Cette guerre interne qui le paralyse. Les acteurs sont tous parfaits, et la spectatrice que je suis, a de nouveau succombé au charme de cette histoire d'amour, où une jeune femme réussit à voir plus loin et à aimer un homme qui semble condamné à la solitude perpétuelle. J'ai évidemment beaucoup aimé la scène où il lui déclare sa flamme. J'ai toujours autant de plaisir à voir une nouvelle adaptation de Jane Eyre, j'avais aimé voir Charlotte Gainsbourg ou Ruth Wilson endossés un des rôles féminins les plus célèbres et cette dernière interprétation me plaît également beaucoup.

Un challenge réussi pour un réalisateur américain qui passe de la guerre des gangs en Amérique Latine à une histoire romantique du 19ème Siècle dans le Yorkshire.

Mia Wasikowska nous offre une très belle interprétation de Jane Eyre, ainsi au début du film, je la trouve effectivement terne et sans atout mais au fur à et à mesure que son amour grandit pour M.Rochester, son visage s'illumine, et elle en devient jolie et attachante.


J'ai juste trouvé la scène finale un peu trop courte, mais à l'époque, les romans se terminaient ainsi - peu d'effusions sentimentales (comme dans Orgueils et Préjugés où il n'y a d'ailleurs aucun baiser). A noter que Fassbender réussit l'exploit d'être toujours aussi séduisant même dans un rôle aussi peu avantageux.

Un film pour le filles, qui réveillera votre côté fleur bleue ;)  C'est mon côté midinette qui se réveille, car j'attends avec grande impatience le dernier volet des aventures de Jason Bourne  !

14 juin 2012

Promotheus

J'ai craqué : le mauvais temps a eu raison de moi et j'ai fait une rechute. Je suis retournée m'enfermer dans une salle, des lunettes 3D très moches sur le nez, voir un film d'action en version originale au titre suivant : Prometheus. J'avais l'esprit très occupé dernièrement, au point de ne voir aucune image du film, et de lire uniquement une interview de Charlize Theron évoquant succinctement son rôle dans ce film. Ne suivant plus trop l'actualité cinématographique, mon choix s'est finalement porté sur ce film, car j'ai toujours aimé les films d'action, je n'ai rien contre les films d'anticipation (un terme que feu Ray Bradbury aurait apprécié) et le casting me plaisait beaucoup : réunir sur le même plateau Michael Fassbender, Noomi Rapace et Idris Elba, c'est un beau challenge. Et aux commandes de tout ça : Ridley Scott.

Prometheus était donc une sorte de choix logique par une journée très maussade. Ce n'est qu'aujourd'hui que j'ai enfin lu quelques lignes dans la presse sur ce "film de science-fiction horrifique" . Des avis partagés, un peu comme moi. Revenons à l'histoire (impossible d'avoir un esprit synthétique aujourd'hui donc je la pique à Allo ciné) : Une équipe d’explorateurs découvre un indice sur l’origine de l’humanité sur Terre. Cette découverte les entraîne dans un voyage fascinant jusqu’aux recoins les plus sombres de l’univers. Là-bas, un affrontement terrifiant qui décidera de l’avenir de l’humanité les attend.

Le film déchaine les passions dans les commentaires, entre les gros passionnés du monstre le plus célèbre créé par Ridley Scott, à savoir Alien (le plus drôle c'est que j'avais zappé ça en allant voir Prometheus) et les mystiques et religieux, tous ont une interprétation différente du film. Ce qui peut vous rebuter ou au contraire vous donner envie d'aller forger votre propre opinion.

Mais contrairement à tous ces spectateurs, j'y suis allée l'esprit totalement ouvert, car oui, j'avais oublié qui était Ridley Scott : le père d'Alien, et j'avais donc oublié que ce film était lié à sa création. Le film réunit la genèse de l'espèce humaine et celle d'Alien.  Mais, moi j'étais allée voir un film d'actions à la base, donc revenons à nos moutons.

Cette équipe d'explorateurs va découvrir en 2089 de nouvelles peintures murales laissées par nos ancêtres il y a plusieurs milliers d'années qui vont laisser penser à ce couple de scientifiques, que l'espèce humaine a été créée par des géants venus sur Terre plusieurs milliers d'année auparavant pour y créer l'Homme. Ces géants sont repartis mais grâce à ces peintures, on peut identifier la galaxie d'où ils proviennent. Et l'Homme peut en 2089 envisager des missions intergalactiques. C'est un vieillard milliardaire qui va financer ce voyage, au bord du vaisseau nommé Prometheus. Tout un symbole.

Prométhée était effectivement un Titan, que Zeus punira en un temps pour avoir désobéi. Fils de Japet et Thémis (et frère d'Atlas), Prométhée est celui, qui, selon la mythologie grecque, va créer l'espèce humaine à son image (les Titans sont des surhommes, des géants immortels). En utilisant de l'eau et de l'argile, il crée l'homme puis volera la connaissance pour la donner aux hommes. Il sera puni par Zeus d'une manière qui le rendit célèbre : attaché à un rocher, un faucon ou un aigle lui dévorant chaque jour le foie. La nuit, le foie se régénère, c'est un supplice sans fin. C'est Hercule qui, en accomplissant ses 12 travaux lui rendra sa liberté. Différentes versions de la vie de Promethée circulent, le principal étant de savoir qu'il est à l'origine de notre présence sur Terre si on veut bien y croire.

A bord du vaisseau, l'équipage et l'équipe de scientifiques sont en route pour un voyage d'une durée de deux ans, plongés dans une sorte de coma, c'est David, un robot (qui ressemble de très près à un être humain) qui est chargé de les conduire et de veiller sur eux. Je ne vais pas m'amuser à raconter l'histoire, mais sachez que Michael Fassbender peut interpréter un juif déguisé en nazi, un homme obsédé par le sexe ou comme ici un robot dont la gestuelle du corps et du visage est absolument renversante. Autant prévenir les midinettes qu'ici Michael est aussi sensuel qu'un poulpe. Sa coiffure blonde, son visage sans expressions annihilent tout fantasme chez le spectateur.

Charlize Theron campe le bras-droit du millionnaire, chargé de veiller à ce que les scientifiques trouvent ce qu'ils sont venus chercher : les "ingénieurs", ces géants qui ont créé l'espèce humaine et ont quitté la Terre il y a des millions d'années. Noomi Rapace est la nouvelle héroïne de Ridley Scott : Elizabeth Shaw, après Ripley interprété par Sigourney Weaver dans les Alien. Son amoureux est interprété par Logan Marshall-Green (que je ne connaissais pas), les rôles secondaires campent des scientifiques qui ont accepté ce voyage par appât du gain sans connaître le réel objectif de leur mission.


L'équipe se réveille donc au bout de deux ans et entreprend sa mission d'exploration sur cette planète lointaine. Je m'arrête là pour l'histoire, mais sachez qu'ils vont bien entendu faire des découvertes, et que cette planète, comme ses "habitants" sont très loin de l'esprit chaleureux d'E.T.

Côté effets spéciaux, on ne peut qu'apprécier ceux du XXIème siècle. L'image est excellente, les mouvements de caméra, la lumière permettent à Ridley Scott de nous entraîner dans le futur sans que rien ne mette en doute ce saut dans le temps. La 3D est à mon avis superflue, elle utilisée au début du film puis à doses thérapeutiques, j'ai fini par l'oublier, j'y repensais uniquement lorsque mes lunettes bougeaient.

Esthétiquement parlant, ce film est donc une réussite. Contrairement à d'autres internautes, j'ai apprécié le casting même si j'avoue, que moi aussi, j'ai cru revoir la publicité de Dior lorsque le réalisateur s'amusait à filmer Charlize Theron marchant, dans sa combinaison hyper moulante dans les couloirs du vaisseau. J'ai adoré retrouver Idris Elba et sa voix si chaude, si accueillante. Il est, pour moi, la seule vraie source de chaleur dans ce monde aseptisé et très froid. Noomi Rapace est très à l'aise dans ce rôle de survivante, héritière digne selon moi de la célèbre Ripley (Sigourney Weaver). Et physiquement, elle fait le poids. Mais j'ai trouvé certaines scènes trop ressemblantes à Alien (j'ai fait le lien à ce moment-là entre la célèbre créature et Prometheus).

Par contre, le scénario est faible, comme les dialogues et le réalisateur, excepté pour le rôle de Noomi, offre très peu de densité et de profondeur aux personnages, ainsi les seconds rôles sont réduits à des mimiques et où leurs actions sont trop prévisibles. Je pense que Ridley a surtout voulu raconter son histoire : la genèse d'Alien et une vision de l'humanité, créée à la fois par des sortes de Titans et une forme de vie extra-terrestre. Une vision mystique de la naissance de l'espèce humaine. 

Si bien que les personnages passent finalement au second plan. Ridley Scott a choisi aussi de laisser une ouverture à un second opus, car des questions restent sans réponse (même si les internautes en proposent de nombreuses), comme le choix pour ces "ingénieurs" de revenir sur leur décision et vouloir finalement tuer l'espèce humaine qu'ils ont aidé à créer. Quelles étaient leurs motivations ? Je suis restée sceptique sur la capacité pour l'héroïne de décrypter si bien leurs intentions. Et surtout j'ai été déçue de voir que Ridley Scott cédait lui à la toute-puissante machine hollywoodienne : une personne ordinaire qui sauve le monde.

On en revient à tous ces films catastrophes auxquelles je n'adhère pas du tout (le pire ou le meilleur exemple étant Independence Day : le Président des USA saute dans un avion de chasse et sauve la Terre).  Autant j'apprécie les films catastrophes où l'on suit juste quelques personnages tentant de survivre, autant l'idée qu'un type à lui seul arrive à sauver l'humanité m'horripile.Bon, ici Ridley Scott n'est pas complètement stupide, son héroïne n'est pas seule dès les dix premières minutes du film. Ils sont plusieurs à l'aider dans cette mission.

Si vous avez déjà vu des opus d'Alien, vous ne trouverez pas ce film très violent ou gore. Il a été écrit pour un large public, et les quelques scènes dégoutantes ont toutes déjà été jouées dans d'autres films.


Au final, n'étant pas une fan inconditionnelle d'Alien (contrairement à 90% des spectateurs), je dirais que le film vaut un 7/10 pour son esthétique et ses effets spéciaux. J'ai particulièrement apprécié ces "ingénieurs", comme cette scène où l'un d'eux est filmé au bord d'une cascade immense (photo ci-dessus). J'ai cru que le film tournait autour d'eux. J'aurais souhaité, en fait, les suivre et comprendre pourquoi ils avaient été décimés. Mais là, je me trompe d'histoire ;)

16 janvier 2012

The Red Syndrom (suite)

J'avais déjà écrit un billet sur mon amour du roux ! Le roux dans toutes ses variantes, le rouquin, le "red". J'ai reçu pas mal de commentaires, apparemment être roux reste toujours délicat de nos jours.

Alors qu'en quelques mois, il est devenu la couleur à la mode, entre les vrais roux (acteurs, actrices, musiciens et musiciennes, mannequins et publicité) et les faux (comme la sublime Christina Hendricks que je jalouse), je sais que des groupes anti-roux continuent de polluer les réseaux sociaux. J'ai créé avec deux amies un groupe à l'opposé, quelle chance de posséder une crinière de lion sur la tête !
Fort heureusement, je ne suis pas la seule et j'ai trouvé d'autres admirateurs. Pour comprendre un peu mieux mon obsession (et ma sacro sainte envie de sauter le pas, mais n'ayant jamais fait de coloration, j'avoue que c'est aussi compliqué que de faire du saut à l'élastique (au Zimbabwé)) ...

Je me contente d'admirer ces photos, en rêvant de croiser un magnifique roux !

A noter, que les roux sont naturellement très peu nombreux, 1% en France, le taux le plus élevé : Écosse 12% et Irlande 10% (je témoigne pour l'avoir vu de mes propres yeux !). Apparemment, les roux pourraient avoir totalement disparus de la surface de la terre dans moins de cent cinquante ans. Aussi, il est de notre devoir de changer cela ;)

Pour voir les autres célébrités rousses, je vous conseille de retourner sur mon ancien billet.

Bon, je commence très fort... il va vous hypnotiser de son regard !
N'est-il pas sublime ? Ma photo préférée ! Mon fond d'écran d'iPhone -  Ashton Holmes pour vous servir ;)  (Il jouait dans The Pacific et History of Violence)

 

Lasse Perdersen
(sur votre droite) est un mannequin, jeune, très jeune mais sublime non ?


De plus en plus de rouquins arrivent dans les magazines de mode. Tant mieux ! Je suis preneuse.



Mais revenons aux classiques, les acteurs et actrices ;)

Michael Fassbender
(après le tournage de Hunger), son père est allemand mais sa mère irlandaise lui a offert une jolie tignasse ...

Eddie Redmayne, qui a joué dans le film sur MM avec Michelle Williams mais surtout dans les Piliers de la Terre, sa voix est aussi sexy que le reste ;)


Caleb Landry Jones, qui jouait dans les X-Men, retenez son nom car à mon avis, on va en entendre reparler ;)


Côté filles, toujours la belle et très voluptueuse Christina, Emma Stone la révélation cinématographique américaine qui a su s'amuser à varier de roux au gré des mois, je lui préfère celui-ci ;)



Enfin, la chanteuse Florence Welch (du groupe Florence and the Machine)....


Bref, il ne vaut pas mieux être allergique aux roux en ce moment ! Apparemment, pour les brunes comme moi, il faut passer obligatoirement par la phase terrible d'enlever toute couleur avant de pouvoir viser cette magnifique couleur, des solutions ?

Parce que, moi je rêve de pouvoir faire ça avec mes cheveux (par contre, jamais blonde !) J'aime trop être brune 99% du temps ! Et puis j'ai les fringues pour, mes couleurs préférées sont celles qui vont bien aux rousses, je vous promets !



30 décembre 2011

A dangerous method


Je suis allée voir la semaine dernière A dangerous Method pour satisfaire ma curiosité naturelle. J’avais lu de bonnes et mauvaises critiques du film (deux magazines distincts proposaient deux avis internes diamétralement opposés sur le film) et j’aime lorsque que les avis sont si partagés. Et puis c’est un film de Cronenberg avec une belle brochette d’acteurs : Viggo Mortensen, Michael Fassbender, Keira Knightley et Vincent Cassel.

Je suis ravie d’être ressortie du cinéma après avoir eu le sentiment de passer un bon moment. Je ne me suis pas ennuyée une seconde (le thème de l’histoire peut en effet repousser pas mal de spectateurs) et j’ai été frappée par l'acuité des décors. L’histoire raconte les débuts de la "psycho-analyse" (futur psychanalyse) et la rencontre de deux sommités : Sigmund Freud (Vienne) et Carl Jung (Zurich) à travers l’étude d’un cas d’hystérie soigné avec cette nouvelle méthode, la patiente de Jung : Sabina Spelrein (Keira Knightley).


Carl Jung (Fassbender), médecin dans une maison de repos (sorte de centre de soins psychiatriques) est passionné par la méthode de psycho-analyse développée par Freud (Mortensen) qu’il n’a jamais rencontré mais qu’il considère comme son maitre à penser. Lorsqu’il croise la route de Sabina Spelrein, jeune femme hystérique, il décide d’appliquer la méthode prônée par le Viennois. Il lui explique ainsi qu’il va s’asseoir derrière elle, et qu’elle pourra librement se confier, parler de tout sans tabou (sexualité, etc.). La jeune femme est incapable de maitriser son corps lorsqu’elle tente de s’exprimer, victime de spasmes violents (au niveau de la mâchoire entre autres). Une réelle confiance s’installe et elle finit par libérer sa parole et lui avouer ses secrets : elle éprouvait du plaisir lorsqu’enfant, son père, un homme violent la punissait par des fessées. La thérapie fonctionne si bien que peu à peu, Sabina retrouve le contrôle, et décide d’étudier à son tour la psychanalyse. Carl Jung, si heureux de voir la méthode marcher, part à la rencontre de son maitre à Vienne.


Freud est déjà un homme influent, proéminent, sûr de lui et qui voit en Jung une sorte de fils spirituel. Les deux hommes deviennent très proches et échangent de nombreux courriers. Freud envoie alors à Zurich un de ses condisciples malade en demandant à son ami suisse de continuer l’analyse. Ce collègue (Vincent Cassel) défend l’idée que l’homme doit au contraire suivre ses pulsions et ses désirs et les satisfaire pour s’en libérer. Il incite Jung à faire de même. Celui-ci est clairement attiré par la jeune Sabina, qui lui a déclaré sa flamme. Jung cède, une liaison adultérine commence, dans laquelle les deux héros laissent leurs désirs pervers apparaître. Lorsqu’il se rend compte de son erreur et qu’il rompt, Sabina est folle de rage. Je ne vous dirais pas tout mais on assiste ensuite à la lente séparation de Jung et Freud, qui à travers une correspondance passionnante au départ finiront par se déchirer.

Jung a en effet remis en cause certains principes de base de la psychanalyse, qui selon Freud ne se fond que sur la sexualité. Jung et Spelrein, qui étudie dorénavant la psychanalyse à l’université de Zurich, vont développer peu à peu une autre méthode, en incluant des principes auxquels Freud se refuse d'entre au départ (le concept de la pulsion de mort, la religion, etc.), leur correspondance témoignent de leurs échanges vifs et passionnés. Freud acceptera sa théorie sur la pulsion destructive et sadique et l’inclura à ses travaux.


J’ai apprécié que le film ne soit pas trop compliqué, Cronenberg s'est attaché principalement à montrer la relation entre ces deux génies et l'aventure extraordinaire de la psychanalyse. Sa méthode révolutionnaire a permis aux personnes diagnostiquées folles ou hystériques de pouvoir guérir en libérant leur parole. Même si j'avoue que personnellement l'idée d'aller m'asseoir et raconter mes pulsions à un inconnu me paraît assez étrange. 

Les acteurs sont tous formidables, décidément Vincent Cassel ne cesse de me surprendre. En jouant cet homme obsédé par le sexe, il exprime une nouvelle facette de son talent.  Fassbender interprète cet homme admiratif de Freud, qui refusant d'être une simple marionnette aux mains de son maître va repousser plus loin la psychanalyse, tout en étant conscient de ses propres faiblesses. J'avoue que j'ai été moins marquée par sa prestation.

Viggo Mortensen est  méconnaissable dans le rôle de Freud, un homme froid, distant mais tellement intelligent. Cet acteur est vraiment l'un des meilleurs de sa génération. Enfin, la reconstitution de cette période charnière est magnifique. Les décors sont incroyables. J’avoue avoir été bluffée par le travail de ces hommes de l’ombre, on a vraiment l’impression d’avoir remonté le temps. Il suffit de regarder la photo où ils s'embrassent, on se croirait dans un tableau de Renoir. Tout y fait avec minutie et dans le détail, et le spectateur est transporté dans cette ère historique où le monde est prêt de basculer dans la guerre (Jung le sent).

Keira Knightley avait un rôle assez étrange, celui d'une jeune femme hystérique qui va guérir et étudier à son tour la psychanalyse. Certaines critiques l'ont trouvée peu convaincante, mais il me paraît difficile d'interpréter une femme qui lorsqu'elle tente d'exprimer ses idées, a son corps qui se tord de douleur. J'aime cette actrice, donc je suis sans doute peu objective, mais je trouve qu'elle joue bien, j'aime son interprétation de cette femme dont on a assiste à la guérison. La véritable Sabina Spelrein aura un destin tragique, juive russe, elle retournera dans son pays et y sera plus tard assassinée par les Nazis en 1942.

Certaines critiques négatives y ont vu un film poussif, redondant, donneur de leçon ou trop compliqué à suivre (lorsque que les trois personnages échangent sur la psychanalyse), j’y ai vu au contraire une aventure intellectuelle où aucun autre homme n’est encore allé : dans le subconscient et l'inconscient de l'être humain. Aujourd'hui cette idée fait encore débat.

J'ignore si ce billet vous aura donné envie. Bonnes fêtes de fin d'année !

09 décembre 2011

Shame

Après un rendez-vous à 8h00 du matin (vive les RTT), je suis allée me réfugier du mauvais temps dans une salle de cinéma pour voir le dernier film de Steve McQueen, Shame avec dans les rôles principaux Michael Fassbender et Carey Mulligan.

L'acteur irlandais retrouve le réalisateur qui l'a mené à la gloire après l'avoir fait tourner dans le sublime Hunger.

Leur deuxième collaboration a fait pas mal jaser lors de sa sortie et ses diffusions lors de divers festivals, parce que le sujet est à la fois d'actualité et à la fois regardé d'un œil douteux (l'addiction au sexe ?) et parce que le réalisateur britannique avait choisi d'exposer ainsi les attributs physiques de l'acteur it du moment : Michael Fassbender. Autant de raisons d'aller donc le voir le film dès sa sortie.

Mais arrêtons-là tout de suite les réjouissances, car le film est tout sauf joyeux, il est même son opposé :  dépressif, troublant et dérangeant. Si toute femme normalement constituée (avec comme moi un truc pour les roux) ne peut que se réjouir de passer 1h40 avec Michael Fassbender, l'effet n'est malheureusement que de courte durée.

Rapidement l'histoire de Brandon Sullivan (Michael Fassbender) vous entraîne dans une vie de solitude, d'angoisse, de mal être, où le sexe est l'exutoire de sa propre haine. Si la première scène vous montre un homme sûr de lui, beau, séduisant, qui a réussi (un superbe appartement dans Manhattan, un job sympa) le réalisateur vous entraine rapidement de l'autre côté du miroir. Les premières minutes du film, où les spectateurs peuvent admirer la plastique (de dos et de face) de l'acteur irlandais n'ont rien de "sexy", car on comprend rapidement que Brandon est un obsédé du sexe. Son obsession lui a ôté toute vie sociale (exceptée les rares sorties avec son boss et ses collègues), son appartement est significatif : très peu de décoration, blanc, les meubles sont froids. Brandon ne pense, ne vit que pour le sexe. Il va le chercher partout, dans la rue, les bars, les call-girls, les sites pornos. Il se retrouve même dans une position délicate au travail lorsqu'on lui retire son ordinateur.

Brandon fonctionne presque comme un robot, il semble être totalement déshumanisé. Mais la vie vient parfois lui faire des clins d’œil, d'abord avec la venue de sa sœur - Sissy (Carey Mulligan), qui lui rappelle à la fois son passé (tout sauf joyeux), puis avec son coup de foudre pour une collègue de travail. On le voit soudainement éprouver à nouveau des émotions, il sourit, il pleure. Il vit. Mais son obsession le domine, prédateur sexuel, il prend soudainement conscience de sa maladie, et replonge. Comme un un drogué.

Le spectateur assiste alors à sa lente déchéance (les bars glauques, les bagarres) et cet homme si séduisant au départ devient presque monstrueux (lors d'une scène de sexe brutale). Son visage déformé par la douleur et la honte qu'il ressent ont provoqué chez moi quelque chose d'inattendu : je l'ai trouvé soudainement laid et pathétique. Michael Fassbender a su parfaitement montré la complexité de cet homme, sûr de lui et séduisant mais qui vit réellement dans la honte.  Honteux d'avoir sa vie entière contrôlée par ses obsessions sexuelles. Impossible de ne pas ressentir de l'empathie pour cet homme. Un vrai tour de génie de la part de Steve McQueen et de Fassbender. Lors de cette scène, on aperçoit "le monstre" - tel qu'il s'imagine l'être.

Sa sœur, qu'il se refuse à voir - est l'élément déclencheur de sa prise de conscience. Désenchantée, dépressive, elle vivote de petits boulots de chanteuse. Sissy est en manque d'amour et d'assurance et s'amourache du premier venu. Tous les deux sont se ressemblent dans leur incapacité d'avoir des relations normales avec les autres. Leurs scènes communes sont intenses et magnifiques. Chacun repoussant violemment l'autre, car il lui rappelle sa propre vérité, mais chacun désespérément accroché à l'autre car c'est l'unique relation "d'amour" qu'ils connaissent.



Le génie cinématographique de McQueen a été d'associer la ville américaine à leur histoire.  Il montre une New York ogresse qui dévore ses habitants, froide, tentaculaire. La ville, filmée magnifiquement est une caisse où résonne la solitude de Brandon et Sissy. Ajouter la sublime musique du compositeur Harry Escott qui accompagne magnifiquement le personnage de Brandon (son jogging en pleine nuit par exemple permet au spectateur de découvrir une autre facette de cette mégalopole).

L'une des plus belles films du film est sans doute celle du club où Sissy vient chanter "New York New York". Il faut se laisser porter par sa voix et par l'émotion brisée de Brandon. La ville y est à cet instant-là, comme le fait remarquer un personnage "magnifique".

Aussi, s'il y a de nombreuses scènes de sexe, je n'en suis pas ressortie émoustillée car j'ai assisté ici à la manifestation de la souffrance d'un homme. Attention, si certaines scènes de sexe sont crues,  on ne bascule jamais dans le porno.  A noter l'interprétation différente selon les spectateurs de la dernière scène du film, je dirais moi qu'il y a ici une note d'espoir. Je veux y croire ;)

Côté acteurs, ils sont tous très bons, Michael Fassbender est sublime, sa transformation est impressionnante, et oui, il est parfaitement à l'aise avec son corps (mais bon difficile de ne pas l'être quand on est "foutu comme lui"), mention spéciale à Carey Mulligan qui depuis Drive me surprend. Je l'avais aimée dans An Education, mais là elle m'a vraiment bluffée. Elle se lâche vraiment. J'ignorais ses talents de chanteuse, franchement les rôles borderline lui vont magnifiquement.

Enfin, une petite note positive pour l'acteur qui interprète le boss et meilleur ami de Brandon, David. Il s'agit de mon tendre James Badge Dale, le héros de la série The Pacific, dont je vous ai parlé à plusieurs reprises. Décidément ! Il est vraiment séduisant même si ici, il campe le rôle d'un con (mais pas si con, car je le soupçonne de savoir la vérité au sujet de son ami et il est le seul à l'accompagner dans sa vie). Mais j'ai vraiment craqué pour cet acteur et j'étais ravie de voir qu'il avait été remarqué par le réalisateur britannique. Le casting était donc impeccable.

Je vais sans doute acheter dès ce soir ou demain la musique du film. Shame est un film troublant, dérangeant, qui montre la solitude et le désespoir de ces personnes atteintes de cette maladie, maladie qui les isole de toute vie sociale et surtout amoureuse. C'est un très beau film.

PS : j'avoue que lorsque je lis le nom de Steve McQueen, c'est toujours son célèbre homonyme qui me vient en tête, alors une petite photo pour le plaisir et pour finir sur une note plus gaie ;)




29 juin 2011

Dans vos salles prochainement (2012)


Un petit bout de temps depuis que je vous avais parlé cinéma, évidemment j'attends toujours la sortie du dernier Spielberg (Super 8), mais je viens de voir quelques bande-annonces qui vous donnent l'eau à la bouche.
Malheureusement certains films ne sortiront pas avant la fin de l'année, voire 2012 comme le premier que je tiens à vous présenter.


Il faut dire que Pixar sait parfaitement comment nous faire patienter. Voici l'affiche de "Brave", qui ne sortira que le 17 août 2012 outre-atlantique. Donc patience ! Mais voici en quelques mots l'histoire :



 
Merida, jeune femme rousse est un archer très doué et accessoirement la fille impétueuse du Rois Fergus et de la Reine Elinor. Déterminée à mener sa vie comme elle l'entend, Merida défie une coutume sacrée pour les chefs des clans que sont Lord MacGuffin, Lord MacIntosh and Lord Dingwall. Malheureusement, ses décisions vont provoquer le chaos et la tempête dans tout le royaume, et lorsqu'elle se tourne pour demander de l'aide à la vieille Sage Femme , celle-ci lui jette un mauvais sort. Toutes ces terribles mésaventures vont pousser Merida à aller plus loin et découvrir le sens du mot courage (brave) et ainsi lui permettre de stopper le destin avant qu'il ne soit trop tard.

Le film racontant l'histoire de guerriers des Highlands en Écosse, leurs voix sont donc importantes, car on entend leur fort accent (et le "r" qu'ils roulent), j'ai donc peur de ne le voir qu'en v.f !
Merida, Queen Elinor, The old Wise Woman and Lord MacIntosh in Brave
 La première vidéo :



Les autres sorties, certaines plus proches :

Killer Elite, est un remake du film de Sam Peckinpah réalisé en 1975 (avec James Caan et Robert Duvall). Cette fois-ci on retrouve au générique Robert de Niro, Clive Owen et Jason Statham. L'histoire, inspirée de faits réels, raconte comment un ancien officier de l'armée britannique (Statham) est obligé de reprendre du service après que son mentor (De Niro) ait été kidnappé. Son ennemi ? Clive Owen. Un gros film d'action (la bande-annonce me laisse un peu perplexe, mais parfois elles sont les pires ennemis du film!) mais le casting me tente bien, et j'ai toujours aimé les films d'action.
Date de sortie prévue aux USA : 21 septembre 2011 (sans doute Noël chez nous)




Moneyball est un drôle de film lorsqu'on regarde la bande-annonce. Il raconte en fait une histoire véridique, celle du manager général d'Oakland A, Billy Beane, aka Brad Pitt - qui fit le pari le plus fou en décidant de créer une équipe de base-ball avec un budget limité en utilisant et en se basant uniquement sur des données informatiques pour recruter les joueurs - pari réussi. A l'affiche également, la très élégante Robin Wright et Jonah Hill.
Date de sortie prévue aux USA : 23 septembre 2011 (sans doute Noël chez nous ou alors directement en vidéo ?)




Enfin, très attendue, la bande-annonce de A dangerous method de David Cronenberg est enfin sortie !

Le film dont tout le monde parle est inspiré du livre éponyme et de la pièce de théâtre "The talking Cure".  Le film raconte les relations compliquées entre le psychiatre Carl Jung, son mentor Sigmund Freud et Sabina Spielrein, jeune femme perturbée dont le psychiatre va tomber amoureux et qui va mettre en péril les fondamentaux de leurs pratiques. Le casting est impressionnant :
Sigmund Freud : Viggo Mortensen, Carl Jung : Michael Fassbender, Sabina Spielrein : Keira Knightley et Vincent Cassel.  Le thème va me rappeler mes lectures de terminal, et le casting l'emporte haut la main.
Date de sortie prévue en France : le 30 novembre 2011.





Enfin, cerise sur le gâteau (et pour les fans de la Trilogie du Seigneur des Anneaux)- Peter Jackson s'est attaqué au tournage de The Hobbit : an unexpected journey.

Le film raconte l'histoire de Bilbo Baggins, jeune Hobbit qui part dans The Lonely Mountain, accompagné d'un groupe de nains afin de réclamer un trésor que lui a dérobé le dragon Smaug.
La bonne nouvelle ? Les acteurs présents dans le premier opus ont accepté de revenir (Orlando Bloom, Cate Blanchett, Ian McKellen, etc.). Pour interpréter Bilbo, c'est l'acteur britannique Martin Freeman qui a obtenu le précieux rôle.

Mais attention ! Le film ne sortira qu'en 2012 (et en décembre) et le film aura une suite ! Le premier opus sortira le 14 décembre 2012 aux USA (croisons-les doigts pour que ce soit pour Noël en France) et un an plus tard exactement pour la deuxième partie ! J'ai hâte de retrouver Elgond, Legolas, les Hobbit, Gandalf ... Je craque !

Voici les premières photos publiées :

et ce cher Gandalf :


J'ai encore pas mal d'autres films en préparation sous le coude, mais bon j'arrête là !  Le pire ? Aucun, excepté Killer Elite ne sort en 2011. Terrible. Vous m'aurez pardonné ?