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27 avril 2015

En équilibre

Dernièrement, je n'avais pas trop la tête à aller au cinéma - le beau temps et des soucis personnels m'ont tenu éloignée des salles sombres. Et puis j'avais gardé en tête mon dernier coup de coeur cinématographique pour les Châteaux de sables jusqu'à ce que je tombe sur une interview (encore la faute à la Matinale) de Cécile de France et me voilà embarquée dans cette nouvelle histoire. 

A l'affiche : Cécile de France et Albert Dupontel. Ce seul nom aurait suffi à ce que je me déplace. J'aime énormément cet acteur et je lui trouve que la gravité, la simplicité lui vont très bien. L'histoire me plaisait bien même si à la vue de cette interview, je n'avais pas compris (c'est bien moi) qu'il y avait anguille sous roche... Enfin, le milieu équin m'a toujours plu, et la scène d'ouverture sur la plage, le personnage d'Albert exécutant des cascades équestres au triple galop .. Impossible de résister.

L'histoire ? Elle est inspirée d'un roman autobiographique d'un véritable cascadeur équestre dont le nom m'échappe. Marc (Albert Dupontel) est cascadeur équestre, quand il ne participe pas à des concours de dressage avec son meilleur partenaire, son cheval Othello. C'est sur un tournage qu'un drame effroyable va priver Marc de ses jambes. L'homme est détruit. Son cheval profondément marqué.  De retour chez lui, dans sa ferme après plusieurs mois de rééducation, Marc fait la connaissance de Florence (Cécile de France), chargée par la compagnie d'assurances de s'occuper de son dossier. 


Cette rencontre va venir bouleverser ces deux êtres que tout sépare. D'un côté, un homme brisé n'ayant toujours vécu que par passion, et de l'autre Florence, une épouse et assureuse sérieuse et effacée. Au contact de Marc, Florence va réaliser peu à peu qu'elle est passée à côté de sa passion le piano et s'est sacrifiée pour son époux, ses enfants et cette compagnie d'assurances qui la pousse à faire signer un contrat dédommageant rapidement le cascadeur à un montant parfaitement inférieur à ce qu'il est en droit de recevoir.

Peu à peu Florence va basculer et Marc et elle vont lentement retrouver leur équilibre. 

D'un format classique et linéaire, j'ai pourtant été happée par l'histoire - sans doute parce que ces deux êtres sont finalement comme vous et moi, on peut presque les toucher du doigt. Et peu à peu, on s'éprend de ces deux personnes malheureuses à leur manière mais aussi pleines d'espoir. Celui de remonter un jour à cheval pour Marc et celui de s'épanouir dans sa vie pour Florence. Il est clair que ce film ne laisse aucun spectateur indifférent sur ce qu'il a fait de sa propre vie. 



Les acteurs sont magnifiques, j'ai beaucoup aimé Cécile de France, toute en retenue et fragile. Longtemps, j'ai eu du mal avec l'actrice à qui je trouvais un côté parfois trop "masculin",  ici c'est tout l'inverse. Et Albert Dupontel ne cesse de confirmer tout le bien que j'en pense. Il joue à merveille cet homme plutôt rude, taiseux mais passionné. 

Et puis Othello, toujours aussi sublime ! Décidément, je ne peux résister à la prestance d'un cheval, quelle classe, quelle puissance ! Il impressionne tout autant qu'il vous attire. 

Un très joli moment du cinéma français.  

Mon avis : ♥♥♥

17 décembre 2013

Casse-tête chinois

Comme le montrait Yann Barthès dans son petit journal, ce film aura fait l'objet d'une promotion gigantesque avec de nombreuses interviews des acteurs. Je ne m'en plaindrais pas, si je peux ainsi apercevoir Audrey Tautou, qui ne se montre que pour les promos. Le film de Cédric Klapisch, Casse-tête chinois était attendu par tous les fidèles d'Une auberge Espagnole et des Poupées Russes. Fidèle dont je ne fais pas partie, ayant j'en suis presque certaine loupé le second épisode. Étais-je à l'étranger à cette époque ? Tant pis, j'ai pu apprécier ce troisième volet sans souci.

C'est donc dans la Grosse Pomme que l'on retrouve Xavier (Romain Duris), l'éternel ado qui court vers la mairie afin de souscrire un mariage blanc pour pouvoir rester auprès de ses enfants.

Quitté par Wendy,
la mère de ses deux enfants après dix ans d'union, cette dernière ayant trouvé l'amour auprès d'un riche américain, le romancier s'installe à New York. En attendant de trouver un logement abordable, il s'installe chez sa copine Isabelle (Cécile de France) qui a trouvé l'amour en la personne de Ju (Sandrine Holt). Xavier trouve une jeune américaine d'origine chinoise prête à l'épouser pour la carte verte. Entre ce faux mariage, la bataille pour un droit de garde, Xavier croise de nouveau la route de Martine (Audrey Tautou), sa première ex si mes souvenirs sont bons. Séparée (je crois), elle élève seule ses enfants à Paris tout en jonglant avec une carrière à l'internationale. 



Vous l'aurez compris, Xavier entraine le spectateur une nouvelle fois dans les méandres de sa vie sentimentale, de Barcelone à New York en passant par St-Pétersbourg, le romancier continue sa quête du bonheur. Comme je le disais en introduction, je n'ai pas vu le deuxième volet - pourtant j'avais aimé l'auberge espagnole, ayant eu la chance de faire une partie de mes études à l'étranger, j'avais connu cette vie trépidante d'étudiante libre comme l'air. Mais j'ai sans doute vieilli plus vite que les personnages de Klapisch, j'ai donc loupé la suite et je les retrouve à la croisée des chemins.

Je ne suis pas fan du genre pourtant - je suis l'une des rares à n'avoir jamais été fan de la série Friends par exemple, d'ailleurs plus le temps passe, plus je déteste cette série. Je ne suis pas tombée amoureuse de Xavier - probablement parce qu'il possède une dose d'immaturité qui n'a rien de sexy. Je vous avais aussi mentionné (enfin je crois) que je n'ai jamais trouvé Romain Duris sexy. 




Attention je ne remets pas en cause ses talents d'acteur - il sait parfaitement jouer toutes les émotions nécessaire à son personnage, dont la naïveté - très le plus personnel sans doute du personnage, qui à 40 ans continue de tourner en rond. Son personnage court d'ailleurs dans la première et la dernière scène du film, un film en forme de cercle.

J'ai été étonné du choix du réalisateur (était-ce voulu) de choisir comme futur époux de Wendy un américain immense ? Ou alors est-ce que Romain Duris est si petit ? La différence est telle que je me suis posée la question de la volonté du réalisateur de rechercher ici un comique de situation. Car Xavier est minuscule face à John, le riche américain.

J'ai aimé plusieurs choses dans le film, je ne parlerai pas des personnages car je ne suis attachée à aucun d'entre eux, ayant loupé une bonne partie de leurs vies respectives.

J'ai aimé le New York de Klapisch - qui contrairement à une critique lue récemment, est bien le NY d'un New Yorkais - celui qu'on ne vous montrera pas. Comme le Paris d'un français. Lorsqu'un touriste arrive ou un réalisateur hollywoodien veut la filmer, l'habitant ne lui montrera pas Broadway, Central Park, ou Notre-Dame et la Tour Eiffel à Paris.  Klapisch filme donc la ville américaine comme un habitant qui ne montre ici que la facette cachée, la réalité - de Brooklyn à Manhattan où dans ce monde anglo-saxon sensé être logique (les rues en forme d'échiquier), on finit quand même par se perdre - le casse-tête chinois se transpose de la géographie de la ville à la vie de Xavier.

J'ai aimé le joyeux brouhaha des enfants, qui composent avec des adultes plus ou moins déjantés, l'amitié qui soude les personnages sans les rendre non plus trop cons (cf. ma remarque précédente sur Friends). Ici pas de guimauve.
J'ai aimé Martine - enfin, toutes les scènes avec Audrey Tautou - sans doute parce qu'elle force le personnage de Xavier à se poser les bonnes questions, à grandir. Elle sait manier les mots et les silences. Et l'actrice réussit à nous faire rire lors de son rendez-vous avec "Mister Tea", le plus gros producteur de thé en Chine en se lançant dans un discours en chinois épatant.

Je vous ai parlé du reportage réalisé par Canal qui a suivi l'actrice pendant un an - j'ai vu les nombreuses répétitions que l'actrice a fait pour pouvoir réaliser cette scène et j'ai vu les applaudissements des figurants chinois à l'issue de la scène. La tête de Xavier à cet instant-là vaut aussi son pesant d'or. 



Par contre, je n'ai pas accroché au personnage d'Isabelle, interprété par Cécile de France. J'ai trouvé, enfin, que l'actrice grossissait le trait ou alors ai-je oublié le caractère d'Isabelle. Je n'ai rien contre les scènes de sexe (après le film La vie d'Adèle, elles sont toutes simples), je trouve juste le personnage un peu grossier. Je me demande ce que Ju, sa compagne peut lui trouver. J'étais ravie par ailleurs de voir le rôle confié à Sandrine Holt.

Klapisch a eu la bonne idée d'accompagner cette trilogie de la voix off - celle du narrateur, en l'occurrence Xavier et lorsque ce dernier reçoit la visite de plusieurs philosophes, on assiste à des scènes très drôles.

J'ai donc passé un joli moment du côté de New York (ce film m'a décidé à y retourner), même si l'histoire, enfin son dénouement est prévisible, la scène elle-même ressemble à toutes ces histoires d'amour diffusées l'après-midi sur la sixième chaine.

Mais je n'ai pas pu résister à cet échange de regard entre les deux personnages et j'étais heureuse de les voir ensemble à la fin du film.

NB : billet écrit il y a une dizaine de jours mais oublié !
Mon avis :
♥♥ (♥)

02 mars 2013

Möbius

Parfois on attend trop d'un film, et ce fut le cas pour moi concernant le dernier film d'Eric Rochant, Möbius.  Déçue je fus, et si j'ai attendu une journée pour écrire ce billet, c'est pour avoir du recul et éviter de faire un faux procès au film.

Premièrement, je ne suis pas fan des films français, mais après avoir vu pas mal d'interview et de buzz annonçant ce film comme un vrai film d'espionnage à la largeur internationale avec une histoire d'amour extraordinaire (et Tim Roth au casting !), j'avais commencé à imaginer le film de l'année.

Je pique le pitch à Allociné : Grégory Lioubov, un officier des services secrets russes est envoyé à Monaco afin de surveiller les agissements d’un puissant homme d’affaires. Dans le cadre de cette mission, son équipe recrute Alice, une surdouée de la finance. Soupçonnant sa trahison, Grégory va rompre la règle d’or et entrer en contact avec Alice, son agent infiltré, sous la fausse identité de Moïse. Naît entre eux une passion impossible qui va inexorablement précipiter leur chute.

La rencontre ne s'est pas faite, en tout cas, de mon côté. Suis-je passée à côté ? Avant de passer aux critiques, je veux aussi dire du bien : j'ai vraiment aimé la prestation de Jean Dujardin - j'ai pris beaucoup de plaisir à le voir endosser ce rôle d'espion, même si parfois je regrette de ne pas le voir faire une grimace à la OSS 117. Je l'avais dit en son temps, je n'avais pas aimé The Artist (j'étais la seule) - fan de Ginger Rogers et Fred Astaire, je n'avais rien appris dans ce film. Ici, j'ai vu l'acteur que j'aime. Les rôles sombres lui vont bien. Pour moi, il est l'atout principal du film.

J'ai aussi l'aimé le scénario, j'adore les films d'espionnage, et s'il faut s'accrocher pour comprendre comment les espions se piègent entre eux dans ce film (une guerre entre le FSB, ex-KGB et la CIA) , le film y gagne en suspens, et évidemment l'histoire d'amour en parallèle.


J'ai adoré entendre parler russe, car j'ai étudié cette langue pendant longtemps, et Dujardin excelle ! J'ai vraiment apprécié revoir Tim Roth qui lui semble se "balader" dans le film, aucun souci pour lui. Bref, oui le film n'est pas nul, loin de là.

J'aime beaucoup Cécile de France, je l'ai déjà vu dans plusieurs films. J'ai lu beaucoup sur elle dans ce film, comment Eric Rochant souhaitait faire d'elle une femme fatale. Chez moi, ça n'a pas opéré. Je l'ai trouvé mille fois plus sublime dans le Secret. Ici, elle campe avec succès Alice, cette femme d'affaires qui a fait chuter avec Goldman et Sachs en 2008. Elle devient ici "crapule", une marionnette aux yeux des russes e un pion pour la CIA qui obtient en échange d'un passeport, sa coopération.

Cécile de France est belle, au naturel, elle a ce quelque chose, mais ici, en tailleur pantalon et veste, elle m'a refroidi. Je n'aime pas ses tenues, je la trouve trop sévère. La sensualité, je ne la vois pas. L'assurance, oui - l'amour, oui mais pas la sensualité. Une scène brève résume à elle seule ce moment lorsqu'elle entre dans un restaurant, sa démarche est tout sauf féminine ! Une démarche de déménageur. Bref, un décalage entre les gestes et le personnage. Je l'aime lorsqu'elle se laisse aller avec Moïse (Jean Dujardin), amoureuse, elle est de nouveau belle, avec sa petite voix mutine.

Et puis, faute à moi, ayant vécu longtemps aux États-Unis, impossible de croire à sa nationalité américaine (son père est américain), j'aime les échanges qu'ils ont via Skype mais l'accent de l'actrice est trop fort ! Elle s'exprime correctement, mais sépare chaque mot, il n'y a pas ce flot que l'on retrouve chez les personnes qui parlent couramment deux langues (pour information, son personnage vivait aux USA jusqu'en 2008, donc on peut assumer qu'elle doit parler couramment). Bref, des détails qui m'ont empêché de croire totalement à son personnage.

L'histoire d'amour est belle, très belle - ils sont très beaux ensembles, j'emploierais le mot "touchant". Ils m'ont ému, mais quand je vois le foin qui a été fait autour des scènes d'amour, là je dois mettre mon hola ! Ai-je trop vu de films ? Car elles n'occupent que dix minutes de film, n'espérez pas voir le beau corps de Dujardin, ni celui de l'actrice belge. Vous ne verrez que leurs visages, le sien, lorsqu'elle jouit. La scène où elle se lève pour aller s'habiller, c'est une doublure. Et puis, surtout les deux scènes sont identiques, là je ne comprends pas. Le réalisateur est tombé amoureux de l'actrice, car il ne filme qu'elle. Le personnage masculin lui n'a droit à aucun regard, il est doué et c'est l'extase pour la jeune femme.

Les scènes sont belles mais j'ai vu au cinéma des scènes beaucoup plus sensuelles, fortes, intenses. Là, j'ai été extrêmement déçue et comme je l'ai dit, il film les deux scènes à l'identique, fixé sur le visage de la jeune femme et sur ses spasmes (car la deuxième fois, ça finit par ressembler à ça...).

Bref, le film m'a laissé une sorte de goût doux-amer, impossible de dire que je n'ai pas aimé, ou que j'ai aimé. La scène finale n'a pas résolu ce conflit, même si elle est belle, on reste sur notre faim (elle ouvre sur plusieurs interprétations).

En tout cas, je sais dorénavant que M.Dujardin fait partie de mes acteurs "chouchous" (non trop facile celle-là !)

24 janvier 2011

Hereafter ou Au-delà

J'ai toujours aimé les films réalisés par Clint Eastwood, mes préférés : One Million Dollar Baby, Mystic River, Unforgiven (Impitoyable) et A Perfect World (un monde parfait) (avec un Kevin Costner impeccable). J'attendais donc avec impatience sa dernière réalisation, mais peu à peu les critiques sont arrivées, mitigées, voire mauvaises. Difficile à croire, alors je suis allée voir par moi-même.

Résumé : Au-delà ou Hereafter (je l'ai vu en vo) est l'histoire de trois personnages hantés par la mort et les interrogations qu'elle soulève. George est un Américain d'origine modeste, affecté d'un "don" de voyance qui pèse sur lui comme une malédiction. Marie, journaliste française, est confrontée à une expérience de mort imminente, et en a été durablement bouleversée. Et quand Marcus, un jeune garçon de Londres, perd l'être qui lui était le plus cher et le plus indispensable, il se met désespérément en quête de réponses à ses interrogations. George, Marie et Marcus sont guidés par le même besoin de savoir, la même quête. Leurs destinées vont finir par se croiser. 
(Je ne suis pas d'accord avec la phrase finale d'Allôciné : pour tenter de répondre au mystère de l'Au-delà).

Le casting est international, comme l'action qui se déroule simultanément à Paris avec Marie (Cécile de France et Thierry Neuvic), Londres avec le jeune Marcus (George McLaren et son jumeau Jason alias Frankie McLaren) et à San Francisco avec George (Matt Damon).

Un bon casting. J'ai choisi l'affiche de la version américaine, car j'ai vu le film en version originale, même si au début j'ai pensé voir le version française, car on commence par les Frenchies ! Mais dès qu'on arrive à Londres, les sous-titres apparaissent. J'ai aimé voir le film en deux langues, et en plusieurs accents.

Le tsunami arrive ...

Clint Eastwood nous offre une première scène impressionnante, celle du tsunami qui a ravagé le 26 décembre 2004 les côtes asiatiques. J'avais entendu parler de cette scène, et effectivement on se prend une grande claque.  La scène est presque surréaliste, et pourtant elle ne reflète que la triste réalité. Il n'y a rien à dire de plus, on vit chaque moment intensément. Et on s'attend à ce que cette scène reflète l'ensemble du film, mais malheureusement non.

On découvre le personnage de Marie, interprété par une Cécile de France que j'ai trouvé convaincante, mais étonnamment éteinte. Je l'ai toujours trouvé lumineuse dans ses autres rôles. Celui-ci est effectivement particulier, elle interprète le rôle d'une femme dont la vie est complètement bouleversée et qui remet en cause toutes ses croyances. Mais j'avoue qu'elle a réussi (volontairement ou involontairement) à perdre ce charme un peu fou qui me plaisait tant chez elle. J'ai donc, comme pour le personnage de Thierry Neuvic (qui joue son petit ami), du mal à savoir si cela vient du jeu des acteurs ou des rôles qu'ils interprètent. Mais j'avoue avoir été assez insensible au personnage de Marie.  Le rôle de Thierry Neuvic m'a un peu surpris, présent lors du tsunami, il se remet très vite des évènements. Amusant de voir cet habitué du petit écran dans une salle de cinéma.

George McLaren
Clint Eastwood nous fait ensuite voyager à Londres, et à San Francisco. Londres où vivent deux jeunes frères jumeaux, inséparables, élevés par une mère seule droguée et alcoolique. Ils sont inséparables, se soutenant dans cette vie triste. Malheureusement la mort vient les frapper. Les jeunes acteurs (Frankie et George McLaren) jouent admirablement bien, j'ai préféré à Paris les scènes de Londres. La mère est brillamment interprétée par Lyndsey Marshal (qui joue Cléopâtre dans la série Rome). J'ai tout de suite éprouvé plus de sympathie envers le personnage qui vient d'être touché dans sa propre chair que celui de Marie (Cécile de France).

San Francisco - une bulle d'espoir qui éclate malheureusement trop tôt. Matt Damon joue bien, toute en subtilité et en retrait le rôle de cet homme (George), qui vit comme une malédiction ce don de voyance. Pour entrer en contact avec les morts, il lui suffit de serrer les mains de n'importe qui pour voir apparaître leurs proches disparus. Mais tout n'est pas perdu et si la lumière apparaît enfin dans le film, c'est grâce à Bryce Dallas Howard, qui joue le rôle de Mélanie. Sa rencontre avec le très solitaire George dans le cours de cuisine, est magnifique. La scène où l'un d'eux doit porter un bandeau et doit deviner ce que l'autre lui fait manger est sensuelle, douce, pleine d'espoir. Clint Eastwood nous fait soudainement croire que la vie peut et doit être plus forte que la mort. Espoir de courte durée.

Matt Damon et Bryce Dallas Howard

Enfin, l'autre lumière du film est Marthe Keller. Actrice à mon goût bien trop discrète, j'ai adoré ses rôles américains (à l'époque où elle vivait avec Al Pacino, dans Bobby Dearfield par exemple), depuis je compte ses apparitions cinématographiques. Moi qui adore sa voix, son accent, j'ai été déçue de la voir échanger en anglais ses impressions sur l'au-delà avec Cécile de France.
Marthe Keller, la trop grande absente du cinéma français et Cécile de France

Contrairement à ce que beaucoup disent, Clint Eastwood n'offre aucune réponse à l'au-delà. Certains y croient, d'autres pas, d'autres expliquent les visions de Marie par sa situation physique : en arrêt cardiaque, son cerveau a provoqué ces images. D'ailleurs, j'y ai repensé lorsqu'elle rencontre le personnage médecin de Marthe Keller, qui se déclarant athée a fini par croire les témoignages de ses patients (en soins palliatifs), ceux qui revenus de l'au-delà ont tous ces images douces, avec ses êtres qu'on a du mal à distinguer, qui vous attendent. Moi j'ai eu au contraire le sentiment, que pour tous le cerveau avait eu la même réaction chimique. Mais alors que dire du médium ? Clint Eastwood nous montre tous les charlatans qui parcourent le monde en déclarant être en contact avec l'au-delà et le seul qui ne ment pas, vit lui un véritable enfer.

Chacun peut donc repartir avec ses propres croyances, les mêmes qu'il avait en venant voir le film. Rien de bouleversant. En fait, c'est le film même qui n'a rien de bouleversant, trois fenêtres de vie qui s'ouvrent, ces personnages qui finissent par se rencontrer et trouver, non pas la réponse qu'on attend tous (qu'est-ce qui se passe après la mort ?) mais simplement l'écoute et les mots qu'ils souhaitaient entendre. Des mots de réconfort.


C'est le premier film de Clint Eastwood qui semble sorti tout droit d'un studio hollywoodien  : un film qui ne lui ressemble finalement pas. Je crois qu'on a tendance à oublier que tout réalisateur peut faire des films de qualité différente (comme les Woody Allen qui parfois ne me plaisent pas). Alors oui, quand je repense à One Million Dollar Baby, je suis forcément un peu déçue.

En même temps, je n'avais pas regardé la durée du film et je viens de voir sur Allôciné qu'il durait 2h08. Je ne l'ai pas trouvé long, je ne me suis pas ennuyée, mais deux jours après je l'avais déjà oublié.