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13 mars 2015

American Sniper

Je suis allée voir le dernier film de Clint Eastwood avec en tête le débat que ce film a provoqué à sortie, à savoir : est-ce un film à la gloire des soldats qui ont combattu en Irak, un film à la gloire de l'Amérique ou est-ce un film qui veut dénoncer les méfaits de la guerre ? Je voulais voir le film car j'aime beaucoup le travail de réalisateur de Clint Eastwood.  

Je n'ai pas été déçue même si la réponse à la question m'est venue rapidement, je vous explique pourquoi. 

La sortie du film American Sniper a coïncidé, fait du hasard, avec le procès de l'assassin de Chris Kyle, le soldat, héros et personnage principal du film d'Eastwood. J'avais lu dans la presse américaine les débats et finalement la condamnation du principal accusé, un ancien soldat, tout comme Kyle, revenu d'Irak. 

Eastwood avait lu le livre écrit par Chris Kyle surnommé la "Légende" par ses pairs, après quatre opex (déploiements) en Irak. Chris Kyle était membre de la plus grande unité de commandos, les SEALS, et de surcroit un excellent sniper. Il pouvait viser très loin (à plus d'1,5 km) et toucher sa cible. L'armée américaine lui attribuera 160 tirs réussis. Son travail ? Placé sur un toit (en Irak, les toits sont tous en terrasses) et protéger ses pairs qui avancent de maison en maison, cibles mouvantes pour les insurgés. 

Eastwood avait donc décidé d'adapter son histoire au cinéma lorsque Kyle fut tué, chez lui, au Texas, par un ancien soldat. Eastwood s'est rapproché de sa veuve et a réalisé un film, totalement concentré sur la personne de Kyle (Bradley Cooper) - avec le détail de ses quatre déploiements mais aussi à chaque fois le retour au pays, et cette dépression qui l'éloigne de plus en plus de sa famille, des siens. Kyle venait de se marier à Taya (Sienna Miller) lorsqu'il fut déployé pour la première fois, en 2003. 



L'histoire commence au Texas lorsque Kyle, enfant, est emmené à la chasse par son père - celui-ci découvre que le petit vise bien et loin. Elevé par un père conservateur, il apprend enfant que son rôle est de protéger son petit frère (qui le suivra en Irak) et sa mère.  Cet extrait est fondateur pour expliquer la personnalité presque froide et parfois déshumanisée de Kyle. Aux autres soldats qui parfois doutent, il leur répond ainsi méthodiquement "il y a l'armée, Dieu et la famille". Kyle ne se pose pas de question, il est ici pour protéger les siens. Il ne remet jamais en cause le principe de cette guerre. Cette froideur m'a parfois posé souci. 

Je vais de suite répondre à la question que je posais en aval : le film est principalement un film de guerre. 70% des scènes ont lieu en Irak, sur le front. La partie dévouée à sa rencontre avec son épouse puis ses retours au pays est peu développée. Même si à chaque fois, une scène est là pour rappeler la dépression qui ronge le soldat - Eastwood a préféré se concentrer sur Kyle - la "Légende" le sniper en action. 

Je l'ai dit souvent sur mon blog : j'ai toujours aimé les films de guerre, ne me demandez pas pourquoi. Sans doute justement pour le dépassement de soi, des hommes qui prennent soin les uns des autres et pour leur sacrifice (je parle du genre de film, pas la guerre - j'ai défilé contre la guerre en Irak) et là Eastwood a fait mouche. La réalisation des scènes de guerre est impeccable. Les choix de caméras sont excellents. Il est vrai que le film utilise à merveille la position de Kyle. Sniper, il voit le monde d'en haut et de loin - une certaine distanciation qui le protège mais l'isole, dont il finira par se lasser. 

Chris Kyle (Bradley Cooper) Dauber (Kevin Lacz)

Kyle est rapidement confronté à la réalité de la guerre, puisque sa première cible sera un enfant. La guerre est là. Moche, injuste, terrible. Pourtant Kyle y retourne, à chaque fois, 4 déploiements (9 mois à chaque fois). A son retour, il retrouve sa femme et leur petite famille s'agrandit, un garçon puis une fille. Dans la douleur, Kyle est absent. Il est obsédé par la guerre qui continue sans lui. Il est choqué de voir son pays continuer de vivre tel quel. Il repart pour protéger ses hommes. 

Kyle retrouve ainsi le Marine, Marc (Luke Grimes) chargé de le protéger. Ils passent leurs journées ensemble. Marc voit et sait tout. Kyle n'aime ni sa gloire naissante, ni être ainsi isolé des troupes aussi lors de son troisième tour, Kyle décide de descendre - d'être avec ses hommes. Kyle est proche de Biggles (Jake McDormand) et de Dauber (Kevin Lacz), ses frères. Mais la guerre perdure, l'Irak s'est transformé en second Vietnam - chaque jour des hommes perdent la vie. Les hommes avancent pas à pas, obligés d'enfoncer les portes de chaque maison pour dénicher les insurgés. Ils sont les cibles de femmes, d'enfants et d'un sniper, ancien athlète olympique syrien, qui va devenir le pire ennemi de Kyle. Son nemesis. Les deux hommes vont s'affronter pendant plusieurs années. Kyle sent la souffrance qu'il impose aux peuple irakien, victimes innocentes de ce combat.

Marc (Luke Grimes)
La guerre réclame du sang - et Kyle va perdre plusieurs frères. Il accompagne ainsi l'un d'eux à son retour au pays et assiste à son enterrement. Sa froideur envers cet homme qui l'a protégé pendant des mois, m'a littéralement refroidi. Le soldat décédé doutait de la guerre - de sa raison d'être. Kyle dit que ce sont ses doutes qui l'ont tués (faux quand on voit la scène). Kyle refuse de voir que lui-même souffre de cette guerre. 

Pour ceux qui défendent le film, en disant que le film raconte aussi cette difficile réadaptation au pays, il est évident que Kyle souffre d'une forme de dépression mais contrairement à de nombreux soldats, il n'a pas d'idées suicidaires, ne sombre ni dans la drogue, ou l'alcoolisme, n'a pas d'accès de violence et ne quitte pas sa famille. Kyle acceptera de rencontrer un psy qui l'aidera à en sortir - mais la scène dure quelques minutes au plus. Kyle, dont l'unique obsession était d'aider et de protéger ses hommes va alors rencontrer plein de soldats de retour de mission, brisés, physiquement et mentalement. Toujours passionné et reconnu par tous comme une légende, il les emmènera s'entrainer au tir. Avec de vraies balles.

J'ai beaucoup aimé ce film, mais pour les scènes de combat - je me suis sentie proche des autres soldats qui gravitaient autour de Kyle. J'ai appris que "Dauber", Kevin Lacz existe réellement. L'histoire de cet homme est impressionnante, excellent élève, il s'engagera dans les commandos SEALS, ira en Irak, travaillera aux côtés de Kyle puis de retour au pays, ira à la fac et deviendra médecin. 
Il conseillera Eastwood qui finira par le recruter pour son propre rôle ! J'ai aussi pour ma part beaucoup aimé le personnage de Marc - joué avec perfection par Luke Grimes (que je n'avais pas reconnu, je connais l'acteur, de nom - il joue dans une série télé vampiresque). J'aime sa retenue, ses doutes, et sa sagesse.  Et Biggles (Jake McDormand) et D (Cory Hardrict). Je me suis attachée à eux. 

Les acteurs sont tous formidables - Bradley Cooper en tête - il a pris 20 à 30 kilos de muscle, est méconnaissable - caché sous sa barbe. Il est même presque laid (le vrai Kyle était plus beau). Sienna Miller joue très bien son rôle de femme qui aura assumé pendant une dizaine d'années la vie de son époux. Ses dernières paroles à son encontre sonnent comme un présage. 

Je ne vous dévoile pas la dernière scène, mais sachez que celle-ci (qui continue tout le long du générique de fin) n'a pas été tournée par Eastwood. C'est cette scène qui m'a, j'avoue, fait verser quelques larmes. Etrangement, ce n'est pas pour Chris Kyle que je les ai versée mais pour tous ces soldats revenus au pays, détruits physiquement mais surtout moralement. 

J'ai vu un superbe documentaire (sur Arte je crois) qui suivait ces hommes, partis très jeunes au combat et depuis incapables de reprendre une vie normale. Tous avaient plongés (drogues, alcool) et enchainaient tentatives de suicides. Comme pour ceux revenus du Vietnam, ils se sont transformés en zombies. Je pense aussi au documentaire Of men and war de Laurent Bécue-Renard, diffusé à Cannes et au documentaire réalisé auprès de soldats français, Restrepo (2010) excellent. 

Environ 4 500 soldats ont perdu la vie en Irak entre 2003 et 2014 (pour les victimes civiles, les chiffres varient entre 150 000 à un million). 

Un général avouera qu'environ 30% de ses soldats souffraient de problèmes mentaux, et qu'une année de répit entre chaque déploiement était insuffisante. Que près de 104 000 soldats de retour d'Irak ou d'Afghanistan, entre 2001 et 2005 souffraient de post-traumatic syndrom disorder (PTSD) - insomnie, drogues, alcools, violences domestiques, fracture avec la famille. Et suicides. La guerre continuera encore plus 9 ans. 

En 2007, plus de 2300 soldats attentèrent à leurs vies, 121 moururent. La même année, plus de 12% des soldats déployés en Irak ou en Afghanistan étaient sous anti-dépresseurs. 

Cette année-là, il y eut plus de morts par suicides que de morts au combat. Depuis, certains journaux ont mis en doute les chiffres, en s'appuyant sur d'autres statistiques, qui déclarent que la majorité des suicides concernent des anciens combattants de plus de 50 ans. Et alors ? Cette nouvelle étude n'en atténue pas la catastrophe. Allez faire un tour sur net, et vous verrez le nombres de jeunes hommes qui se suicident chaque jour (une vingtaine quotidiennement).  

Cette guerre était-elle réellement justifiée ? Je vous ai dit que j'avais défilé contre l'engagement de la France à une époque. De nos jours, l'Irak est en proie à une nouvelle guerre, civile. Eastwood n'en fait pas cas, ne remet pas en question - il élude le sujet - au grand dam de nombreux critiques qui lui reproche cette mise sous silence. Mais ce n'est pas la première fois qu'Eastwood choisit de n'en faire qu'à sa tête. 

Je vous dit tout ça, mais on en oublierait presque le film. Un bon film de guerre avec en filigrane une réflexion sur la souffrance des soldats de retour au pays. La guerre ne finit jamais pour eux. Finalement, la mort de Kyle aura été comme une sortie d'ironie cruelle. Cet homme, qui avait su revenir à la vie sera mort sous les balles d'un soldat, brisé par la guerre. 


Mon avis : ♥(♥)

22 octobre 2012

My addictions of the week


Rien de particulier, si ce n'est que j'aime le noir et blanc, et que le visage de Keanu s'y prête à la perfection ;)


Mes drogues culinaires ?

Des filets d'anchois nature, achetés à la poissonnerie. C'est mon régime automnal. Une douzaine chaque semaine. J'ignore pourquoi, mais je commence chaque repas en avalant trois ou quatre anchois. Et si vous voulez une recette, allez sur le site d'Elle.


Mes drogues télévisuelles ?

Pour le plaisir, j'ai suivi à nouveau les derniers épisodes de Homeland. Comme je le disais, si j'avais regardé la première saison peu de temps après sa diffusion américaine, j'ai décidé, comme pour Dexter, d'attendre la suite sur la chaine cryptée. Le programme cinématographique de cette dernière pour le mois de novembre me plait beaucoup, comme la diffusion de 50/50 avec Joseph Gordon-Levitt.

Mes drogues cinématographiques ?


J'avoue que depuis trois semaines, je n'ai pas mis les pieds dans un cinéma, n'étant ni fan de James Bond, ni fan de Twilight ou d'Astérix et m'étant endormie devant le premier Paranormal Activity, j'ai trouvé la programmation ces derniers temps bien terne. Jamais je n'aurais cru aussi peu utiliser mon Pass Cinéma.  Et une seule sortie m'aurait intéressée, malheureusement ce documentaire n'aura droit qu'à trois salles dans toute la France (je suis déçue de voir que le Katorza est passé à côté) - j'attendrais donc sa diffusion sur Arte ou Canal +.

Il s'agit d'un documentaire de Werner Herzog, Into the abyss qui raconte la rencontre entre le cinéaste et le condamné à mort, Michael Perry, à huit jours de son exécution.  Le cinéaste va l'interviewer puis retourner sur le lieux du drame où il a tué trois personnes lors d'un banal vol de voiture (filmé en 2010, le crime remonte au 24 octobre 2001 à Conroe, au Texas).  Si vous avez la chance d'habiter Lyon ou Saint-Ouen, n'hésiter pas à aller voir ce documentaire. Le cinéaste recueille entre autres le témoignage du bourreau qui a décidé de raccrocher et explique son geste.

En attendant, je prépare ma petite liste de films :

Pourquoi pas Looper ? J'aime les acteurs (Joseph Gordon-Levitt et Bruce Willis) et les films d'anticipation (et le voyage dans le temps). Par contre, j'ai vu la bande-annonce plusieurs fois, et même en sachant le pourquoi, j'ai du mal à accepter de voir un JGL au physique "modifié". Sortie attendue pour le 31 octobre.

Thérèse Desqueyroux, le denier film (et parait-il son meilleur) de Claude Miller avec mon actrice fétiche, Audrey Tautou -♥♥ adaptation du roman de François Mauriac (paru en 1927). Sortie attendue le 21 novembre.



A la même date, on pourra découvrir le dernier Clint Eastwood, Une nouvelle chance - qui raconte l'histoire d'un découvreur de talents spécialisé dans le base-ball qui, se sachant condamné à perdre la vue, va partir dans un voyage initiatique avec sa fille (Amy Adams). Pas très folichon, non ?  Il y aussi Justin T. J'avoue que je n'ai pas été emballée par la bande-annonce. Je vous laisse en juger par vous-même :




et pour Noël, après la trilogie fantastique du Seigneur des Anneaux (♥♥♥♥), le néo-zélandais Peter Jackson nous offre Le Hobbit : un voyage inattendu  - bon, je m'emballe un peu mais j'adore déjà ! Trop ravie de retrouver certains personnages légendaires, et une bonne raison de regarder à nouveau la trilogie chez soi pour les fêtes (et en blu-ray) : sortie prévue et très attendue le 12 décembre.


Mes drogues livresques ?

Comme je le disais précédemment, j'ai encore craqué pour quelques livres, je lis beaucoup mais principalement des romans étrangers, aussi j'avais envie de lire des auteurs français et en profiter pour combler mes lacunes en matière de classiques.

Je n'ai jamais lu Le Comte de Monte Cristo d'Alexandre Dumas, même si je connais l'histoire et si j'ai vu plusieurs adaptations télévisées. J'ai donc été ravie de trouver une ancienne édition d'un des romans les plus célèbres, dans une boutique de livres d'occasion. Malheureusement, j'ai eu le malheur de ne pas lire correctement la quatrième de couverture (1,90 € le livre) et j'ai pris les volumes 1 et 2, ne remarquant pas qu'il y avait un troisième.

Sinon, j'avais déjà lu Emmanuel Carrère, et j'avais toujours eu envie de lire L'Adversaire, aussi je n'ai pas hésité une seconde en le trouvant en rayon. J'ai ajouté un roman d'Agnès Desarthe, Un secret sans importance. Si je connais de nom cet auteur (je lis souvent les critiques littéraires), j'ignore tout de son univers, sinon qu'elle est une figure majeure de la littérature française. Ça sera donc une découverte.

Enfin, j'ai craqué pour un roman américain, écrit par Wesley Stace, intitulé L'infortunée (Misfortune). J'ai été particulièrement emballée par la quatrième de couverture, non seulement cette fresque victorienne semble passionnante (l'héroïne est en fait un garçon et découvre que ces parents ne sont pas ses géniteurs) mais la critique de Bret Easton Ellis vaut son petit pesant d'or : "... L'infortunée est remarquable, complexe, délicat, sophistiqué, tout à fait extraordinaire et j'ai honte de sortir un roman la même année que celui-ci...".

Espérons que je tombe aussi sous le charme ! En attendant, j'ai prévu dès demain de me plonger dans l'univers nippon à travers le roman Kitchen de Banana Yoshimoto, à mille lieux du western fleuve que je viens de finir.

Bonne semaine, souhaitons-le, un peu moins humide !

24 janvier 2011

Hereafter ou Au-delà

J'ai toujours aimé les films réalisés par Clint Eastwood, mes préférés : One Million Dollar Baby, Mystic River, Unforgiven (Impitoyable) et A Perfect World (un monde parfait) (avec un Kevin Costner impeccable). J'attendais donc avec impatience sa dernière réalisation, mais peu à peu les critiques sont arrivées, mitigées, voire mauvaises. Difficile à croire, alors je suis allée voir par moi-même.

Résumé : Au-delà ou Hereafter (je l'ai vu en vo) est l'histoire de trois personnages hantés par la mort et les interrogations qu'elle soulève. George est un Américain d'origine modeste, affecté d'un "don" de voyance qui pèse sur lui comme une malédiction. Marie, journaliste française, est confrontée à une expérience de mort imminente, et en a été durablement bouleversée. Et quand Marcus, un jeune garçon de Londres, perd l'être qui lui était le plus cher et le plus indispensable, il se met désespérément en quête de réponses à ses interrogations. George, Marie et Marcus sont guidés par le même besoin de savoir, la même quête. Leurs destinées vont finir par se croiser
(Je ne suis pas d'accord avec la phrase finale d'Allôciné : pour tenter de répondre au mystère de l'Au-delà).

Le casting est international, comme l'action qui se déroule simultanément à Paris avec Marie (Cécile de France et Thierry Neuvic), Londres avec le jeune Marcus (George McLaren et son jumeau Jason alias Frankie McLaren) et à San Francisco avec George (Matt Damon).

Un bon casting. J'ai choisi l'affiche de la version américaine, car j'ai vu le film en version originale, même si au début j'ai pensé voir le version française, car on commence par les Frenchies ! Mais dès qu'on arrive à Londres, les sous-titres apparaissent. J'ai aimé voir le film en deux langues, et en plusieurs accents.

Le tsunami arrive ...

Clint Eastwood nous offre une première scène impressionnante, celle du tsunami qui a ravagé le 26 décembre 2004 les côtes asiatiques. J'avais entendu parler de cette scène, et effectivement on se prend une grande claque.  La scène est presque surréaliste, et pourtant elle ne reflète que la triste réalité. Il n'y a rien à dire de plus, on vit chaque moment intensément. Et on s'attend à ce que cette scène reflète l'ensemble du film, mais malheureusement non.

On découvre le personnage de Marie, interprété par une Cécile de France que j'ai trouvé convaincante, mais étonnamment éteinte. Je l'ai toujours trouvé lumineuse dans ses autres rôles. Celui-ci est effectivement particulier, elle interprète le rôle d'une femme dont la vie est complètement bouleversée et qui remet en cause toutes ses croyances. Mais j'avoue qu'elle a réussi (volontairement ou involontairement) à perdre ce charme un peu fou qui me plaisait tant chez elle. J'ai donc, comme pour le personnage de Thierry Neuvic (qui joue son petit ami), du mal à savoir si cela vient du jeu des acteurs ou des rôles qu'ils interprètent. Mais j'avoue avoir été assez insensible au personnage de Marie.  Le rôle de Thierry Neuvic m'a un peu surpris, présent lors du tsunami, il se remet très vite des évènements. Amusant de voir cet habitué du petit écran dans une salle de cinéma.

George McLaren
Clint Eastwood nous fait ensuite voyager à Londres, et à San Francisco. Londres où vivent deux jeunes frères jumeaux, inséparables, élevés par une mère seule droguée et alcoolique. Ils sont inséparables, se soutenant dans cette vie triste. Malheureusement la mort vient les frapper. Les jeunes acteurs (Frankie et George McLaren) jouent admirablement bien, j'ai préféré à Paris les scènes de Londres. La mère est brillamment interprétée par Lyndsey Marshal (qui joue Cléopâtre dans la série Rome). J'ai tout de suite éprouvé plus de sympathie envers le personnage qui vient d'être touché dans sa propre chair que celui de Marie (Cécile de France).

San Francisco - une bulle d'espoir qui éclate malheureusement trop tôt. Matt Damon joue bien, toute en subtilité et en retrait le rôle de cet homme (George), qui vit comme une malédiction ce don de voyance. Pour entrer en contact avec les morts, il lui suffit de serrer les mains de n'importe qui pour voir apparaître leurs proches disparus. Mais tout n'est pas perdu et si la lumière apparaît enfin dans le film, c'est grâce à Bryce Dallas Howard, qui joue le rôle de Mélanie. Sa rencontre avec le très solitaire George dans le cours de cuisine, est magnifique. La scène où l'un d'eux doit porter un bandeau et doit deviner ce que l'autre lui fait manger est sensuelle, douce, pleine d'espoir. Clint Eastwood nous fait soudainement croire que la vie peut et doit être plus forte que la mort. Espoir de courte durée.

Matt Damon et Bryce Dallas Howard

Enfin, l'autre lumière du film est Marthe Keller. Actrice à mon goût bien trop discrète, j'ai adoré ses rôles américains (à l'époque où elle vivait avec Al Pacino, dans Bobby Dearfield par exemple), depuis je compte ses apparitions cinématographiques. Moi qui adore sa voix, son accent, j'ai été déçue de la voir échanger en anglais ses impressions sur l'au-delà avec Cécile de France.
Marthe Keller, la trop grande absente du cinéma français et Cécile de France

Contrairement à ce que beaucoup disent, Clint Eastwood n'offre aucune réponse à l'au-delà. Certains y croient, d'autres pas, d'autres expliquent les visions de Marie par sa situation physique : en arrêt cardiaque, son cerveau a provoqué ces images. D'ailleurs, j'y ai repensé lorsqu'elle rencontre le personnage médecin de Marthe Keller, qui se déclarant athée a fini par croire les témoignages de ses patients (en soins palliatifs), ceux qui revenus de l'au-delà ont tous ces images douces, avec ses êtres qu'on a du mal à distinguer, qui vous attendent. Moi j'ai eu au contraire le sentiment, que pour tous le cerveau avait eu la même réaction chimique. Mais alors que dire du médium ? Clint Eastwood nous montre tous les charlatans qui parcourent le monde en déclarant être en contact avec l'au-delà et le seul qui ne ment pas, vit lui un véritable enfer.

Chacun peut donc repartir avec ses propres croyances, les mêmes qu'il avait en venant voir le film. Rien de bouleversant. En fait, c'est le film même qui n'a rien de bouleversant, trois fenêtres de vie qui s'ouvrent, ces personnages qui finissent par se rencontrer et trouver, non pas la réponse qu'on attend tous (qu'est-ce qui se passe après la mort ?) mais simplement l'écoute et les mots qu'ils souhaitaient entendre. Des mots de réconfort.


C'est le premier film de Clint Eastwood qui semble sorti tout droit d'un studio hollywoodien  : un film qui ne lui ressemble finalement pas. Je crois qu'on a tendance à oublier que tout réalisateur peut faire des films de qualité différente (comme les Woody Allen qui parfois ne me plaisent pas). Alors oui, quand je repense à One Million Dollar Baby, je suis forcément un peu déçue.

En même temps, je n'avais pas regardé la durée du film et je viens de voir sur Allôciné qu'il durait 2h08. Je ne l'ai pas trouvé long, je ne me suis pas ennuyée, mais deux jours après je l'avais déjà oublié.








23 décembre 2010

Agenda cinéma 2011

 
 
2011 : un autre grand cru cinématographique ?

J'aime le cinéma, et cette année il ne m'a pas déçu. J'avais fini 2009 avec les images d'Avatar, puis vint le tour d'Inception. Il y eut aussi Tamara Drew, (500) Days of Summer, l'Age de Glace, Des Hommes et des Dieux, The Town, l'adieu à Shrek et à Woody et Buzz, the Social Network et plein d'autres encore. De l'action, de l'émotion, de la peur, du rire, des larmes. Du cinéma, j'ai adoré ces derniers mois. 

Et quelle chance pour moi, pour vous, 2011 promet d'être aussi excitant. Je veux y croire, ça sera ma seule demande au Père Noël : des rêves plein la tête !

J'ai déjà parlé de certains films que j'attends avec impatience :
1. The tree of Life de Terrence Malick (avec Brad Pitt et Sean Penn) ****
2. Tron, the legacy (avec la musique de Daft Punk et Jeff Bridges) ***
3. Restless de Gus Van Sant ****
3 bis. Black Swan (avec Natalie Portman et Mila Kunis)***
4. Conviction (avec Hilary Swank et Sam Rockwell, le trailer me donne des frissons...)****
5. Never Let me go (adaptation du livre avec Keira Knightley, Andrew Garfield, Carey Mulligan)***
6. It's kind of a funny story (étrange histoire)
7.The fighter (la vie du boxeur Micky Ward avec Mark Walhberg et Christian Bale)***
8. Animal Kingdom (à voir la bande-annonce, le choc venu de Down Under)
9.True Grit : un bon vieux western !  (avec Jeff Bridges et Matt Damon)
10. Blue Valentine (allez une histoire d'amour)

Mais j'ai également envie de voir ceux-là  (il y a encore beaucoup mais bon il faut bien que je m'arrête !) 

"The way back" ou "Les Chemins de la liberté" de Peter Weir (le papa de Witness, Mosquito Coast, le cercle des Poètes disparus, The Truman Show) avec Jim Sturgess, Ed Harris, Saoirse Ronan et Colin Farrell dans les rôles principaux. Une fresque avec des paysages incroyables, sur fond d'histoire vraie.

Synopsis : En 1940, une petite troupe de prisonniers s'évade d'un goulag. Pour ces hommes venus de tous les horizons, s'échapper de cet enfer ne sera que le début d'un immense voyage, car ensemble, ils vont parcourir plus de 10 000 kilomètres, à travers la toundra sibérienne glacée, les plaines de Mongolie, les fournaises du désert de Gobi puis les sommets de l'Himalaya pour franchir la Grande Muraille de Chine. Certains s'arrêteront en chemin, d'autres ne survivront pas aux épreuves. Sortie prévue fin janvier.


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"127 hours" - le dernier film de Danny Boyle avec le génialissime James Franco ("Milk", "Pinnable Express"). L'histoire véridique d'Aron Ralston - qui se retrouva coincé suite à une chute et un éboulement pendant 127 heures, et devant faire un choix ultime pour survivre. Date de sortie : 23 février.
J'adore James Franco et ce film révèle tout son talent à interpréter un jeune homme extraordinaire. La musique, les choix techniques du réalisateur, tout me plaît ! Et un plus, la participation de Clémence Poésy.



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"Hereafter" ou "Au-delà" le dernier Clint Eastwood avec Matt Damon et Cécile de France. Date de sortie : 19 janvier.  Je vais voir chaque film de Clint Eastwood, l'histoire m'importe peu.  Mes films préférés sont avec "Million Dollar Baby", "Un monde imparfait" (avec Kevin Costner). On en parle peu mais pour moi c'est un véritable bijou.
Au-delà est l'histoire de trois personnages hantés par la mort et les interrogations qu'elle soulève. George est un Américain d'origine modeste, affecté d'un "don" de voyance qui pèse sur lui comme une malédiction. Marie, journaliste française, est confrontée à une expérience de mort imminente. Et quand Marcus, un jeune garçon de Londres, perd l'être qui lui était le plus cher il se met désespérément en quête de réponses à ses interrogations.