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23 mai 2016

X-Men Apocalype

Honnêtement, ce film n'était pas à mon programme mais ma soeur a su me convaincre d'aller le voir. Après tout, j'ai déjà vu les deux derniers volets de l'aventure des X-Men et plus particulièrement de leur histoire. Nous voilà donc embarquées avec une de ses amies dans la salle de cinéma, la plus grande, pour voir le dernier opus de la saga en vo et en 3D d'une durée de 2h20 ! 

L'amie de ma soeur a bien voulu nous rappeler la situation - après l'échec cuisant de Magneto, dix ans ont passé. Et nous voilà plongés dans les 80's ! Oui, vous ne rêvez pas ! Chez Charles-Xavier (James McAvoy), son "école" se développe bien. Les mutants ont dorénavant le droit de vivre au grand jour et peuvent même, comme les nouveaux élèves, filer faire un tour au mall.  Mais c'est encore très différent dans une grande majorité de la planète, et Raven/Mystique (Jennifer Lawrence), devenue pour tous les mutants qui doivent vivre cachés, leur héroïne, s'est donnée pour mission d'ex-filtrer de l'Union Soviétique tous ces jeunes mutants dont certains sont utilisés comme bêtes de foire. C'est ce qu'elle fait avec un jeune allemand de Berlin Est, Diablo, il est tout bleu, possède une longue queue et surtout le don de se transporter d'un endroit à un autre. 

En Egypte, l'agent de la CIA, Moira (Rose Byrne) est sur la trace d'un culte qui vénère l'un des derniers pharaons. Ah oui, ai-je oublié de vous dire qu'ici on remonte le temps dès le départ - j'avoue que le générique de début du film vaut à lui seul le détour. Une petite merveille de technologie. 
Bref, deux mille ans avant Jesus-Christ, un Pharaon peut orthodoxe régnait sans partage : le 1er mutant qui possédait le don de s'approprier les pouvoirs des autres mutants qu'on lui offrait en sacrifice lors d'une cérémonie en grandes pompes. Mais face à pouvoir presque indestructible, une poignée d'hommes eurent le courage de donner leur vie et d'empêcher le dernier transfert. La pyramide s'écroule sur le mutant et l'histoire l'oublie. Jusqu'à ce que ce culte réapparaisse et que des hommes commencent à fouiller les catacombes au Caire et réveillent bien malgré eux le pharaon endormi. Moira a juste la chance d'en sortir vivante, au grand soulagement de Charles-Xavier qui, accompagné de Hank (Nicholas Hoult) utilisait sa machine, le cerebro. 

Jean Grey, Diablo et Cyclops

Le plus surprenant est sans doute Magneto (Michael Fassbender), qui suite à ses déboires, a eu l'idée étrange d'aller se cacher dans une petite ville industrielle dans un pays de l'URSS, la Pologne. Il vit comme un simple ouvrier d'usine. Il consacre tout son temps à sa petite famille, une Polonaise et la petite fille qu'ils ont eu ensemble.  Mais malheureusement, son bonheur sera de nouveau de courte durée et le pharaon réveillé, les Mutants vont à nouveau être au devant de la scène, bon gré, mal gré...

L'autre partie du film est consacrée à vous raconter les "débuts" des X-Men, ceux qu'on va retrouver ensuite dans le tout premier X-Men de la saga (celui-ci va être rediffusé à la télévision) : ainsi, on y croise la très jeune Jean Grey (jouée par Sophie Turner, connue pour GoT), élève à l'école de Charles-Xavier, la jeune femme est mal dans sa peau et crainte par les autres élèves pour ses dons de prophétie. J'avoue que le choix nous a surpris, car si les autres ont vraiment une ressemblance avec leurs versions "plus âgées", ici ce n'est pas le cas.



Elle est rejointe par Scott, plus connue sous le nom de Cyclops, dont les yeux meurtriers viennent de naître. Il est interprété par Tye Sheridan, un jeune acteur que l'on voit partout. On y retrouve Steven, un survivant de la première vague des X-Men, le frère ainé de Scott, mutant également qui aide Charles-Xavier à trouver les élèves pour son école. 

En Egypte, le pharaon va recruter une jeune voleuse des rues, punk, elle possède aussi un don - c'est une mutante, Ororo, qui n'est autre que Storm, adolescente et un jeune homme ailé (très très 80's), Angel, joué par Ben Hardy (inconnu au bataillon).  Enfin, je me dois de citer Olivia Munn, une actrice très connue, qui joue aussi une mutante, Psylocke. Cette dernière accompagne donc En-Sabar-Nur, ce mutant pharaon dont j'apprends aujourd'hui qu'il est joué par Oscar Isaac (si si!), mais comme on ne voit jamais son vrai visage, j'ignorais totalement qui l'interprétait.

Quicksilver

Le plus amusant ? L'arrivée de Quicksilver - joué par Evan Peters, un jeune mutant qui a don de se déplacer plus vite que l'air et sera grandement utile à sauver les vies des élèves et plus tard lutter contre l'Apocalypse promise par le Pharaon. J'avoue, je prendrais bien son don ! Le garçon, déjà présent dans le précédent volet (?)  apporte sa touche d'humour au film et j'adore son personnage de loser.

Que dire du film d'ailleurs ? Un bon divertissement, l'apparition d'un mutant dont j'avais déjà deviné le nom dans le film, vient égayer l'histoire, plutôt sombre. On y découvre comment Charles-Xavier perd ses cheveux et si les geeks racontaient à la sortie du film, que Marvel n'est pas fidèle aux comics, il en reste néanmoins un très bon divertissement. La 3D ? Utile mais pas sur les 2h20 du film, qui pour une fois, prend vraiment son temps à présenter tous les personnages et toute l'histoire avant de livrer les plus grandes scènes de combat dans la dernière demi-heure. 

Je n'ai recherché que le divertissement et il était au rendez-vous, j'adore la bromance entre Charles-Xavier et Magneto, et j'ai adoré avoir Moira accompagner les héros tout du long de l'histoire, et même participer à la dernière bataille. Pour la profondeur de l'histoire, on en revient toujours au même : un Mutant seul ne peut posséder une telle puissance. 

Mon avis : 


07 mars 2016

My addictions of the week


Le soleil est de retour, il manque encore quelques degrés, mais on sent le Printemps venir enfin pointer le bout de son nez ! 

Au menu cette semaine : Netflix, Charlize Theron, The Offence, Clémence Poésy, Apple TV, Dark Places, Vikings, Sharp Objects, Tunnel, Tye Sheridan, Stephen Dillane, Twinsters, Nicholas Hoult, House of Cards, etc.

20 mai 2013

Mud, enfin vu !

Oui, je sais, j'arrive un peu après tout le monde, mais j'ai du reporter ma séance cinéma pour des raisons personnelles. Je tiens cependant à dédier un billet à ce film, car j'attendais impatiemment de voir le dernier opus de Jeff Nichols, et puis moi qui adore le cinéma américain, le Sud des États-Unis, et les films initiatiques, je ne pouvais pas ne pas voir ce film ! Et puis, en aparté, je veux aussi réagir aux propos tenus par un critique dans l'émission Le Cercle qui m'a encore prouvé une fois, que nous ne venons pas de la même planète.

En premier lieu, Jeff Nichols m'avait emballé avec Take Shelter il y a deux ans, la réalisation et l'histoire, tout m'avait plu. J'ai été agréablement surprise de voir que le réalisateur avait confié de nouveau un rôle à Michael Shannon, celui de l'oncle Galen. En fait, j'avais décidé de voir ce film sans avoir réellement vu la bande-annonce, aussi la présence de Sam Shepard fut une autre excellente surprise. 

Si Jeff Nichols est doué, c'est aussi dans le casting, Mud offre un rôle magnifique à Matthew McConaughey, qui est en passe de devenir un de mes acteurs préférés, depuis son rôle d'avocat dans le sulfureux Time to kill à l'avocat dans l'excellentissime The Lincoln Lawyer. Ici, il est de nouveau parfait, il interprète avec brio ce fugitif, cet orphelin du fleuve, devenu meurtrier par amour et qui court encore après son rêve américain.


L'histoire ? Deux jeunes ados, Ellis et Neckbone vivent au bord du Mississippi, le premier qui vit sur une péniche, voit ses parents se déchirer peu à peu, le second, au nom étrange de Neckbone vit avec son seul parent, son oncle Galen, pêcheur de coquillages, dans une caravane. Ces deux jeunes garçons de 14 ans représentent cette Amérique pauvre et blanche du Sud que j'ai connu en vivant au Tennessee.  Partant à l'aventure, ils découvrent sur une ile du fleuve, un bateau posé dans un arbre. Alors qu'ils comptent en faire leur "cabane dans les bois", ils font la connaissance du mystérieux Mud, échoué sur l'île et qui attend le retour de son amour, la belle Juniper.

Jeff Nichols réalise un film dans la pure tradition américaine, un conte initiatique sur l'amour, la filiation et le passage à l'âge adulte, tourné ici dans une facture très classique. Contrairement au réalisateur sud-coréen de Stoker (mon dernier billet) qui réinvente chaque image par un angle nouveau, une perspective troublante, ici Nichols se concentre sur les personnages et sur le fleuve.

Car c'est le fleuve que le spectateur suit, son rythme, lent, écrasé par la chaleur, ce fleuve qui nourrit de moins en moins bien les parents des garçons, ce fleuve qui offre encore ces mystères, qui donne et prend la vie.  Ce film est souvent comparé au célèbre film de Charles Laughton, la Nuit du Chasseur, bizarrement c'est au film de Clint Eastwood, Un monde parfait (avec Kevin Costner) qui m'est apparu pendant la projection. L'histoire de ce braqueur de banque, qui poursuivi par la police, kidnappe un jeune garçon et développe avec lui une relation très forte. J'ai retrouvé ici le même attachement qui unit le jeune Ellis à Mud. Leur relation est magnifique.

Ici, les ados vont aider un fugitif, et malgré le danger qui grandit, ils vont tout faire pour l'aider à s'enfuir, accompagné de sa belle. Ils vont se réinventer une vie, et surtout mûrir, grandir. Ils vont découvrir l'amour, les premiers émois, mais aussi la violence, le mensonge. La rencontre avec Mud coïncide avec une époque particulière de leur vie, où Ellis va devoir quitter ce fleuve qu'il aime tant. Ils vont peu à peu dire au revoir à leur jeunesse, proche de Tom Sawyer et Huckleberry Finn.


J'ai adoré les personnages d'Ellis (Tye Sheridan) et Neckbone (Jacob Lofland), je ne suis pas objective, ayant vécu là-bas, j'ai souvent croisé ces jeunes garçons, élevés dans la pauvreté, mais qui en échange sont extrêmement malins et débrouillards. Laissés souvent à eux-mêmes, ils savent dès leur plus jeune âge, conduire, piloter un bateau, chasser, pêcher, je me souviens de ces garçons rencontrés dans le Montana (j'ai aussi habité là-bas), qui ainsi partaient seuls l'hiver à la chasse, pendant plusieurs jours. Leur relation à la nature m'avait impressionnée. J'ai retrouvé cela chez Jeff Nichols. Il n'a pas inventé un monde, il ne fait que raconter une réalité qui dépasse souvent la fiction pour les citadins français que nous sommes. Ces gamins existent. Ici, on reconnaît cette éducation sudiste, où les jeunes garçons disent "Sir" aux hommes adultes. 


Je ne peux pas ne pas parler de Mud (McConaughey), cet Huckleberry Finn, orphelin du fleuve Mississippi, amoureux transi de la jolie Juniper (Witherspoon) qui par amour est prêt à tout. C'est un personnage profondément aimant, pas très malin, qui ne quitte pas sa chemise porte-bonheur et ses boots aux empreintes de croix, il tient à ses grigris, hérités de cette enfance solitaire et va s'attacher à ses garçons au point de risquer sa vie pour eux.

Les rôles secondaires sont très bien interprétés, Michael Shannon, toujours égal à lui-même, ce géant interprète un oncle prévenant, Elisabeth Shue (trop rare à l'écran) et Reese Witherspoon jouent ces femmes dont les histoires d'amour finissent souvent mal, mais qui sont profondément aimantes et enfin le génialissime Sam Shepard qui campe la figure paternelle pour l'orphelin Mud, sorte d'Huckleberry Finn qui a grandi sur ce fleuve.

Comme je le disais, j'aime cette Amérique qui filme ses gamins comme Gus Van Sant a réussi à la faire, ou d'une autre manière, Steven Spielberg. Pour ces gamins du Sud, je pense au film de Joel Schumacher (1994) The Client, souvenez-vous le jeune Mark et son petit frère assistaient par accident à un suicide et se retrouvaient témoins et victimes potentielles. Ce film m'avait beaucoup marqué, et surtout montré enfin cette Amérique du Sud, cette Amérique des blancs pauvres. Je n'aime pas beaucoup ce terme, mais cette "white trash" est très mal vue aux États-Unis, leur présence mettant ici à mal le célèbre rêve américain.


Le film vous emmène sur ce fleuve, et vous apporte de l'amour. C'est vraiment ce que j'ai ressenti en voyant ce film, et l'espoir. Encore une fois, j'ai trouvé les deux jeunes acteurs formidables, d'ailleurs j'ai tout de suite reconnu le jeune Tye Sheridan, qui joue Ellis, il était l'un des fils de Brad Pitt dans The tree of Life et que dire sinon qu'il a bien grandi et a développé un vrai talent d'acteur. A suivre pour sûr ! Pour le jeune Jacob Lofland (Neckbone), il est d'un naturel désarmant, j'adore son personnage, beaucoup plus sceptique, amer mais aussi terriblement prévenant envers son meilleur ami. 

C'est ainsi que j'en viens à faire un aparté sur la critique du film opérée par le même Bégaudeau (orthographe toujours à vérifier) dans l'émission du Cercle qui n'a pas aimé le film, s'est profondément ennuyé car selon lui le réalisateur ne laissait aucune place à l'imaginaire, il lui reproche cette réalisation très classique - mais que voulait-il ? Filmer les acteurs la tête à l'envers ? Introduire de la 3D ? Pourquoi l'histoire ne suffirait-elle pas ? J'ai adoré Stoker et toute ce travail autour de l'image, mais je ne pense pas qu'elle s'applique à chaque film. Il était bien isolé sur le plateau du Cercle, reprochant même au réalisateur de raconter une histoire impossible: pourquoi deux adolescents iraient-ils aider un fugitif ? Lui le prof, lui qui a défendu ces jeunes de banlieues, est allé crier à l'écran qu'ils étaient incapable de sentiments, d'élan de générosité. Belle image de la jeunesse. Il a traduit ce film en deux gamins perdus à la recherche d'une figure paternelle (or ils ont tous deux des figures paternelles aimantes). Bref, encore une fois, je m'en rends compte que j'avais eu raison de ne pas aimer son film ! 

Bref, vous aurez compris, j'ai beaucoup aimé ce film, car aujourd'hui, où les adolescents américains sont souvent réduits à des images de jeunes riches désabusés (le dernier Coppola ou le film Springbreaker), ici ils montrent ces autres jeunes, loin des iPad, ordinateurs ou voitures dernier cri, ils montrent cette Amérique que j'ai connue et que j'ai aimée. Allez voir Mud !

Ma note :