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27 janvier 2014

12 years a slave

Solomon Northup est un homme heureux. Il vit dans le nord de l’état de New York en 1840 avec son épouse et ses deux enfants. Violoniste, il gagne bien sa vie et vit confortablement. Mais Solomon est noir. La couleur de sa peau attise haine et convoitise. Deux hommes vont le piéger, l'entrainer à Washington où il sera vendu comme esclave à des propriétaires sudistes.

Solomon Northup a réellement existé, le spectateur en est informé dès le début. Et c'est avec effroi que l'on suit la plongée en enfer de ce musicien éduqué et cultivé. Enchainé, battu, il n'a de cesse de se battre pour survivre. La survie n'est pas que physique, elle est surtout morale. Traité comme un objet, une bête de foire - il est d'abord acheté par un propriétaire plutôt gentil (Benedict Cumberbatch, l'acteur phare de 2014), mais l'homme oublie sa condition d'esclave et propose d'améliorer les conditions de travail pour ses pairs. Si ses idées sont bien accueillies par le propriétaire, il est pris en grippe par l'intendant Tidbeats (le formidable Paul Dano). Il est sauvé in extremis par le propriétaire qui le revend à l'impitoyable Edwin Epps (Michael Fassbender, exceptionnel). S'en suivront des années d'horreur, d'outrage, d'humiliation.
Le salut viendra des années plus tard par l'intermédiaire d'un homme blanc (Brad Pitt).

09 décembre 2011

Shame

Après un rendez-vous à 8h00 du matin (vive les RTT), je suis allée me réfugier du mauvais temps dans une salle de cinéma pour voir le dernier film de Steve McQueen, Shame avec dans les rôles principaux Michael Fassbender et Carey Mulligan.

L'acteur irlandais retrouve le réalisateur qui l'a mené à la gloire après l'avoir fait tourner dans le sublime Hunger.

Leur deuxième collaboration a fait pas mal jaser lors de sa sortie et ses diffusions lors de divers festivals, parce que le sujet est à la fois d'actualité et à la fois regardé d'un œil douteux (l'addiction au sexe ?) et parce que le réalisateur britannique avait choisi d'exposer ainsi les attributs physiques de l'acteur it du moment : Michael Fassbender. Autant de raisons d'aller donc le voir le film dès sa sortie.

Mais arrêtons-là tout de suite les réjouissances, car le film est tout sauf joyeux, il est même son opposé :  dépressif, troublant et dérangeant. Si toute femme normalement constituée (avec comme moi un truc pour les roux) ne peut que se réjouir de passer 1h40 avec Michael Fassbender, l'effet n'est malheureusement que de courte durée.

Rapidement l'histoire de Brandon Sullivan (Michael Fassbender) vous entraîne dans une vie de solitude, d'angoisse, de mal être, où le sexe est l'exutoire de sa propre haine. Si la première scène vous montre un homme sûr de lui, beau, séduisant, qui a réussi (un superbe appartement dans Manhattan, un job sympa) le réalisateur vous entraine rapidement de l'autre côté du miroir. Les premières minutes du film, où les spectateurs peuvent admirer la plastique (de dos et de face) de l'acteur irlandais n'ont rien de "sexy", car on comprend rapidement que Brandon est un obsédé du sexe. Son obsession lui a ôté toute vie sociale (exceptée les rares sorties avec son boss et ses collègues), son appartement est significatif : très peu de décoration, blanc, les meubles sont froids. Brandon ne pense, ne vit que pour le sexe. Il va le chercher partout, dans la rue, les bars, les call-girls, les sites pornos. Il se retrouve même dans une position délicate au travail lorsqu'on lui retire son ordinateur.

Brandon fonctionne presque comme un robot, il semble être totalement déshumanisé. Mais la vie vient parfois lui faire des clins d’œil, d'abord avec la venue de sa sœur - Sissy (Carey Mulligan), qui lui rappelle à la fois son passé (tout sauf joyeux), puis avec son coup de foudre pour une collègue de travail. On le voit soudainement éprouver à nouveau des émotions, il sourit, il pleure. Il vit. Mais son obsession le domine, prédateur sexuel, il prend soudainement conscience de sa maladie, et replonge. Comme un un drogué.

Le spectateur assiste alors à sa lente déchéance (les bars glauques, les bagarres) et cet homme si séduisant au départ devient presque monstrueux (lors d'une scène de sexe brutale). Son visage déformé par la douleur et la honte qu'il ressent ont provoqué chez moi quelque chose d'inattendu : je l'ai trouvé soudainement laid et pathétique. Michael Fassbender a su parfaitement montré la complexité de cet homme, sûr de lui et séduisant mais qui vit réellement dans la honte.  Honteux d'avoir sa vie entière contrôlée par ses obsessions sexuelles. Impossible de ne pas ressentir de l'empathie pour cet homme. Un vrai tour de génie de la part de Steve McQueen et de Fassbender. Lors de cette scène, on aperçoit "le monstre" - tel qu'il s'imagine l'être.

Sa sœur, qu'il se refuse à voir - est l'élément déclencheur de sa prise de conscience. Désenchantée, dépressive, elle vivote de petits boulots de chanteuse. Sissy est en manque d'amour et d'assurance et s'amourache du premier venu. Tous les deux sont se ressemblent dans leur incapacité d'avoir des relations normales avec les autres. Leurs scènes communes sont intenses et magnifiques. Chacun repoussant violemment l'autre, car il lui rappelle sa propre vérité, mais chacun désespérément accroché à l'autre car c'est l'unique relation "d'amour" qu'ils connaissent.



Le génie cinématographique de McQueen a été d'associer la ville américaine à leur histoire.  Il montre une New York ogresse qui dévore ses habitants, froide, tentaculaire. La ville, filmée magnifiquement est une caisse où résonne la solitude de Brandon et Sissy. Ajouter la sublime musique du compositeur Harry Escott qui accompagne magnifiquement le personnage de Brandon (son jogging en pleine nuit par exemple permet au spectateur de découvrir une autre facette de cette mégalopole).

L'une des plus belles films du film est sans doute celle du club où Sissy vient chanter "New York New York". Il faut se laisser porter par sa voix et par l'émotion brisée de Brandon. La ville y est à cet instant-là, comme le fait remarquer un personnage "magnifique".

Aussi, s'il y a de nombreuses scènes de sexe, je n'en suis pas ressortie émoustillée car j'ai assisté ici à la manifestation de la souffrance d'un homme. Attention, si certaines scènes de sexe sont crues,  on ne bascule jamais dans le porno.  A noter l'interprétation différente selon les spectateurs de la dernière scène du film, je dirais moi qu'il y a ici une note d'espoir. Je veux y croire ;)

Côté acteurs, ils sont tous très bons, Michael Fassbender est sublime, sa transformation est impressionnante, et oui, il est parfaitement à l'aise avec son corps (mais bon difficile de ne pas l'être quand on est "foutu comme lui"), mention spéciale à Carey Mulligan qui depuis Drive me surprend. Je l'avais aimée dans An Education, mais là elle m'a vraiment bluffée. Elle se lâche vraiment. J'ignorais ses talents de chanteuse, franchement les rôles borderline lui vont magnifiquement.

Enfin, une petite note positive pour l'acteur qui interprète le boss et meilleur ami de Brandon, David. Il s'agit de mon tendre James Badge Dale, le héros de la série The Pacific, dont je vous ai parlé à plusieurs reprises. Décidément ! Il est vraiment séduisant même si ici, il campe le rôle d'un con (mais pas si con, car je le soupçonne de savoir la vérité au sujet de son ami et il est le seul à l'accompagner dans sa vie). Mais j'ai vraiment craqué pour cet acteur et j'étais ravie de voir qu'il avait été remarqué par le réalisateur britannique. Le casting était donc impeccable.

Je vais sans doute acheter dès ce soir ou demain la musique du film. Shame est un film troublant, dérangeant, qui montre la solitude et le désespoir de ces personnes atteintes de cette maladie, maladie qui les isole de toute vie sociale et surtout amoureuse. C'est un très beau film.

PS : j'avoue que lorsque je lis le nom de Steve McQueen, c'est toujours son célèbre homonyme qui me vient en tête, alors une petite photo pour le plaisir et pour finir sur une note plus gaie ;)




27 septembre 2011

The Ryan Gosling case


J'avais donc envie d'aller voir la comédie Crazy, stupid, love - retrouver Steve Carell, Julianne Moore et Marisa Tomei (trop rare) et les bonnes critiques avaient eu fini de me convaincre. Puis j'ai lu la critique de Papillote qui donnait non seulement son opinion sur le film, mais abordait le cas délicat de Ryan Gosling.

Fan de cinéma, je connais assez bien la filmographie de sieur Gosling. J'ai d'ailleurs revu récemment un de ses premiers films (il a une longue carrière, ayant appartenu comme Justin Timberlake au fameux Club Mickey),
Calculs Meurtriers - un thriller où il incarnait un jeune rêvant de commettre le crime parfait. J'ai revu le film avec plaisir, et j'avais aimé sa performance. Puis il a joué dans la comédie romantique de la décennie, The notebook (N'oublie jamais, traduction guimauve)- un film ultra romantique qui a fait rêver des millions d'adolescentes, et comme dans le précédent, il s'est amouraché de l'actrice (Sandra Bullock puis Rachel McAdams). Sans doute un peu échaudé par toutes ces jeunes prépubères, il a décidé de réorienter sa carrière vers des films indépendants.



Puis, avec Crazy, stupid, love, il s'est tenté à la comédie, et le résultat est plutôt bon. C'est une bonne comédie, la brochette d'acteurs a permis aux réalisateurs (j'avais beaucoup aimé leur film I love you Philip Morris) de retenter le duo comique (Jim Carrey et Ewan McGregor dans le premier et ici Steve Carell et Ryan Gosling).  Dans son billet, Papillote aborde le rôle de Jacob, interprété par Gosling. Pour ma part, je n'en ai pas retiré les mêmes conclusions.
Le personnage de Steve Carell se retrouve du jour au lendemain largué par l'amour de sa vie, Julianne Moore, sa femme depuis vingt-cinq ans. Venu noyer son chagrin dans un bar hype, il commence à observer le jeu de ce jeune loup, Jacob - tiré à 4 épingles, capable de repartir avec une femme différente tous les soirs. Étrangement, Jacob va décider d'apporter son aide au quadragénaire déprimé à coup de relooking et coaching et lui enseigner "Comment emballer une nana en trente leçons".

Papillote n'a pas trouvé Ryan Gosling crédible en séducteur, et n'a donc pas compris le choix du réalisateur. Pourtant blond (donc un bon point pour Papillote et moi), musclé, dressé à quatre épingles - il n'a pas réussi à séduire notre blogueuse "mémé". LOL. Mais, moi j'ai tout de suite vu dans ce personnage de Jacob une caricature comique du dragueur. Les réalisateurs, je le crois, se sont amusés à le ridiculiser. Ainsi, la scène du vestiaire, où il se tient nu devant Steve Carell assis, qui ne peut que voir la "chose" de son coach - avait pour moi le but ultime de détruire le mythe du dragueur.  Et je trouve que Ryan Gosling a fait du bon boulot, je pense réellement que son personnage n'était pas supposé mettre en valeur le tombeur de ses dames, genre George Clooney, mais bien de s'en moquer.  Sa musculature, son teint perpétuellement bronzé, sa technique ringarde de drague (au bar et chez lui) sont pour moi des éléments clés pour comprendre l'aspect comique du personnage. Et je rejoins là parfaitement Papillote, en disant qu'effectivement aurais-je croisé ce loustic dans un bar, j'aurais certainement beaucoup ri de lui ;)

Steve Carell and Ryan Gosling
Pour en revenir au film, il s'agit bien d'une bonne comédie relevée, épicée, et qui vous fera passer un bon moment (la scène décrite par Papillote sur l'annonce du divorce à son travail est excellente), mais elle reste politiquement correcte et très américaine, et diffère en ce sens de I love you Philip Morris qui abordait des thèmes plus controversés. J'avais adoré ce film, ici j'ai passé un agréable moment. A noter le jeu toujours parfait de Julianne Moore, et les apparitions de Kevin Bacon et Marisa Tomei, trop rares au cinéma ont emporté toute mon adhésion. Marisa Tomei ne vieillit pas, elle est toujours aussi fantasque et sexy. 

 Pour continuer sur la lancée des blonds, voici le prochain film de Ryan Gosling : Drive - à l'origine si je ne me trompe écrit pour le plus beau blond de tous : Steve McQueen (c'est à cause de lui que je suis tombée amoureuse des blonds). Malheureusement décédé trop tôt, le rôle a donc échu quelques décennies plus tard à la nouvelle coqueluche hollywoodienne.

Le film offre donc à Ryan Gosling un personnage sans nom (si si), cascadeur le jour à Hollywood, il joue les chauffeurs pour des braquages la nuit. Ses conditions sont claires, il travaille seul, et accepte d'emmener et venir chercher les braqueurs, en les attendant à la sortie (avec une durée maximale d'attente, tant pis pour les retardataires), sa conduite sportive leur permettant d'échapper à la police. Mais le destin va venir jouer son grain de sable. Il va croiser la route d'une jeune mère célibataire, interprétée par
Carey Mulligan (j'ai un peu le sentiment de la voir partout en ce moment) et malheureusement celle d'un mafioso qui va soudainement les entrainer vers les bas fonds.  Je ne peux pas en regardant la bande-annonce ne pas imaginer Steve McQueen dans ce rôle, lui qui aimait tant la vitesse aurait été parfait ! J'ignore si Ryan a les épaules assez larges, mais je compte sur lui pour me surprendre.