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20 août 2017

La planète des singes : Suprématie

Dernier volet de la trilogie, "Suprématie" offre ici au réalisateur l'occasion d'offrir aux spectateurs une explication à ceux qui n'ont vu que l'adaptation cinématographique datant de 2001 (réalisée par Tim Burton) ou la série télévisée des années 60. La planète Terre était alors dominée par les singes et les derniers hommes devenus leurs esclaves. 

Dans ce volet final, on retrouve César qui s'est installé au fond des bois, dans une caverne avec son peuple. César, toujours marqué par son dernier affrontement avec les humains, souhaite vivre libre dans les bois mais les hommes n'entendent pas le laisser en paix. Une mission de reconnaissance de plusieurs soldats met en péril son refuge. César les capture et les renvoie vivants avec ce message "laissez-nous vivre en paix, et on ne vous attaquera pas" mais quelques jours plus tard, un commando passe à l'attaque et tue le fils aîné et la femme de César. César, transformé par la haine et la rage décide de tuer le colonel à l'origine de l'attaque. 

Il tente d'organiser la fuite de son peuple et en compagnie de ses plus proches amis part en mission vers le campement militaire, dans le but d'affronter son pire ennemi. Mais en chemin les choses se compliquent, ils découvrent un singe qui vit caché depuis des années. Dernier survivant d'un zoo, "méchant singe" comme il se surnomme leur apprend l'existence d'un camp armé dans le nord où les militaires tentent d'ériger un mur. Peureux, le singe décide malgré tout de guider César au campement. Deux jours auparavant, César a tué un déserteur de l'armée. Mais son fidèle allié orang-outang a découvert qu'il protégeait une petite fille, Nova. Celle-ci est muette. Ne pouvant la laisser seule, ils décident de l'emmener. 

Arrivés au campement, ils découvrent avec effroi que toute leur colonie a été kidnappée et est emprisonnée au campement. Les femelles et les petits sont séparés des mâles qui partent tous les jours travailler. Les singes portent des pierres pour ériger ce fameux mur. César et ses quatre amis ignorent comment les libérer. Et César n'y pense pas, trop consumé par la haine qu'il voue au Colonel, qu'il peut désormais apercevoir. Une nuit, César tente une attaque mais est arrêté. Enchainé, battu, César est livré au Colonel...


Le Colonel (Woody Harrelson) est un personnage emprunté au cinéma, d'ailleurs, le réalisateur ne s'en cache pas et c'est la musique d'Apocalypse Now qui accompagne la première apparition de cet homme assoiffé de sang. Mais celui-ci respecte César et surtout aborde la question de la suprématie des races, contrairement à César, il est persuadé que si les singes ne sont pas éliminés, ils prendront le contrôle et domineront la planète. L'homme a découvert que le virus qui a tué la majorité des hommes a muté et s'attaque à nouveau aux derniers survivants.  L'issue du combat déterminera donc l'avenir de la planète entière. Mais il sait aussi, ce que César va deviner, c'est qu'il est le seul à penser ainsi, et le mur qu'il construit n'est pas dirigé contre les singes, mais contre d'autres hommes. 

Un combat final, qui si vous connaissez la suite, prendra ici tout son sens. Une leçon de morale à l'encontre de l'homme et de son obsession pour la suprématie. Parallèlement, César est constamment assailli de doutes, la haine le dévorant, mais il doit penser à son plus jeune fils et la petite Nova lui rappelle que tous les humains ne sont pas méchants. C'est sans doute ici, à travers ces quelques scènes très "bien pensantes" que le film pêche le plus. Le message (ou la morale) de ce tiraillement aurait pu être passé de manière plus subtile mais les Américains aiment bien le "lourd". 


L'amie qui est venue avec moi et qui avait adoré les deux premiers volets a failli s'endormir à la fin (mais elle le fait à chaque film...) et a trouvé le film décevant, plein de longueurs et "trop américain". Pour ma part, je ne me suis jamais ennuyée, le réalisateur apporte au film quelques touches d'humour avec le "méchant singe" et le rythme m'a paru suffisamment soutenu.
J'ai pour ma part beaucoup aimé le fait qu'on prend totalement partie pour les singes et non pour les hommes. Plutôt intéressant comme concept quand on connaît la suite. 

Comme à chaque fois, je suis épatée par les effets spéciaux, Andy Serkis livre ici une superbe performance sous les traits de César, Woody Harrelson campe un Colonel fou tout à fait plausible. J'aime toujours la photographie et le détail apporté aux paysages et aux personnages. 

La fin est forcément très touchante car elle signe la fin de la trilogie. J'étais donc un peu triste de les quitter. 

Mon avis :

17 août 2016

Jason Bourne

Fan de la trilogie et du film dérivé avec un autre agent, Aaron Cross (Bourne : L'héritage), j'avais hâte d'aller voir le dernier opus, à nouveau réalisé par Paul Greengrass. Puis, j'avoue sans détour que voir à l'affiche le nom de l'actrice suédoise à la mode, Alicia Vikander m'a quelque peu refroidi mais fidèle à Bourne, j'y suis quand même allée. 

Jason Bourne (Matt Damon), est de retour - malgré lui. L'homme a sombré dans une forme de dépression et survit en faisant des combats illégaux à mains nues. Il est alors contacté par Nicky Parsons (Julia Stiles), autre agent de la CIA, qui se cache aussi depuis 12 ans et a décidé de rejoindre les mouvements de résistance, composés de hackers (pirates) informatiques du monde entier. Nous sommes à l'ère Snowden. L'ennemi de la CIA a pris un autre visage. Celle-ci réussit à se procurer non seulement d'anciens fichiers de la CIA, dont ceux de Treadstone - le programme qui a donné naissance à l'agent Bourne mais aussi ceux de leurs dernières opérations. 

A la CIA, la nouvelle chef (qui a l'air d'avoir 20 ans), Heather Lee (Alicia Vikander) réussit à placer un malware (un logiciel espion) dans les fichiers avant de perdre le contact. Lorsque Nicky ouvre les fichiers Treadstone, elle découvre que le père de Jason Bourne, Richard Webb (petit retour en arrière : Jason Bourne s'appelait David Webb avant d'être intégré au programme et d'avoir son passé effacé) - analyste pour la CIA, était un des initiateurs du programme et que Jason (David à l'époque) était surveillé par la CIA depuis longtemps. 

Celui-ci avait intégré la CIA et le programme Treadstone après avoir vu son père mourir dans un attentat au Liban, persuadé que l'attentat était l’œuvre de terroristes ennemis des États-Unis. Nicky Parsons contacte alors Jason pour lui transmettre ces nouvelles informations - ils se retrouvent à Athènes lors des émeutes violentes qui ont secoué le pays. Mais grâce à au logiciel espion, la CIA, toujours menée par Robert Dewey (Tommy Lee Jones) lance à ses trousses ses agents dont le fameux Asset (Vincent Cassel).

La poursuite peut commencer et elle se poursuivra de Londres à Las Vegas ...



Que dire de cet opus ? J'avoue, je me suis un peu ennuyée - enfin, non. Les scènes d'action sont toujours terriblement efficaces et Vincent Cassel campe un méchant formidable - mais j'ai, je n'ai pas honte de le dire, préféré le précédent - sans Bourne. Pourquoi ? D'abord parce que Bourne est si dépressif et mélancolique - qu'il ne prononce pas plus de 20 mots pendant tout le film... Deusio, parce que (une fâcheuse tendance chez moi) un de mes personnages préférés de la saga meurt et que j'aurais préféré que ce ne soit pas le cas ! 
Matt Damon a vieilli et Bourne aussi. 

Attention spoiler : Je n'ai pas trop bien compris non plus le délire de Heather Lee qui dit que Bourne, au fond, "ne veut qu'une chose : réintégrer la CIA" ! Alors que Bourne vient de perdre une amie, et vient d'apprendre la vérité sur son père ?  Comment pourrait-il passer sur toutes ces morts et dire oui à la demande de Heather Lee ? J'ai soupiré à la fin car j'ai eu peur que Greengrass ne la laisse gagner. 

Restent les scènes d'action et là j'avoue que je les adore - toujours filmées au millimètre près - elles sont quand même impressionnantes. Même si j'avoue, je préfère celles de J.B L'Héritage qui se passait aux Philippines - la poursuite à moto reste toujours ma préférée.  Bref, je dois avouer aussi que j'ai revu cet opus avec Jeremy Renner (Aaron Cross) au moins 6 fois ; dont je regrette d'ailleurs qu'il ne soit jamais fait mention dans ce film (car Bourne était "présent" dans le sien). J'ai adoré ce film car les deux personnages, homme et femme sont toujours à égalité et que c'est la femme qui sauve Cross à la fin ! Mais ici aussi, Paul Greengrass offre de beaux rôles féminins. Et dans les films d'action, ce n'est pas souvent le cas. 


Je ne suis toujours pas fan de l'actrice suédoise qui continue de faire la moue - dans tous ses films et que je trouve trop jeune pour ce rôle (elle demande même à être nommée Directrice de la CIA !). Bref, l'autre chose qui m'a perturbé dans ce film, c'est de voir tous les moyens mis à disposition pour traquer Bourne (accès à tous les systèmes vidéos du monde entier, aux systèmes électriques ....) et par ces temps compliqués, j'ai pensé plus à : que font-ils de tous ces terroristes - ils préfèrent traquer Bourne ? Mais je suis mauvaise joueuse, car ici le terrorisme visé ce sont les pirates informatiques et celui dont le nom revient le plus souvent dans le film (l'a-t-il vu?) est évidemment Snowden, ennemi juré de la CIA puisqu'il révèle leurs secrets. Et Greengrass se fait plaisir de montrer la CIA essayant de placer ses pions chez les nouveaux géants de réseaux sociaux.... Une réflexion intéressante au demeurant. Malheureusement, cela n'aura pas suffi pour que je sorte du cinéma les images plein la tête.

A noter quand même que je n'ai pas pu m'empêcher de tressaillir en entendant à la fin du fil les fameuses notes de musique ... je l'ai encore en tête en écrivant ces mots. Et surtout que j'ai encore envie de revoir l'épisode avec Aaron Cross - un film que je trouve presque cent pour cent parfait ! Mais aussi la trilogie précédente car qu'on se le dise : j'adore Bourne ! Il faut juste qu'il retrouve du peps.

Mon avis :


08 août 2016

Comme des bêtes

C'est en voyant la bande-annonce avant mon départ pour le Québec que j'ai su que j'allais voir ce film - The secret life of Pets (Comme des bêtes) réalisé par Chris Renaud et Yarrow Cheney souhaite nous montrer la vie secrète que mène nos animaux domestiques une fois que nous les laissons seuls à la maison pour partir au travail ou en cours.  Et que vois-je ? Un teckel ! Heureuse propriétaire d'une mini-saucisse, il m'était impossible de résister à ce dessin animé ! 

Nous voici donc rendu à New-York, où vit Max, un terrier qui adore sa jeune maîtresse avec qui il fait parcourt la ville à vélo. Le moment le plus cruel de sa journée ? Lorsqu'elle part le matin. Max attend sagement devant la porte ... fort heureusement ses potes ne sont pas loin : Gidget, une petite chienne (de luxe) qui est secrètement amoureuse de lui, Chloé la chatte bien enrobée (la scène du frigo est excellente), Buddy, le teckel du dessous ... 
 
Tous les jours, un étudiant vient les chercher pour aller les sortir - et oui à New-York, les promeneurs canins sont légions. Mais le monde de Max s'écroule lorsque sa maitresse lui ramène une surprise de taille : Duke, un énorme chien poilu ! La cohabitation se passe mal. Duke lui prend son panier, ses croquettes ... Ses amis lui demandent alors de réagir .. ce que fait Max mais les choses ne se passent pas comme prévu, et nos deux chiens sont bientôt poursuivis par la fourrière ! Sauvés in extrémis par Panpan, un lapin gangster qui vit dans les égouts de la ville avec une centaine d'autres animaux abandonnés, Max et Duke vont devoir apprendre à survivre. Gidget va alors, accompagnée de tous ses amis, à poils ou à plumes, mener une mission de sauvetage. 


Tous les maitres et maitresses d'animaux (chiens, chats, poissons ou oiseaux) se reconnaitront dans ce dessin animé ! Les scènes sont tellement drôles : la joie du chien à l'arrivée de son maître, sa tristesse lorsqu'il part, ses yeux qui s'illuminent à la vue de la fameuse "baballe". Que dire du chat ? Ici Chloé se sent supérieure à ses congénères canins .. elle ne court pas après une balle mais saura-t-elle résister à un faisceau lumineux ? 

Les dessins sont particulièrement réussis et les mésaventures de nos animaux sont très drôles avec ces rôles à contre-emploi comme ce petit lapin blanc ou ce petit chaton qui ronronne mais est prêt à ronger la corde qui vous sauve de la chute ...  Que dire de ce caniche royal qui allume la stéréo dès le départ de son chef et met du heavy metal à donf ? De ces fêtes énormes dont il est très facile de mettre fin (je vous laisse voir la scène mais tous les propriétaires rigoleront) - bref, un très bon moment de cinéma qui m'a fait encore plus prendre conscience de l'importance de ces bébêtes dans nos vies et du plaisir à les retrouver le soir en rentrant ! 



Mon avis : 

10 août 2015

Oriana Fallaci

Je suis allée au cinéma curieuse de suivre le parcours d'une des plus célèbres photo-reporter du monde, Oriana Fallaci dont je ne connaissais pas du tout le travail. Ce biopic aborde ici tout un pan de l'histoire mondiale vu à travers le regard implacable d'une femme déterminée, une interviewer hors-pair prête à prendre tous les risques : de la Dolce Vita au 11 septembre, Oriana a parcouru la planète : la guerre du Vietnam, la Grèce des colonels ou l'Iran de Khomeiny. 

J'ai appris un peu plus sur le parcours extraordinaire de cette femme en allant sur Internet afin de préparer ma chronique. Ainsi, j'ai découvert qu'elle a été blessée par balles (à trois reprises) au Mexique juste avant les Jeux Olympiques de 1968. 

Le film a un format classique, il commence avec Oriana (Vittoria Puccini), de retour à Florence, après avoir été diagnostiquée (en 1999?) pour un cancer (du sein). Celle-ci possède une magnifique maison où s'entassent ses souvenirs dont des milliers de photos. La quinquagénaire a engagé une étudiante, Lisa (Francesca Agostini), pour les archiver. 

Le film n'aborde cependant pas l'enfance de la jeune femme, ce qui aurait été intéressant compte tenu de ses positions sur les femmes en général (liberté sexuelle,le mariage, le travail) mais les débuts d'Oriana, reporter à Hollywood. La jeune femme, née en 1929 à Florence,  va alors aiguiser son talent de journaliste en interviewant les stars hollywoodiennes et en publiant un livre dont la préface sera signée Orson Welles. Mais Oriana veut aller sur le front, les paillettes l'ennuient.  


Le réalisateur a choisi d'ignorer l'attentat dont elle est victime au Mexique (pourquoi?) et de la montrer lorsqu'elle réussit à persuader le rédacteur-chef de l'Europeo, le journal pour lequel elle travaille de l'envoyer sur le front, au Vietnam, en 1968. La jeune y restera longtemps. Si les images sont impressionnantes (mêlant de vraies images à des fausses), j'ai été fortement dérangée par deux choses :
- lorsque Oriana suit une troupe américaine partir à l'assaut, le réalisateur italien y ajouté de la musique des sixties. Comme si, depuis Good Morning Vietnam ou la série China Beach (dont le générique était le fameux Paint it Black des Rolling Stones), il était impossible de montrer cette guerre sans y ajouter cette musique. Or c'est totalement erroné et inapproprié, le résultat est à l'inverse, selon moi de l'objectif : il détourne l'attention du spectateur loin de l'horreur de cette guerre. 
- le traitement des voix : Oriana est italienne et parle italien avec le reporter français (Stéphane Freiss) et lorsqu'elle interview les GI, c'est en anglais. Etrangement, leurs voix semblent avoir été ajoutées par-dessus cette musique assourdissante, des voix qui ne sont pas synchronisées avec le mouvement des lèvres (une micro seconde qui m'a fortement perturbée). 

Il n'en reste pas moins que ce passage au Vietnam est choquant, surtout la dernière image, devenue célèbre à travers le monde pour dénoncer la cruauté et dont j'ignorais qu'elle était signée Oriana Fallaci. Un moment très fort du film. A voir. 

Oriana part ensuite dénoncer la dictature des Colonels en Grèce, elle y rencontre une de leur victime, libérée après cinq ans d'emprisonnement, Alexandros Panagoulis (Vinicio Marchioni) et en tombe amoureuse. J'ai vraiment accroché au film à partir de ce moment là, plus de musique et une très belle histoire qui rejoint l'histoire avec un grand H.  On y voit deux personnes, follement amoureuses, lutter entre leurs sentiments et leurs dévotions à leur cause.  J'ai aussi découvert un pan de l'histoire sombre de la Grèce. 

Oriana repartira en Iran, elle sera la seule journaliste à obtenir une interview avec le nouvel homme fort du régime, l'Ayatollah Khomeini - une interview sans fards ! On est en 1979 (ou 80) et elle lui demande pourquoi les femmes doivent se recouvrir leurs corps, ce qu'il est en est de la liberté sexuelle ! Car Oriana dénoncera toute sa vie (ce qui fera débat à la fin de sa vie) la main mise de la religion sur la liberté des femmes à travers le monde. Et plus particulièrement l'impact de la guerre sainte dans les pays orientaux musulmans. Oriana n'a jamais peur de la controverse et de la vérité. 

Le film fait des allers-retours entre le passé et le présent, la maladie évolue, Oriana s'affaiblit et accepte la présence de la jeune étudiante auprès d'elle et lui confie ainsi des parts de sa vie. 

Oriana écrira des livres devenus célèbres, donnera des conférences à travers les facultés les plus célèbres (Yale, Harvard) et vivra des années à New York où elle possédait un appartement. Elle y sera le jour des attentats du 11 septembre. La reporter trimballera sa petite machine à écrire partout avec elle, continuant de rédiger ses articles et ses livres, même en 2001 ! 

Elle fera dire à Kissinger que la guerre du Vietnam était une épouvantable erreur et sera aussi vindictive auprès de Lech Walesa, Willy Brandt, Ali Bhutto, Walter Konkrite, Federico Fellini, Den Xiaoping, Yasser Arafat, Indira Gandhi, Golda Meir, Haile Selassie ...

La véritable Oriana Fallaci

Une femme passionnée et passionnante, libre et controversée. Les acteurs sont vraiment tous très bons : j'ai découvert ici le sosie d'Ornella Mutti, la très belle Vittoria Puccini, à la voix rauque et au regard gris et qui livre ici une très belle performance. 

Mon seul bémol vient du traitement des langues. Ainsi, j'ai vu le film en version originale, et au Vietnam aucun souci, on passe de l'italien à l'anglais mais la surprise vient lorsque Oriana obtient de pouvoir interviewer les trois Vietcong (supposés de pauvres gens de la campagne) et que l'un d'eux parle encore mieux anglais qu'elle ! A l'époque, c'était le français qui était enseigné. Puis en Grèce, de voir les souvenirs des séances de torture infligées à Alexandros .. en italien ? et pas en grec. 

Mais sinon, moi qui suis passionnée d'histoire et qui plus jeune admirait le métier de reporter, j'ai vraiment beaucoup aimé ce film qui montre une des femmes les plus libres et déterminées du siècle dernier. Une femme dont j'aurais aimé croisé le visage et le talent avant son décès, en septembre 2006. Une femme dont je vais chercher à me procurer les livres. 

Mon avis : 

01 août 2015

Tag séries télé




Quai des Proses puis Gabriel m'ont tagué chacun leur tour donc difficile de résister ! Je me lance donc dans ce questionnaire sur les séries télévisées ... Comme vous le verrez je ne suis pas une accro, enfin j'aimais beaucoup certaines séries mais malheureusement elles ont pris fin. D'ailleurs, je trouve dommage que ce tag ne pose pas la question de nos séries préférées donc je l'ajoute à la fin !

Vous z'êtes prêt ? Je tiens à préciser que je suis sans doute celle qui regarde le moins de séries à la mode et que Gabriel ou Quai des Proses ont cité des séries dont je n'ai jamais entendu parler....

Quelle est la première série TV que tu as regardée ?
Oh là, je suis vieille moi ! La toute première ? Sans doute, vu mon jeune âge, La petite maison dans la prairie ? Sinon, je me souviens d'Arabesque (j'ai toujours aimé les séries policières). Une écrivain qui enquête, le pied !

Quelle est ta dernière découverte série ?
Grantchester - diffusée sur France 3. J'y ai consacré un billet (par ici).   

Combien de séries regardes-tu ?
A une époque, une bonne vingtaine mais maintenant beaucoup moins. J'étais fidèle à plusieurs mais elles viennent de cesser (Mad Men entre autres) et certaines ne proposent que 4 ou 6 épisodes par saison. D'autres une seule saison, pour moi ce ne sont donc pas "des séries". 
Actuellement ? Je regardais Major Crimes mais c'est terminé, donc Grantchester et le flic néo-zélandais sur la 3 le mardi soir.  Voilà ! Et parfois les enquêtes criminelles qui se passent à Londres (si je suis là le vendredi soir).
Sinon, j'attends le retour de Grey's Anatomy, Homeland, Longmire, The Americans, True Detective, Broadchurch, Arrow, Endeavour et Candice Renoir et Vikings. Avant je regardais en streaming mais maintenant j'ai Canal + et ça me suffit ! J'attends tranquillement leur diffusion. De plus, je préfère toujours lire ou sortir à regarder la télévision.

Quelle série ne te tente pas, ou ne t'as pas intéressé quand tu l'as essayée ?
Beaucoup ! Walking Dead la plus célèbre. Sinon j'ai essayé Sons of Anarchy et Games of Throne - ils tombent tous comme des mouches ! En fait, j'avais regardé la première saison de Scandal et pareil : trahisons, vols, mensonges, meurtres ... C'est bizarre mais elles me font toutes penser à un mauvais soap opera ;-) (désolée !)

A quelle personnage te compare-t-on le plus souvent ? 
Aucun, enfin si à une époque très lointaine, on me comparait à Susan dans Desperate Housewives car je suis du style à me retrouver à poil enfermée dehors ! Tête en l'air et maladroite et sinon à Lily Rush de Cold Case et à Rory Gilmore dans Gilmore Girls (chats et livres).

De quel personnage te sens-tu le plus proche ? 
Ellen Parsons dans Damages ! Ma série préférée (snif snif...) Quelqu'un d"assez déterminé, indépendante, un peu trop solitaire et Carrie Matheson dans Homeland pour son côté borderline car j'ai un côté assez instable, foufou, rêveuse ... (un cerveau droit très développé), et puis Lily Rush de Cold Case.

Avec quelle personnage de série serais-tu susceptible de sortir ? 
Quinn dans Homeland (bon j'adore Rupert Friend donc c'est facile) et j'adorais le personnage de Rust Cohle dans True Detective, oups j'ai failli oublier Henry Standing Bear dans Longmire. Des personnages plutôt singuliers, taciturnes, méthodiques et solitaires ! ça fait rêver, non ?!

Quinn (Rupert Friend) dans Homeland

Dans quelle ville imaginaire ou réelle, de série, voudrais-tu vivre ?
Le comté d'Absoraka au Wyoming de Longmire. Gabriel m'apprend qu'il existe au série qui se passe au Montana donc là aussi, bien entendu ! ou alors New York city.

Dans quelle série ne voudrais-tu pas te retrouver coincé ?
N'importe quelle série avec des zombies ou des vampires. Trop éreintant. Mais je n'en regarde aucune (ou Games of Throne car comme le dit si bien Gabriel, l'espérance de vie y est très courte et il y fait trop froid) mais j'y pense, Homeland si je suis du mauvais côté !

A quel personnage ne voudrais-tu surtout pas avoir à faire ?
Patty Hewes de Damages - ne jamais être son ennemie ! et Ragnar Lothbrok dans Vikings.

Quel personnage pourrait être ton meilleur ami ?
Henry Standing Bear dans Longmire car c'est un ami infaillible et Rory Gilmore dans Gilmore Girls.

De quel personnage volerais-tu la maison ?
L’appartement d'Ellen Parsons ou de Patty Hewes dans Damages et la maison de Carrie dans Homeland.
Si vous connaissez un personnage avec un magnifique ranch au Montana, je suis preneuse ;-)

De quel personnage de série volerais-tu la garde-robe ?
Ellen Parsons dans Damages ! (réponse en une nanoseconde) et Rory Gilmore (une fois à la fac).

Ellen Parsons (Rose Byrne) dans Damages

Quel personnage de série adores-tu détester ?
Série encore "en vie" : aucun ! Je cherche et je n'en trouve pas ;-)
Avant : Patty Hewes dans Damages ! Une méchante de la classe de Malificent - Glenn Close y était géniale.

Quel personnage secondaire est ton préféré parmi toutes les séries que tu regardes ?
Quinn de Homeland à égalité avec Henry Standing Bear dans Longmire. Sans ces deux là, la série n'aurait plus le même gout (et dans Grey's anatomy, j'aime beaucoup le Dr Hunt et dans Major Crimes, j'adore le Dr Morales, médecin légiste et dans Gilmore Girls, j'étais fan de Sookie).

Quelles sont tes séries (ou ta série) préférée(s) de tous les temps ?
Damages, Homeland, Mad Men, Six feet Under, Cold Case et Gilmore Girls.
J'imagine que ces réponses ne vous surprennent pas vu le nombre de fois que j'ai citées ces séries et vous noterez qu'une seule est encore en vie !

Tous mes lecteurs peuvent faire cet tag à leur tour s'ils le souhaitent !

18 mars 2015

The virgin suicides (roman)

J'ai dégoté le livre un peu par hasard, dans une boutique de livres d'occasion il y a un ou deux ans - j'avais beaucoup aimé l'adaptation cinématographique signée Sofia Coppola (1999). Puis je l'ai oublié jusqu'à cet été quand je l'ai retrouvé.

J'ai lu le roman de Jeffrey Eugenides en novembre dernier et  j'ai publié ce billet sur mon autre blog littéraire mais je souhaitais le partager aujourd'hui avec vous.

Car ce livre ..quel choc ! Un livre culte, comme le film - pourtant l'histoire est dramatique. Pour ceux qui n'ont jamais entendu parler du livre, et/ou du film, voici l'histoire en ces grandes lignes : 

Devenu adulte, un garçon (le narrateur) témoigne de l'histoire tragique de la famille Lisbon dont les cinq filles vont se suicider en l'espace d'une année. Ce garçon et ses amis, fascinés par cette famille voisine de la leur, se remémore cette période à l'âge adulte et tente de percer à jour les nombreux mystères entourant cette famille. La mère de famille, chrétienne pratiquante, va peu à peu isoler ses filles du monde extérieur après le suicide de la benjamine, les entrainant inconsciemment vers leur perte. Les sœurs vont alors s'effacer comme les visages sur les vieux polaroid. 


En lisant le livre, le visage de Lux (interprété au cinéma par Kirsten Dunst) ne cessait de m'obséder.  L’œuvre est puissante et l'adaptation cinématographique retranscrit parfaitement cette lente descente aux enfers. Les personnages sont énigmatiques pourtant le lecteur est rapidement obsédé par ces jeunes filles, comme le narrateur à l'époque des faits. Ce que j'aime dans ce roman, c'est qu'il retranscrit toute une palette d'émotions : envies, espoirs et fantasmes, qu'il a, adolescent amoureux, ressenti. Le lecteur est donc partagé entre les souvenirs (visuels, auditifs et olfactifs) du narrateur et les témoignages recueillis auprès des voisins et autres personnes qui ont pu approcher les Lisbon. 

La vision parfois édulcorée du jeune homme (nous sommes dans les années 60) apporte au roman une touche romanesque, idéalisée par son amour envers ces jeunes filles évanescentes. Et comme lui, le lecteur assiste, impuissant à la lente désintégration d'une famille, obsédée par la religion et la peur de l'autre.

"En y repensant, nous décidâmes que les filles n'avaient cessé d'essayer de nous parler, de nous demander notre aide, mais que nous étions trop amoureux pour les entendre. Notre surveillance était si concentrée que nous n'avions rien manqué sinon un simple regard rendu. Vers qui d'autres se seraient-elles tournées ? Pas leurs parents. Ni les voisins. A l'intérieur de leur maison, elles étaient prisonnières ; à l'extérieur, lépreuses. Et ainsi elles se cachaient du monde, attendant que quelqu'un - nous - les sauve". 

Le livre et le film se complètent parfaitement. A cela, s'ajoute le style de l'auteur : épuré, classique mais également très moderne et visuel.

 


Jeffrey Eugenides a écrit, sans le savoir, un roman culte, sans aucun doute - il réalise un tour de force en critiquant cette Amérique puritaine qui au lieu d'aider ses enfants à s'ouvrir au monde, les enferme et les pousse au suicide. Car si la mère vise la vertu, ses filles rêvent de liberté et leur unique moyen de l'atteindre sera par le suicide.  Terrifiant. Difficile pour moi de comprendre le raisonnement des adultes face au désarroi de leurs enfants qui rêvaient juste d'une adolescence normale. 

Vierge suicidée
Qu'est-ce qu'elle criait?
Pas de raison de rester
Dans le train du malheur
Elle m'a donné sa fleur
C'est ma vierge suicidée

Un roman à lire absolument
 

13 août 2014

Dawn of the Planet of the Apes

J'avais beaucoup aimé le premier volet "Les origines" et j'avais hâte de retrouver César. Au moment où j'allais écrire ces premiers mots, j'ai préféré relire mon premier billet et surprise : j'allais écrire exactement la même chose ! Si je suis peu sensible aux films dit "d'horreur" (je me suis endormie plusieurs mois ou je m'ennuie ferme),  ici je vibre et j'ai encore plus vibré et tremblé hier soir. 
 
Parce qu'il y a dans cette histoire, une part de possible - condition sine qua non des films de science-fiction. L'avenir de la condition humaine, ainsi sous ces allures de film de divertissement, l'histoire nous pousse à réfléchir à notre condition d'être humain et à notre complexe de supériorité. 
 
Un film de divertissement qui provoque émotion et réflexion : une excellente surprise de l'été !
 
César a donc fui avec les siens dans les forêts où il est devenu le leader incontesté de cette nouvelle nation. En l'espace de dix ans, la race humaine est pratiquement éteinte suite au virus simiesque qui décime la terre entière. Une poignée de survivants a créé une colonie dans ce qui reste de San Francisco et décide de mener une expédition dans la forêt afin de réparer le barrage, unique source d'électricité. Leur rencontre avec les singes va provoquer un séisme dans les deux communautés. 
 
 
Je ne vous raconterai pas toute l'histoire, et puis si vous aviez, comme moi, il y a fort longtemps suivi la série originale (avec leurs masques en plastique), vous savez qui aura l'avantage dans l'affrontement entre ces deux espèces. L'homme, espèce jusque là dominante, mais responsable indirectement de sa propre déchéance doit faire face ici à une autre espèce, dotée d'intelligence et qui parle (cf. la première scène où le hurlement de César vous laisse sur place!).
 
Le film montre ici les forces et faiblesses des deux espèces, et comme aujourd'hui, malheureusement, il suffit de quelques extrémistes (Koba chez les singes ou Dreyfus (Gary Oldman) chez les humains) pour que la paix, si fragile soit-elle, soit remise en cause.  Les humains sont incapables de partager et les singes ont un soif de vengeance. Seuls une poignée d'entre eux, César d'un côté et Malcolm (Jason Clarke) de l'autre, tentent de dépasser leurs différences et de travailler ensemble. 
 
 
Mais n'oublions qu'il s'agit d'un film de divertissement : et ici pas de souci, en plus d'effets spéciaux bluffant (je ne l'ai pas vu en 3D et je ne pense pas que ce soit nécessaire), ici je veux parler des singes - la prestation formidable d'Andy Serkis et de Toby Kebbell (qui interprète son ennemi juré, Koba, effrayant!), l'histoire est prenante et on ne s'ennuie pas une seconde. Peu à peu, la peur s'instille - après tout, je suis humaine. A ce sujet, j'ai une seconde attardé mon regard sur les autres spectateurs, qui eux aussi, à mon avis, tremblaient à l'idée d'être asservis par des singes et mis en cage. 
 
Si on ressent tout de suite de l'empathie pour César, on ne peut, en tant qu'humain, on est constamment divisé entre notre souhait de le soutenir et notre crainte envers ces animaux. Lorsque la bataille vire à l'avantage de ces derniers, j'ai eu des sentiments vraiment complexes. Évidemment, mon souhait était de voir vivre les deux espèces côte à côte mais le besoin de dominer est toujours plus fort. 
 
 
Et lorsque les singes viennent à la rencontre des hommes, montés sur leurs chevaux, j'ai revu la série originale des années 70, née de l'imagination fertile d'un homme, français, l'écrivain Pierre Boule.
 
Un film moderne, une adaptation réussie, de l'émotion, de la profondeur, de la réflexion et de la peur (j'en ai même rêvé) -  Finalement, je l'ai, je crois, même préféré au premier volet - chose rare chez moi !

Mon avis :