!-- Font Awesome -->
Affichage des articles dont le libellé est trilogie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est trilogie. Afficher tous les articles

14 mars 2013

La ferme des Neshov

Je vous ai parlé il y a peu du premier volet de cette trilogie norvégienne, La terre des mensonges, écrit par Anne B.Ragde.

J'avais eu un véritable coup de foudre pour cette sage familiale. Je suis donc retournée chercher les deux autres volumes. La ferme des Neshov est le deuxième. Je ne lis pas le troisième, je le garde pour après, afin de retrouver avec encore plus de plaisir les Neshov, famille décomposée et cette ferme familiale, porteuse de tous les secrets.

Je vous invite à relire mon premier billet pour comprendre l'histoire qui unit les différents protagonistes. Je dois préciser ici qu'il me parait difficile de comprendre l'histoire sans avoir lu le premier roman. Les personnages sont dorénavant tous liés à cette ferme, suite au décès de la mère de famille.

Chacun tente de reprendre la vie où il l'avait laissé mais leur destin les a définitivement rattrapé, et la ferme agit sur eux comme un aimant. J'aime le côté rude et âpre du roman et la passion de Tor pour ses cochons, et puis surtout je craque pour Erlend, le fils homosexuel vivant à Copenhague et sa collection de figurines de cristal Swaroski.
J'adore le détail de chacune de ses pensées, de ses obsessions, l'attention toute particulière que lui porte l'auteur - j'ai le sentiment qu'elle a pris vraiment du plaisir à décrire avec minutie chaque pensée de cet esthète, passionné d'art et de bonne chère. Honnêtement, c'est un des personnages les plus étonnants et fascinants qu'il m'ait été donné de rencontrer depuis longtemps.

L'histoire, évidemment ne s'arrête pas là, le destin continue de rapprocher les personnages et il me reste donc un dernier roman (déjà !) à lire, j'ai hâte ! Je vous réinvite donc à plonger rapidement votre nez dans ces romans et découvrir cette romancière norvégienne.

Pour ceux qui aiment aussi découvrir de nouvelles cultures, le livre foisonne d'anecdotes historiques et culturelles, Erlend, norvégien installé au Danemark compare ainsi souvent les deux pays, et ajoute les Suédois .. bref un aperçu très intéressant de la Scandinavie.

Autre découverte, j'ignorais en écrivant ce billet que les fameuses figurines de Swaroski qui obsèdent Erlend existent réellement. Je viens de les trouver, et je craque aussi !
http://www.swarovski.com/Web_FR/fr/07/category/Figurines.html;sid=L2IhGnM1o3chGiJ3acO6PBo_jejAQf_egx86bs5hZi6z6Q==?BannerID=06000841.200&gclid=CJSZ1dGY_bUCFcrHtAodn3cAzg
Je vous invite donc à aller faire un tour sur leur site ! Les prix varient, du tout au tout, de 35 euros à 11 500 euros ! Mais bon moi, je craque, les Emotis, Disney, des figurines du monde terrien (les koalas), aquatiques (je craque pour l'hippocampe)....

09 août 2012

The Dark Knight Rises

Je sais, vous attendez tous que je vous parle de la Thaïlande - eh bien ici, je vais associer à la fois mon séjour en Asie et un des films marquants de l'année, le dernier volet de la trilogie de Christopher Nolan, The Dark Knight rises.

Lors de ma semaine passée à Bangkok, début juillet, j'ai découvert un complexe cinématographique qui diffusait les films en version originale avec les sous-titres en thaï. Il proposait le même film en version 3D, en HD, et en iMax Bref, douze ou treize salles pour le même film. J'ai donc décidé un matin d'aller voir The Amazing Spider man puis à mon retour à Bangkok le 28 juillet, j'en ai profité pour aller voir en iMax le dernier volet des aventures de Batman. Le complexe du Siam Paragon offre tout le luxe, les salles sont grandes, propres et climatisées (sans être trop froides). Les publicités sont arrivées, toutes en thaï et assez amusantes pour un farang (étranger). A noter que j'étais la seule occidentale au milieu de collégiens et lycéens thaïlandais, tous beaux dans leurs uniformes. Après une publicité pour une célèbre marque de véhicule allemand, une vidéo représentant le Roi a été diffusée, et en une poignée de secondes l'ensemble de la salle s'est levée. Paralysée par le doute, je suis restée assise, attirant le regard de mes voisins. Accompagnée de l'hymne (ou d'un chant patriotique), les spectateurs, la main sur le cœur ont rendu hommage à leur Roi. Je n'avais jamais vu ça même si en Thaïlande, il est impossible d'ignorer qu'il s'agit d'une royauté, les statues et autres monuments du Roi et de la Reine étant absolument partout. Aussi vite qu'ils s'étaient levés, les spectateurs se sont rassis et une publicité pour de la glace a suivi. Drôle de moment.

Le duo de choc de ce dernier opus !
Pour en revenir au film - j'avais beaucoup aimé les deux premiers volets, d'abord, je me répète, parce que j'adore Christopher Nolan et Christian Bale et que leur coopération a jusqu'ici été plutôt fructueuse.  Le réalisateur avait su nous faire redécouvrir un Batman sombre, plus proche de la BD et avec l'incroyable interprétation de Heath Ledger (le Joker) avait prouvé qu'un film inspiré d'un héros de BD pouvait devenir culte. J'avais donc hâte de retrouver ce cher Christian et le casting annoncé était de plus très alléchant (exception pour l'actrice française Marion C., avec qui j'avoue, j'ai toujours beaucoup de mal, quelque chose dans sa voix (minauderie) me dérange) : Joseph Gordon-Levitt,  l’étonnant Tom Hardy,dans le rôle du méchant Bane, Matthew Modine (trop rare au cinéma), Anne Hathaway et les apparitions clés (Nolan aime ses acteurs fétiches) de Cillian Murphy et Liam Neeson et de nombreux acteurs du petit écran.

Car si vous êtes amateur de séries, vous aurez ainsi reconnu (ce qui m'a surpris dans un film de cette envergure), Josh Stewart dans le rôle de Barsad (le bras droit du méchant Bane), qui a un rôle récurrent dans la série Criminal Minds, Desmond Harrington, simple figurant, alors que c'est un acteur clé de la série Dexter, et certains auront reconnu Will Estes (la génération de ma soeur), également policier (scène du parking) et William Devane dans le rôle du Président, acteur célèbre des années 80.

Revenons à l'histoire, sept années se sont écoulées depuis que Batman a plongé pour l'assassinat de Dent (Aaron Eckhart) et a été jugé responsable de l'explosion finale. Depuis, le héros a disparu des rues de Gotham, tout comme Bruce Wayne, qui s'est retiré du monde des affaires, et vit enfermé dans son château en compagnie de son majordome (l'impeccable Michael Caine). Blessé dans son orgueil, inconsolable depuis la mort de sa petite amie, Wayne va être contraint de ressusciter Batman lorsque la ville de Gotham City tombe aux mains du terrible Bane (extraordinaire Tom Hardy), le méchant masqué. Épaulé par le commissaire Gordon (Gary Oldman, toujours aussi bon) et par un jeune flic, qui a découvert la véritable identité de Batman, Blake (Joseph Gordon-Levitt), Wayne va se surpasser pour venir en aide à sa ville. 

Nolan a travaillé à la perfection la fin de sa trilogie, en préservant non seulement l'image de son héros, Batman, et en ouvrant à d'autres réalisateurs et aux spectateurs la perspective d'une suite. Et si Batman disparait à la fin du film (j'ai aimé le clin d’œil final), un autre héros du monde des comics, tant attendu, naît. Bref, le scénario est impeccable et l'univers si noir de Batman des deux premiers épisodes encore plus présent dans ce dernier opus. Même si j'avoue, que par moment j'ai un peu souffert de la durée très longue du film (presque trois heures), le réalisateur a su, en refusant effets spéciaux ou 3D nous plonger dans l'univers de son héros tourmenté qui ici va choisir le sacrifice ultime pour sauver encore une fois Gotham City.

Mention spéciale à ce cher Christian Bale, toujours aussi parfait, et Michael Caine également, leur complicité va me manquer. L’apparition de Liam Neeson dans le rôle de Ra's Al Ghul m'a un peu troublée, car j'y ai trouvé un côté Aventuriers de l'Arche Perdue qui m'a paru incongru dans l'histoire. Mais c'est mon impression. J'avais été bluffée par l'interprétation de Michelle Pfeiffer, qui reste pour moi, la meilleure héroïne féline de tous les Batman : Catwoman mais je félicite Anne Hathaway pour avoir osé relever le défi, après la tentative désastreuse de Halle Berry (hyper subjective suis-je donc !).

Christopher Nolan est donc fidèle à ses acteurs fétiches, et je l'en remercie. L'apparition clé de Cillian Murphy, dans le rôle du déjanté juge (lorsque la ville est tombée aux mains de Bane), alias Scarecrow, (autre méchant de Gotham City) et le choix de faire appel à Joseph Gordon-Levitt, à qui il avait confié le rôle d'Arthur dans son film Inception ne sont pas anodins. Comme de confier le rôle du terrible Bane à Tom Hardy.  Nolan sait parfaitement s'entourer. J'avoue que lors de la diffusion du film, j'ai pensé plusieurs fois à cet autre succès du réalisateur par le choix de la lumière, des cadrages et des plans fixes, on peut penser qu'il s'agit ici de la "patte du réalisateur".

Le scénario est bien ficelé et la chute calculée au centimètre près, même si j'avais deviné un des éléments. La fin est donc ouverte, et j'ai déjà envie de voir la suite avec ce nouvel héros. Je me demande qui osera prendre la direction après l'impressionnant Christopher Nolan qui a su rendre à César (Batman) ce qui appartient à César ! 

11 décembre 2011

The Red Riding Trilogy

"1, 2, 3, 4, 5, 6, 7 all good children go to heaven"

This is the story of a child of Yorkshire.  Adapté d'un livre de David Peace The red riding quartet l'histoire se déroule en trois périodes (trois films) de 1974 à 1983 dans le nord de l’Angleterre, le Yorkshire, pendant les années Tchatcher, années synonymes de crise économique, de grèves et de guerre avec l'IRA.  Dans cette atmosphère déchantée, la police locale fait régner la terreur, de mèche avec l'homme d'affaires local, John Dawson, et des enfants disparaissent.

"In the year of  our Lord", le premier épisode situé en 1974, nous suivons le jeune reporter Eddie Dunford (Andrew Garfield) mener sa première enquête sérieuse. Suite à la disparition inquiétante d'une petite fille à la sortie de l'école (habillée d'une cape rouge (The Red Riding), le journaliste fait le lien avec deux autres disparitions d'enfants, en 1969 et 1972. Le corps de la fillette est retrouvé dans un terrain vague, appartenant au businessman local, qui aidé de la police, vient de brûler un campement illégal de gitans, pour y construire une immense galerie marchande. Eddie ignore dans quel "merdier" il vient de poser le pied. Un de ses collègues ne cesse de lui rappeler la corruption qui sévit autour d'eux et accuse ce John Dawson (Sean Bean) d'être l'instigateur. Pire encore, Eddie tombe amoureux de la mère de la victime (Rebecca Hall), sans savoir qu'elle-même est sous la coupe de ce businessman corrompu. Eddie met en lumière peu à peu la corruption et devient vite une pièce gênant dans cet échiquier. Le meurtre de son collègue puis son passage au tabac par des policiers ne font que confirmer ses craintes, et lorsque sa petite amie disparait, Eddie part en croisade. Mais Fitztown, ville fantôme où les habitants ressemblent à des zombies ne peut laisser éclater la vérité .


Ce premier opus est sans doute mon préféré, d'abord parce que l'histoire est sombre et prenante, et que le réalisateur a fait le choix intelligent de filmer avec une caméra 16 mm et en format 16/9ème ainsi les couleurs, le grain font que le spectateur finit par croire qu'il est bien en 1974. Tous les acteurs sont formidables, ainsi j'ai vraiment apprécié Andrew Garfield, que je n'avais pas beaucoup aimé dans "Never let me go". Sean Bean (que j'aime beaucoup) est impressionnant en magnat pourri jusqu'à l'os. La musique, qui reste la même dans les deux autres épisodes, est un allié fidèle de la caméra.  La scène finale est magistrale, plusieurs personnages clés meurent. La vérité, comme les petites filles "is still underneath the carpets" ("reste cachée sous les tapis", comme le répète l'épouse malade de John Dawson).

Les années passent et nous revoici dans le Yorkshire en 1980, dévasté par la grève des mineurs contre la Dame de Fer, un nouveau super intendant Peter Hunter (Paddy Considine) est nommé pour prendre la relève dans l'enquête sur le tueur en série "l'éventreur du Yorshire" qui sévit depuis 1976 et a déjà tué treize femmes.  La police locale, qui n'a pas beaucoup changé depuis 1974 a été incapable de trouver la moindre piste, aussi on leur envoie trois policiers de Manchester pour prendre la relève. Hunter est persuadé que l'une des victimes (qui apparaît dans le premier film) n'a pas été assassinée par le tueur en série et que son meurtre a été maquillé. Malheureusement, Hunter ignore à quel point la police locale, supposée l'aider est pourrie. Envoyé dans le nord avec son ancienne maitresse, Hunter a du mal à se concentrer sur l'enquête. Le film est moins explosif que le premier, mais tout aussi terrifiant. Installé dans un bâtiment froid et sombre, le spectateur est hanté par les visages des 13 victimes et le détail des atrocités qu'elles ont subies, il suit peu à peu Hunter démêler la pelote de laine, déterminé puis obsédé par ce meurtre inexpliqué. L'arrestation du tueur en série confirme ses doutes, la tension est palpable à chaque instant et la fin est brutale. La vérité n'a toujours pas droit de cité dans cette ville minière.

Cet épisode a été tourné en 35 mm et dans un format typique de l'époque, le dernier volet a utilisé une caméra Red One.


Le chef de la police célèbre le mariage de sa fille, il s'isole des convives avec ses collègues et tous entonnent "This is the North, where we do want we want !" (Nous sommes le Nord, nous faisons ce qu'il nous plaît !). Ainsi commence le dernier épisode. Nous sommes en 1983, cette phrase déjà entendue dans les premiers films prend ici tout son sens. Ce dernier opus mérite de la part du spectateur une attention toute particulière, car ici le réalisateur nous entraine dix ans en arrière, ces scènes de flashback font ainsi revivre les morts et révèlent au spectateur peu à peu la vérité. Mais le style du film ne change pas, ni le personnage principal, l'inspecteur super intendant Maurice Jobson (David Morrissey) qui navigue entre les deux mondes, était déjà présent comme enquêteur en 1974. Il revient dans cette ville dix ans plus tard, haut gradé pour enquêter sur la disparition de la petite Hazel Atkins, disparue elle aussi à la sortie de la même école. Le spectre du tueur de 1974 a refait surface, malgré l'arrestation de l'idiot du village en 1974. La lumière, le montage, font qu'il m'a été parfois difficile de distinguer 1974 et 1983, j'ai ainsi navigué dans une sorte de flou et d'abstraction, à la fois étrangement désagréables et envoutants. Mais fort heureusement, le réalisateur nous offre une deuxième paire d'yeux, celle d'un jeune avocat, John Piggott (Mark Addy) qui va aider à assembler les pièces du puzzle. Le policier vient ici faire son mea culpa afin de faire condamner les vrais coupables. La fin est cathartique. Le spectateur découvre alors qui est la voix qui les a accompagnées tout au long de ces trois films, cette voix qui vous chante tout doucement cette triste contine "1, 2, 3, 4, 5, 6, 7 all good children go to heaven" Une sorte d'aura enveloppe les dernières minutes, et le soleil qui vient caresser le visage de ce jeune homme est salvateur, même pour le spectateur.

Maurice Jobson et Eddie Dunford (David Morrissey et Andrew Garfield)
Les trois réalisateurs (Julian Jarrold, James Marsh et Anand Tucker) ont organisé ensemble le casting de la Red Riding Trilogy  et leurs choix ont été excellents, tous les acteurs sont impeccables.

Étrange trilogie qui vous entraine dans cette Angleterre dévastée par la crise, il m'est difficile de rentrer dans les détails, tout est lié, tous les personnages sont importants, même ceux qu'on regarde à peine dans le premier épisode. J'ai vraiment aimé chaque épisode, j'imagine qu'une adaptation cinématographique par Hollywood aurait réduit ces trois films en un seul, mais honnêtement je crois que chaque volet avait sa place et pour comprendre qui a fait quoi à quel instant, 2 heures 30 de film n'auraient pas suffi ou alors ils auraient effacé tout un pan de l'histoire. J'espère qu'Arte ou France Télévisions vont se procurer cette trilogie. 

Ici la bande-annonce du premier épisode, vous pourrez voir sur Youtube celles des deux autres opus.