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13 février 2018

My addictions of the week



Mes drogues télévisuelles

Ces jours-ci, je croule sous le travail et je cumule les heures sup. Le soir, je tombe de sommeil et ce week-end, j'ai du passer pas mal de temps sur mon autre blog, dédié aux livres. 

J'ai néanmoins trouvé le temps de retrouver ma série néo-zélandaise Brokenwood - 4 petits épisodes - trop peu ! Mais je suis ravie de retourner dans l'île du milieu et suivre les enquêtes de ce trio fort sympathique. Un joli dépaysement, drôle - parfait pour un dimanche soir !

Sinon, aucune série - je n'ai pas le temps, même si je suis très tentée par Altered Carbon sur Netflix par exemple. J'ai toujours la deuxième saison de Stranger Things et Top of the Lake à voir - voilà où j'en suis. La cata, mais je préfère lire et dormir ou regarder des films et des documentaires.

J'enregistre The Halcyon, j'espère avoir le temps de le regarder, au moins la moitié avant mon départ pour le Québec. Je ne sais pas comment les gens normaux font pour regarder autant de séries. Bon, j'avoue que ces temps-ci j'ai dévoré une dizaine de romans graphiques, en plus des livres donc ça prend du temps..

Les Oscars vont avoir lieu pendant mes vacances, mais je compte enregistrer la cérémonie, même si j'ai vu très peu de films au cinéma. Je m'étais promis d'aller plus souvent m'enfermer dans une salle sombre mais il pleut, ou il fait trop froid ou j'ai déjà des plans.


Mes drogues cinématographiques 

Je l'avais loupé lors de sa sortie au cinéma, or j'adore l'actrice principale, Jessica Chastain.
J'ai eu l'opportunité de le regarder sur le petit écran et j'ai adoré ! 

Maddie Sloane est une femme d'influence qui mène une carrière brillante et sans scrupules dans les coulisses du pouvoir de la capitale Washington D.C. Elle travaille pour un célèbre cabinet de lobbyistes qui doit s'attacher les voix des élus (sénateurs et députés) pour faire passer ou bloquer des lois. Et tous les moyens sont bons.  Sa froideur et son esprit stratégique font d'elle une femme crainte et respectée. Un vrai requin. Leur prochain défi : bloquer une proposition de loi visant à contrôler l'accès aux armes. 
Un soir, elle est abordée par un inconnu (Mark Strong) qui lui glisse un mot dans la main. Il l'invite à venir rejoindre son propre cabinet dont la mission est au contraire de faire voter la loi. 

A la surprise de tous, Maddie accepte cette proposition et quitte avec grand fracas son cabinet en emmenant plusieurs associés, mais en laissant son assistante et un boss furax.  Elle sait également que la lutte sera inégale, les Américains étant majoritairement pro-armes. La lutte commence et toutes les méthodes sont bonnes, enfin ....



Un film  passionnant de bout en bout, du suspense, de la tension et un jeu d'acteurs formidable et une fin monumentale. J'ai adoré une nouvelle fois la performance de Jessica Chastain - qui joue à merveille cette femme glaciale, sans sentiment mais dont la carapace finit par craquer. J'avoue aussi que j'aime beaucoup les films dont le sujet a un lien avec le pouvoir, j'adore Jeux de pouvoir par exemple.

Je suis certaine de le revoir, j'ai déjà envie de le faire rien qu'en rédigeant ses mots.  John Madden a réalisé un thriller passionnant et les acteurs secondaires sont parfaits. 

Mon avis : 


Sinon j'attends avec impatience la sortie de Lady Bird au cinéma - le 18 avril prochain !



22 janvier 2018

Three Bilboards oustide Ebbing, Missou (les panneaux de la vengeance)

Après des mois sans aucune arrestation dans l'assassinat de sa fille, Mildred Hayes (Frances McDormand) décide de réagir, en payant pour afficher sur trois panneaux des messages à l'attention du chef de la police locale, William Willoughby (Woody Harrelson) sur une route secondaire. De sa maison, Mildred voit au loin ces trois panneaux. Sa décision attire les médias locaux et la foudre de Dixon (Sam Rockwell), l'assistant du shérif. 

Mildred est désespérée, sa fille avait quitté le domicile un soir, en colère contre elle et n'est jamais revenue. Son corps, carbonisé, a été retrouvé entre deux panneaux. Depuis, aucune arrestation n'a été faite. Red Wilby (Caleb Landry Jones) accepte donc la demande inhabituelle de Mildred mais le jeune homme ignore que cette décision va faire boule de neige et provoquer une multitude de réactions.
Dont celle de l'ex-mari de Mildred, Charlie (John Hawkes) qui l'a quitté pour une jeunette naïve âgée de 19 ans prénommée Anne. Charlie est un ancien flic qui était violent envers Mildred et ne se remet pas de la mort de sa fille. Les parents ne se sont pas rapprochés à la mort de leur fille, elle n'a fait qu'exacerber leur amertume.

La guerre est donc déclarée entre Mildred et la police locale, et l'effusion de sang peut commencer, et le premier tiers du film va dans ce sens. Mais la surprise de ce film, c'est qu'il n'est pas réalisé par Tarantino, et que la colère et la haine vont céder la place à la compassion et à la générosité. Dévorée par la haine, l'impuissance et la culpabilité, Mildred ignore parfois qu'elle fait du mal à son fils adolescent, et qu'elle refuse de voir que tout n'est pas noir.  Mais les évènements provoqués par sa décision vont l'amener à affronter ce qu'elle refusait de voir.



Tous les personnages de ce film vont se révéler sous un nouveau jour, que ce soit Willoughby et surtout Dixon. Il n'y a jamais qu'une seule facette dans ce film, les personnages sont multidimensionnels et surprenants. Je défie quiconque de ne pas être ému ou touché par Dixon, pourtant raciste et ignorant ! Les scènes avec sa Momma (Sandy Martin) sont exceptionnelles.

C'est ce qui surprend dans ce film, sa profonde humanité. Un scénario déroutant qui m'a totalement pris au dépourvu, surtout après avoir vu à trois reprises la bande-annonce.  Rarement un film ne m'aura autant surpris. J'avais bien aimé le précédent film de Martin McDonagh, réalisateur anglais, Bons baisers de Bruges. Le réalisateur portait déjà un regard aimant et protecteur envers ses personnages. Il confirme tout son talent et traite avec délicatesse et grâce d'un sujet grave, la mort d'un enfant.

L'autre excellente surprise est implement Ebby, petite ville frontière du Missouri et ses majestueuses montagnes, au pied duquel s'élancent les trois panneaux. Je n'avais qu'une envie, dénicher le lieu du tournage pour pouvoir m'y rendre.



Frances McDormand porte magnifiquement la douleur d'une mère dans le rôle de Mildred, un rôle sublime. Comme Sam Rockwell, tous deux méritent amplement leurs récompenses aux Golden Globes. Je tire aussi mon chapeau à tous les rôles secondaires, Woody Harrelson, en tête, bien sûr, très émouvant (je repense à sa dernière scène, magnifique), mais aussi John Hawkes, acteur discret que j'adore et puis Caleb Landry Jones, mon "Red" (rouquin) préféré ! J'étais ravie de le retrouver, et la présence surprise de Peter Dinklage en amoureux discret.  Et j'allais oublier le rôle de la jolie idiote magnifiquement interprétée par Abbie Cornish et celui de la mère de Dixon, une vieille femme aigrie et vile, magnifiquement jouée par Sandy Martin.

Martin McDonagh a écrit et réalisé un magnifique film auquel il faut ajouter une super bande-annonce, qui vous surprend dès le début avec de l'opéra.

Si vous aimez les films des frères Cohen ou la poésie de Comancheria alors foncez voir ce film !


Mon avis : 

06 mars 2017

Lion

Je suis allée voir ce film, non pour l'histoire, non pour le pays, mais pour l'actrice Rooney Mara. J'adore cette actrice et j'avais donc vu qu'elle avait participé à ce film. Puis le film est sorti et a reçu de très bonnes critiques, une raison de plus de pousser la porte du cinéma. Et je n'ai pas regretté mon geste ! 

En premier lieu, je ne connais que de nom l'acteur Dev Patel. Je savais que l'acteur britannique avait été découvert avec une mini série anglaise et surtout son rôle dans Slumdog Millionnaire, que je n'ai pas vu. Pourquoi ? Parce que, comme j'en avais parlé précédemment dans mon blog, l'Inde ne m'attire absolument pas. J'ai déjà vu un film indien et pas mal de documentaires, des centaines de photos (amis passionnés par ce pays), et rien n'y fait. Mais revenons au film et à cette histoire !

1986. Saroo a 5 ans. Le petit garçon vit en Inde avec sa mère, son frère ainé (15 ans environ), Guddu et sa petite sœur Shekila. Sa mère les élève seule, ils sont extrêmement pauvres. Chaque jour, Guddu part ramasser des morceaux de charbon, tombés sur les rails des trains. Saroo veut absolument aider. La nuit, Guddu part chercher du charbon dans la gare de la ville d'à côté. C'est un exercice dangereux car les trains circulent encore mais Saroo insiste pour venir. Les deux garçons arrivent à la gare quand Saroo s'est déjà endormi dans les bras de son frère. Incapable de le réveiller, Guddu le laisse sur un banc du quai en lui faisant promettre de l'attendre. 

La nuit passe, le jour se lève et Saroo s'éveille. Guddu n'est plus là. Le petit garçon, perdu, monte dans un train vide et se rendort. Lorsqu'il se réveille quelques moments plus tard, le train est en marche. Le train, vide de passagers est en route pour Calcutta, dans la région du Bengale. Le train ne s'arrête jamais et le petit garçon est enfermé dans le wagon. Malgré ses cris, rien n'y fait. Il y a restera presque deux jours (on sait aujourd'hui qu'il a parcouru plus de 1 600 km). Arrivé à Calcutta, l'enfant est totalement déboussolé. Personne ne l'écoute et lorsqu'il demande un ticket pour Ganestalay, personne ne connaît le nom de ce village. De plus, Saroo ne parle pas le bengali, uniquement le hindi.



Très vite, l'enfant se retrouve seul et devient un enfant des rues, comme des milliers d'autres. Il parcourt les immenses zones de déchets, le long du fleuve, pas loin de la gare, à la recherche d'objets à revendre. Les mois passent quand il est finalement confié à la police. Saroo ne connaît ni le nom de sa mère et dans ce pays de plus de 790 millions d'habitants à l'époque, plus de 80 000 enfants disparaissent chaque année. 20 ans ont passé, Saroo a été adopté par une famille australienne, John (David Wenham) et Sue Brierley (Nicole Kidman). Élevé en Tasmanie par des parents très aimants, Saroo est très sportif et part poursuivre ses études à Melbourne. 

Arrivé dans une école (qui forme les managers d'hôtels), Saroo (Dev Patel) fait la connaissance de Lucy (Rooney Mara), une jeune américaine dont il tombe amoureux. Un soir, il est invité à une soirée organisée par une femme d'origine indienne - contrairement aux autres étudiants indiens, Saroo ne parle pas la langue et ne connaît pas la culture indienne. Mais lorsqu'il voit les plats, dont un en particulier, il est soudainement assailli par des images de son frère ainé, Guddu, l'appelant. Les images vont finir par l'envahir, tout son passé lui revient, le visage et la voix de sa mère, ses jeux et promenades avec Guddu. Saroo est déboussolé....



Que dire ? Rien de plus. Le film est assez classique dans son format, l'enfance puis sa rencontre avec Lucy, et les images de son enfance qui vont l'assaillir - et la fin, très belle et très émouvante. Où le film se distingue, c'est d'une part, par la photographie, magnifique, et les acteurs (Saroo enfant et adulte, et Lucy et Nicole Kidman), tous incroyables de justesse. Dev Patel occupe tout l'écran et ce n'est pas plus mal ! Comme l'acteur qui joue son rôle enfant. J'ai trouvé Nicole Kidman formidable en mère adoptive qui ne comprend pas l'attitude de ses fils (tous deux adoptés) mais les aime tels qu'ils sont. Je pense qu'ayant elle-même adopté des enfants, elle a du se remémorer ses premiers instants avec eux. Et puis forcément, j'ai adoré revoir sur grand écran, mon actrice chouchou, Rooney Mara, toujours aussi belle et photogénique. Un très joli rôle.

La réalisation est très soignée et la photographie est superbe, l'Inde, ses campagnes, le mouvement de la caméra, j'ai vraiment beaucoup aimé ce film.

Une histoire très touchante, très émouvante, qui a réussi à m'embarquer pendant près de deux heures. J'ai été, comme à chaque fois, frappée par l'extrême pauvreté et toute la partie sur les enfants des rues est très émouvante et très dure à regarder.

J'ai versé quelques larmes à la fin, mais comment résister ? 

Mon avis : 


30 janvier 2017

La La Land

En préparant mon billet sur les prochains Oscars, il m'est apparu qu'il était évident que je devais aller voir le dernier film de Damien Chazelle (le réalisateur de Whiplash), La La Land

J'ai en tête, depuis ma sortie de la salle de cinéma, les premières notes envoutantes de City of Stars, interprétée par Sebastian (Ryan Gosling) et Mia (Emma Stone).  J'ai décidé de l'écouter à nouveau pour rédiger ce billet et ainsi garder un peu de la magie que le film nous offre. Mais mon avis ne sera pas, je le crains, totalement acquis à ce film !

En premier lieu, j'aime les comédies musicales, même si je ne suis pas fan du genre. Adolescente, j'ai dévoré les comédies musicales américaines des années 40 et 50 et même 60 (West Side Story). Regarder Fred Astaire danser avec ses multiples partenaires, dont la plus célèbre Ginger Rogers, était un vrai plaisir ! Je ne les cite pas tous, je pense aussi à Gene Kelly dans la comédie Un américain à Paris et ma préférée, Brigadoon avec les jambes interminables et magnifiques de Cyd Charisse, autre partenaire de danse de Freddy. 

Bref, Damien Chazelle a choisi de tourner une comédie musicale en 2016 - et je trouve ça fantastique ! Je suis donc partie au cinéma l'esprit léger - et j'étais ravie de retrouver ce duo d'acteurs dont c'est la troisième collaboration. Et le début du film est magnifique, même si je n'ai pas pu m'empêcher de penser à la chanson de REM (enfin au clip vidéo). Mais c'est génial car il invite dans cette scène de chant et de danse des rappeurs, des skateboarders .. Bref, en 2016, les acteurs sont multiples, de toutes les couleurs et cette modernité m'a vraiment plue. 



Puis il y a la rencontre avec ses deux âmes esseulées, Sebastian, fan de jazz, musicien de génie, qui vivote comme pianiste de bar. Il a misé tout son argent dans une affaire qui a mal tourné, il y a perdu tout son argent, mais aussi tout goût de vivre. Jusqu'au jour où il croise la route d'une jeune femme, un soir, dans un bar, Mia - mais alors qu'elle vient lui confier son admiration, il la repousse brutalement et s'en va. Tous deux sont venus à Los Angeles réaliser leurs rêves - la ville d'Hollywood leur ferme à nouveau la porte. Mia travaille dans la zone des tournages, comme serveuse dans un bar où les stars viennent de temps en temps s'approvisionner. Elle rêve d'être actrice mais depuis six ans, elle n'enchaîne que les déceptions. Les castings en sont la preuve....

Mais Los Angeles ne connaît que le soleil et au printemps, le destin place de nouveau ces deux êtres au même endroit. La comédie musicale est de retour, et comme dans de nombreuses scènes, Seb et Mia, sur les hauteurs de Hollywood, échangent leurs premiers pas ensemble.  Une histoire d'amour naît... et Damien Chazelle nous offre une demi-heure de comédie musicale magique, enchanteresse - comme dans toutes les comédies musicales. 


Ryan et Emma sont beaux ensemble, pas de fausse note, ils sont touchants, émouvants. Tout y est si vous n'avez jamais vu de comédies musicales avant. Reste quand même que ce moment est magique.

Malheureusement pour moi, le film souffre de plusieurs écueils qui n'en font pas un coup de coeur (je ne me suis pas précipitée chez moi pour écrire ce billet) :

- la longueur (2h08) - vu l'histoire (et la fin), on aurait pu facilement le raccourcir d'un bon quart d'heure.

- j'ai eu l'impression de revoir des scènes entières des comédies musicales des années 50 - avec de moins bons danseurs, il faut l'avouer - même endroit, même lumière, même vêtements. Le charme opère mais ce ne sont pas des professionnels et je n'ai pas pu m'empêcher de comparer. Erreur de ma part ? Oui et non. Car mon écueil suivant explique en partie celui-ci : 

- le changement d'époque : Chazelle ouvre son film sur une scène très moderne (comme West Side Story l'avait fait en son temps en révolutionnant le genre) mais replonge directement dans les années 50 : Mia ne porte que des robes de cette époque, lui conduit une voiture et porte des vêtements rétros, leur appartement a l'air sorti tout d'une page de publicité de l'époque - seuls le téléphone portable et les scènes de casting rappellent qu'on est en 2016.  Pourquoi ? Pourquoi doivent-ils porter des vêtements qui sont deux fois plus vieux qu'eux ? 

Oh j'aime ce style, j'adore ces années-là et les deux acteurs portent très bien ces costumes. Je le sais, cette époque-là semble toujours plus douce, plus tendre. Mais je regrette ce choix qui d'ailleurs force tout de suite la comparaison avec Gene, Fred ou Cyd. Et forcément, ils sont perdants.

- l'histoire d'amour n'a malheureusement rien de révolutionnaire. Vu et revu. Et c'est triste car j'aurais préféré justement qu'il prenne le contrepied et nous surprenne à la fin.

Restent de très belles scènes - surtout celles autour du jazz - j'adore cette musique, surtout dans les cabarets, et entendre à nouveau de la trompette au cinéma, le pied ! Et Gosling assure au piano, et j'adore l'entendre jouer les premières notes ou chanter. 

J'ai donc passé un joli moment (je venais pour cela) mais je n'ai pas été bouleversée - ce film fait du baume en coeur en cette période morose et inquiétante mais j'ai préféré sa première réalisation, Whiplash qui m'avait vraiment épatée ! 

Côté acteurs, ils sont tous deux nommés aux Oscars or je ne trouve pas qu'ils le méritent vraiment, peut-être Emma Stone qui finalement m'a plus émue (scènes de castings) car Ryan a exactement le genre de rôle que les femmes adorent avec lui :  passionné, taciturne, amoureux ... Oui, il a beaucoup travaillé la danse mais l'Oscar, c'est plus que ça, quand même ?  Par contre, je trouve normal qu'il soit nommé dans la liste des meilleurs films. 

Reste la fameuse chanson, vous pouvez la trouver par ici. Trop jolie ! Au final, je le dis : un joli moment que je ne regrette absolument pas d'avoir vu.

edit : et parce que la nuit porte conseil, je me dis qu'il s'agit ici d'un hommage à Hollywood ? ou je me trompe ? 

Et parce que je veux terminer ce billet sur une jolie note,  je vous laisse avec Gene !  Et si vous êtes curieux, il suffit de taper les noms de Cyd, Fred ou Gene sur Youtube et vous comprendrez mieux mes bémols.



Mon avis : 

01 février 2016

Spotlight

Il me tardait de voir ce film ! C'est chose faite. Après quelques frayeurs, Gaumont Nantes n'apparaissait pas dans la liste des cinémas diffusant le film (il était dans leur petit programme mais pas sur le site d'Allôciné). Finalement, le film est bien diffusé, en vf et en vo. J'ai choisi une séance en vo pensant être reléguée dans une petite salle, erreur ! C'était dans la salle principale et la salle était presque pleine quand je suis arrivée.  Moi qui adore ce genre de films (une enquête de longue haleine menée par des journalistes), je ne croyais pas que tant de gens pouvaient être aussi intéressés.

L'histoire est basée sur des faits réels. En 2001, une équipe du journal du Globe à Boston a mené une enquête de longue haleine (8 mois) sur l'Eglise Catholique. Boston est une ville ouvrière, avec une forte population catholique (irlandaise et italienne). L'Eglise est présente partout : les écoles, les centres de loisirs sont gérés par le Diocèse. Le Globe doit accueillir son nouveau chef, en provenance de Miami. Marty Baron (Liev Schreiber) découvre l'équipe "Spotlight". Celle-ci mène des enquêtes secrètes qu'elle ne partage qu'avec le rédacteur en chef du journal. Ils sont installés au sous-sol et ne communiquent pas ou peu avec leurs collègues. Baron leur propose un jour de pousser leur enquête sur l'église. Le Globe a publié des articles au fil des ans sur des histoires supposées de pédophilie mais n'a jamais mené une véritable enquête depuis deux affaires célèbres, où deux prêtres avaient été poursuivis en justice. L'un d'eux, Geoghan, a été accusé d'avoir à lui seul fait plus d'une centaine de victimes. Le Diocèse, représenté par l'éminent Cardinal Law, a toujours maintenu ne pas être au courant des faits. L'équipe du Spotlight se met au travail. 



Ils retrouvent des articles qui remontent aux années 80 et rencontrent les avocats des victimes de Porter. Ils découvrent (comme moi) qu'il y a prescription pour abus sexuels au bout de trois petites années, or les victimes attendent souvent l'âge adulte pour enfin raconter ce qui leur est arrivé. De plus, l'Eglise est protégée car même en dédommagement civil, elle ne peut être condamnée à verser plus de 20 000$ ! Mais en fouillant dans leurs archives, ils rencontrent une association de victimes qui va leur apporter leurs premiers noms et leurs premières pistes. Et l'un des journalistes (Mark Ruffalo) entre en contact avec un ancien prête devenu chercheur et qui enquête depuis trente ans sur les prêtres pédophiles. 

Peu à peu, les langues se délient, l'avocat de l'Eglise leur apporte quelques noms. Et le pire se produit : la liste des prêtres soupçonnés s'allongent à n'en plus finir. Croyant s'arrêter à 13, ils tombent des nues en découvrant le chiffre réel. Face à l'omerta, aux pressions à peine déguisée de l'Eglise, au silence des avocats, à la réticence même de la justice de leur donner accès à d'anciennes plaintes, l'équipe doit aller frapper à chaque porte, écouter en détail le témoignage de ces hommes, adultes à présent, et toujours brisés par ce qu'ils ont vécu. 



Je n'en dirais pas plus, mais comme d'habitude, j'ai été happée par l'histoire, les personnages et leur volonté infaillible de livre à leurs lecteurs une enquête poussée au bout. Ce qu'ils feront. Et qui leur vaudra même le Prix Pulitzer. Mais derrière cette enquête, on découvre surtout tout un système que l'Eglise a mis en place pour protéger ces hommes malades, pédophiles et s'arranger pour que les familles refusent de porter plainte. Les spectateurs présents dans la salle n'ont pas pu, comme moi, s'empêcher d'exprimer leur dégoût et étonnement face aux chiffres ou aux paroles prononcées par certains membres de l'église. 

Les acteurs sont tous formidables, j'adore Rachel McAdams et c'est toujours un plaisir de la retrouver dans ce genre de rôle (mon autre film préféré du genre est Jeux de Pouvoirs où elle jouait déjà une journaliste). Mais Michael Keaton, Mark Ruffalo, Liev Schreiber ou John Slaterry sont tous parfaits. Le personnage de Mark Ruffalo est touchant. Et j'ajoute Stanley Tucci qui est tout simplement génial dans ce rôle d'avocat dévoué lié par les liens du secret. Oh zut, idem, l'autre avocat (qui rappelle qu'il avait alerté le journal sans succès 5 ans auparavant) joué par Billy Crudup est aussi très bien interprété. Rappelez-vous que tous ces journalistes sont réels et étaient présents à la première du film.



Ce n'est pas un film d'action, alors n'y allez pas si vous voulez des courses poursuite, un rythme effréné. Vous verrez bien le personnage de Ruffalo courir, mais c'est pour accéder à des documents avant les autres journaux concurrents. Ici, le réalisateur a choisi de montrer le travail ingrat qu'est souvent le journalisme d'investigation : les heures passées au téléphone, celles à lire, relire, à aller frapper des portes, à se voir rejeter la majorité de leurs demandes. Mais au final, ils arrivent toujours à trouver une porte ouverte. L'autre point intéressant du film est l'hésitation du rédacteur-chef entre deux enquêtes : la manière dont l'Eglise, au courant, a tout fait pour protéger et cacher cette épidémie de pédophilie en son sein ou comment depuis des années quelques avocats se font de l'argent en signant des pactes de confidentialité entre les familles des victimes et l'Eglise, empochant au passage une coquette somme.

Bref, le film interroge vraiment le citoyen que l'on est sur les pouvoirs de l'Eglise. Et puis, j'ai adoré retrouver Boston, une ville qui m'attire toujours.

Un film passionnant et instructif. 

Mon avis : 


16 janvier 2016

Carol

J'attendais la sortie de ce film depuis sa diffusion à Cannes ! Ce fut long mais je ne regrette en rien toute cette attente. Todd Haynes a eu une idée de génie en décidant d'adapter au cinéma le roman de Patricia Highsmith (The Price of Salt) et en choisissant Rooney Mara et Cate Blanchett dans les rôles principaux. 

New York, décembre 1952. Le regard de Carol croise celui de Thérèse dans un grand magasin. Carol cherche un cadeau pour sa fille mais la poupée en question n'est plus disponible. Thérèse lui trouve un autre cadeau et après son départ, découvre que la sublime femme a oublié ses gants. Pour la remercier de lui avoir renvoyé ses gants, Carol invite Thérèse à déjeuner ... 

Que dire sans trop dévoiler ? Tout est là : le scénario, la réalisation, la photographie (à tomber à la renverse), la musique - et puis l'histoire tout simplement. Une des plus belles histoires d'amour que j'ai jamais vue au cinéma. Nous sommes en 1953, le maccarthysme et le puritanisme sont de rigueur aux USA, même à New York. Carol est une femme mariée, en instance de divorce, et vit dans un sublime manoir dans la campagne dans le New Jersey. Thérèse Belivet est une jeune femme timide, effacée, passionnée de photographie, dont le petit ami la presse depuis quelque temps pour sauter le pas et l'épouser (au retour d'un voyage en France). Mais il suffit d'un regard pour que tout bascule...

Forcément, rien ne se passe comme prévu. J'ai vraiment retrouvé tout ce que j'aime dans le cinéma : les silences pèsent fort que les mots, dans la vie réelle, la gestuelle et le regard suffisent à dire énormément et on s'attache à ces deux êtres, chacune murée dans son silence, sa souffrance. Le personnage de Carol ne m'a pas, j'avoue, de suite plu - elle est belle mais froide, et elle fait penser à ces actrices hollywoodiennes de cette époque, dont chaque geste (se passer la main dans les cheveux, allumer une cigarette) est calculé avec soin. Pourtant, rapidement on comprend qu'elle est prisonnière de ce mariage, de cette vie, de cette morale puritaine et que sa fille devient soudainement une monnaie d'échange entre elle et son époux (Kyle Chandler).



De son côté Thérèse a la fâcheuse tendance "à dire oui" à tout - elle se laisse mener par les autres, même par Carol au tout début. Un garçon veut l'embrasser, soit. Seule la photographie semble lui donner une voix, une identité. 

Et puis, j'étais très heureuse de ne pas avoir lu le livre avant, et donc d'être surprise par la fin. Totalement inimaginable pour moi. 

Un film sublime où les deux actrices arrivent à exprimer, toute en retenue et subtilité, ces émotions immenses qui les bouleversent. Elles sont toutes les deux magnifiques, chacune dans leur style, troublantes et émouvantes. J'adore les deux actrices et comme ceux qui lisent ce blog le savent, je suis vraiment fan de Rooney Mara et je la trouve lumineuse et exceptionnelle dans ce film. Elle m'a légèrement fait penser à Audrey Hepburn, ainsi habillée, elle semble si petite et si jeune, face à cette femme sensuelle et mature jouée par Cate Blanchett



Je suis ressortie comme émerveillée de cette parenthèse, éblouie par tout ce talent, emportée par la musique et j'ai trouvé tous les acteurs excellents. N'oublions pas Kyle Chandler, qui joue le rôle de Harge Aird, le mari trompé mais amoureux, et John Magaro qui semble sortir tout droit de 1953 ! Et enfin Sarah Paulson, parfaite dans le rôle d'Abby, la meilleure amie et l'ex de Cate Blanchett.

Rooney Mara et Cate Blanchett ont été nominées à de nombreuses reprises pour leurs rôles et le sont encore aux Oscars. Cate dans la catégorie Meilleure actrice et Rooney pour le Meilleur second rôle féminin - ce qui me plaît assez car les jurys n'ont pas à choisir. Rooney, tout le monde l'a oublié, avait déjà remporté à Cannes La Palme pour Meilleure actrice mais elle était absente, et elle partageait son prix avec Emmanuelle Bercot.



Pour moi, ce film reste d'abord une sublime histoire d'amour, pudique et intime. Comme Maurice m'avait touché à son époque (l'histoire d'amour entre deux étudiants), Carol reste pour moi le plus beau film sur une histoire d'amour entre deux femmes.  Un film qui vous transportera. Longtemps.

Mon avis : 

04 février 2015

The imitation game

Lorsque je suis allée voir The Imitation Game au cinéma, j'ignorais que le titre du film venait d'une thèse mathématicienne qu'Alan Turing avait rédigée. Je connaissais le nom de ce scientifique et celui de la fameuse machine Enigma, mais j'ignorais tout du travail gigantesque qu'avait mené cet homme, dans le plus grand secret et quelle terrible chute l'attendait à la fin de la guerre. 

J'ai été ravie de retrouver au casting de ce film historique Keira Knightley, Matthew Goode, Allen Leech (Downton Abbey) et évidemment Benedict Cumberbatch, acteur devenu incontournable de nos jours.

Le film est construit sensiblement de la même manière que la majorité des films aujourd'hui : une scène d'ouverture, ici une salle d'interrogatoire où Alan Turing (Cumberbatch) raconte au policier les années 39-45 pendant lesquelles il a mystérieusement "disparu".

L'Allemagne a déclaré la guerre à l'Angleterre. L'armée, aidée du MI6 décide de recruter secrètement les meilleurs scientifiques pour une mission très particulière : réussir à décoder la fameuse machine Enigma, monstre créé par les allemands, qui leur permet de communiquer les positions de leurs navires ou bombardiers et celles de leurs ennemis à travers le monde sans être inquiétés. Personne à ce jour n'a réussi à percer son secret. 

Alan Turing, professeur d'université et mathématicien reconnu est contacté par l'Armée et accepte cette mission comme un challenge personnel. Turing est surpris de devoir intégrer une équipe déjà formée et dirigée par Hugh (Matthew Goode) un champion d'échecs, très fort en calcul mental. Il s'isole rapidement. Très vite, les travaux de ces scientifiques se heurtent à Enigma. Car chaque jour à minuit, toutes leurs recherches sont avortées et ils doivent repartir de zéro, la machine recréant de nouveaux codes. L'armée allemande continue ses attaques sous-marines contre les destroyers anglais et l'armée britannique ne peut rien faire. 
 


Les probabilités sont telles que Turing se lance seul dans la création du premier ordinateur, une machine capable de déjouer Enigma en diminuant les probabilités (ne me demandez pas d'expliquer, j'ai compris en y assistant mais maintenant....). Très vite, Turing s'est détaché des autres. Il est clair qu'aujourd'hui on soupçonnerait chez ce génie associal une forme d'autisme Asperger. Il n'arrive pas à "décoder" ses congénères, la scène où l'un des scientifiques l'invite à déjeuner est très parlante. Il prend tout au premier degré. 

Le général, peu satisfait des échecs à répétition de l'équipe pense tout arrêter au bout de deux ans. La machine créée par Turing n'est pas terminée quand le général menace de la détruire. Turing va alors contacter Churchill, via le MI6. Nommé chef de l'équipe, il vire deux des linguistes et décide de recruter à sa manière

Cette partie-là du film m'a vraiment plu, je vous laisse allez voir sa méthode de recrutement. Il choisit au final Joan Clark (Keira Knightley), une jeune femme timide, mais mathématicienne très douée et un autre jeune homme. Cette jeune femme va se rapprocher de Turing et lui permettre non seulement d'intégrer l'équipe et surtout de les amener à travailler avec lui sur cette drôle de machine. Les années passent, l'armée allemande continue ses bombardements et des millions de civils et de militaires perdent la vie. Le temps presse....

Parallèlement, le spectateur suit une partie de l'enfance de Turing, dans un pensionnat anglais. Le jeune homme est le souffre-douleur de ses camarades mais se trouve un ami en la personne de Christopher. Ce dernier le prend sous son aile et lui explique que sa "différence" peut être un plus et non un mal. Alan Turing développe alors pour son ami des sentiments très forts  ....

Car, si vous l'ignoriez, Alan Turing était homosexuel - un crime à l'époque. Son orientation sexuelle sera à l'origine de sa terrible déchéance et de son décès. La boucle est bouclée, le spectateur retrouve Alan dans cette petite salle d'interrogatoire, face à ce policier qui vient de l'arrêter.

Alan Turing a été finalement gracié par la Reine d'Angleterre en 2013 - un hommage posthume arrivé bien tard pour rendre à cet homme les honneurs qu'il aurait du recevoir. Sa fin tragique est émouvante, il est mort à l'âge de 41 ans, dans le plus grand secret,  en croquant une pomme remplie de cyanure. 

Le film est réalisé sobrement, mais de manière intelligente et le suspense est là. Sachez que l'histoire ne se termine pas lorsque les scientifiques réussissent - le film est didactique et explique les choix cruciaux qui ont du être pris à cette époque.




De même, le film ne cache pas que la politique d'enfermement ou de castration chimique à l'encontre des homosexuels avait concerné plus de 68 000 personnes en Angleterre à cette époque. 

Un dernier mot sur les acteurs : ce fut un plaisir de les voir jouer. J'adore les films historiques et plus particulièrement basés sur cette époque. Il est clair que Benedict Cumbertbatch mérite sa nomination aux Oscars. 

Contrairement à Eddie Redmayne qui a interprété un Stephen Hawking tout en gestes, tics et mouvements (mais de manière époustouflante), Cumberbatch est tout le temps dans la retenue. Son personnage, à la limite de l'autisme, intériorise ses peurs, ses sentiments. Son jeu est très subtil. 

Keira Knightley est toujours aussi éblouissante tout en restant totalement simple, et quel plaisir de retrouver Matthew Goode à l'écran. J'adore cet acteur. 

Je n'ai pas pu m'empêcher de repenser à ces hommes et femmes qui ont menti à leurs proches pendant la guerre (pas uniquement cette équipe, mais une centaine de civils qui décodaient ou enregistraient les échanges en morse) en disant qu'ils travaillaient dans une usine de fabrication de radios. Un véritable hommage à tous ces anonymes qui n'ont jamais été remerciés pour leurs services rendus à la nation.

En effet, il aura fallu attendre 50 ans pour que les archives déclassifient ces dossiers secrets.

Un film à la facture classique mais qu'il convient de voir. 

Mon avis : 
 

30 janvier 2015

Unbroken (Invincible)


Vous avais-je dit que c'est au bout de la troisième tentative que j'ai enfin réussi à voir Invincible (Unbroken) au cinéma? Ma première tentative aura échoué au bout de trois minutes de film... Projecteur en panne, voici la salle plongée dans la noir, seules les voix des Louie et de ses potes aviateurs nous tiennent compagnie. Billets remboursés (2 places par personne). Deuxième tentative : je suis clouée au fond de mon lit. Troisième tentative : réussite ! Et deuxième fois que j'ai la salle de cinéma pour moi toute seule. 

Que dire ? Sinon que j'avais l'impression qu'Angelina m'avait invité à une projection privée. J'ai retrouvé Jack O'Connell, une semaine à peine après l'avoir vu dans Tower Block, du petit malfrat anglais le voici gamin italien, immigré en Californie, à l'aube d'un destin exceptionnel. 

Angelina Jolie a longuement parlé de sa fascination pour l'homme qu'elle aura eu la chance de rencontrer, avant son décès à 94 printemps passés. La réalisatrice a choisi d'adapter au grand écran le livre de Laura Hillenbrand qui raconte l'histoire extraordinaire de Louis "Louie" Zamperini, symbole du pouvoir de la résilience sur l'esprit humain. 

Louie a dix ans et fait les quatre cent coups, le rital est le souffre-douleur des autres enfants. Petit immigré dont les parents ne parlent pas anglais, il enchaine les petits larcins. Il maquille les bouteilles pour y cacher de l'alcool, court très vite pour échapper au policier local. Mauvaise graine, le jeune Louie doit sa destinée aus soutien de son frère ainé, Pete, qui va l'initier à la course. Car il court vite, très vite, le jeune Louie. Il va bientôt battre les records et finit par intégrer la sélection olympique américaine pour les J.O de 1936, qui se tiennent à Berlin. Louie y participe en tant qu'espoir, on compte sur lui pour les prochaines olympiades qui doivent se tenir au Japon en 1940. Évidemment, ces jeux n'auront jamais lieu mais l'histoire se chargera d'emmener le jeune Louie au Japon. 

Et Louie remporte une médaille olympique à la surprise générale. De retour au pays, il s'entraine lorsque le Japon attaque Pearl Harbor. Il s'engage alors dans l'armée, l'aéronavale. Californien, il part pour le Pacifique. Les premières scènes du film s'ouvrent sur lui, et ses potes, Phil (Domhnall Gleeson), Mac (Finn Wittrock) dans un bombardier, fonçant sur les îles japonaises, s'engageant dans les combats aériens. 



Angelina Jolie est une excellente réalisatrice, aucune erreur de plan, moi qui aime les films de guerre, les images sont sublimes, et les scènes filmées à l'intérieur du bombardier en vol sont un vrai plaisir. Le film dans sa totalité reste cependant très classique dans son format. D'où les critiques plutôt moyennes.

Lorsque l'avion plonge, le spectateur sait que Louie va survivre, mais qui d'autre ? Il est clair pour moi, que la partie la plus éprouvante du film sont ces cinquante trois jours passés à dériver dans l'océan Pacifique avec ses deux amis. Ce soleil implacable, la présence de requins, le désespoir, tout y est. J'ai vraiment souffert avec eux, comment ne pas perdre la tête ? Comment survivre ? Tout y est montré, et c'est particulièrement éprouvant.

Et lorsqu'ils sont finalement secourus, miraculés, c'est pour plonger dans un autre enfer. Prisonniers dans la jungle d'une île du Pacifique, ils sont torturés par l'armée japonaise. Leur survie est tout autant miraculeuse comme leur transfert vers Tokyo dans un camp d'internement où ils retrouvent des centaines de soldats américains, australiens ou canadiens. 

Louie se lie d'amitié avec le caporal Fitzgerald (Garrett Hedlund). Mais nous sommes en guerre, et avoir fait prisonnier un champion olympique va faire de lui la bête noire du chef du camp, l'impressionnant Watanabe (Miyavi), surnommé l'Oiseau. 


L'Oiseau est fou : il va alors passer son temps à torturer mentalement et physiquement Louie, cherchant à briser le soldat. Mais Louie est incassable, invincible. 

Je raconte le film ? Oui et non. Car si vous regardez la bande-annonce, vous verrez chacun de ces trois parties. Non, car je laisse ici de côté les séances d'humiliation mais aussi celles de résistance où des plans rapprochés permettent au lecteur de mieux saisir la volonté extraordinaire de ce jeune homme. Son instinct de survie est une leçon pour nous tous.

Les reproches à faire au film? Une construction très classique, un film très américain par le thème : l'histoire d'un homme ordinaire qui va se révéler extraordinaire. Mais je n'ai jamais trouvé le film lent ou long, comme je l'ai lu ci et là. 



La réalisation est soignée, et surtout la réalisatrice a voulu être fidèle à la réalité, à Louie. Elle n'y ajoute pas une dose d'effets spéciaux, ou des scènes de combats improbables à la Rocky ou piqués à des jeux vidéos. Ici, elle reste fidèle à l'histoire, qui en elle-même contient déjà tous les effets spectaculaires qu'un réalisateur pourrait souhaiter ajouter à son film. 

Contrairement aux films américains dramatiques qui ont tendance à surjouer de la musique, elle privilégie le silence. Ici peu de musique, peu de dialogues. Les regards priment sur les échanges. Comme pour la vision de la guerre, ici Angelina ne joue pas "aux gentils et aux méchants". L'Amérique n'est pas idéalisée, le jeune Louie est victime de racisme. L'armée fait voler ses soldats dans des tombes volantes, son bombardier n'est pas descendu lors d'un combat. Créé en toutes pièces de bric et de broc, ses moteurs lâchent. La propagande de guerre permet à certains officiers américains d'éviter les camps et de vivre agréablement au Japon (je me demande ce qui leur est arrivé lorsque le Japon a perdu la guerre). 

Résultat : ses choix apportent suffisamment de profondeur au film et lui permettent d'éviter certains écueils. 



Pour revenir au casting, les acteurs sont tous formidables. Jack O'Connnell a décidément le don de me surprendre. Cet acteur anglais a su endosser le rôle avec une facilité déconcertante. 

Mais s'il fallait en choisir un, j'ai été le plus impressionnée par le jeu de Miyavi dans le rôle du chef de camp Watanabe. Pour moi, il s'agit d'un vrai tour de force d'avoir confié le rôle d'un tortionnaire à un tout jeune acteur au visage d'ange. Un visage très féminin (comme ses mains, les doigts si fin, les ongles coupés) qui cache une noirceur exceptionnelle. Le diable en personne. J'avais par hasard aperçu l'artiste japonais (chanteur, acteur) à une émission et il est méconnaissable. 

Ma sœur, qui avait vu le film avant moi, m'avait dit qu'on reconnait un acteur à sa voix, et dans ce cas, il est vrai que la voix grave de Garrett Hedlund emporte l'adhésion. Cet acteur représente pour moi une génération d'acteurs américains, de la carrure de Cary Grant ou Jimmy Stewart, qui peuvent jouer à peu près tous les rôles. Une valeur sûre du cinéma américain.



Enfin, j'ai beaucoup aimé le jeu de Domnhall Gleeson (dont je vous avais parlé pour le film About Time) et j'ai découvert Finn Wittrock (qui ressemble étrangement à Brad Pitt dans le canot pneumatique), tous sont formidables.

Enfin, moi qui aime l'Histoire avec un grand "H", j'ai été comblée. J'avais adoré la mini série The Pacific et j'ai encore appris sur cette guerre dans ce film. 

Mon avis : 


28 janvier 2015

The theory of everything (une merveilleuse histoire du temps)

J'ai eu toujours eu l'image de cet homme, replié sur son fauteuil électrique et sa voix, si particulière, cette voix robotique à l'accent américain. Un homme fascinant, obsédé par le cosmos et plus particulièrement par l'origine du monde. 
Je n'ai vu qu'une seule fois la bande-annonce du film, le nom des acteurs principaux : Eddie Redmayne et Felicity Jones a suffi à me donner envie d'aller voir le film. 

Heureuse que mon cinéma a enfin compris l'importance de diffuser les films en version originale le matin (et pas uniquement l'après-midi, ce qu'il fait encore très souvent), j'ai donc embarqué pour une merveilleuse histoire du temps.

Le temps, ça sera finalement le sujet d'étude du doctorat du jeune Stephen Hawking (Eddie Redmayne), incapable de choisir un sujet de prédilection pendant ses années estudiantines à Cambridge, en Angleterre. Le jeune homme est maladroit, porte des lunettes à grosses montures et ne fréquente que d'autres étudiants en sciences dont Brian (Harry Lloyd), peu populaire parmi la population estudiantine. Mais lorsqu'il croise Jane (Felicity Jones) à une soirée, un véritable coup de foudre se produit. Gauche, athée, il a tout des jeunes adultes surdoués (il me rappelle les enfants autistes dit Asperger). Il séduit la jeune femme anglicane étudiante en lettres avec sa passion des étoiles, et son obsession pour connaître l'origine du monde. 

Pourtant les premiers signes de tremblements apparaissent, il renverse sa tasse, se prend les pieds en marchant, puis sa main se crispe, écrire lui devient difficile. C'est une chute violente qui l'emportera à l'hôpital et qui lui révélera cette terrible nouvelle : Stephen est atteint de la maladie dite de "Lou Gehrig" (joueur de base-ball célèbre atteint de cette maladie), elle se caractérise par une dégénérescence progressive des motoneurones, du cortex cérébral, en clair la partie du cerveau qui donne ordre aux muscles de bouger est attaquée. Cette maladie provoque alors une paralysie progressive de l'ensemble de la musculature des membres, du tronc (donc des muscles respiratoires).

Le médecin donne à Stephen une espérance de vie de deux ans.  Le jeune homme est effondré. Il s'enferme dans sa chambre et refuse tout contact, même avec son meilleur ami, Brian, avec qui il a fait les 400 coups. Il repousse Jane mais cette dernière forcera la porte de sa chambre et la porte de son coeur. 




Je ne vous raconterai pas la suite du film, celle-ci raconte non seulement les trente années qui vont suivre du point de vue scientifique (ses découvertes, la reconnaissance mondiale) mais aussi sa vie privée, l'évolution de la maladie... sa relation conjugale ...

Ce film, d'une facture classique à priori a réussi à m'emporter dans un autre monde, à me faire découvrir la puissance de la pensée, de la réflexion quand son propre corps est devenu une prison, au dévouement, à l'amour mais aussi à la reconnaissance de la femme, à son évolution, non seulement comme épouse, mère, mais professeur et femme libre. 




J'ai beaucoup aimé ce film car il a su, à travers une histoire personnelle, parler de l'évolution de la société, de la libération de la femme, de la science avec les théories sur l'origine du monde. Un film très beau, émouvant sans jamais tomber dans la facilité ou dans le larmoyant. 

Le casting est parfait, Eddie Redmayne, dont j'apprécie depuis longtemps le talent, a réussi un tour de force et mérite sa nomination aux prochains Oscars. Felicity Jones est parfaite dans le rôle de cette jeune femme prête à tout sacrifier pour l'amour de sa vie. Sa fraicheur et sa candeur apportent beaucoup au film. Je comprends mieux sa nomination aux Oscars.  Puis, pendant le film, le visage de Brian, le meilleur ami de Stephen m'a perturbé. Je le connaissais, mais d'où ? Il s'agit de Harry Lloyd que j'avais découvert dans Jane Eyre



Enfin, j'ai été enchantée par la musique du film, composée par Johann Johannsonn. Vous pouvez en écouter plusieurs extraits sur i-Tunes. 

Ce que j'ai appris, c'est que Stephen Hawking était déjà un homme exceptionnel et que sa maladie n'aura fait que renforcer sa volonté extraordinaire, faisant de lui l'homme qui peut expliquer à lui seul the theory of everything. 

Mon avis :