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22 janvier 2018

Three Bilboards oustide Ebbing, Missou (les panneaux de la vengeance)

Après des mois sans aucune arrestation dans l'assassinat de sa fille, Mildred Hayes (Frances McDormand) décide de réagir, en payant pour afficher sur trois panneaux des messages à l'attention du chef de la police locale, William Willoughby (Woody Harrelson) sur une route secondaire. De sa maison, Mildred voit au loin ces trois panneaux. Sa décision attire les médias locaux et la foudre de Dixon (Sam Rockwell), l'assistant du shérif. 

Mildred est désespérée, sa fille avait quitté le domicile un soir, en colère contre elle et n'est jamais revenue. Son corps, carbonisé, a été retrouvé entre deux panneaux. Depuis, aucune arrestation n'a été faite. Red Wilby (Caleb Landry Jones) accepte donc la demande inhabituelle de Mildred mais le jeune homme ignore que cette décision va faire boule de neige et provoquer une multitude de réactions.
Dont celle de l'ex-mari de Mildred, Charlie (John Hawkes) qui l'a quitté pour une jeunette naïve âgée de 19 ans prénommée Anne. Charlie est un ancien flic qui était violent envers Mildred et ne se remet pas de la mort de sa fille. Les parents ne se sont pas rapprochés à la mort de leur fille, elle n'a fait qu'exacerber leur amertume.

La guerre est donc déclarée entre Mildred et la police locale, et l'effusion de sang peut commencer, et le premier tiers du film va dans ce sens. Mais la surprise de ce film, c'est qu'il n'est pas réalisé par Tarantino, et que la colère et la haine vont céder la place à la compassion et à la générosité. Dévorée par la haine, l'impuissance et la culpabilité, Mildred ignore parfois qu'elle fait du mal à son fils adolescent, et qu'elle refuse de voir que tout n'est pas noir.  Mais les évènements provoqués par sa décision vont l'amener à affronter ce qu'elle refusait de voir.



Tous les personnages de ce film vont se révéler sous un nouveau jour, que ce soit Willoughby et surtout Dixon. Il n'y a jamais qu'une seule facette dans ce film, les personnages sont multidimensionnels et surprenants. Je défie quiconque de ne pas être ému ou touché par Dixon, pourtant raciste et ignorant ! Les scènes avec sa Momma (Sandy Martin) sont exceptionnelles.

C'est ce qui surprend dans ce film, sa profonde humanité. Un scénario déroutant qui m'a totalement pris au dépourvu, surtout après avoir vu à trois reprises la bande-annonce.  Rarement un film ne m'aura autant surpris. J'avais bien aimé le précédent film de Martin McDonagh, réalisateur anglais, Bons baisers de Bruges. Le réalisateur portait déjà un regard aimant et protecteur envers ses personnages. Il confirme tout son talent et traite avec délicatesse et grâce d'un sujet grave, la mort d'un enfant.

L'autre excellente surprise est implement Ebby, petite ville frontière du Missouri et ses majestueuses montagnes, au pied duquel s'élancent les trois panneaux. Je n'avais qu'une envie, dénicher le lieu du tournage pour pouvoir m'y rendre.



Frances McDormand porte magnifiquement la douleur d'une mère dans le rôle de Mildred, un rôle sublime. Comme Sam Rockwell, tous deux méritent amplement leurs récompenses aux Golden Globes. Je tire aussi mon chapeau à tous les rôles secondaires, Woody Harrelson, en tête, bien sûr, très émouvant (je repense à sa dernière scène, magnifique), mais aussi John Hawkes, acteur discret que j'adore et puis Caleb Landry Jones, mon "Red" (rouquin) préféré ! J'étais ravie de le retrouver, et la présence surprise de Peter Dinklage en amoureux discret.  Et j'allais oublier le rôle de la jolie idiote magnifiquement interprétée par Abbie Cornish et celui de la mère de Dixon, une vieille femme aigrie et vile, magnifiquement jouée par Sandy Martin.

Martin McDonagh a écrit et réalisé un magnifique film auquel il faut ajouter une super bande-annonce, qui vous surprend dès le début avec de l'opéra.

Si vous aimez les films des frères Cohen ou la poésie de Comancheria alors foncez voir ce film !


Mon avis : ♥♥♥♥♥♥

07 février 2016

Les brasiers de la colère

J'avais eu très envie de voir ce film lors de sa sortie au cinéma, mais sa sortie avait été si limitée qu'il m'était passé sous les doigts. Or je savais déjà que j'allais vraiment aimer cette histoire. Finalement, c'est jeudi soir que j'ai pu découvrir l'histoire de Russell et de Rodney, deux frangins qui vivent dans une petite ville dévastée par le chômage, l'un travaille à l'usine, où leur père et grand-père ont travaillé avant eux et le second revient entre deux tours en Irak. Mais le retour devient de plus en plus difficile, Rodney est totalement désorienté, les images de la guerre, son père qui se meurt lentement sur le canapé du salon et une ville en ruines., tout participe à son mal être. Russell, au contraire, a accepté son destin, il bosse comme soudeur à l'usine et fréquente une jeune femme, Lena, dont il est très épris. 

Mais les vieux démons de Rodney (Casey Affleck) ressurgissent, incapable de trouver un job, il boit et dépense ses toutes ses économies dans des jeux d'argent, des paris sur des courses qu'il perd à chaque fois. Russell (Christian Bale) connaît son bookmaker, c'est John Petty (Willem Dafoe) et va régulièrement payer les dettes de son frangin. Mais un jour Russell boit un peu trop et de retour chez sa copine provoque un accident de la route qui fait deux victimes. Russell part en prison. Rodney, seul à devoir gérer la maison, leur père malade, accepte alors de faire des combats illégaux de boxe (à mains nues). L'argent rentre mais Petty remarque bientôt que le jeune homme ne peut plus s'arrêter et surtout il refuse de se coucher alors qu'il est souvent payé pour. Petty ne veut plus l'engager. Il repart une dernière fois en Irak, en revient vivant et est même là pour assister à la sortie de prison de Russell. Lena (Zoë Saldana) ne l'a pas attendue, elle est en couple. Russell déprime à son tour. Il part à la chasse avec son oncle Red (Sam Shepard), sa seule famille dorénavant puisque le père est décédé alors qu'il est encore emprisonné. Russell doit réintégrer le domicile familial mais heureusement il réussit à retrouver son emploi de soudeur à l'usine. Les relations avec son frangin se dégradent lorsqu'il découvre ce que Rodney trafique. Les deux frères ont alors une énorme dispute et Rodney disparait. 



Quelques temps plus tard, Russell reçoit une lettre : Rodney et Petty sont partis dans les Appalaches mener un dernier combat de boxe organisé par un fou, Harlan DeGroat (Woody Harrelson). Rodney lui promet qu'il s'agit de son dernier combat et qu'il ira bosser à l'usine dès son retour. Russell respire. Mais le père de Lena, le chef de la police locale, Barnes (Forest Whitaker) vient les trouver un soir pour leur faire écouter le téléphone du bras droit de Petty, ce dernier l'a appelé par erreur et on y entend les voix de Rodney et de Petty et soudain ....

Que dire ? D'abord le casting époustouflant pour ce film. Une ville : Braddock, dévastée par la crise économique, une famille, les Baze, qui semble condamner à disparaitre, et Russell qui voit ses quelques rêves s'effondrer les uns après les autres. Et puis Rodney, revenu de la guerre avec ces images atroces, qui n'a jamais su trouver la paix. 



Une réalisation soignée, avec cette attention apportée à filmer les visages (l'avant-dernière scène finale vous restera longtemps en tête, avec le visage de Russell), une photographie magnifique et une bande-originale sublime (et la voix entêtante d'Eddie Vedder) - tout y est ! Alors oui, le film s'essouffle un peu en deuxième partie avec de s'envoler vers une scène finale impressionnante, un lyrisme maitrisé et moi qui adore Springsteen, on reconnaît chez Russell, Red ou Lena, les héros de ses chansons : ces Américains qui gardent la tête haute malgré tout ce que la vie leur met comme bâtons. Des gens simples, des ouvriers. Le titre original, Out of the furnace - est très parlant. Tout y est. 

Le film est loin d'être parfait mais c'est mon genre de films. J'aime ces histoires dont les personnages sont très attachants malgré leurs faiblesses. Où l'on s'accroche à la moindre lueur d'espoir. Moi j'avais très envie d'aller manger dans un diner avec le personnage de Russell !

Je précise que la toute dernière scène a donné scène à de multiples interprétations, mais le réalisateur, Cooper a expliqué à un journaliste que c'est un hommage au deuxième épisode du Parrain. Et moi, qui imaginais le pire, je m'étais trompée. Il est bien vivant. Je n'en dis pas plus. Le réalisateur précise qu'il est optimiste, et que même si la prison peut être dans sa tête, il reste toujours de l'espoir. Les lettres, celles de son frère ? Je vous laisse voir le film. 



Je ne peux pas finir sans dire à nouveau mon admiration pour Christian Bale - dont le visage est taillé à la pierre et qui trouve en Sam Shepard, son alter ego. Deux figures du cinéma. Magnifique ! Et j'aime beaucoup Casey Affleck. Je le dis parce qu'il le mérite, et que j'aimerais beaucoup voir son dernier film au passage. Et puis la BO, moi qui adore Pearl Jam et la voix puissante d'Eddie, que dire ? Sublime. Un petit bijou. 

Impossible de trouver une vost, mais bon entre les images, la voix lancinante d'Eddie et le magnétisme de Bale .. allez résister :-)


Mon avis : ♥♥♥♥♥♥


30 novembre 2015

Hunger Games (la Révolte partie 2)

Oui, je suis allée voir le dernier volet de la saga Hunger Games. J'étais allée au ciné voir l'avant-dernier et j'en avais gardé un souvenir plutôt agréable. Arrivées parmi les dernières, on a eu de la chance de trouver deux places sur le côté pas trop près de l'écran - la salle était bondée, même pour une salle de taille plus que moyenne, perdue dans les étages car le film était diffusé en v.o. Indispensable pour moi - même  si la plus grande salle diffusait le film en français une heure plus tard.

Bref, que dire ? Que j'ai peur d'être trop méchante dans mon billet ? De ne pas avoir assez de recul? Aussi, j'ai décidé d'attendre demain pour le publier. Chose faite. Je ne change rien ! Le temps de le relire et peut-être d'être plus nuancée dans mes propos. J'ai repensé à une amie qui a confié récemment dans un tag qu'elle détestait les histoires à 3 - vous savez la fille dont 2 garçons sont amoureux. Qu'elle passe son chemin ! Si cette histoire était largement en filigrane dans les premiers épisodes, où l'action prenait le dessus, le dernier volet s'attache à enfin régler cette histoire, mais de quelle manière...

L'un des deux messieurs (je vais essayer de ne pas trahir l'histoire) sera congédié par l'héroïne. Il n'existe pas d'autres mots qu'un cinglant "good bye". Voilà comment régler une histoire de cœur qui aura occuper 3 précédents films en trente secondes. Le pauvre ! Un simple échange de mots et il disparait définitivement de l'histoire. Utilisé par cette demoiselle, il le fut et il sera viré comme le pauvre servant qu'il était à ses yeux. Passons sur l'histoire d'amour, qui ne m'a jamais vraiment intéressée et  retour à l'histoire sur Panem et la guerre en cours. La rébellion n'a pas réussi à déloger M.Snow du Capitole et la bataille fait rage. Peeta ne reconnaît plus Katniss, il a d'ailleurs essayé de la tuer.  Katniss est effondrée.  Elle accepte de rejoindre une unité d'élite qui devra aider la rébellion à continuer le combat mais rien ne se passe comme prévu.

Ma question : à quoi a servi ce volet ? Il souffre de terribles longueurs car l'histoire aurait pu être contenue en une petite demi-heure. Les treize districts ont pris le pouvoir, ne reste que le Capitole et le vil Mister Snow, alias le grand ennemi de Katniss (j'adore Donald Sutherland) Si j'aime l'histoire, et surtout la leçon sur le libérateur qui devient à son tour dictateur (formidable Julianne Moore) aucune surprise ! Car, croyant sans doute les spectateurs légèrement stupides, tout nous est dit et expliqué - bref, lorsque l'instant T arrive, ma sœur et moi nous nous sommes regardées : nous savions déjà qui Katniss allait abattre. Bref, point de suspense.


Que dire des mutants ? Ah si, une grosse sensation de déjà-vu : ils sortent tous droits des bois de Wayward Pines ! Les mêmes. Sans doute n'avaient-ils pas le temps, ou est-ce le même de studio de production ? Je suis méchante mais pourquoi des mutants ? La révolte suffisait à elle seule. Et c'est à peu près la seule scène de bataille, une part essentielle de la saga réduite à une triste scène où un de mes personnages préférés perd la vie. 

Enfin, tout le long du film, l'un des trois personnages principaux ne cesse de s'apitoyer sur son sort, de se lamenter - cette souffrance perpétuelle m'a vite lassée. Honnêtement, j'aurais eu un rôle de rebelle, je lui aurais mis une balle dans la tête ! Insipide, énervant - son personnage avait perdu le peu d'intérêt que je lui accordais. 

Et la fin, bref - le terme exact ? Mièvre. Pourtant ils tenaient la scène finale parfaite : lorsque tous deux sont assis sur le seuil de la maison et que le soleil se lève. Une fin qui laisse l'imagination du spectateur finir l'histoire. Mais non, le spectateur américain moyen doit avoir droit à une scène explicite et hop nous voilà projeté dans la publicité de la laitière .. Oui, je suis méchante mais même ma sœur a crié au ridicule.

Autre bémol cité par elle (beaucoup plus jeune que moi) : pas une seule scène de sexe, deux baisers chastes. Bref, une histoire prévisible, un fin happy-end et point de sexe ! Honnêtement, ce volet était clairement destiné aux 12-13 ans. 


Des points positifs : ne jamais se fier à vos libérateurs, une bonne leçon de démocratie ce qui est malheureusement tellement vrai. Autre point positif : les acteurs.

Jennifer Lawrence est vraiment sublime en brune, dommage qu'elle fasse la tronche tout le long du film. Mais sa taille imposante font vraiment d'elle une guerrière parfaite. Un plaisir à chaque fois de croiser le chemin de Woody Harrelson et un sentiment doux-amer de retrouver (j'avais oublié) ce cher Philip Seymour Hoffman, malheureusement disparu trop tôt.  Une vague d'émotion a parcouru l'assistance lorsqu'il est apparu. Et je ne peux m'empêcher de penser que sa mort tragique joue sur la morosité ambiante qui accompagne tous les personnages principaux. Enfin, Donald Sutherland et Julianne Moore sont toujours parfaits. C'est leur présence qui pour moi sauve le film. 

Voilà, j'ignore si le livre finit également en eau de boudin, mais j'en doute. La dernière phrase tient toute sa place dans un livre mais là elle n'était pas nécessaire.

Edit : une collègue m'a demandé ce matin si la fin du film était aussi "nulle" que dans le livre, j'ai donc répondu oui. Elle m'a seulement proposé une fin différente du film, j'ignore donc si le film est fidèle ou non au livre. Et j'aurais préféré sa fin à elle (ils meurent tous).

Mon avis : ♥(♥)


09 décembre 2014

Hunger Games : Mockingjay - Part 1 (la révolte)

Il est rare que j'aille voir un film si longtemps après sa sortie au cinéma, mais j'avoue que j'ai beaucoup hésité suite aux nombreuses critiques négatives qui entourent la sortie du troisième volet des Hunger Games : Mockingjay (le geai moqueur) - Part1 (vf. La révolte). J'étais même pratiquement certaine de ne pas le voir. 

J'avais vu le premier volet des aventures de Katniss et de Peeta au cinéma, puis le second sur Canal+, que j'ai moins apprécié (je vous en ai parlé ici). Je ne suis donc pas fan mais la curiosité m'aura finalement poussé à franchir la porte de mon cinéma. Et bizarrement, j'en ressors plutôt satisfaite, loin de me reconnaître dans les avis très négatifs de nombreux internautes. 

Faut-il avoir lu les livres ou être fan de la série pour être aussi en colère contre ce troisième volet ? Si Hollywood a choisi de diviser en deux films la troisième partie, il y a sûrement une raison pécuniaire mais après avoir vu ce film, je n'aurais peut-être pas apprécié de voir un seul film durer 3 heures et mal construit. Je ne sais pas.

Nous retrouvons Katniss (Jennifer Lawrence) dans le district n°13, le n°12 ayant été totalement détruit. Katniss a détruit les jeux et le Président Snow veut lui faire payer son audace. Katniss retrouve les siens, sa mère, sa sœur, ainsi que Gale. Elle rencontre la Présidente du District, Coin (Julianne Moore). Cette dernière, entourée de Plutarch (Philip Seymour Hoffman) et de Gobbs (Mahershala Ali) commandant de l'armée, ont trouvé refuge dans les abris souterrains. La vie s'organise entre les civils et les volontaires qui souhaitent combattre l'armée du capitol. Katniss y retrouve Finnick, un autre tribut mais découvre que Peeta, Annie et Johanna sont prisonniers du Président Snow.  


Symbole de cette révolution en marche, Coin souhaite ardemment que Katniss en devienne le porte-parole (en jouant dans des vidéos de propagande) mais celle-ci souffre d'être séparée de Peeta. En découvrant avec horreur les ruines du district n°12 et les milliers de corps brûlés, la jeune femme accepte, Mockingjay (le geai moqueur) devient ainsi le symbole aux yeux de milliers de civils. A contratrio, le Président Snow diffuse des interviews de Peeta qui condamne cette révolte, composée selon lui de criminels. Les deux vainqueurs vont ainsi s'affronter par vidéos interposées tandis que Snow continue de s'attaquer sans relâche aux districts. La résistance s'organise...

Que dire? Ici évidemment point de jeux, Katniss y a mis fin et il est clair en entendant les discours que les jeux sont condamnés pour leur atrocité (faire s'entretuer des innocents). Mais le suspense est là, celui de la guerre qui guette, ainsi lorsque les bombardements reprennent, j'ai pensé à la seconde guerre mondiale lorsque les habitants allaient aussi se réfugier dans les tunnels. Et puis l'angoisse de Katniss qui a trop peur de ne plus revoir Peeta et qui doit avouer ses sentiments.


Alors, oui j'avoue le film souffre de quelques longueurs et parfois d'un léger surplus de guimauve, j'entends par là, que certaines scènes sont supposées nous faire verser une larme ou deux et y vont un peu fort dans le sentimentalisme - sans doute un peu trop pour les européens que nous sommes. Katniss est dans toutes les scènes du film tandis que Peeta n'apparaît pas plus de cinq minutes. Ce qui peut évidemment frustrer les fans, pas moi, car je n'ai jamais aimé Peeta. Aussi, ce volet me plaît car le film ne nous inflige pas encore un énième jeu avec le dialogue sempiternel de "moi je dois mourir et lui doit vivre, le je t'aime moi non plus". Sans doute ai-je du mal avec une romance plus destinée à des adolescents.

Je ne veux pas être méchante, mais dans cet opus, Peeta n'est pas plus grand qu'un Hobbit et Katniss n'a jamais autant été musclée. Je ne les ai jamais trouvés (en tant qu'acteurs) bien accordés. Quant à Gale (Liam Hemsworth), il est presque invisible.


Si j'ai finalement apprécié le film, c'est en grande partie liée à d'autres personnage secondaires, j'ai une pensée particulière pour Philip Seymour Hoffman, décédé depuis, et j'aime toujours autant voir Woody Harrelson, et le personnage d'Effie, qui a perdu ici tout son strass est assez touchant. Les nouveaux personnages, comme Cressida (Natalie Dormer, Les Tudors, vous vous souvenez?) trouvent aussi leur place facilement et le scénario tient la route.

Ma scène préférée reste celle des bûcherons dans la forêt (je ne dirai rien de plus). Mais sinon, si le film est d'un rythme plus lent, il laisse entendre la révolte gronder et j'aime sentir la tension monter. La scène finale m'aura quelque peu déçue (mon billet vous explique pourquoi).

Donc, au final, je ressors avec une impression plutôt positive du film. Et j'ai hâte de voir la suite.

Mon avis :  ♥♥ 

14 février 2014

The thin red line (La ligne rouge)

C'est en croisant de nouveau le doux visage de Jim Caviezel sur mon petit écran que j'ai eu envie de voir à nouveau le chef d’œuvre de Terrence Malick, The thin red line qui signait le retour du réalisateur américain au grand écran après une longue pause de dix années. Le film était sorti en février de l'année suivante en France et cela avait été une de mes plus grandes claques cinématographiques. Je me devais de lui consacrer un billet ! C'est parti.
 
C'est par ce film que j'ai découvert l'univers du réalisateur et scénariste Terrence Malick - (j'avais vu Badlands à la télévision quand j'étais jeune mais je n'avais pas fait le lien). Depuis je suis fan.
 
Le film The thin red line est la deuxième adadaptation au cinéma d'un roman de James Jones (Une première fois en 1964). Le romancier était lui-même ancien soldat de la Deuxième Guerre Mondiale enrôlé dans le Pacifique. Jones est l'auteur d'un autre roman devenu célèbre au cinéma : From Here to Eternity  (Tant qu'il y aura des hommes), un grand classique.

Terrence Malick adapte ce roman qui racontait en détail une des batailles les plus décisives du Pacifique : la bataille de Guadalcanal. Le spectateur suit une compagnie d’infanterie, C-for-Charlie qui va plonger dans l'enfer et voir ses hommes disparaitre les uns après les autres. Les survivants vont se rapprocher et tenter de trouver un sens à ce massacre. 

Le génie de Malick est de ne pas présenter ce film comme un simple film de guerre mais comme une véritable réflexion philosophique sur le sens de la guerre.  Un personnage clé, le soldat Witt joue le rôle d'éveilleur de conscience : soldat, il a déjà déserté à plusieurs reprises  et échappe de peu une nouvelle fois à la cour martiale. grâce à son supérieur, le Sergent Welsh (Sean Penn). Celui-ci est intrigué par Witt, ce dernier lui parle d'un autre monde, d'une autre réalité, loin de la guerre - idée que réfute son supérieur hiérarchique : il n'y a qu'un monde et c'est celui-ci.



L'autre réalité à laquelle fait référence le sergent Witt est celle qu'il a croisée pendant sa dernière désertion auprès des peuples autochtones des îles du Pacifique. Le film s'ouvre sur ce paradis terrestre : la musique, la couleur de l'eau, la couleur de la peau des enfants (ocre), leurs jeux, leurs rires - et la sagesse du sergent Witt sont comme irréels, comme un rêve éveillé. Ces images sont restées inscrites dans ma mémoire et l'ouverture du film par cette scène est juste magistrale. Un tour de force du réalisateur, et le visage, le sourire du personnage principal (suivi par un autre soldat, tout aussi pacifiste) m'ont fait un bien fou.



Ici s'oppose deux mondes : celui de la guerre, bavard où les hommes hurlent (Nick Nolte ou John Travolta dans le rôle d'un général stupide) à celui de cette île où tout se passe dans le silence, brisé uniquement par le rire des enfants, le chant des oiseaux et les chants religieux des autochtones. Une harmonie entre l'homme et la nature - une obsession chez Malick.  Rompue très vite par l'homme dont les bombes assassinent les enfants et déchiquètent la nature. 

Revoir ce film m'a aussi permis de le comparer avec ses dernières réalisations, j'avais oublié à quel point Malick aime filmer les femmes toujours de manière gracile, légère - comme la fiancée américaine d'un autre soldat (Ben Chaplin) - ainsi lorsqu'elle s'amuse sur la balançoire, j'ai immédiatement fait le lien avec le personnage de Jessica Chastain dans A tree of Life ou d'Olga Kurylenko dans A la merveille - les femmes sont comme des êtres enchantés, les hommes ne cessent de vouloir les retenir mais elles leur échappent perpétuellement. 

Et puis il y a toujours le rapport entre l'homme et la nature, déjà exacerbé dans ce film et qui deviendra une obsession (a pattern) dans ses films suivants. 

Enfin, la musique -  avec les chants des autochtones sublimes, il y a aussi Hans Zimmer, avant sa période actuelle d'auto-plagiat, il nous livre un sublime moment de grâce avec A Journey to the End que j'ai réécouté la semaine dernière.




Les acteurs sont tous formidables, de John Travolta à Nick Nolte, de Sean Penn à Ben Chaplin, à Woody Harrelson, à Elias Koteas et à cette révélation : Jim Caviezel dont le charisme, la présence, le regard suffisent à exprimer toutes les émotions. 
Le casting était impressionnant à l'époque : George Clooney, Jared Leto, Adrian Brody, John Cusack, Mirando Otto, etc.

La fin est triste quand on s'est autant senti proche d'un des personnages ! The thin red line reste définitivement un de mes dix films préférés et a signé le retour en force d'un réalisateur hors du commun, qui quelques années après viendra à nouveau m'emporter avec A Tree of Life.

Mon avis :   ♥♥♥♥♥♥


14 avril 2012

The Hunger games

Ces derniers temps, je suis pas mal occupée (voir mon précédent billet) en effet une petite tornade a envahi mon quotidien, mais j'ai trouvé le temps d'aller m'enfermer dans une salle de cinéma voir The Hunger games.

Je n'ai pas lu la trilogie de Suzanne Collins. Ce roman de science-fiction est en fait une dystopie. L'auteur en choisissant de nous embarquer dans un monde imaginaire où le peuple est maintenu dans un état d'esclavage au profit d'une poignée d'autres humains, a souhaité ainsi prendre position. J'ignorais tout de cette trilogie malgré les multiples articles l'entourant. Mais revenons au film.

Sous prétexte d'un passé extrêmement violent qui a mené à la fin du monde contemporain tel que nous le connaissons, l'élite organise tous les ans les Hunger Games : une fille et un garçon sont choisis dans chacun des douze Districts pour y  participer. Le but du jeu est simple : livrés à eux-mêmes au sein d’une gigantesque arène (une forêt avec une clairière comme point de ralliement), les participants doivent s’entretuer pour espérer devenir le seul et unique survivant. Pour Katniss et Peeta, les deux représentants du District 12, ce jeu va bouleverser leurs vies.

Josh Hutcherson, aka Peeta

J'avoue qu'en allant voir le film, j'avais peur de me sentir trop vieille pour ce genre d'histoires, je n'ai pas du tout accroché à la saga Harry Potter, et j'ai refusé de voir Twilight (la lecture des critiques m'a suffit) mais ce ne fut pas le cas. J'ai été surprise par ce film, car s'il est situé dans le futur, j'ai cru voir un mélange de film d'actions des années 80 (jeu de survie dans une forêt où l'on se bat avec des flèches et des arcs, sorte de mélange entre Robin des Bois et le Prix du Danger) et le Cinquième élément (dans le choix des tenues et maquillage de l'élite). Points d'effets spéciaux, ici le voyage dans le futur vous laisse un goût de nostalgie.

J'ignore si les autres spectateurs l'ont ressenti comme tel, j'ai passé un agréable moment et j'ai trouvé les acteurs très convaincants. Ce film n'est ni culte, ni un chef d’œuvre, mais ce n'est pas non plus un nanar.  C'est un bon film d'aventures. J'ignore si la version initiale (littéraire) est meilleure, et si elle est destinée également à un public jeune.

La présence de Lenny Kravitz m'a quelque peu déroutée, mais seulement un instant. Jennifer Lawrence est Katniss, l'héroïne - c'est sa soeur, Pam qui a été tirée au sort, mais en voyant sa jeune sœur âgée de douze ans terrifiée, Katniss se porte volontaire. Avec elle, un jeune homme prénommé Peeta (Josh Hutcherson), qu'elle a croisé une fois (affamée, elle était venue quémander du pain, qu'il lui avait jeté sous la pluie, comme à un chien). Tous deux n'ont rien en commun, si Katniss sait se servir d'un arc et chasser, elle a encore toutes ses chances dans ce combat, Peeta a lui une force phénoménale mais surtout l'intelligence, d'abord de s'attirer la sympathie des juges, qui vont pouvoir ainsi se prendre d'affection pour ce couple et les aider à survivre, et à s'attirer l'attention de la population, forçant les organisateurs à modifier leur plan.



J'ai beaucoup aimé retrouver Woody Harrelson ! Sa vie personnelle l'avait menée loin des États-Unis, ce succès cinématographique (je crois que le film est n°1 outre-atlantique depuis cinq semaines et a engendré des millions d'entrées) l'a définitivement ramené au devant de la scène.

J'ai lu sur plusieurs sites l'avis des fans de la trilogie de Suzanne Collins faire leurs propres critiques de cette adaption, mais n'ayant pas encore lu les romans, je ne peux préjuger du résultat. C'est un film d'aventure, parfois violent (difficile de survivre plus d'une journée quand on a à peine douze ans face à des ados de 18 ans entrainés toute leur vie pour ce jour où le sort aura tiré votre numéro), et lorsque Katniss se prend d'affection pour l'une de ses enfants, j'avoue avoir été touchée par leur histoire. 

L'adaptation au cinéma garde cette volonté de mettre en garde les spectateurs contre un futur où l'on envoie les enfants à la mort pour divertir l'élite et maintenir en place ce système totalitaire. J'ai appris cette semaine que le réalisateur a refusé de tourner le second opus, les producteurs ne lui laissant apparemment pas le temps nécessaire de rédiger un scénario digne de ce nom. Hollywood ne voit que l'aspect financier comme pour les autres sagas.

Je n'en dirais pas plus sur l'histoire, mais sachez que comme toute histoire digne de ce nom, nous avons à faire à un triangle amoureux, car le réalisateur n'a pas perdu de vue la commande d'Hollywood : en faire un film pour adolescents, aussi les scènes de violence sont rares et les personnages très chastes. Le public visé est adolescent, et le réalisateur a du faire un choix, afin d'éviter le couperet qui menace chaque film américain : l'interdiction au moins de 17 ans. Quitte à faire perdre une partie des lecteurs et des adultes ayant lu le roman.



Une mention spéciale à Jennifer Lawrence, qui m'épate vraiment. Je l'ai vue dans Winter's bone et X-men le commencement, j'aime son physique, jeune femme avec des hanches, des cuisses et un visage sublime, qui occupe entièrement l'écran dans chacune de ses apparitions.

Si vous voulez voir un film d'aventure pendant vos vacances pour vous divertir et revoir Woody, alors allez voir the Hunger Games !