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04 mars 2019

The Favourite

N'étant plus abonnée, j'ai eu envie de retourner au cinéma pendant mes vacances. Finalement, je ne suis allée qu'une seule fois, pour voir The Favourite. J'avais déjà choisi de le voir avant les Oscars. Mais le beau temps est arrivé et j'ai reporté mes séances ciné pour profiter du soleil et des températures estivales. Je n'avais pas vu la bande-annonce, quelques images et je savais juste que l'histoire et les actrices me plaisaient suffisamment. 

Au début du 18ème Siècle, la fragile Reine Anne (Olivia Colman) règne sur l'Angleterre. En réalité, c'est Lady Sarah (Rachel Weisz), sa dame de compagnie, qui gère le royaume car Anne est trop fragile mentalement et physiquement. Les deux femmes entretiennent une relation fusionnelle, datant de leur enfance. Lady Sarah semble avoir l'ascendant sur la Reine mais comme c'est le cas dans ces relations extrêmes, les deux personnages sont très dépendants de l'autre. La guerre avec la France fait rage et l'époux de Lady Sarah, Lord Malborough, Commandant des Armées, souhaite, tout comme le Premier Ministre, renforcer l'armée et ne pas se satisfaire de la première victoire. Mais le Ministre des Finances, Harley (Nicolas Hoult) refuse de doubler la taxe foncière sur les fermiers pour financer la guerre. La Reine se fie totalement à Lady Sarah même si la poursuite de la guerre l'ennuie. Mais la pauvre est atteinte de la goutte, et souffre atrocement. 

C'est alors qu'entre en scène Abigail (Emma Stone), une cousine de Lady Sarah dont le père a dilapidé la fortune et vendu sa fille pour payer une dette. Cette dernière est engagée comme simple servante mais la jeune femme refuse de perdre son statut de lady et est bien décidée à se faire une place à la cour et en particulier auprès de la Reine. Bientôt, elle entre en compétition avec Lady Sarah...



Une lutte intestine entre femmes pour les faveurs d'une Reine diminuée par la maladie ! J'avoue que j'ai pensé à la Reine de Pique - on n'est pas loin de la folie et du fantastique. Si la Reine s'amuse de cette course à la deuxième place, elle ne sait pas ce qu'elle risque .. et le prix sera cher à payer ! J'ai beaucoup aimé ce film, même s'il est particulièrement sombre. Le réalisateur a choisi un angle de vue original, en contre-champ, où la Reine est ainsi filmé la caméra à ses pieds. La photographie est réussie et particulièrement froide, renforçant la guerre sanglante qui se déroule à la cour. Le sang, les escarres, le vomi, rien n'est épargné au spectateur ! Les hommes sont souvent montrés comme immatures. Je salue Nicolas Hoult que j'ai reconnu sous sa perruque immense et son fard blanc, il excelle!

Et puis il y a le jeu des actrices, et honnêtement les trois : Olivia Colman, Rachel Weisz et Emma Stone sont formidables ! Si Olivia a remporté la statuette, j'en aurais bien donné une à Rachel Weisz et Emma Stone est parfaite dans le rôle de cette vipère prête à tout. On est très loin de Broadchurch mais l'actrice livre une performance magnifique dans le rôle de cette guerre diminuée par la maladie et particulièrement isolée. Ses cris sont effroyables. Et si l'affiche vous interroge, tout comme je l'ai été, le film explique bien la scène !



Enfin, je me suis demandée qui était cette Reine Anne, en fait elle a bien existé, la dernière des Stuart à régner de 1702 à 1714 et Lady Sarah Churchill fut d'abord l'amie de la soeur ainée de la Reine, qui régna auparavant.  Aucune des soeurs ne laissa de descendants, et c'est ainsi que les Hanovre obtinrent le trône d'Angleterre.

Mon avis : 


30 janvier 2017

La La Land

En préparant mon billet sur les prochains Oscars, il m'est apparu qu'il était évident que je devais aller voir le dernier film de Damien Chazelle (le réalisateur de Whiplash), La La Land

J'ai en tête, depuis ma sortie de la salle de cinéma, les premières notes envoutantes de City of Stars, interprétée par Sebastian (Ryan Gosling) et Mia (Emma Stone).  J'ai décidé de l'écouter à nouveau pour rédiger ce billet et ainsi garder un peu de la magie que le film nous offre. Mais mon avis ne sera pas, je le crains, totalement acquis à ce film !

En premier lieu, j'aime les comédies musicales, même si je ne suis pas fan du genre. Adolescente, j'ai dévoré les comédies musicales américaines des années 40 et 50 et même 60 (West Side Story). Regarder Fred Astaire danser avec ses multiples partenaires, dont la plus célèbre Ginger Rogers, était un vrai plaisir ! Je ne les cite pas tous, je pense aussi à Gene Kelly dans la comédie Un américain à Paris et ma préférée, Brigadoon avec les jambes interminables et magnifiques de Cyd Charisse, autre partenaire de danse de Freddy. 

Bref, Damien Chazelle a choisi de tourner une comédie musicale en 2016 - et je trouve ça fantastique ! Je suis donc partie au cinéma l'esprit léger - et j'étais ravie de retrouver ce duo d'acteurs dont c'est la troisième collaboration. Et le début du film est magnifique, même si je n'ai pas pu m'empêcher de penser à la chanson de REM (enfin au clip vidéo). Mais c'est génial car il invite dans cette scène de chant et de danse des rappeurs, des skateboarders .. Bref, en 2016, les acteurs sont multiples, de toutes les couleurs et cette modernité m'a vraiment plue. 



Puis il y a la rencontre avec ses deux âmes esseulées, Sebastian, fan de jazz, musicien de génie, qui vivote comme pianiste de bar. Il a misé tout son argent dans une affaire qui a mal tourné, il y a perdu tout son argent, mais aussi tout goût de vivre. Jusqu'au jour où il croise la route d'une jeune femme, un soir, dans un bar, Mia - mais alors qu'elle vient lui confier son admiration, il la repousse brutalement et s'en va. Tous deux sont venus à Los Angeles réaliser leurs rêves - la ville d'Hollywood leur ferme à nouveau la porte. Mia travaille dans la zone des tournages, comme serveuse dans un bar où les stars viennent de temps en temps s'approvisionner. Elle rêve d'être actrice mais depuis six ans, elle n'enchaîne que les déceptions. Les castings en sont la preuve....

Mais Los Angeles ne connaît que le soleil et au printemps, le destin place de nouveau ces deux êtres au même endroit. La comédie musicale est de retour, et comme dans de nombreuses scènes, Seb et Mia, sur les hauteurs de Hollywood, échangent leurs premiers pas ensemble.  Une histoire d'amour naît... et Damien Chazelle nous offre une demi-heure de comédie musicale magique, enchanteresse - comme dans toutes les comédies musicales. 


Ryan et Emma sont beaux ensemble, pas de fausse note, ils sont touchants, émouvants. Tout y est si vous n'avez jamais vu de comédies musicales avant. Reste quand même que ce moment est magique.

Malheureusement pour moi, le film souffre de plusieurs écueils qui n'en font pas un coup de coeur (je ne me suis pas précipitée chez moi pour écrire ce billet) :

- la longueur (2h08) - vu l'histoire (et la fin), on aurait pu facilement le raccourcir d'un bon quart d'heure.

- j'ai eu l'impression de revoir des scènes entières des comédies musicales des années 50 - avec de moins bons danseurs, il faut l'avouer - même endroit, même lumière, même vêtements. Le charme opère mais ce ne sont pas des professionnels et je n'ai pas pu m'empêcher de comparer. Erreur de ma part ? Oui et non. Car mon écueil suivant explique en partie celui-ci : 

- le changement d'époque : Chazelle ouvre son film sur une scène très moderne (comme West Side Story l'avait fait en son temps en révolutionnant le genre) mais replonge directement dans les années 50 : Mia ne porte que des robes de cette époque, lui conduit une voiture et porte des vêtements rétros, leur appartement a l'air sorti tout d'une page de publicité de l'époque - seuls le téléphone portable et les scènes de casting rappellent qu'on est en 2016.  Pourquoi ? Pourquoi doivent-ils porter des vêtements qui sont deux fois plus vieux qu'eux ? 

Oh j'aime ce style, j'adore ces années-là et les deux acteurs portent très bien ces costumes. Je le sais, cette époque-là semble toujours plus douce, plus tendre. Mais je regrette ce choix qui d'ailleurs force tout de suite la comparaison avec Gene, Fred ou Cyd. Et forcément, ils sont perdants.

- l'histoire d'amour n'a malheureusement rien de révolutionnaire. Vu et revu. Et c'est triste car j'aurais préféré justement qu'il prenne le contrepied et nous surprenne à la fin.

Restent de très belles scènes - surtout celles autour du jazz - j'adore cette musique, surtout dans les cabarets, et entendre à nouveau de la trompette au cinéma, le pied ! Et Gosling assure au piano, et j'adore l'entendre jouer les premières notes ou chanter. 

J'ai donc passé un joli moment (je venais pour cela) mais je n'ai pas été bouleversée - ce film fait du baume en coeur en cette période morose et inquiétante mais j'ai préféré sa première réalisation, Whiplash qui m'avait vraiment épatée ! 

Côté acteurs, ils sont tous deux nommés aux Oscars or je ne trouve pas qu'ils le méritent vraiment, peut-être Emma Stone qui finalement m'a plus émue (scènes de castings) car Ryan a exactement le genre de rôle que les femmes adorent avec lui :  passionné, taciturne, amoureux ... Oui, il a beaucoup travaillé la danse mais l'Oscar, c'est plus que ça, quand même ?  Par contre, je trouve normal qu'il soit nommé dans la liste des meilleurs films. 

Reste la fameuse chanson, vous pouvez la trouver par ici. Trop jolie ! Au final, je le dis : un joli moment que je ne regrette absolument pas d'avoir vu.

edit : et parce que la nuit porte conseil, je me dis qu'il s'agit ici d'un hommage à Hollywood ? ou je me trompe ? 

Et parce que je veux terminer ce billet sur une jolie note,  je vous laisse avec Gene !  Et si vous êtes curieux, il suffit de taper les noms de Cyd, Fred ou Gene sur Youtube et vous comprendrez mieux mes bémols.



Mon avis : 

26 octobre 2015

Irrational man, le dernier Woody

C'est après avoir entendu l'avis très enthousiaste d'une collègue que je suis allée voir le dernier Woody Allen dont les derniers films, Blue Jasmine et Magic in the moonlight m'avaient enchanté. Ma collègue m'avait annoncé que celui-ci était vraiment exceptionnel. 

Woody Allen a d'ailleurs choisi de faire à nouveau jouer la pétulante et adorable Emma Stone, sa nouvelle muse cinématographique. La jeune ingénue, soyons honnête, possède il est vrai une fraicheur et une candeur qui sied parfaitement à ses personnages. Mais le héros du film est Abe (Joaquin Phoenix) ce prof de philo, quadragénaire, dépressif et alcoolique qui vient enseigner dans cette petite fac de la côte Est américaine (Connecticut). Sa réputation d'homme à femmes le précède et ses derniers succès littéraires provoquent l'admiration chez ses collègues enseignants. 

Pourtant Abe est loin de forcer l'admiration, il boit plus de raison, prend peu soin de son apparence, offre d'ailleurs un ventre proéminent et une tendance suicidaire affirmée. Le prof n'est plus l'ombre que lui-même. Les raisons à cette situation sont aussi nombreuses que les versions des rumeurs qui circulent : la mort de son meilleur ami en Irak ou le fait que sa femme l'ait quitté pour son meilleur ami (le même ? Un autre ? ) - le résultat est là : un blocage psychologique et physiologique. Abe ne peut ni écrire ni bander. Il est bloqué. Une prof de sciences, mariée, Rita (Parker Posey) s'offre d'emblée à lui - il accepte sans se poser question mais la magie n'opère pas. 

C'est une de ses élèves, la très sage Jill (Emma Stone), fille de profs, qui suit ses cours qui va décider de lui redonner goût à la vie. Fiancée à un parfait jeune homme, la jeune étudiante, passionnée de piano, lui consacre tout son temps et très vite, malgré les promesses faites à ses parents ou à son petit ami (Jamie Blackley, découvert dans If I stay), qui l'ont mis en garde, s'amourache de son prof. Ce dernier lui résiste. Un jour, alors qu'ils déjeunent dans un resto, ils surprennent la conversation de la table voisine où une femme désespère de perdre la garde de ses enfants parce que le juge aux affaires matrimoniales est un ami de l'avocat de son époux. Soudainement Abe trouve l'inspiration et le déclic qui vont le sortir de sa longue dépression et lui redonner un goût pour la vie .. mais à quel prix ?


Je n'en dirais pas plus - Woody Allen est capable de transformer une comédie en un véritable thriller. Mais ici, ce n'est pas ça. Un prof de philo qui vous parle de vie et de mort,et qui va trouver dans le crime, ou dans l'idée du crime parfait une nouvelle soif de vivre. Une raison à cette mascarade qu'est la vie. Mais tout acte a des conséquences. En parallèle, Woody laisse toujours le spectateur profiter de cette petite vie de campus, ces enseignants privilégiés qui refont le monde autour d'un verre, sont logés gratuitement et dont les escapades se résument à tromper leur conjoint. Un petit monde où les étudiantes s'amourachent de leurs professeurs et rêvent de pouvoir changer les hommes. Un microcosme, comme celui de Manhattan - un thème récurrent dans l’œuvre de Woody Allen qui aime mettre à mal cette classe privilégiée (cf. Blue Jasmine).

Chaque scène est accompagnée d'une musique très plaisante, du jazz qui donne un goût léger au film dont la noirceur ne cesse pourtant d’envahir peu à peu l'écran.

J'ai passé un agréable moment, je me suis amusée mais je n'ai pas eu cet énorme coup de cœur pour lequel j'étais venue. La musique temporise-t-elle trop le suspense ? Je n'ai pas eu peur pour le personnage principal, est-ce cela qui a bloqué mon entrain ? Je suis toujours fan du travail de metteur en scène- les acteurs semblent toujours donner dix fois plus lorsqu'ils tournent sous sa direction. Joaquin Phoenix est parfait dans le rôle de cet homme perdu, confus et forcément irrationnel. Emma Stone apporte cette touche de fraicheur et d'Amérique puritaine avec talent. Un casting encore une fois impeccable. Et j'allais presque oublier une fin totalement inattendue et même assez drôle (à voir).

Le bémol ? J'avoue que j'ai eu du mal à comprendre pourquoi deux femmes tombent raide dingue amoureuse d'un homme aussi dépressif, égocentrique et ennuyeux. Rien ne l'amuse, rien ne l'intéresse sinon sa bouteille de scotch. Il ne parle que de lui, de sa petite personne. Est-ce le syndrome de l'infirmière qui guide ces femmes ? Croient-elles pouvoir "le sauver" ? Si c'est le cas, ce cliché a quand même pris un sérieux coup de vieux. Ensuite, fort heureusement, le héros reprend goût à la vie et commence enfin à s'intéresser aux autres mais à un prix ...

Canal + rediffuse actuellement Magic in the moonlight et je l'ai déjà revu deux fois - c'est cette étincelle qui m'a manqué ici. Mais Woody reste Woody et je ne peux que vous conseiller de le voir !

Mon avis : 


25 février 2015

Birdman

J'ai donc attendu le jour de sa sortie en salles pour aller voir Birdman, or the unexpected virtue of innocence (Birdman, ou la surprenante vertu de l'innocence), tout juste oscarisé (meilleur film et meilleur réalisateur entre autres). Je n'ai vu de ce film que les extraits diffusés lors des Oscars (pour l'Oscar du meilleur film, du meilleur acteur et du meilleur second rôle féminin et masculin). 

Que dire de ce film ? J'ai découvert un véritable ovni dans la sphère hollywoodienne, film sur lequel je n'aurais jamais parié sur pour les Oscars si je l'avais vu avant le 22 février. Pourtant je connais le travail d'Alejandro G. Iñárritu avec 21 grams, Babel, Biutiful. 

L'acteur Riggan Thomson (Michael Keaton) a connu la gloire il y a vingtaine d'années en incarnant à trois reprises le super héros Birdman. Mais si ce rôle lui a apporté la popularité et beaucoup d'argent en son temps, il l'a aussi à jamais enfermé dans son costume de sauveur et depuis personne ne s'intéresse à l'acteur, Riggan Thomson. Thomson décide alors de se lancer un défi personnel en adaptant, en produisant et en réalisant avec son meilleur ami et avocat Jake (Zach Gafianakis) le roman de Raymond Carver, What we talk about when we talk about Love à Broadway.  L'acteur mise tout ici : sa carrière (ce qu'il en reste), sa réputation et son argent. L'homme s'est entouré de sa fille, Sam (Emma Stone) comme assistante et d'acteurs talentueux dont Lesley (Naomi Watts). Il a du à la dernière minute de la générale recruter en urgence son petit ami Mike (Edward Norton), un célèbre acteur égocentrique qui va venir bouleverser le projet déjà fragile de Riggan. 

Je ne vais pas vous raconter le film, sachez qu'avant la première, les acteurs vont répéter sous forme de générale (en présence du public) à trois reprises, et qu'à chaque fois, quelque chose d'imprévu se passe, mettant à rude épreuve les nerfs de Riggan.

Le réalisateur a opté pour une réalisation musclée, rythmée par la musique continue d'un joueur de jazz à la batterie dont le son bat à l'unisson avec le coeur de Riggan. Le spectateur suit chaque mouvement dans les dédales des coulisses.

Le film offre une ambiance électrique,  avec une caméra presque portée à l'épaule et une série de gros plans sur les visages et expressions des acteurs. Le rythme est particulièrement soutenu. Le réalisateur mexicain veut que le spectateur ressente la même pression qui pèse sur les épaules du frêle Riggan. 



Alejandro G. Iñárritu filme des acteurs jouant des acteurs interprétant des personnages sur scène. Une boîte dans une boîte dans une boîte. Un pari de metteur en scène et un plaisir intense pour l'amoureuse du cinéma que je suis. J'ai ainsi ressenti un vrai plaisir en voyant  Riggan et Mike répéter une scène cruciale de la pièce et faire varier leur jeu. Edward Norton est impressionnant. 

Le réalisateur mexicain affectionne particulièrement le lyrisme, je me souviens vraiment du film 21 grams et le réalisateur confie à Riggan une aura particulière lorsqu'il se laisse porter par son passé. Obsédé par son personnage de Birdman qui l'a presque fait disparaître, Riggan entend constamment ce dernier lui parler et dans ces moments Riggan peut, rien que par la pensée, déplacer des objets et même s'envoler. 

Je n'en dirais pas plus sur le film qui je l'avoue, m'a déstabilisé troublé. Je ne m'y attendais pas. 

Je souhaite cependant revenir sur plusieurs points, en premier le jeu des acteurs qui est impressionnant. Dans mes pronostics sur les Oscars, j'avais choisi Keaton plus par défi (je me doutais que Redmayne ou Cumberbatch allait rafler la mise), et j'avais opté pour Edward Norton comme meilleur second rôle, car j'ai toujours adoré l'acteur. Je n'avais pas pensé à Emma Stone. 

Aujourd'hui, après avoir vu le film, j'aurais décerné aux trois sans hésitation une récompense. Peut-être pas la récompense suprême mais honnêtement, j'ai adoré les voir sur scène. Edward Norton est immense, cet homme est non seulement un acteur formidable mais il occupe à lui seul la scène. Il faut donc être sacrément bon face à un tel charisme. J'adore sa voix, son physique - et face à lui, un Michael Keaton en grande forme, qui prouve ici, comme son personnage qu'il peut faire son come-back, fracassant - et qu'il possède toujours ce visage double (ange/démon). 
Enfin, Emma Stone est un petit bout de femme épatant, elle arrive à tenir tête à ces deux hommes et à s'imposer.



Naomi Watts est aussi excellente comme Zach Gafianakis, que j'ai aimé enfin voir dans un rôle "normal" loin de son personnage de la série Very Bad Trip.  

En second point, si l'histoire est fortement imprégnée de lyrisme ce qui peut rebuter certains spectateurs, elle est aussi sacrément drôle. J'ai beaucoup ri - à noter qu'au début, j'ai vu que certains spectateurs, sans doute un peu déstabilisés, hésitaient à faire de même puis rapidement la salle a suivi. Ces situations comiques permettent de relâcher un peu la tension ambiante.

Car tension il y a - ainsi le réalisateur a choisi de ne jamais laisser le spectateur souffler. 

Une autre lecture du film porte sur le cinéma en général, et les acteurs. Lorsque Riggan cherche un remplaçant, il réalise que tous les acteurs qu'il a en tête jouent également des supers héros (on voit même Downey Jr à l'écran dont il se moque ou Renner, un Avenger...). Les acteurs ne sont plus que des personnages de dessins animés. 

Que dire de cette parabole avec la propre carrière de Michael Keaton qui après avoir enfilé le costume de Batman (de Tim Burton) a connu lui aussi un long passage à vide et retrouve ici une reconnaissance avec sa nomination aux Oscars ?



Si Hollywood n'est pas épargné,  le film propose une critique sévère de Broadway, et de ce cercle élitiste qui condamne les films à gros budgets de fait. Un des meilleurs moments du film, selon moi, est la joute verbale entre le personnage de Riggan et la critique la plus célèbre de Broadway, journaliste au NY Times. 

Evidemment, je suis me posée la question : comment Hollywood peut-elle décerner la statuette dorée à un film qui compare les productions hollywoodiennes à de la lie? Bonne question. Sans doute parce qu'au final, le film ne montre ici que deux versants d'une même montagne sans donner tort ni raison à l'un ou à l'autre. 



Ce film m'aura marqué mais je lui ai cependant trouvé quelques points rédhibitoires dont je tiens à parler : 
- le choix du réalisateur d'imposer de manière continue au spectateur la musique de jazz (à la batterie) pendant toute la durée du film (excepté à quelques moments précis, trop rares à mon goût). C'est sans doute ma faute, mais pendant les dix premières minutes du film, j'ai eu l'étrange impression de croire que le personnage du film Whiplash (joué par Miles Teller) avait été par magie transporté dans une loge voisine à celle de Riggan. 

- le film dure 2 heures et j'ai trouvé que s'il exploite certaines pistes, il n'allait pas jusqu'au bout. Je ne sais pas trop comment l'expliquer, je ne me suis pas ennuyée, le rythme est soutenu mais j'ai quand même décroché à une ou deux reprises, ce qui m'arrive rarement au cinéma. 

En conclusion, j'ai donc été surprise et déroutée par l'histoire, le rythme et la musique mais j'aime ça et je retiens surtout le magnifique jeu des acteurs, leurs joutes verbales, leur intensité et le lyrisme du film - avec ces magnifiques scènes où Riggan vole. 

Et puis toujours New York, filmée magnifiquement par le réalisateur mexicain. 

Mon avis : ♥(♥)


11 novembre 2014

Magic in the moonlight

Le dernier Woody Allen (Blue Jasmine) m'avait réconcilié avec le réalisateur américain et j'avais hâte de découvrir son dernier film, Magic in the moonlight. Un casting international, la côte d'Azur et puis les années 20! Une période que j'aime tant - bref tout était réuni pour me faire passer un excellent moment.
Et ce fut le cas ! Même si ...

Stanley (Colin Firth) est un célèbre magicien, connu sous le nom de Wei Ling Soo à travers l'Europe.  Un soir à Berlin où il interprète son numéro de prestidigitateur, son ami de longue date vient lui proposer un nouveau challenge : révéler au grand jour qu'une jeune femme américaine se prétendant médium est un escroc ! Cette dernière, Sophie (Emma Stone), accompagnée de sa mère, a réussi à convaincre une riche famille américaine, installée sur la Côte d'Azur, de ses multiples pouvoirs : voir l'avenir, communiquer avec l'au-delà et a surtout réussi à faire succomber le jeune héritier, à la tête d'une immense fortune.
Stanley hait ces charlatans (tout autant que les naïfs qui tombent dans leurs griffes). Il ne croit en rien si ce n'est à une vie menant tout droit à la mort. Seul compte la raison, il fait tout par raison. Arrogant, égocentrique et misanthrope, il a déjà mis à jour plusieurs escroqueries et est certain de démasquer la jeune femme en une seule soirée, mais forcément les choses ne vont pas se passer comme prévu, et l'amour, chose parfaitement irraisonnable, va venir troubler le très sérieux Stanley ...


En premier lieu, je dois avouer que j'ai été surprise par l'histoire, car elle ne se résume pas qu'à ces deux faits, elle va beaucoup plus loin, j'avais cru que tout le film se concentrait sur ce résumé. Tant mieux. 

En deuxième lieu, Woody Allen a retrouvé ici toute sa fraicheur, son talent de comédien et surtout cette période, les années 20, lui va parfaitement ! Ici nous voilà projetés dans ce monde de grands bourgeois, totalement absorbés par leurs petites vies mais le talent de Woody Allen c'est d'y apporter feux d'artifice et légèreté ! 

Même si j'ai trouvé les personnages parfois un peu creux, je n'ai pu m'empêcher, comme toute la salle, de rire devant les sérénades foireuses du jeune héritier ou les séances de spiritisme. Mais j'avoue que j'ai été emportée par le jeu facétieux d'Emma Stone et l'air toujours terriblement sérieux de l'acteur britannique, Colin Firth. 


Je n'oublie pas le reste du casting, de Marcia Gay Harden à Eileen Atkins, mais j'adore la lumière qui entoure nos deux héros, d'où le choix volontaire de ces photos. Woody Allen arrive toujours à nous faire aimer les personnages les moins aimables avec virtuosité, ils sont tous d'une certaine manière obsessionnels mais on finit toujours par leur pardonner leurs défauts.

J'avoue, je ne sais si c'est du à la présence de l'acteur britannique, avoir fait le lien avec Orgueils et Préjugés à plusieurs moments de l'histoire (deux êtres totalement opposés, la scène de la pluie, la déclaration d'amour...), est-ce moi ou est-ce que Woody Allen n'a pas été inconsciemment inspiré par cette histoire ? Qui, au demeurant, est mon film romantique préféré (pas la version télévisée avec Firth) et donc je ne lui en tiendrais pas rigueur ! 



Et puis, il y a ces paysages, cette lumière, cette musique, le film a comme un goût de sucrerie qui font dans la bouche. Un joli moment, qui pour moi, je le crains, s'effacera assez vite, mais qui m'aura fait passer un joli moment.

Mon avis : ♥(♥)

11 août 2012

The Amazing Spider-Man

J'ai vu la dernière adaptation des aventures du héros araignée il y a plus d'un mois à présent, lors de mes premiers jours à Bangkok. Aussi, ma mémoire peut me jouer des tours, mais le recul peut aussi avoir ses côtés bénéfiques.

Petite, j'adorais regarder le dessin animé racontant les aventures de Peter Parker qui se transformait la nuit en Spider-Man. Il était d'ailleurs à cette époque adulte et c'est lorsque le cinéma a décidé de se lancer dans les adaptations des héros de Marvel que la genèse de sa naissance est devenue un enjeu pour les différents réalisateurs. Apparemment, ils ont du mal à raconter autre chose sur ce héros, ce que je trouve quelque peu dommage. A noter que dans les comics, Peter Parker est depuis mort (snif snif) et a trouvé un remplaçant (dont j'imagine qu'Hollywood va s'amuser à raconter également la genèse !).

Cette fois-ci, on retrouve les traits sous le héros d'Andrew Garfield, plus grand, plus mince que Tobey Maguire, héros de la première trilogie cinématographique. Le jeune acteur a décidé d'enfiler collants et masque et d'oublier son âge réel pour retourner au lycée.

Comme son prédécesseur (Sam Raimi), le réalisateur a souhaité raconter comment le jeune Peter, plutôt introverti, s'est transformé en Spider-Man. A la jolie rouquine de la trilogie précédente, Marc Webb a décidé d'introduire une belle histoire d'amour avec une jolie blonde, Emma Stone (la rouquine de La Couleur des Sentiments). Le couple fonctionne très bien à l'écran, il faut dire qu'il a aussi très bien fonctionné de l'autre côté, ceci expliquant cela.

Le synopsis ? Le jeune Peter vit avec son oncle et sa tante, lorsqu'il est piqué par une araignée lors de la visite d'un laboratoire spécialisé en trans génie (mélange de gênes humains et gênes d'animaux). Le jeune homme prend alors conscience de sa mutation (et ses nouveaux pouvoirs). Parallèlement, il trouve une boîte ayant appartenu autrefois à son père, un scientifique renommé et va tenter de comprendre les raisons de sa disparition en allant à la rencontre de l'ancien collaborateur de son père, lui-même chef du laboratoire transgénique en question.

Andrew Garfield et Emma Stone
Je résume, car je ne vais pas me lancer dans une étude poussée, il s'agit ici d'un film de divertissement pur et dur qui a atteint son objectif : plaire à un large public (familles, enfants) même si le prix à payer est : 
- un scénario plutôt faible et prévisible
- un monstre (un lézard) qui ne fait absolument pas peur (j'ai rigolé plusieurs fois).

Les acteurs remplissent parfaitement leurs rôles (une pensée par l'oncle et la tante interprétés par deux acteurs chevronnés : Martin Sheen et Sally Field) et j'avoue que j'ai largement préféré la prestation d'Andrew à celle de Tobey. Physiquement, sa silhouette élancée correspond mieux au héros, selon moi (donc avis tout à fait subjectif). L'histoire se passe de nos jours, aussi cette version est adaptée aux dernières avancées technologiques, ce qui fait que l'on est peu surpris de ce type d'expériences scientifiques (j'ai récemment vu un reportage au journal en ce sens), même si je le redis, j'ai eu du mal par contre à croire en la transformation du scientifique (Rhys Ifans, quel chemin parcouru depuis Coup de foudre à Notting Hill) en un gros lézard ! Le résultat me semble un peu grotesque et me rappelle ces figurines en plastique avec lesquels je jouais enfant.

Si on veut vraiment se faire peur avec une métamorphose, alors je vous conseille La Mouche avec Jeff Goldblum de David Cronenberg, film très ancien (1986) mais qui vous filera un peu plus de frissons (par contre j'ignore s'il a bien vieilli). 

Au final, assise au milieu de tous ces jeunes thaïlandais, j'ai passé un bon moment - un bon film de vacances et comme d'habitude, je savoure toutes les scènes où il virevolte de bâtiment en bâtiment avec grâce, légèreté et désinvolture, mon rêve de gamine ! 

16 janvier 2012

The Red Syndrom (suite)

J'avais déjà écrit un billet sur mon amour du roux ! Le roux dans toutes ses variantes, le rouquin, le "red". J'ai reçu pas mal de commentaires, apparemment être roux reste toujours délicat de nos jours.

Alors qu'en quelques mois, il est devenu la couleur à la mode, entre les vrais roux (acteurs, actrices, musiciens et musiciennes, mannequins et publicité) et les faux (comme la sublime Christina Hendricks que je jalouse), je sais que des groupes anti-roux continuent de polluer les réseaux sociaux. J'ai créé avec deux amies un groupe à l'opposé, quelle chance de posséder une crinière de lion sur la tête !
Fort heureusement, je ne suis pas la seule et j'ai trouvé d'autres admirateurs. Pour comprendre un peu mieux mon obsession (et ma sacro sainte envie de sauter le pas, mais n'ayant jamais fait de coloration, j'avoue que c'est aussi compliqué que de faire du saut à l'élastique (au Zimbabwé)) ...

Je me contente d'admirer ces photos, en rêvant de croiser un magnifique roux !

A noter, que les roux sont naturellement très peu nombreux, 1% en France, le taux le plus élevé : Écosse 12% et Irlande 10% (je témoigne pour l'avoir vu de mes propres yeux !). Apparemment, les roux pourraient avoir totalement disparus de la surface de la terre dans moins de cent cinquante ans. Aussi, il est de notre devoir de changer cela ;)

Pour voir les autres célébrités rousses, je vous conseille de retourner sur mon ancien billet.

Bon, je commence très fort... il va vous hypnotiser de son regard !
N'est-il pas sublime ? Ma photo préférée ! Mon fond d'écran d'iPhone -  Ashton Holmes pour vous servir ;)  (Il jouait dans The Pacific et History of Violence)

 

Lasse Perdersen
(sur votre droite) est un mannequin, jeune, très jeune mais sublime non ?


De plus en plus de rouquins arrivent dans les magazines de mode. Tant mieux ! Je suis preneuse.



Mais revenons aux classiques, les acteurs et actrices ;)

Michael Fassbender
(après le tournage de Hunger), son père est allemand mais sa mère irlandaise lui a offert une jolie tignasse ...

Eddie Redmayne, qui a joué dans le film sur MM avec Michelle Williams mais surtout dans les Piliers de la Terre, sa voix est aussi sexy que le reste ;)


Caleb Landry Jones, qui jouait dans les X-Men, retenez son nom car à mon avis, on va en entendre reparler ;)


Côté filles, toujours la belle et très voluptueuse Christina, Emma Stone la révélation cinématographique américaine qui a su s'amuser à varier de roux au gré des mois, je lui préfère celui-ci ;)



Enfin, la chanteuse Florence Welch (du groupe Florence and the Machine)....


Bref, il ne vaut pas mieux être allergique aux roux en ce moment ! Apparemment, pour les brunes comme moi, il faut passer obligatoirement par la phase terrible d'enlever toute couleur avant de pouvoir viser cette magnifique couleur, des solutions ?

Parce que, moi je rêve de pouvoir faire ça avec mes cheveux (par contre, jamais blonde !) J'aime trop être brune 99% du temps ! Et puis j'ai les fringues pour, mes couleurs préférées sont celles qui vont bien aux rousses, je vous promets !



02 novembre 2011

La couleur des sentiments


Bizarrement, j’ai vu The Help (je l'ai vu en vo) il y a déjà presqu’une semaine, or j’ai complètement oublié d’écrire un billet à son sujet. Est-ce un signe ? Ce film faisait la une des magazines ciné, en lisant le billet de Papillote, et sans avoir lu le livre, j'ai eu envie de le voir. J’ai surtout entendu parler du débat qu’il a créé outre-Atlantique, certaines personnes le taxant de raciste.

Voici donc mon billet, qui je parie, chère Humanitude (tu es aide-soignante ?) ressemblera à beaucoup d'autres ;) Pour moi le thème majeur du film est l’émancipation féminine, avec en parallèle celui de la communauté noire américaine. L'histoire a lieu au beau milieu des années 60 pendant le mouvement des Droits Civiques qui secoue l’Amérique (la mort de Kennedy en 1963 est montrée dans le film).
L’émancipation de ces femmes noires en premier – condamnées à travailler toutes leur vies comme employées de maison (« help » en anglais, à la fois femme de ménage et nounou). Seul job qui leur est ouvert pour un salaire de misère au sein de ménages blancs, riches et racistes, et en second l’émancipation des jeunes femmes blanches qui refusent de suivre une autre voie toute tracée : un mariage de bonne fortune, et une vie de «desperate housewife » comme c’est la tradition dans ces familles sudistes.

Ainsi le film s’ouvre avec le retour de Skeeter (Emma Stone) jeune femme blanche qui est partie étudier le journalisme à la fac. Elle retrouve ses amies d’enfance, toutes mariées et déjà mères. Le fossé est déjà présent entre elles et ne fera que grandir. Skeeter veut devenir journaliste et écrivain, et n’a pas comme seul objectif de se trouver un beau parti. Mais la pression sociale est là : sa mère, les bals organisés, les blind dates, Skeeter comprendra vite que son avenir n’est pas ici.

Sa décision de vouloir écrire sur la condition des domestiques, est significative, elle veut parler de l’émancipation de la femme en général (et quelque part de sa propre condition), et le fait d’avoir quitté le Sud lui a ouvert les yeux sur les conditions des Afro-Américains. Le départ inexpliqué de la nounou qui l’a élevée (et a vécu pendant 23 ans près de sa famille) sera le facteur déclencheur. Elle va trouver une confidente en la personne d'Abileen Clark (la belle et émouvante actrice Viola Davis), qui va lui ouvrir son coeur et son passé. Elle ouvre la porte au spectateur dans son quotidien, celui d'une femme qui doit quitter ses propres enfants pour aller élever ceux des blancs et subir toutes leurs remarques racistes. La ségrégation existe, et perdure même si le mouvement des Droits Civiques commence à semer ses graines de révolte.
Le film est assez long (2h25 je crois), et il est apparemment fidèle au roman (je ne l’ai pas lu). Il se regarde avec plaisir, avec une certaine émotion parfois. Le spectateur est entrainé dans une période charnière de l’histoire américaine, ce qui m’a plu, aimant les films historiques.
Jessica Chastain et Octavia Spencer, mon couple préféré
Le casting est parfait. Rien à dire, tous les acteurs tiennent leurs rôles. Moi qui aime beaucoup Jessica Chastain (depuis l’Affaire Rachel Singer et The Tree of Life), j’ai été ravie de la trouver dans ce rôle de « white trash » (plouc blanc), une blonde décolorée à la Marylin, rejetée par la communauté bien-pensante et bourgeoise, et dénuée de toute once d’animosité. Honnêtement, ce sont mes scènes préférées dans le film. Sa rencontre avec Minny Jackson (interprétée par Octavia Spencer, la révélation du film), sa nouvelle employée, qu’elle considère plus comme une amie/ figure maternelle/confidente est amusante.  Ainsi, c’est à Minny de lui rappeler les "règles" (elle mange dans  la cuisine, la maitresse de maison dans la salle à manger) m’a beaucoup amusée. Ces deux actrices sont impressionnantes. Je le répète, sans elles, je me serais probablement ennuyée.  
Brice Dallas Howard (la jolie choucroute dans la robe fleurie)


Car oui, je dois l'avouer : j'ai trouvé le film un peu trop long et parfois guimauve. Est-ce du à l'histoire ou au casting presqu'entièrement féminin ? J'aurais donc des préjugés ? En fait, j'aime les personnages combatifs, aussi celui de Minny m'a vraiment plu. Les scènes où elles critiquent les toilettes de leurs maitresses de maison sont excellentes.

A noter aussi l’excellente interprétation de Brice Dallas Howard, qui joue le rôle de la peste, méchante, jalouse et raciste Hilly. J’avoue que je n’avais pas reconnu l’actrice avec cette choucroute sur la tête !
 NB : le rôle de Yula Mae est tenu par l’actrice Aunjanue Ellis, qui joue actuellement le rôle du Capitaine Higthower dans la série Le Mentaliste.
L’émancipation de la femme est aussi montré lorsque l'une d'elle quitte son mari violent avec ses enfants. Même si au départ, j’avoue que j’étais un peu déçue de voir que la femme en question était noire (mon reproche : l’association d’idées : seul l’homme noir est violent, alcoolique. Idée fortement répandue dans le Sud, et encore à ce jour). Peut-être est-ce là que les critiques envers le film ont trouvé leur source. Un autre film (l’excellent The Right to Kill) revient sur cette croyance (encore présente de nos jours) que l’homme violent par nature (et violeur) est noir.
Mais je crois que l’objectif de l’auteur Alice Walker, était en fait de montrer que les femmes prenaient leur vie en main en refusant de rester auprès d’un mari violent. Et que l’émancipation de la femme commençait par le travail. Enfin, je n'ai pas lu le livre, à vous de me confirmer mes impressions.
J’ai donc aimé le film, même si en y repensant, je n’ai pas aussi été touchée que pour, par exemple, les héroïnes de La Couleur Pourpre. J’apprécie le regard porté sur ses femmes, dont on parle peu, et l’angle choisi par l’auteur. La réalisation est propre, nette. Le scénario bien écrit.
J’ai vu d’autres films sur cette période cruciale, que j’ai plus appréciés. Plus violents et la grande majorité n'est pas axée sur l’émancipation féminine, ils me viennent cependant à l’esprit :
Je cite de nouveau :

  • Le droit de tuer (The right to kill) avec Samuel L.Jackson et Matthew McConaughey, un de mes films préférés.

  • Love Field avec Michelle Pfeiffer (une jeune femme blanche s’éprend d’un homme noir en novembre 1963) (tournée en 1992), une bonne surprise – Michelle Pfeiffer en pseudo Jackie Kennedy et le racisme abordé différemment.

  • Dans la chaleur de la nuit, avec Sidney Poitier et Rod Steiger (tourné en 1967), un classique tourné en plein mouvement des droits civiques (Martin Luther King sera assassiné en avril 1968)

  • Enfin, le génial Mississippi Burning avec Gene Hackman et Willem Dafoe (tourné en 1988), qui vous fait sentir la tension et le risque permanent d’explosion de haine qui menaçait chaque citoyen à cette époque.